Faire Pâturer ses Couverts - Franck Baechler

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Sur cette plateforme dédiée aux couverts végétaux, Franck Baechler montre tout l’intérêt de les valoriser par le pâturage, surtout en systèmes en semis direct. Plutôt que produire de la biomasse sans l’utiliser, il défend une logique d’élevage extensif, 100 % plein air, avec des animaux adaptés au système. Il insiste toutefois sur une difficulté majeure : après moisson, les couverts semés en interculture produisent parfois trop peu de matière sèche pour sécuriser l’alimentation du troupeau. Sa solution consiste à réserver certaines surfaces à la production de biomasse, avec des successions de couverts ou de cultures fourragères plus souples à pâturer. Il compare différents mélanges et souligne l’intérêt des couverts multi-espèces de type « biomax », plus résilients, plus productifs et utiles à la fois pour le sol, les animaux et la biodiversité. L’animal devient alors un véritable outil agronomique, au service du sol comme du revenu.

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Résumé
Sur cette plateforme dédiée aux couverts végétaux, Franck Baechler montre tout l’intérêt de les valoriser par le pâturage, surtout en systèmes en semis direct. Plutôt que produire de la biomasse sans l’utiliser, il défend une logique d’élevage extensif, 100 % plein air, avec des animaux adaptés au système. Il insiste toutefois sur une difficulté majeure : après moisson, les couverts semés en interculture produisent parfois trop peu de matière sèche pour sécuriser l’alimentation du troupeau. Sa solution consiste à réserver certaines surfaces à la production de biomasse, avec des successions de couverts ou de cultures fourragères plus souples à pâturer. Il compare différents mélanges et souligne l’intérêt des couverts multi-espèces de type « biomax », plus résilients, plus productifs et utiles à la fois pour le sol, les animaux et la biodiversité. L’animal devient alors un véritable outil agronomique, au service du sol comme du revenu.

Comment valoriser les couverts végétaux en élevage ? Un thématique agroécologique que vous avez été nombreux à solliciter et que le CDA a décidé d’intégrer lors des ateliers du salon professionnel CAP AGROECO.


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Présentation du CDA :

Le CDA accompagne les acteurs du monde agricole (agriculteurs, entreprises, collectivités) dans leur transition agroécologique. Cette organisation, dynamique, portée par des valeurs fortes, se positionne comme un acteur pragmatique du développement de l’agroécologie.

Le CDA oeuvre quotidiennement pour mettre en place des itinéraires techniques agroécologiques, et pour accompagner les agriculteurs dans le changement de leurs pratiques.


Valoriser les couverts végétaux par le pâturage

Dans cette intervention, Franck Baechler explique tout l’intérêt de faire pâturer les couverts végétaux, en particulier dans des systèmes en semis direct. L’idée générale est simple : il est dommage de produire de la biomasse sans la valoriser par l’animal, que ce soit pour la viande ou, plus délicatement, pour le lait.

Selon lui, cette valorisation est plus facile à piloter en système viande qu’en système laitier, car en production laitière il faut éviter de trop fortes variations dans la ration qui pourraient se répercuter sur le tank à lait.

L’enjeu est donc double :

  • valoriser une biomasse produite entre deux cultures ;
  • intégrer l’animal comme un véritable outil agronomique dans le système.

La difficulté majeure : produire suffisamment de biomasse

Franck Baechler rappelle une limite forte rencontrée depuis plusieurs années : après moisson, même si l’on répète qu’il faut semer les couverts le plus tôt possible, « au cul de la machine », cela ne suffit pas toujours.

Dans des sols encore en phase de transition vers le semis direct, qui n’ont pas encore retrouvé suffisamment de résilience, de matière organique et de fonctionnement biologique, les couverts peuvent rester très chétifs. On peut alors :

  • investir 100 à 120 €/ha de semences ;
  • semer dans les temps ;
  • et n’obtenir au final que 500 kg de matière sèche.

Pour un système qui compte sur cette biomasse pour nourrir des animaux et produire de la viande, ce n’est pas satisfaisant.

La vraie question devient alors : faut-il absolument compter sur ces couverts d’interculture pour nourrir le troupeau, ou les considérer comme un plus, un luxe ? Cela renvoie directement :

  • au dimensionnement du cheptel ;
  • à l’organisation du pâturage ;
  • à la place des prairies ;
  • au stock sur pied ;
  • au foin éventuellement récolté.

