1ha de luzerne, l'autonomie en MO ? - Portrait de Ferme MSV : Ferme du Hingair (56) - 2023
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Le projet "Portraits de ferme 2023" est porté par l'association Maraîchage Sol Vivant National, et vise à diffuser de nouveaux portraits de fermes maraîchères, installées depuis quelques années partout en France, dans différents contextes, en entrant dans les détails afin d'identifier les facteurs de décision et les clefs de réussite d'une ferme MSV !
Date du tournage : 25/07/2023
PARTIE ITW
00:00:17 – Présentation de la ferme
00:00:22 – Portrait du maraicher
00:02:16 – Historique de la ferme
00:09:41 – Système actuel
00:11:43 – Contexte pédologique et fertilisation
00:25:17 – Investissements
00:31:55 – Chiffres économiques
00:32:00 – Réseaux de commercialisation
00:39:07 – Chiffre d’affaire
00:45:44 – Objectifs
00:46:16 – Temps de travail
00:47:40 – Salaire
00:48:58 – Charges
00:50:17 – Production de plants
00:58:27 – Itinéraires techniques
00:58:32 – Précocité des plantations
01:04:22 – Faciliter le démarrage des sols au printemps
01:05:59 – Surfaces voilées
PARTIE VISITE DE FERME
01:06:55 – Gestion de l’eau
01:11:49 – Gestion de la matière organique
01:11:54 – Gestion de la luzerne
01:14:46 – Couverts végétaux
01:24:38 – Stratégie de gestion des arbres en maraîchage
01:28:45 – Réflexion autour des rotations
01:35:28 – Bioagresseurs
01:35:33 – Pression des rongeurs
01:38:21 – Pression des limaces
01:41:17 – Gestion des légumes sous serre
01:41:22 – Les aubergines
01:43:15 – Les poivrons
01:47:44 - Les concombres
01:51:32 – Melons
01:55:29 – Tomates
CONCLUSION
02:04:42 – Conclusion
02:10:21 – Bonus : la vigne en MSV !
Les diapo récap
00:11:19 – Résumé installation
00:23:47 – Résumé fertilisation
00:38:39 – Résumé commercialisation
00:49:44 – Résumé résultats
Merci particulièrement à nos sponsors : - Etika Mondo : https://etikamondo.com/ - Tout pour le maraîcher : https://www.toutpourlemaraicher.fr/ - Pépinière Pierre et Lili
Présentation de Germain Maheo et de la ferme
Germain Maheo est maraîcher dans le Morbihan, à côté de Lorient. Il a 42 ans et est installé depuis 2013. Avant de devenir maraîcher, il était forestier de formation. Il a suivi un BTS gestion forestière en 2004, puis a travaillé dans différents domaines liés à la forêt : plantation, pépinière, gestion de haies, travail pour le Conseil général des Côtes-d’Armor, mais aussi relevés de terrain pour la statistique forestière. Il réalisait alors des observations sur la botanique, la pédologie, les essences d’arbres, les diamètres, les hauteurs, afin d’alimenter des bases de données.
Il explique toutefois s’être progressivement lassé de ce travail, qu’il jugeait monotone. Le déclic est venu lors d’une journée de bénévolat chez un maraîcher dans la région d’Angers, vers Saint-Florent-le-Vieil. Cette expérience lui a immédiatement donné envie de se reconvertir. Il a alors suivi une formation à l’école du Rheu, puis travaillé en encadrement dans un jardin d’insertion avant de concrétiser son projet d’installation.
La ferme sur laquelle il travaille aujourd’hui était cultivée en bio depuis 1994 par son prédécesseur, René Kermagoret. Germain Maheo souhaitait s’installer dans le pays de Lorient et cherchait à la fois des terres et du travail. Il a rencontré René Kermagoret au moment où celui-ci partait à la retraite. Le salarié en place devait reprendre la ferme, et une association a alors été envisagée. Germain a d’abord été embauché à mi-temps pour une saison, puis le projet d’installation s’est concrétisé rapidement. En 2012, il passe par une année de contrat de parrainage pour préparer la transmission, puis s’installe officiellement en 2013.
Le système de départ : un maraîchage bio classique
Au départ, la ferme fonctionne selon un modèle de maraîchage biologique classique, que Germain Maheo qualifie de « conventionnel sans chimie » : travail du sol, irrigation, plastique, binage, désherbage, rotations, fertilisation organique classique. En 2013, avec son associé, il poursuit le système existant tout en l’optimisant : développement de la vente directe, diversification des cultures, achats de matériel de travail du sol, augmentation des surfaces sous tunnels.
Le fonctionnement reste cependant très classique, avec non-labour mais pseudo-labour via cover-crop. Germain souligne que techniquement cela marchait bien, mais que ce modèle l’ennuyait intellectuellement. Il avait le sentiment de toujours reproduire les mêmes itinéraires techniques, sans réponse satisfaisante aux problèmes de maladies, de ravageurs ou d’herbe. À ses yeux, les solutions proposées relevaient surtout d’intrants ou de recettes extérieures, sans remise en question plus profonde du système.
