Plan Marval - Perspectives et hypothèses

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Cette vidéo présente les perspectives et hypothèses issues des échanges du plan MARVAL, un collectif interdisciplinaire consacré à la régénération des sols agricoles. Autour de Cédric Cabrol, Rémi Thinard, Camille Verly et d’intervenants comme Olivier Husson, Hervé Covès ou Jean-Pierre Sarthou, un consensus se dégage : la régénération repose d’abord sur la contextualisation pédoclimatique, une bonne structure du sol, une couverture végétale permanente, la diversité des plantes et le rôle central de la photosynthèse. Les intervenants insistent sur l’importance de la biologie des sols, de l’eau, des apports organiques et de pratiques simples, peu coûteuses et adaptables au terrain. Au-delà de la fertilité, les discussions relient sols vivants, autonomie des fermes, biodiversité, santé et climat. Le plan MARVAL entend ainsi relier observations de terrain, expérimentations et science pour construire des outils accessibles aux agriculteurs et techniciens.

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Résumé
Cette vidéo présente les perspectives et hypothèses issues des échanges du plan MARVAL, un collectif interdisciplinaire consacré à la régénération des sols agricoles. Autour de Cédric Cabrol, Rémi Thinard, Camille Verly et d’intervenants comme Olivier Husson, Hervé Covès ou Jean-Pierre Sarthou, un consensus se dégage : la régénération repose d’abord sur la contextualisation pédoclimatique, une bonne structure du sol, une couverture végétale permanente, la diversité des plantes et le rôle central de la photosynthèse. Les intervenants insistent sur l’importance de la biologie des sols, de l’eau, des apports organiques et de pratiques simples, peu coûteuses et adaptables au terrain. Au-delà de la fertilité, les discussions relient sols vivants, autonomie des fermes, biodiversité, santé et climat. Le plan MARVAL entend ainsi relier observations de terrain, expérimentations et science pour construire des outils accessibles aux agriculteurs et techniciens.

Le plan Marval a réuni pendant deux jours des chercheurs, agronomes et passionnés en une rencontre interdisciplinaire visant à mettre en perspective les connaissances et les pratiques pour améliorer les compréhensions autour de la régénération des sols. Nous proposons en vidéo la journée de restitution de ces travaux en présence de certains d'entre eux pour présenter ces rencontres et échanger avec les agriculteurs praticiens et des accompagnants techniques

Présentation sommaire des perspectives et des hypothèses avancées articulées lors des rencontres, ainsi que des protocoles à mettre en place pour les valider.

  • Présentation du plan MARVAL : Le collectif MARVAL vise à approfondir la régénération des sols. Outils collectifs pour diagnostiquer/améliorer la qualité des sols agricoles (low-tech, sans biocides).
  • Observations sur la régénération des sols : Importance de la couverture végétale : sol nu à 43,8°C vs. sol couvert à 24,5°C. Nécessité dadapter les pratiques agricoles selon les milieux spécifiques.
  • Systèmes agricoles régénératifs : Diminution des intrants et des coûts. Exemple : Richard Hedricks, augmentation de matière organique de 1,7% à 8,2% en 10 ans, la production de maïs passée de 110 à 288 quintaux en non-irrigué.

Notes

Présentation du plan MARVAL

  • Le collectif MARVAL est un groupe interdisciplinaire visant à approfondir la compréhension des processus de régénération des sols.
  • L'objectif est de créer des outils collectifs et accessibles pour diagnostiquer, suivre et améliorer la qualité des sols agricoles.
  • Les techniques visent à être low-tech et accessibles à tous, évitant l'usage des biocides.

Présentations des intervenants

  • Cédric Cabrol se présente comme agro-éco-climatologue, issu du monde paysan mais passé par la recherche.
  • Rémi Thinard fait de la formation et du conseil en agroécologie, accompagnant les producteurs vers l'autonomisation en fertilisation.
  • Camille Verly est biologiste moléculaire spécialisé dans les plantes, anciennement dans l'agriculture conventionnelle.

Régénération des sols - Contexte et défis

  • La contextualisation pédoclimatique est essentielle car tous les milieux sont différents, rendant difficile la définition d'itinéraires standardisés.
  • Images illustrant le problème des sols dégradés et de l'érosion, avec un sol qui se retrouve sur la route après la pluie.
  • Démonstration de l'impact de la couverture végétale sur la température du sol : sol nu (43,8°C), sol avec herbe tondue (24,5°C), sol avec couvert dense (température encore plus basse).