Changer de logique dans les rotations

Pour réussir, Franck Baechler explique qu’il faut probablement changer de règles. Les animaux ne doivent pas seulement consommer les couverts : ils doivent aussi aider à mettre en place le système.

Il propose de réserver, dans la rotation, une partie des terres cultivées spécifiquement pour produire de la biomasse à destination :

  • de la qualité des sols ;
  • de la vie racinaire ;
  • et de l’alimentation animale.

Cela peut conduire à faire :

  • deux couverts successifs ;
  • ou une culture suivie d’un couvert fourrager ;
  • ou un méteil suivi d’une culture d’été pâturée.

Cette approche donne beaucoup plus de souplesse. Par exemple :

  • soit on fait pâturer un couvert d’hiver en sortie d’hiver ;
  • soit on ne le fait pas pâturer et on resème derrière une culture fourragère d’été ;
  • soit on combine les deux.

L’objectif est de sécuriser à la fois le sol et l’alimentation du troupeau.

Les prairies ne suffisent pas à elles seules

Franck Baechler insiste sur un point : il ne faut pas croire que l’on va forcément redynamiser un système en panne simplement en introduisant de la prairie.

Pour lui, une prairie n’est pas une solution miracle. Si le sol est malade, la prairie produira mal, comme une culture. Sur ses propres terres, avec des sols pourtant déjà relativement riches en matière organique, les prairies permanentes ne produisent pas toujours assez.

À l’inverse, il estime possible de faire beaucoup mieux avec des successions de biomasses adaptées aux conditions climatiques :

  • un bon méteil peut produire 4,5 à 5 t de matière sèche ;
  • puis un couvert ou une culture d’été peut relayer la production ;
  • au total, on peut atteindre le double, voire deux fois et demie ce qu’apporte une prairie peu performante.

L’appétence des animaux : une question d’apprentissage

Un autre point abordé est l’appétence des animaux vis-à-vis de certaines espèces de couverts. Franck Baechler insiste sur le fait qu’il s’agit largement d’une question d’éducation.

Il donne l’exemple de ses brebis :

  • les siennes ne mangent pas encore bien le tournesol ;
  • celles d’un collègue de même race en raffolent ;
  • inversement, ses brebis mangent du triticale que celles du collègue ne consomment pas.

Il en conclut que les animaux s’adaptent aux goûts disponibles dans le système. Il faut leur faire découvrir ces nouvelles plantes, comme on habitue progressivement un enfant à de nouveaux aliments.

Il rappelle également que le tournesol a déjà été utilisé dans certains ensilages avec du maïs pour améliorer la ration.

Des viandes de « millésime »

Franck Baechler avance une idée intéressante : dans un système où les animaux consomment des ressources très diversifiées d’une année à l’autre, la viande gardera sans doute une qualité générale constante, mais son profil gustatif pourra varier.

Chaque année pourrait ainsi produire un « millésime » différent, parce que :

  • les plantes consommées changent ;
  • la composition de la ration évolue ;
  • le goût du gras lui-même peut varier.

L’enjeu est alors de conserver un standard de carcasse tout en acceptant cette diversité de goût liée au pâturage adaptatif.

Un pâturage adaptatif, intensif localement mais extensif globalement

Franck Baechler décrit son système comme :

  • intensif localement sur de petites surfaces ;
  • mais extensif à l’échelle globale de l’exploitation.

Il indique être autour de 0,5 UGB/ha. Pour lui, cet indicateur est précieux :

  • s’il peut augmenter ce chargement moyen, cela voudra dire que le sol produit mieux ;
  • il ne veut pas raisonner à l’envers en mettant trop d’animaux en espérant ensuite trouver de quoi les nourrir.

L’idée est donc de construire un système à faibles charges :

  • animaux dehors 100 % du temps ;
  • peu ou pas de bâtiments ;
  • pas de frais de stockage du foin ;
  • pas de fumier à sortir ;
  • pas de fosse à lisier ;
  • moins de matériel.

Sa formule résume bien sa philosophie : ce sont les pattes qui vont au champ, et non le champ qui vient aux pattes.