La découverte du maraîchage sur sol vivant
Sa porte d’entrée vers le maraîchage sur sol vivant est clairement agronomique. Sa formation forestière l’avait sensibilisé très tôt au lien entre le sol et ce qui pousse dessus. En forêt, il observait des systèmes très productifs sans travail du sol, avec un sol toujours couvert. Lorsqu’il découvre les vidéos et présentations sur le maraîchage sur sol vivant, notamment celles de François Mulet, Conrad Schreiber puis Aurélien Farcy, cela résonne immédiatement avec ce qu’il avait appris et observé en forêt.
Ce qui le frappe, c’est l’idée simple mais puissante que le travail du sol n’existe pas dans les écosystèmes naturels, alors même que ceux-ci produisent de la biomasse en abondance. Le fait qu’un sol soit naturellement couvert et non travaillé lui paraît alors parfaitement logique. Il se plonge donc dans de nombreuses heures de conférences, de visites de fermes et de retours d’expérience.
Ses premiers essais remontent à 2015-2016. Le premier test, un épinard de printemps planté en mars après prairie, est un échec complet. À cette époque, son associé est moins intéressé par cette approche, ce qui limite la place donnée à l’expérimentation. Néanmoins, Germain continue à s’y intéresser.
Le passage progressif au maraîchage sur sol vivant
L’association prend fin en 2018. À partir de ce moment, Germain Maheo reprend la ferme seul et décide de lancer plus franchement le maraîchage sur sol vivant sur une bonne partie de l’exploitation, tout en restant prudent.
Il distingue alors deux situations :
- une partie de la ferme en prairie, qu’il convertit directement vers le maraîchage sur sol vivant ;
- une autre partie historiquement travaillée, où il met en place une transition progressive du travail du sol vers le non-travail du sol.
Cette progressivité lui permet de comparer les modalités, de comprendre les protocoles à respecter et d’éviter les erreurs de ses premiers essais. Il choisit de commencer non pas sur les cultures les plus précoces, mais sur les cultures d’été implantées sur sol réchauffé et correctement fertilisé : choux plantés en été, courges, betteraves d’hiver et autres plantations estivales. Cette stratégie fonctionne très bien dès la première année.
Germain résume sa trajectoire ainsi : découverte du MSV en 2015, essais pendant environ trois ans, reprise seul en 2018, puis montée en puissance progressive. Il insiste sur le fait que cette transition a été menée de manière prudente et douce, car le système précédent fonctionnait techniquement. Il ne s’agissait pas de fuir un échec économique, mais de répondre à une recherche de cohérence agronomique et d’intérêt dans le métier.
Une ferme aujourd’hui entièrement en maraîchage sur sol vivant
Aujourd’hui, la ferme est conduite à 100 % en maraîchage sur sol vivant. Germain ne travaille plus du tout le sol.
Le changement majeur récent est aussi une réduction très forte des surfaces cultivées. Là où la ferme comptait auparavant environ 2 à 2,5 hectares de cultures, elle fonctionne désormais comme une microferme sur environ 8000 m² cultivés, dont :
- 1600 m² sous serre ;
- environ 6000 m² de plein champ.
Au démarrage, la ferme comptait 2,5 hectares de plein champ et 1600 m² de serres. En 2013, ils étaient deux associés, plus un saisonnier à temps plein de juin à septembre. Aujourd’hui, Germain travaille seul avec une salariée à mi-temps annualisé.
Le passage à cette configuration en microferme est très récent, puisqu’il date de l’année précédant le tournage. Cette première année a été volontairement menée sans stagiaire ni renfort supplémentaire, afin de vérifier la viabilité économique et la soutenabilité de la charge de travail. Malgré une année difficile marquée par la sécheresse, la canicule, les problèmes d’eau et une forte pression de ravageurs, le système a tenu.
Contexte pédologique et historique de fertilisation
Les sols de la ferme sont des sols sableux-limoneux, avec très peu d’argile : moins de 10 %, voire moins de 5 % selon Germain, et de surcroît une argile qu’il juge de médiocre qualité. La texture est approximativement de 60 % sable pour 40 % limon. Ces sols retiennent donc très peu l’eau.
Historiquement, la fertilisation reposait sur des apports de compost. Le prédécesseur fabriquait lui-même son compost à partir de fauches de prairie, ce qui était intéressant sur le plan agronomique, mais coûteux en temps et en mécanisation. Par la suite, le système est passé à du compost de déchets verts acheté à l’extérieur, avec un schéma classique :
- apport de 30 t/ha ;
- fertilisation uniquement sur les parcelles destinées aux légumes gourmands ;
- rotation des apports sur un tiers des surfaces chaque année.