Importance de la photosynthèse et de la couverture des sols

  • La photosynthèse est la source d'énergie principale du système sol-plante.
  • Les sols couverts permettent une meilleure infiltration de l'eau et maintiennent une biologie active.
  • La diversité des plantes est cruciale pour maximiser les interactions bénéfiques dans le sol.

Structure du sol et microbiologie

  • Une bonne structure physique du sol est fondamentale pour la fertilité.
  • Les tests bèche, profils télescopiques et pénétromètres sont recommandés pour évaluer la structure.
  • Ne pas hésiter à travailler le sol quand nécessaire pour corriger une mauvaise structure.
  • La diversité des couverts végétaux (minimum 5 espèces) a un impact significatif sur la productivité.

Systèmes agricoles régénératifs et économie

  • Les systèmes régénératifs permettent de diminuer considérablement les intrants (pesticides, engrais) et donc les coûts de production.
  • Exemple de Richard Hedricks aux États-Unis : augmentation de la matière organique de 1,7% à 8,2% en 10 ans, production de maïs passée de 110 à 288 quintaux en non-irrigué.

Bénéfices sur la biodiversité, la santé et le climat

  • Retour d'espèces disparues dans les fermes régénératives (carabes, lépidés russes, ampuzes, guêpiers d'Europe).
  • Approche santé unique : un sol en santé produit des plantes riches en nutriments, bénéfiques pour la santé humaine.
  • Étude récente (27/08/2024) montrant que la santé des sols est associée à une augmentation de production.
  • Exemple du plateau de l'Os en Chine : la revégétalisation de 36,000 km² a permis de régénérer le climat et faire revenir les pluies.
  • Aux États-Unis, l'augmentation des surfaces de maïs dans la 'Corn Belt' a correspondu à une augmentation des pluies jusqu'à 20% et une baisse des températures de 0,35°C en 100 ans.

Questions et réponses

  • Sur le pourcentage d'eau dans le sol : varie selon la capacité d'infiltration, recommandation de faire un test simple avec une petite fosse et 1 litre d'eau.
  • Témoignage sur l'effet des plantes sur l'humidité de l'air en Inde et la capacité du cocotier à capter l'humidité.
  • Sur l'irrigation : elle peut aider à accélérer la régénération des sols, surtout utilisée stratégiquement avant les pluies.
  • Sur la chronologie des actions : contextualiser, vérifier la structure du sol, apporter de la diversité de plantes, utiliser du fumier frais ou des biofertilisants.

Facteur humain et approche systémique

  • Discussion sur l'importance du facteur humain dans le changement des pratiques agricoles.
  • Nécessité d'un soutien politique pour faciliter la transition agroécologique à grande échelle.
  • Recommandation de travailler en collectif pour avancer plus vite.
  • Une masse critique de 17% d'agriculteurs est nécessaire pour faire basculer un groupe vers de nouvelles pratiques.

Synthèse technique par Xavier

  • Approche de la fertilité en trois dimensions : physique, chimique et biologique.
  • Importance des indicateurs pour mesurer l'état du sol et faire les corrections nécessaires.
  • Végétalisation des sols aussi longtemps que possible sur 24 mois, avec des plantes bien nourries.
  • Utilisation judicieuse de l'irrigation quand c'est pertinent.
  • Combinaison possible de différentes techniques (lactofermentés, thé de compost, EM, etc.) pour de meilleurs résultats.

Conclusion

  • Témoignage final d'un scientifique académique sur l'importance de 'sortir des sentiers battus aussi souvent que nécessaire.
  • Appréciation générale du plan MARVAL et des échanges interdisciplinaires qu'il a permis.



Introduction

Malgré les avancées considérables dans la compréhension des interactions entre les micro-organismes et dans la description du microbiome des plantes, certains mécanismes demeurent encore inexpliqués et nous avons encore une vision imparfaite de l’activité microbiologique des sols. Dans le contexte de crise profonde que traverse l’agriculture, des retours de terrain font état de résultats significatifs concernant la régénération de la biologie des sols, la fertilité et la porosité. Ces résultats sont obtenus grâce à l’utilisation de produits simples, peu coûteux, et cela d’autant plus que les sols sont dégradés.