Adapter la génétique au système

Sur la conduite du troupeau, Franck Baechler explique qu’il a commencé avec peu d’animaux et de l’insémination pour aller chercher de la belle génétique. Mais il précise aussitôt que la génétique n’a de sens que si elle est adaptée au système.

Il observe donc quels animaux sont les plus performants dans ses conditions :

  • ceux qui tiennent leur état corporel malgré des à-coups alimentaires ;
  • ceux qui sont dociles ;
  • ceux qui se déplacent bien ;
  • ceux qui vêlent facilement ;
  • ceux qui conviennent à une conduite avec très peu de contention.

Il cherche donc des animaux rustiques, fonctionnels, adaptés au plein air intégral et non aux standards classiques.

Le semis direct ne suffit pas à lui seul

Franck Baechler rappelle qu’en semis direct, arrêter le travail du sol ne veut pas dire que tout fonctionne immédiatement. Le sol change brutalement de mode de fonctionnement :

  • on réduit la minéralisation artificielle liée au travail du sol ;
  • mais le sol n’a pas encore forcément retrouvé suffisamment d’humus pour assurer seul un niveau de minéralisation équivalent.

Il souligne qu’un sol moyen est souvent à 1,5 à 2 % de matière organique alors qu’il faudrait plutôt viser 4 à 4,5 % pour bien faire tourner le système.

Pendant cette phase de transition :

  • la disponibilité de l’azote baisse ;
  • en parallèle, la reconstruction de l’humus immobilise de l’azote ;
  • cela crée un point de blocage.

Fertiliser les couverts n’est pas un tabou

Sur ce point, Franck Baechler est très clair : l’azote n’est pas un gros mot. Un couvert est une culture à part entière. Il estime donc qu’il peut être pertinent de fertiliser les couverts, en particulier en système conventionnel et en phase de transition vers le semis direct.

Selon lui :

  • il faut parfois 40 à 50 unités d’azote pour que le système fonctionne ;
  • faire de l’humus demande de l’énergie et donc de l’azote ;
  • sans cela, on ne peut pas espérer produire à la fois de la biomasse et reconstruire le sol.

Il regrette que les règles de la directive nitrates et certaines méthodes de calcul soient mal adaptées à la réalité des systèmes en semis direct.

Il souligne aussi qu’en semis direct on perd peu, car on sème en permanence et le sol est presque toujours couvert.

L’animal comme outil agronomique

L’animal n’est pas seulement là pour valoriser la biomasse. Il devient aussi un outil technique.

Franck Baechler donne l’exemple de son maïs :

  • il utilise le piétinement des animaux pour coucher et éclater les cannes ;
  • cela aide à exposer les résidus ;
  • cela peut contribuer à réduire certains problèmes comme la pyrale ;
  • et cela favorise aussi la dégradation des résidus, limitant ensuite certains risques sanitaires pour la culture suivante.

Il reconnaît qu’il y a du réglage à apprendre, mais il considère l’animal comme un outil à part entière — avec, en plus, l’avantage de pouvoir « parler à son outil ».

Les vêlages en plein air

Interrogé sur les vêlages dans ces systèmes, Franck Baechler répond qu’il a choisi des animaux capables de vêler facilement dehors. Il recherche :

  • de la rusticité ;
  • de la facilité de vêlage ;
  • un fort instinct maternel ;
  • de la docilité ;
  • de préférence des animaux sans cornes.

Il ne dit pas qu’il n’y aura jamais de problème, mais il construit son troupeau pour limiter les risques.

Observation des couverts : une forte variabilité

Lors de la visite de la plateforme, Franck Baechler commente plusieurs mélanges. Son constat général est sévère : beaucoup de couverts d’interculture restent très faibles, et cela remet en cause certains discours simplistes.

Il rappelle qu’on dit souvent qu’il faut semer tôt, mais il pose la question : « tôt », c’est quand ? Parfois, dans certaines logiques, cela pourrait vouloir dire semer avant récolte, notamment avec des petites graines comme le sarrasin.

Sur plusieurs parcelles observées, il note :

  • peu de biomasse ;
  • des adventices qui prennent le dessus ;
  • un investissement en semences mal valorisé.