L’introduction de la luzerne dans le système
Un tournant important dans la réflexion de Germain Maheo a été une formation de trois jours sur la fertilisation. Il y découvre l’intérêt de travailler avec des produits frais : engrais verts, fumier frais, biomasse exportée. Cette logique fait particulièrement sens sur ses sols sableux-limoneux.
Il commence alors des essais sur une petite parcelle de 3000 m² de prairie transformée en luzernière. Il achète un Tarup et un épandeur, fauche la luzerne, l’épand fraîche sur les parcelles puis l’incorpore au sol avant culture. Les résultats sont excellents, au moins équivalents, voire meilleurs, que ceux obtenus avec le compost, y compris sur les reliquats pour les cultures suivantes.
Cette luzerne devient alors un fil rouge du système. Avec le passage au maraîchage sur sol vivant, l’objectif évolue vers une autonomie en matière organique, à la fois pour le paillage et pour la fertilisation. La luzernière est agrandie jusqu’à atteindre un peu moins d’un hectare.
L’enrubannage de luzerne comme base du système
Aujourd’hui, la luzerne n’est plus enfouie, mais déposée à la surface du sol. Elle est récoltée sous forme enrubannée. Cela signifie qu’elle est conservée humide, en conditions anaérobies, avec une pré-transformation biologique importante.
Germain insiste sur le fait que cette luzerne enrubannée reste très riche en bactéries et en champignons. Selon lui, lorsqu’elle est apportée sur les planches, elle provoque une sorte de « flash » biologique très bénéfique pour les cultures. Il a comparé l’effet du foin et de la luzerne, et constate une différence nette, en particulier sur les cultures exigeantes en azote comme les courgettes ou les tomates.
L’enrubannage est réalisé par une entreprise extérieure. Le coût est d’environ 30 € par round baller, un prix qu’il juge acceptable au regard de la qualité du produit.
Ce choix présente néanmoins des contraintes logistiques importantes :
- l’enrubannage est très lourd, entre 700 et 800 kg par balle ;
- son tracteur n’a pas la capacité de levage suffisante ;
- il doit donc « dépiauter » la balle sur place, charger une benne et faire des allers-retours, ce qui est long et pénible.
Il a rapidement compris que ce travail ne pouvait pas être effectué en pleine saison. Il le réalise désormais en automne-hiver, dès qu’une parcelle se libère, afin que les planches soient prêtes pour la saison suivante.
Les apports de matière organique aujourd’hui
La luzerne est aujourd’hui son apport principal de matière organique. Lorsqu’il en manque, comme lors de l’année sèche précédente où la luzernière a peu produit, il complète avec du foin acheté à un éleveur voisin.
Dans la phase de transition vers le MSV, il a utilisé les stratégies suivantes :
- sur prairie : apport de compost à 30 t/ha, bâchage, puis plantation ;
- sur parcelles anciennement travaillées : nouvel apport de compost autour de 30 t/ha, dernier travail du sol, semis d’un bel engrais vert à l’automne, puis l’année suivante couchage ou fauchage de l’engrais vert, occultation et plantation.
Avant toute implantation en non-travail du sol, il vérifiait systématiquement la structure du sol par un trou pédologique afin d’écarter les problèmes de compaction.
Concernant les taux de matière organique, les analyses montrent des sols déjà riches :
- en plein champ : entre 4 et 5 %, plutôt 5 à 6 % ;
- sous serre : autour de 5 à 6 %.
Ces taux ont peu évolué jusqu’ici, en raison de l’héritage d’une vieille ferme maraîchère biologique. Les parcelles historiquement en maraîchage sont très profondes, avec peu de cailloux. Sur les zones anciennement en prairie, les sols sont plus superficiels et la roche mère apparaît vers 50 à 60 cm.
Une nouvelle stratégie : augmenter fortement la matière organique
Depuis l’année du tournage, Germain change de stratégie. Jusqu’ici, il était dans une logique de maintien de la fertilité. Désormais, il cherche clairement à augmenter fortement le taux de matière organique de ses sols.
Cette décision est directement liée aux sécheresses. Sur ses sols pauvres en argile, avec une ressource en eau limitée, le seul levier réellement durable à ses yeux est l’augmentation du stock de matière organique pour améliorer la rétention d’eau.
Il apporte actuellement :
- environ 20 t/ha de matière sèche de luzerne ou de foin par an ;
- en complément, 60 t/ha de compost sur certaines parcelles.
Dans son raisonnement, les rôles sont distincts :
- la luzerne ou le foin servent à couvrir le sol et nourrir la vie du sol ;
- le compost sert surtout à augmenter physiquement le taux de matière organique et la capacité de rétention en eau.