Face à ce constat, et dans l’optique de relier les avancées de terrain à la science, le plan MARVAL a vu le jour. Ce collectif interdisciplinaire regroupe des personnes engagées et des experts passionnés qui travaillent ensemble pour approfondir la compréhension des processus de régénération des sols. L’objectif est de créer des outils collectifs et accessibles, fondés sur l’expérience de terrain, afin de diagnostiquer, suivre et améliorer la qualité des sols agricoles à destination des agriculteurs et des techniciens.

L’approche repose sur des techniques low-tech et accessibles à tous, visant à se passer de l’usage des biocides dans la production alimentaire en réintégrant la biologie des sols. Cela contribue à renforcer l’autonomie des systèmes agricoles tout en respectant les écosystèmes.

Cette intervention intitulée « Plan Marval - Perspectives et hypothèses » rassemble principalement les prises de parole de Cédric Cabrol, Rémi Thinard et Camille Verly, avec des références récurrentes aux travaux et échanges menés avec d’autres intervenants du plan MARVAL, notamment Olivier Husson, Jean-Pierre Sarthou et Hervé Covès.

Présentation des intervenants

Cédric Cabrol se présente comme un « agro-éco-climatologue ». Issu du monde paysan, il explique avoir quitté la ferme familiale, notamment faute de patience pour « traire les vaches », pour se tourner vers la recherche en chimie. C’est ensuite par les questions climatiques et celles liées à la régénération des sols qu’il est revenu vers l’agroécologie.

Rémi Thinard explique travailler dans la formation et le conseil en agroécologie. Il accompagne des producteurs et des groupes de producteurs sur les questions d’autonomisation, notamment en matière de fertilisation. Il mobilise pour cela des préparations simples, des approches comme l’« aliphophère » telle qu’elle est citée dans la transcription, ainsi qu’un ensemble d’outils d’analyse, avec une forte attention portée à l’approche nutritionnelle.

Camille Verly indique être initialement biologiste moléculaire et généticien des plantes. Il a travaillé dans la recherche autour de nouveaux produits et techniques en agriculture conventionnelle, avant de connaître un désaccord profond avec les finalités de ce travail. Il explique avoir alors choisi de mettre ses compétences au service de l’agroécologie et d’une « nouvelle révolution agricole ».

Les trois intervenants précisent qu’il leur a été demandé de restituer les hypothèses et les perspectives issues de deux journées de travail collectif. Ils soulignent d’emblée qu’il y a eu énormément de discussions, des désaccords sur certains détails, mais aussi des consensus de fond qu’ils choisissent de présenter.

Un point de départ partagé : la nécessité de contextualiser

L’un des premiers points de consensus évoqués est la nécessité absolue de contextualiser. Camille Verly insiste sur ce point, en rappelant avec humour qu’Olivier Husson lui a demandé de ne surtout pas oublier d’en parler. La contextualisation est décrite comme pédoclimatique avant tout, mais aussi plus largement agronomique et territoriale.

L’idée centrale est la suivante :

  • tous les milieux sont différents ;
  • il est impossible de proposer des itinéraires universels entièrement valables partout ;
  • les réponses dépendent toujours du point de départ et de l’objectif recherché.

Dans cette logique, deux questions deviennent centrales :

  • d’où part-on ?
  • où veut-on aller ?

Les intervenants rappellent que, dans la plupart des cas, lorsqu’on parle de régénération d’un sol, c’est qu’on part d’un sol déjà très dégradé, pauvre en vie biologique, en structure et en porosité. C’est cette réalité qui rend impossible toute recette simpliste du type « mettez tel couvert avec tel mélange ». L’agroécologie est présentée comme belle parce qu’elle est complexe, mais aussi difficile à standardiser pour cette même raison.

Constats de dégradation des sols

Pour illustrer cette situation de départ, les intervenants évoquent plusieurs images marquantes :

  • des sols compactés et pauvres en vie ;
  • des champs ravinés ;
  • de la terre partie sur la route après une pluie ;
  • des sols nus exposés à l’érosion et aux températures extrêmes.

Ils posent alors une question essentielle : qu’a-t-on fait pendant les 20, 30 ou 50 dernières années pour en arriver là ?