Même si cela peut encore fournir un peu de nourriture aux animaux, cela reste économiquement discutable.

Intérêt des doubles couverts et des couverts fourragers dédiés

Face à ces limites, il revient à son idée centrale : alloter une partie des terres pour produire réellement de la biomasse.

Plutôt que de miser uniquement sur des couverts semés en conditions difficiles après moisson, il peut être plus cohérent de faire :

  • un méteil ;
  • puis un couvert ou une culture fourragère d’été ;
  • ou deux couverts successifs bien positionnés.

Dans ce cas, on entre dans une logique pleinement cohérente :

  • pour le sol ;
  • pour les animaux ;
  • pour la sécurisation du système.

Sur quelques espèces et mélanges observés

Mélanges trop faibles et peu rentables

Plusieurs mélanges à base de vesce, avoine rude, trèfles ou lin apparaissent peu satisfaisants cette année-là. Franck Baechler constate :

  • peu de biomasse ;
  • beaucoup d’adventices ;
  • une installation difficile.

Ces mélanges coûtent de l’argent sans offrir un vrai retour, ni agronomique ni fourrager.

Les graminées estivales et le tournesol

Le tournesol et certaines crucifères montrent souvent une meilleure capacité à sortir dans des conditions sèches. Même lorsque l’année est difficile, ce sont souvent elles qui s’en sortent le mieux.

Pour le pâturage :

  • le tournesol peut être très intéressant ;
  • mais encore faut-il que les animaux aient appris à le consommer.

Les graminées estivales, si elles sont pâturées ou gélives, peuvent aussi être intéressantes car elles ne gênent pas forcément la culture suivante dans une rotation avec culture d’automne.

Avoine rude, vesce, trèfles

L’avoine rude peut être flatteuse en année humide, mais ici elle ne produit pas suffisamment. La vesce est intéressante, mais lente à s’installer. Les trèfles, eux aussi, peuvent être trop lents dans des contextes secs.

D’une manière générale, quand les conditions sont difficiles, les espèces les plus lentes laissent trop de place aux adventices.

Le ray-grass et le trèfle d’Alexandrie

Franck Baechler reste réservé sur le ray-grass, en partie pour des raisons agronomiques :

  • il voit un intérêt fourrager ;
  • mais il juge le système moins cohérent du point de vue de l’exploration du sol, car ray-grass et trèfle ont des architectures racinaires assez proches.

Il préfère des mélanges offrant une plus grande diversité fonctionnelle.

Les couverts « biomax »

Pour lui, les mélanges les plus intéressants sont ceux de type Biomax, associant plusieurs familles :

Exemple cité :

Ce type de couvert est particulièrement intéressant car :

  • il produit davantage de biomasse ;
  • il diversifie les systèmes racinaires ;
  • il sécurise le résultat, car si une espèce échoue, les autres compensent ;
  • il peut nourrir les vers de terre, les animaux, et les abeilles.

Franck Baechler résume cela par l’idée d’un système idéal avec trois types d’animaux : les vers de terre, les vaches et les abeilles.

La phacélie

La phacélie est jugée très intéressante :

  • famille peu présente dans les rotations classiques ;
  • plante mellifère ;
  • apport de diversité ;
  • bonne valeur potentielle dans le couvert.

Mais elle est aussi décrite comme très caractérielle à la levée. Si la levée est ratée, la parcelle peut vite se retrouver dominée par les adventices.

Le radis chinois

Le radis chinois est considéré comme très intéressant dans les mélanges :

  • il s’installe bien ;
  • il sécurise la production de biomasse ;
  • il apporte de la diversité dans l’alimentation ;
  • il est compatible avec une logique pâturage.

Franck Baechler relativise toutefois l’idée du radis « structurant » : il estime qu’il structure surtout un sol déjà en état de fonctionner, et que l’intérêt est davantage dans l’exploration racinaire profonde que dans le seul pivot visible.

La moutarde

La moutarde seule est très critiquée. Pour Franck Baechler, le couvert réglementaire improductif à base de moutarde seule n’a rien à faire dans un système de semis direct bien pensé.

Ses critiques portent sur plusieurs points :

  • couvert trop simpliste ;
  • absence de mycorhization ;
  • peu d’intérêt pour le pâturage ;
  • risque de montée à graines ;
  • mauvaise cohérence avec une logique de construction du sol.