Il considère en effet que le compost est un produit transformé, moins « naturel » que les feuilles mortes, le foin ou d’autres matières fraîches, et donc moins optimal comme nourriture de base pour la vie du sol. Il tient donc à conserver un socle de paillage organique brut.
Le compost utilisé est un compost de broyat de déchets verts venu du Centre Bretagne. Son prix est désormais d’environ 20 €/t livrée, contre 10 à 12 €/t deux ans auparavant. Le rapport C/N est autour de 15.
Surfaces, foncier et investissement
La surface totale de la ferme est de 4 hectares de SAU.
Historique des surfaces :
- en 2013 : 2,5 ha en maraîchage, le reste en prairie et verger ;
- depuis 2018 : environ 2 ha de maraîchage, 8000 m² de luzerne et 1 ha de verger ;
- depuis le passage en microferme : 8000 m² de maraîchage, 1 ha de prairie, un peu moins d’1 ha de luzerne et 1 ha de verger.
Le verger est composé d’arbres variés, avec aussi un essai de vigne.
Concernant l’installation, Germain estime le coût global à environ 75 000 € :
- 30 000 € de hangar ;
- 30 000 € pour la ferme et le matériel type cover-crop ;
- environ 15 000 € de matériel complémentaire.
Le projet étant monté à deux associés, chacun a bénéficié de la DJA, soit environ 20 000 € chacun. Il souligne donc qu’ils se sont installés avec très peu de capital.
Germain n’est pas propriétaire des terres. Il est locataire, les terres appartenant toujours à l’ancien maraîcher. Cela ne lui pose pas de problème particulier. Le fermage est d’environ 700 à 750 € par an pour 4 hectares.
L’irrigation : principal point noir de la ferme
L’eau est identifiée comme le principal point noir du système. L’installation est ancienne, datée des années 1990, avec des tuyaux enterrés de faible section et une pompe peu puissante. Germain est donc très limité dans sa capacité d’irrigation.
Il peut arroser au maximum :
- une rampe de 4 m³ à la fois ;
- une serre de 300 m² à la fois.
Quand il cultivait 2 hectares, cela signifiait qu’il ne faisait souvent que maintenir les cultures en vie, sans réellement permettre leur croissance optimale. Le passage à 8000 m² change la donne : sur cette surface réduite, l’irrigation peut davantage servir à produire qu’à simplement limiter les dégâts.
L’irrigation se fait majoritairement en aspersion. Le goutte-à-goutte est réservé à certains cas, notamment :
- sous serre ;
- sur tomates ;
- sur courgettes sous tunnel.
Germain privilégie l’aspersion dès qu’il le peut, car sa logique est celle d’un sol vivant qu’il faut humidifier globalement pour entretenir une activité biologique homogène sous tout le paillage. Même si cela consomme davantage d’eau que le goutte-à-goutte, il préfère cette approche pour maintenir une humidité régulière dans le sol.
Sous serre, l’aspersion peut aussi être utilisée ponctuellement pour faire baisser la température ou créer une ambiance humide, par exemple sur tomate, sans aller jusqu’à une véritable irrigation en aspersion.
Sur courgette sous serre, il a expérimenté un système en serre quasi fermée avec aspersion deux fois par semaine, pour maintenir une hygrométrie permanente. Il observe un bon fonctionnement et un développement plus tardif de l’oïdium.
Ressource en eau et stockage
L’eau provient d’un forage à 80 m de profondeur, avec un débit de seulement 1 m³/heure. Cela représente environ 24 m³/jour en fonctionnement continu, ce qui est très faible pour du maraîchage.
À cela s’ajoute la récupération d’eau de pluie du toit du hangar, envoyée vers un bassin principal de 350 m³. Germain a aussi créé un second bassin de rétention, lui aussi de 350 m³, qui sert de réserve de secours. Il y transfère le surplus hivernal et peut rebasculer cette eau dans le bassin principal en été.
Malgré cela, dès qu’il ne pleut pas pendant trois à quatre semaines, le bassin principal peut se vider complètement.
Il estime sa consommation annuelle entre 2500 et 3000 m³ pour 8000 m² cultivés, dont 1600 m² sous serre.
Selon lui, le passage au maraîchage sur sol vivant permet tout de même une économie d’eau de l’ordre de 30 à 50 % par culture. Il constate surtout que les cultures souffrent moins vite quand l’irrigation manque.
Commercialisation
La commercialisation repose sur trois débouchés historiques :
- magasins bio ;
- restaurateurs ;
- vente directe.
Le choix a été de développer la vente directe, sous forme de paniers à la carte. Chaque semaine, les produits disponibles, les prix, des photos et parfois des recettes sont mis à jour. Le système plaît notamment à des clients qui viennent d’AMAP mais souhaitent retrouver de la liberté : pas d’abonnement, pas de panier imposé, possibilité de commander plus ou moins selon les besoins.