L’idée défendue est que les pratiques agricoles dominantes ont conduit à des problématiques majeures :

  • perte de structure ;
  • perte de porosité ;
  • mauvaise infiltration de l’eau ;
  • érosion ;
  • baisse de fertilité ;
  • disparition d’une grande partie de la vie du sol.

Les intervenants rappellent que certains dégâts sont visibles, comme l’érosion ou le ravinement, tandis que d’autres ne se voient pas directement, notamment l’effondrement de la vie microbiologique et la dégradation fonctionnelle du sol.

L’importance des plantes pour protéger et relancer les sols

Pour sortir de ces situations, un consensus fort se dégage : il faut des plantes sur les sols.

La couverture végétale est présentée comme un levier de base pour éviter que :

  • le sol parte avec les pluies ;
  • la température du sol monte à des niveaux destructeurs ;
  • les organismes du sol disparaissent ;
  • l’eau ne s’infiltre plus.

Une démonstration est faite à partir de températures mesurées au sol :

  • sur un sol nu en plein été : 43,8 °C ;
  • sur un sol avec herbe tondue ou coupée : 24,5 °C ;
  • sous des couverts denses et hauts : température encore plus basse.

L’écart de près de 20 °C est présenté comme considérable. À 43,8 °C, tout ce qui vit dans le sol est fortement menacé : bactéries, champignons, nématodes, protozoaires, et plus largement la vie microbienne et mésobiologique du sol. À l’inverse, sous couvert végétal, les conditions redeviennent compatibles avec une vie biologique intense et fonctionnelle.

Les plantes sont donc vues comme :

  • une protection thermique ;
  • une protection contre l’érosion ;
  • un moyen de maintenir et relancer la vie du sol ;
  • un levier d’amélioration de l’infiltration de l’eau ;
  • un moteur de disponibilité en nutriments.

Le rôle central de la photosynthèse

L’un des fils directeurs les plus forts de la présentation est l’idée que tout vient de la photosynthèse. Les intervenants insistent sur le fait que l’énergie d’entrée du système agricole vient d’abord de l’énergie solaire captée par les plantes.

Cette photosynthèse est au cœur du fonctionnement régénératif parce qu’elle permet :

  • la production de biomasse ;
  • l’alimentation des racines ;
  • la production d’exsudats racinaires ;
  • l’alimentation de la biologie du sol ;
  • la fixation du carbone dans les sols.

Dans les systèmes visés, la plante est présentée comme une interface entre :

  • l’énergie solaire ;
  • l’eau ;
  • le CO2 ;
  • l’azote atmosphérique ;
  • les minéraux présents dans le sol.

Les racines sont décrites comme un élément fondamental. Une image commentée pendant l’intervention montre une masse racinaire importante sous un sol couvert et diversifié. Les intervenants soulignent que c’est cette densité racinaire, capable d’aller profondément et d’explorer différents horizons, qui permet de redistribuer au sol l’énergie fabriquée par la photosynthèse.

Ils rappellent également que cette dynamique permet d’augmenter la matière organique du sol et de fixer du carbone au lieu d’en émettre.

Remonter la pente : la courbe d’Olivier Husson

Les intervenants s’appuient sur une courbe souvent utilisée dans leurs échanges, attribuée à Olivier Husson. Cette courbe montre qu’en « agriculture minière », lorsque le pourcentage de matière organique rapporté à l’argile est très faible, la production des plantes est également faible.

L’enjeu consiste donc à remonter la pente :

  • augmenter la matière organique ;
  • augmenter la capacité de production des plantes ;
  • faire repartir la dynamique biologique.

Mais cette remontée dépend fortement du point de départ. Si le système est très dégradé, il sera plus difficile de le relancer que si le sol a conservé une partie de ses fonctions.

Les intervenants expliquent alors que plus un système est dégradé, plus il faut parfois des investissements ciblés pour relancer la machine. Cela peut passer par :

  • des couverts végétaux ;
  • des apports organiques ;
  • des préparations microbiologiques ;
  • des interventions sur la structure ;
  • une gestion fine de l’eau.

Ils précisent que si un sol est « vraiment pourri », le simple fait de semer un couvert ne suffit pas toujours, car :

  • l’eau ne s’infiltre pas bien ;
  • les organismes biologiques manquent ;
  • les interactions plante-sol sont trop faibles.