Il admet qu’elle peut être utile en petite proportion dans un mélange, notamment pour sécuriser l’implantation en conditions difficiles, mais pas comme base dominante.

Le sarrasin

Le sarrasin peut être très intéressant, notamment semé avant récolte dans une céréale, à condition d’avoir :

  • un sol vivant ;
  • une structure favorable ;
  • un contexte orageux permettant la levée.

En revanche, pour le pâturage, il faut rester prudent car une trop forte proportion pourrait poser des problèmes de photosensibilisation chez les animaux.

La féverole

La féverole est jugée intéressante du point de vue du sol, notamment dans des logiques de relais de biomasse entre saisons. En revanche, son appétence pour les animaux est médiocre.

Le millet perlé

Le millet perlé est présenté comme particulièrement intéressant :

  • il peut être pâturé plusieurs fois ;
  • il est compatible avec des logiques de multicoupe ;
  • il stimule le système racinaire s’il reste vivant après pâturage ;
  • il contribue ainsi à la production d’exsudats et donc au stockage du carbone.

Pour Franck Baechler, c’est une piste importante, notamment dans des logiques de fourrages d’été.

Le sorgho

Le sorgho est jugé très prometteur pour produire de grosses biomasses, y compris en conditions sèches. Franck Baechler cite son propre cas en Sologne, où un sorgho sucrier lui permet de sécuriser l’engraissement de ses agneaux.

Mais il souligne plusieurs limites :

  • le sorgho semble mal se comporter en association avec d’autres espèces ;
  • il s’exprime souvent mieux seul ;
  • il faut faire attention à son stade de pâturage, certaines formes pouvant être toxiques si elles sont pâturées trop tôt.

Cela conduit à envisager éventuellement des dispositifs de semis spécifiques, par exemple :

  • rangs séparés ;
  • semis alternés ;
  • ou juxtaposition de bandes.

Le semoir, la technique de semis et la fermeture du sillon

Franck Baechler évoque aussi la question du matériel. Il note que certains semis à dents peuvent donner de bons résultats d’un point de vue économique et pratique, mais que tout dépend :

  • de la finesse des dents ;
  • de leur agressivité ;
  • de la vitesse d’avancement ;
  • et de la qualité de fermeture du sillon.

Pour les petites graines comme la phacélie, une mauvaise fermeture peut fortement pénaliser la levée.

Il insiste sur l’intérêt qu’aurait un passage de rouleau type Cambridge après semis, même si ce n’est pas toujours possible.

Le couvert idéal selon l’approche présentée

Au terme de la visite, ce qui ressort est que le couvert le plus résilient est un mélange multi-espèces bien construit, capable de :

  • produire de la biomasse ;
  • explorer le sol en profondeur et à différents niveaux ;
  • diversifier l’alimentation animale ;
  • nourrir la vie du sol ;
  • attirer les pollinisateurs ;
  • et s’inscrire dans une logique de pâturage.

Le couvert idéal n’est donc ni un couvert réglementaire minimal, ni une formule unique. C’est un mélange cohérent avec :

  • le climat ;
  • la date de semis ;
  • le système de culture ;
  • le type d’animaux ;
  • et l’objectif recherché.

Conclusion

Le message principal de Franck Baechler est que le pâturage des couverts n’est pas une simple opportunité ponctuelle. C’est une composante d’un système global où :

  • le sol,
  • la plante,
  • l’animal,
  • et l’organisation de l’exploitation

sont pensés ensemble.

Dans cette logique, les couverts ne sont pas seulement là pour cocher une case réglementaire. Ce sont de vraies cultures, qui doivent produire, nourrir le sol et, si possible, nourrir aussi les animaux.

Le pâturage des couverts permet alors :

  • de valoriser économiquement la biomasse ;
  • de réduire les charges ;
  • d’intégrer l’animal comme outil agronomique ;
  • et de rendre le système plus autonome et plus résilient.

Franck Baechler insiste toutefois sur une condition essentielle : pour que cela fonctionne, il faut sortir d’une vision simpliste du couvert d’interculture et raisonner en système, avec des successions de biomasses, des mélanges adaptés, et une vraie articulation entre agronomie et élevage.