Le volume de paniers est en moyenne de 20 à 30 par semaine, avec un pic à plus de 50 pendant la période Covid. Germain estime qu’au-delà de 35 à 40 paniers par jour de vente, le système devient moins rentable à cause du temps de préparation et de répartition.
Le panier moyen est d’environ 14 €, avec de fortes variations selon les clients.
La répartition du chiffre d’affaires est approximativement la suivante :
- 50 % magasins bio ;
- 25 % restaurants ;
- 25 % vente directe.
Il travaille avec environ 5 ou 6 restaurants. Ce débouché est jugé gérable car il impose désormais ses règles :
- livraison uniquement dans son secteur ;
- livraison très tôt le matin ;
- souvent avec les clés des restaurants ;
- minimum de 100 € de commande par semaine et par restaurant.
Il refuse désormais les circuits peu efficaces économiquement, comme les livraisons éloignées pour de petits montants.
Il pratique aussi un peu d’achat-revente, de manière anecdotique : cidre, jus de pomme, miel, tisanes, et quelques légumes en hiver, notamment carottes de garde et pommes de terre. Cela représente environ 5 % du chiffre d’affaires.
La ferme vend toute l’année, sans rupture complète.
Évolution du chiffre d’affaires
Les chiffres donnés par Germain permettent de suivre l’évolution de l’exploitation :
- 2013 : environ 80 000 € de chiffre d’affaires sur 2,5 ha ;
- 2014 : environ 90 000 € ;
- progression régulière ensuite ;
- jusqu’à 100 000 à 110 000 € vers 2017 ;
- maintien autour de 110 000 € après reprise en solo en 2018 ;
- pic à 130 000 € en 2020 ;
- retour à 110 000 € en 2021 ;
- environ 70 000 € en 2022, sur seulement 8000 m², avec une salariée à mi-temps.
Le prédécesseur tournait autour de 70 000 € avec 2,5 UTH.
Germain souligne qu’à ses débuts, l’essor des magasins bio permettait d’écouler très facilement tout surplus. Cela a contribué à l’augmentation régulière du chiffre d’affaires. Mais à partir de 2020-2021, avec le ralentissement du marché bio et la hausse des cotisations MSA, il décide qu’augmenter encore le chiffre d’affaires n’est pas forcément souhaitable, surtout si cela implique davantage de salariés saisonniers, plus de complexité et plus de stress.
Il préfère donc réduire la surface, se concentrer sur les débouchés les plus intéressants, maintenir un bon revenu et retrouver une meilleure maîtrise de son temps de travail.
Temps de travail, revenu et charges
L’objectif actuel est clair : ne pas travailler davantage. Si le chiffre d’affaires augmente, tant mieux, sinon ce n’est pas un problème.
Germain estime son temps de travail en saison entre 42 et 45 heures par semaine, en comptant :
- l’équivalent des 35 heures de sa salariée ;
- 4 heures de livraison ;
- les astreintes de week-end, surtout récolte de courgettes et arrosage.
En hiver, il travaille plutôt autour de 25 heures par semaine. Il prend entre 5 et 6 semaines de congé par an, principalement entre octobre-novembre et en février, avec relais par sa salariée.
Concernant sa rémunération :
- il se verse systématiquement 1300 € par mois ;
- puis prélève le reste en fin de saison selon la trésorerie disponible ;
- il estime son revenu mensuel moyen autour de 1800 €.
Sa salariée à mi-temps est rémunérée environ 650 € brut par mois, pour 17,5 h hebdomadaires annualisées.
Parmi les autres charges évoquées :
- fermage : environ 750 €/an ;
- remboursements en cours : environ 350 €/mois, notamment pour un camion et un broyeur ;
- auparavant, les annuités n’ont jamais dépassé 600 €/mois ;
- achats de plants : actuellement autour de 7000 €/an, contre jusqu’à 10 000 € auparavant.
Le choix de ne pas faire la majorité des plants
Germain explique longuement pourquoi il a fait le choix de ne pas produire lui-même la majorité de ses plants. L’exemple de son prédécesseur l’a plutôt dissuadé : organisation peu ergonomique, nombreuses manipulations de caisses, matériel inadapté, problèmes de limaces et de levée, travail pénible physiquement et résultats aléatoires.
Acheter les plants lui apporte un confort important dans l’organisation du travail. Comme les livraisons de plants arrivent toutes les deux semaines, cela structure très fortement la préparation des planches : les planches doivent être prêtes au moment de la livraison.
Il réalise tout de même 5 à 10 % de ses plants lui-même, notamment :
- courgettes ;
- courges ;
- quelques choux, notamment le chou de Lorient, variété locale dont il produit aussi les semences ;
- navets en mini-mottes certaines années ;
- certains semis d’été ou d’automne en cas de sécheresse.