Dans ce cas, les préparations présentées auparavant dans la journée sont vues comme des « boosters » susceptibles de redonner de l’élan au système.

Une vision du système sol comme système complexe

Les intervenants commentent ensuite un schéma d’Olivier Husson représentant la complexité du système sol. Ils reconnaissent eux-mêmes qu’il n’est déjà plus à jour, tant les découvertes continuent.

Le schéma sert à rappeler que le système sol-plante est un système complexe fait d’interactions multiples entre :

  • énergie solaire ;
  • eau ;
  • CO2 ;
  • azote atmosphérique ;
  • minéraux ;
  • plantes ;
  • micro-organismes ;
  • structure du sol ;
  • dynamique chimique ;
  • dynamique physique.

Camille Verly rappelle qu’on ne peut pas schématiser complètement un système complexe en une seule image. C’est justement cette complexité qui explique à la fois :

  • la difficulté à produire des itinéraires fixes ;
  • les débats entre spécialistes ;
  • l’intérêt scientifique et agronomique du sujet.

Cependant, tous s’accordent sur un point : mettre la photosynthèse au cœur du système serait déjà un immense progrès pour orienter différemment la pensée agronomique.

La structure du sol comme base incontournable

Un autre consensus fort porte sur la nécessité d’une bonne structure de sol.

Les intervenants soulignent qu’il est très difficile de reconstruire un système fonctionnel sur un sol :

  • compacté ;
  • sans porosité ;
  • à infiltration limitée ;
  • structurellement bloqué.

Les outils cités pour évaluer cette structure sont :

  • le test bêche ;
  • les profils pédologiques ou télescopiques ;
  • le pénétromètre ;
  • le compactomètre.

Il est rappelé, dans la lignée de ce qu’a également dit Xavier Dubreucq, qu’il ne faut pas avoir une vision dogmatique du non-travail du sol. Si la structure est mauvaise, il peut être nécessaire de travailler le sol pour relancer le système. Cela peut prendre différentes formes :

  • décompaction ;
  • fissuration ;
  • travail au disque plus ou moins profond ;
  • voire labour dans certains cas.

L’idée n’est pas de travailler systématiquement, mais de considérer le travail du sol comme un outil possible lorsque la situation l’impose.

Le rôle déterminant de la diversité

Les intervenants reviennent ensuite sur la question de la diversité, autre point de fort consensus. Une comparaison entre deux couverts est évoquée :

  • d’un côté un couvert simple, de type triticale ;
  • de l’autre un couvert enrichi de plusieurs espèces supplémentaires.

Dans les mêmes conditions de sol et de pluie, l’effet positif de la diversité apparaît nettement.

S’il y a débat sur le nombre idéal d’espèces, les estimations évoquées dans le groupe vont de 5 à 20 espèces. Mais au-delà du chiffre exact, tout le monde s’accorde sur le principe : il faut une grande diversité d’espèces.

Cette diversité est recherchée :

  • dans les couverts ;
  • si possible dans les cultures ;
  • dans les apports de matières organiques ;
  • dans les micro-organismes mobilisés ;
  • dans les préparations fermentaires ;
  • dans les habitats autour des parcelles.

L’objectif est de multiplier les interactions, d’augmenter les fonctions écologiques et d’assurer une meilleure disponibilité des minéraux et de l’énergie dans le système.

La roue de la fertilité : structure, eau, nutriments, plantes et biologie

Les intervenants résument ensuite le fonctionnement d’un système régénératif sous forme d’une « roue » où plusieurs éléments doivent fonctionner ensemble :

  • une bonne structure de sol ;
  • de l’eau ;
  • des plantes ;
  • une nourriture abondante et de qualité ;
  • de la biologie.

Ils insistent sur le fait que cette roue ne peut pas tourner correctement si l’un des éléments manque. Pendant longtemps, les approches agronomiques ont surtout travaillé :

  • les plantes ;
  • l’eau ;
  • la structure physique ;
  • les nutriments.

Mais elles ont souvent laissé de côté le rôle moteur de la biologie. Leur hypothèse est donc qu’il faut aujourd’hui réintégrer pleinement la biologie et les fonctions biologiques si l’on veut que cette roue tourne réellement.