Il reconnaît que l’achat de plants limite fortement le choix variétal, en particulier pour les salades et les choux, avec beaucoup de variétés hybrides et des traitements qu’il désapprouve, notamment au Success sur chou. Cela nourrit chez lui l’envie de reprendre davantage la main à terme, mais il souligne aussi que la gestion d’une pépinière est un métier à part entière.
Choix variétaux et semences
Germain privilégie majoritairement les variétés population dès que cela lui semble possible. Il observe toutefois que, pour certains légumes d’été, les hybrides restent difficilement remplaçables à ce stade, notamment :
Il fait des essais chaque année pour comparer. Pour lui, l’avenir du maraîchage sur sol vivant passe clairement par un travail de sélection variétale adapté à ce type d’itinéraire technique, sans travail du sol et sur sols très riches en matière organique.
Sur aubergine, il utilise encore des plants greffés, faute d’avoir trouvé pour l’instant une alternative population équivalente en productivité. Mais il poursuit ses essais.
Il produit une partie de ses semences de tomates lui-même, ce qui lui paraît simple à faire et peu coûteux en temps. Il les confie ensuite à une collègue qui produit les plants.
La gestion de la précocité en maraîchage sur sol vivant
L’une des grandes questions de Germain a été celle de la précocité. Son premier essai raté d’épinard de printemps sur sol non travaillé lui a montré à quel point les cultures précoces étaient sensibles à la température du sol.
Il a donc mené un travail méthodique d’observation, en comparant des cultures implantées :
- sur sol travaillé à plat ;
- sur buttes permanentes non travaillées, paillées avec un plastique type bâche à salade pour favoriser le réchauffement.
Année après année, il a comparé les performances de mêmes séries de salades, betteraves ou oignons blancs selon les modalités, et a remonté progressivement le calendrier des plantations en MSV.
Il en arrive à la conclusion qu’en dessous de la semaine 11, soit autour de la mi-mars, il est très compliqué dans son contexte de réussir des cultures précoces en sol vivant non travaillé. Ses premières cultures historiques arrivent pourtant dès la semaine 7 ou 9. Cela reste possible, mais avec plus de difficultés pour obtenir un bon calibre et un bon rendement.
Pour les primeurs, sa stratégie est donc spécifique :
- culture sur buttes ;
- paillage estival plutôt qu’hivernal pour éviter un excès d’épaisseur isolante en mars ;
- usage privilégié de luzerne enrubannée ;
- parfois complément azoté ;
- occultation ou plastique noir pour réchauffer ;
- recherche d’un sol plus noir grâce à la hausse du taux de matière organique.
Il utilise aussi ponctuellement des extraits fermentés d’ortie, consoude et fougère en pulvérisation foliaire, mais juge cette pratique trop contraignante à grande échelle, car elle demande des passages fréquents et une gestion pénible des voiles.
Voiles, ravageurs et pression de gibier
Presque toute la surface cultivée peut être voilée à certains moments. Les voiles servent bien sûr contre certains insectes sur navets, carottes ou choux, mais surtout contre les chevreuils, qui constituent un problème majeur sur la ferme. Germain n’a pas clôturé et ne souhaite pas le faire.
Il signale aussi une forte présence de sangliers, mais les chevreuils semblent les plus problématiques sur les cultures.
La luzernière : production et fonctionnement
La luzernière couvre environ 8000 m². Elle a été implantée en 2018 après prairie, avec travail du sol, compost et semis classique.
Le fonctionnement actuel repose sur trois coupes par an :
- une première coupe en avril ;
- une seconde en juin-juillet ;
- une troisième en septembre.
La première coupe est réalisée sur un mélange avoine-luzerne. En effet, après la dernière coupe de septembre, Germain réalise un sursemis de céréale, souvent de l’avoine diploïde, dans la luzernière. L’objectif est de maximiser la biomasse. Cette première coupe est donc particulièrement productive.
À titre d’exemple, il évoque 16 round ballers sur la première coupe pour 8000 m². Un round baller lui permet de couvrir quatre planches de culture de 35 m de long, soit environ 200 m².
Avec cette organisation, il estime produire environ 15 t de matière sèche par hectare et par an. Comme il vise désormais plutôt 20 t/ha, cela explique le recours complémentaire au compost.
Engrais verts et autonomie en matière organique
Dès qu’une culture d’automne-hiver se termine, Germain implante un engrais vert. Selon l’état de la parcelle, il peut :
- bâcher quelques semaines avant semis pour mieux maîtriser la flore spontanée ;
- semer directement à la volée puis recouvrir de foin.
Les engrais verts sont très largement dominés par les légumineuses, en particulier la féverole, qu’il apprécie beaucoup. Il complète souvent avec pois, vesce, puis une céréale comme le triticale. Il vise au moins 75 % de légumineuses dans le mélange.
Il sème plus dense que les préconisations classiques, en tenant compte des pertes possibles dues au paillage, aux oiseaux, limaces et mulots. Il envisage de systématiser le passage d’un rouleau après semis, qu’il juge clairement bénéfique pour améliorer le contact sol-graine.
Observation du sol et structure
Lors de l’examen d’un profil de sol, Germain insiste sur plusieurs critères :
- prospection racinaire profonde ;
- absence de couche de compaction bloquant les racines ;
- structure en petits grumeaux type « couscous » ;
- facilité d’écrasement des mottes ;
- bonne porosité.
Sur ses sols sableux-limoneux, il estime que le sable facilite physiquement la structuration et limite les risques de tassement sévère. En revanche, lorsqu’il travaillait le sol, il observait fréquemment des croûtes de battance sur la fraction limoneuse, ce qui pénalisait infiltration de l’eau et échanges gazeux. Depuis le passage au non-travail du sol, ces croûtes ont disparu.
Arbres, haies et concurrence
La ferme est très arborée et Germain plante encore des arbres dès qu’il le peut. Il juge cela indispensable. Il est toutefois très lucide sur les phénomènes de concurrence.
À proximité des vieux arbres, notamment des pommiers ou des arbres conduits en ragosse, il observe nettement une baisse de croissance des cultures. Sur certaines parcelles, il constate une influence des arbres jusqu’à 8 m de distance.
Si c’était à refaire, il laisserait donc environ 8 m entre une haie mature et les premières planches maraîchères. Pour de jeunes plantations, la concurrence est évidemment bien plus faible dans les premières années.
Le choix de formes d’arbres hautes est lié au contexte venté de la ferme, proche de la côte, mais aussi à une continuité avec le paysage et les formes déjà présentes.
La remise en question des rotations
Germain explique que le maraîchage sur sol vivant l’a conduit à remettre en cause les rotations classiques apprises en maraîchage, basées sur :
- la gourmandise des légumes ;
- les familles botaniques.
Selon lui, dans un système où toute la surface reçoit la même dose de biomasse, la notion de rotation par niveau d’exigence perd une grande partie de son sens. Par ailleurs, l’observation du fonctionnement naturel des plantes l’amène à interroger la nécessité même de la rotation comme outil principal de prévention sanitaire.
Il ne dit pas que les rotations n’ont aucun intérêt, mais il cherche à comprendre pourquoi une plante tombe malade plutôt que de seulement déplacer le problème. Il relie cela à une approche de l’équilibre du vivant, notamment inspirée par la bioélectronique de Vincent et les notions de pH et de redox.
Il mène donc des essais de non-rotation sur certaines cultures à cycle long : poireau, courgette, oignon, céleri-rave. Pour l’instant, à la deuxième année, il ne constate pas de problèmes sanitaires visibles. Il estime qu’il faudra plusieurs années, plutôt de l’ordre de cinq ans, pour réellement juger.
Rongeurs et lecture du déséquilibre
La ferme héberge beaucoup de rongeurs, avec de nombreuses galeries. Pourtant, Germain dit que cela lui pose peu de problèmes dans la majorité des cas. Son interprétation est que le rongeur n’est pas la cause première de l’échec, mais un révélateur ou un acteur secondaire d’un déséquilibre déjà présent.
Il donne l’exemple d’une implantation ratée de poivrons et aubergines sous serre. Chaque motte était au-dessus d’une galerie. Le premier réflexe serait d’accuser les rongeurs, mais pour lui, le vrai problème était un sol trop froid, un paillage trop épais de foin au lieu de luzerne, et donc une mauvaise implantation racinaire initiale.
Limaces : forte pression au début, régulation progressive
Le principal ravageur du système reste la limace. En travail du sol, il utilisait environ un seau de 5 kg d’anti-limaces tous les deux ans. En maraîchage sur sol vivant, il est passé à environ 20 kg par an dans les premières années.
Là encore, il observe cependant une évolution importante avec le temps. Cinq ans après le passage en MSV, certaines parcelles, notamment sous serre et autour des serres, ne nécessitent plus du tout d’anti-limaces. Il peut désormais y réussir navets bottes, betteraves bottes, salades ou courges sans application. En revanche, certaines zones restent encore problématiques.
Il en conclut qu’une régulation biologique se met bien en place, mais à des vitesses variables selon les parcelles.
Exemples de conduites culturales
Aubergine
L’itinéraire technique de l’aubergine n’a pas fondamentalement changé avec le MSV :
- un plant tous les 50 cm ;
- monorang par planche ;
- conduite sur trois têtes ;
- passages réguliers pour égourmander et retirer les doubles fleurs.
Les aubergines greffées restent pour l’instant les plus performantes. Les essais en variété population se poursuivent.
Poivron
Les poivrons sont implantés très serrés :
- 20 cm entre rangs ;
- 40 cm sur le rang.
L’objectif est de protéger les fruits des coups de soleil grâce au feuillage. La culture est ensuite palissée avec des piquets tous les 5 m et plusieurs étages de ficelle.
Cette année-là, l’implantation a été mauvaise à cause du froid du sol, d’un excès de paillage et d’un démarrage difficile. Germain a tenté de rattraper la culture par aspersion, retrait du paillage plastique, apport d’engrais bouchon et récolte précoce des premiers fruits verts pour favoriser la végétation. Il espère ainsi une production correcte en septembre-octobre.
Concombre, fenouil, blettes en association
Sous serre, une association concombre-fenouil-blette a été testée. Le persil, en revanche, est une association déjà bien maîtrisée.
Cette année-là :
- persil : très bon résultat, avec au moins six coupes, bien plus que d’habitude ;
- fenouil et blettes : bon développement après un démarrage lent ;
- concombre : fort échec, sans doute lié au froid du sol et peut-être à la concurrence.
Une autre série de concombres implantée plus tard, sur sol réchauffé et avec luzerne, fonctionne en revanche très bien.
Melon et pastèque dans des fraisiers
Germain expérimente aussi une serre de fraisiers non remontants implantés en janvier sur toile tissée, initialement dans une logique annuelle. Finalement, il retire la toile et implante melon et pastèque à côté des rangs.
L’objectif est de ne pas immobiliser une serre trop longtemps pour une production de fraise courte. Les fraisiers sont toujours vivants, et la culture de melon se développe au-dessus. Il reste à voir comment gérer ensuite l’enherbement de cette serre.
Tomate
Germain cultive trois grands groupes de tomates :
- tomates anciennes ;
- tomates cerises ;
- tomates F1.
Parmi les anciennes, il affectionne particulièrement Rose de Berne, Noire de Crimée et Cornue des Andes. Il cultive environ une quinzaine de variétés, mélangées sur les planches, ce qui permet une récolte directement diversifiée.
L’itinéraire technique est le suivant :
- plantation principalement en semaines 15 et 17 ;
- précédent souvent épinard ;
- coupe de la culture précédente sans arrachage ;
- apport de luzerne ;
- deux lignes de goutte-à-goutte par planche ;
- parfois paillage plastique noir, mais il tend à l’abandonner car il juge que cela fonctionne aussi bien sans.
Les tomates sont plantées à 50 cm, conduites et égourmandées de manière classique. La première récolte a commencé fin juin cette année-là, ce qui est précoce dans son contexte. Habituellement, il commence plutôt mi-juillet. Les cultures sont arrêtées vers la mi-octobre.
Biodiversité et santé des plantes
Pour Germain, l’un des effets les plus frappants du passage au maraîchage sur sol vivant est l’explosion de la biodiversité, à la fois dans le sol et au-dessus du sol : insectes, araignées, amphibiens, oiseaux, etc.
L’autre changement majeur est la quasi-disparition des maladies du sol et de nombreuses maladies fongiques :
- sclérotinia : quasi disparu ;
- hernie du chou : disparue ;
- mildiou terrestre sur tomate : disparu ;
- fortes pertes sur salades par Bremia ou autres maladies : très largement réduites.
Il explique qu’il laisse volontairement en place les plants malades, y compris ceux porteurs de maladies fongiques, dans une logique d’équilibrage biologique du milieu.
Pour lui, les phénomènes se répartissent ainsi :
- certaines améliorations apparaissent très rapidement dès l’arrêt du travail du sol ;
- d’autres, comme la régulation des limaces ou de certains pathogènes, demandent plusieurs années.
Il affirme aujourd’hui qu’il ne reviendrait en arrière pour rien au monde.
La vigne en essai sur sol vivant
La ferme comporte aussi un essai de vigne, prêté à des amis en projet viticole. La vigne a été implantée directement en MSV, sans travail du sol. Germain souligne que, dans les réseaux viticoles, les démarches de non-travail du sol concernent souvent des vignes existantes en transition, alors qu’ici il s’agit d’une implantation dès le départ.
Les premiers résultats sont jugés très intéressants, notamment sur la vigueur des plants et leur résistance à la sécheresse.
Conclusion
Le parcours de Germain Maheo montre une transition progressive mais profonde : d’un maraîchage bio classique techniquement maîtrisé vers un système en maraîchage sur sol vivant, beaucoup plus cohérent à ses yeux sur les plans agronomique, écologique et humain.
Cette évolution ne s’est pas faite dans la recherche d’un modèle spectaculaire ou dogmatique, mais par essais successifs, observations fines et remise en question continue. La luzerne, la couverture permanente du sol, la réduction de la surface cultivée, la recherche d’autonomie en matière organique, la maîtrise du temps de travail et l’attention portée à la biologie du sol sont au cœur de son système actuel.
Son message final est simple : il faut essayer. Pas forcément tout changer d’un coup, mais tester, observer, se faire accompagner si besoin, et laisser les faits parler.