La biologie est alors présentée comme ce qui permet :

  • d’améliorer la porosité ;
  • de favoriser l’infiltration ;
  • d’augmenter le stockage de l’eau ;
  • d’accroître la disponibilité des nutriments ;
  • de soutenir la santé des plantes.

Minéraux, biologie et hypothèse des transmutations

Une partie plus exploratoire de l’intervention porte sur des hypothèses concernant la capacité du vivant à transformer ou mobiliser des éléments minéraux de manière encore mal comprise.

Rémi Thinard évoque le fait d’avoir observé, sur certaines plantes en zones dégradées, des teneurs importantes en micro-éléments après stimulation biologique du système, alors même que le sol semblait pauvre. Cela amène le groupe à discuter de l’hypothèse des transmutations biologiques ou de réactions nucléaires à basse énergie.

Il est indiqué que :

  • des travaux existent sur des bactéries capables de contribuer à la dépollution de résidus issus de centrales nucléaires ;
  • des brevets existent dans ce domaine ;
  • certaines publications scientifiques décrivent des transformations élémentaires en présence de levures ou de bactéries.

Les intervenants restent prudents et reconnaissent qu’ils ne savent pas aujourd’hui démontrer ces phénomènes dans les champs. Ils les présentent comme des hypothèses passionnantes qui repoussent les limites de la compréhension actuelle du vivant.

Cette séquence sert surtout à illustrer l’idée que la biologie pourrait jouer un rôle encore bien plus vaste qu’on ne le pense dans :

  • l’accès aux minéraux ;
  • l’optimisation de l’énergie disponible ;
  • la sortie des systèmes dégradés de leur état d’ornière.

Conséquences économiques de la régénération des sols

Les intervenants abordent ensuite les conséquences économiques de la régénération des sols. Selon eux, un sol en bonne santé permet de réduire fortement les intrants :

  • moins de pesticides ;
  • moins d’engrais ;
  • une baisse importante des coûts de production.

Ils prennent pour exemple un agriculteur américain, Richard Hedricks tel qu’il est cité dans la transcription. Son cas est présenté comme emblématique :

  • départ avec un sol à 1,7 % de matière organique ;
  • montée à 8,2 % en dix ans ;
  • passage d’une production de maïs sec d’environ 110 quintaux à 288 quintaux sans irrigation ;
  • record également évoqué en irrigué en agroécologie avec 360 quintaux pour un autre producteur.

L’exemple sert à montrer qu’agroécologie et performance économique ne sont pas opposées. Au contraire, dans certains contextes, les systèmes régénératifs sont présentés comme capables de devenir extrêmement productifs et rentables.

Les intervenants signalent aussi le potentiel des cultures associées, même si des difficultés techniques de récolte peuvent subsister.

Conséquences pour la biodiversité

La régénération des sols est également associée à un retour de la biodiversité, visible à différentes échelles.

Sur la ferme évoquée par les intervenants, plusieurs espèces sont revenues après l’évolution des pratiques :

  • les carabes, décrits comme parmi les premiers à revenir dès lors qu’on cesse de tuer les limaces ;
  • le « lipide russe » tel qu’il est transcrit, présenté comme un crustacé des fossés absent depuis 30 ans ;
  • l’empuse, décrite comme une sorte de pendant hivernal de la mante religieuse ;
  • le guêpier d’Europe, revenu nicher sur la ferme.

Le cas du guêpier d’Europe est particulièrement mis en avant : la falaise de nidification existait depuis longtemps, mais c’est l’installation d’un couvert fleuri et la présence d’insectes, notamment avec les ruches d’apiculteurs, qui ont permis son retour.

Le message est clair : en régénérant les sols, on régénère aussi les habitats et les ressources pour de nombreuses espèces.

Conséquences pour la santé : l’approche « santé unique »

Les intervenants défendent une approche de type One Health ou santé unique. Selon eux, un sol en bonne santé, riche en minéraux disponibles et en activité biologique, produit des plantes plus riches sur le plan nutritionnel. Cela a ensuite des effets sur :

  • la santé des animaux ;
  • la santé humaine ;
  • les microbiotes associés aux différents organismes.

Ils expliquent que nutriments et microbes circulent dans une boucle d’interactions :

  • du sol vers la plante ;
  • de la plante vers l’animal ;
  • puis vers l’humain.

Une publication récente, datée du 27 août 2024 selon ce qui est dit, est mentionnée. Elle porte sur une méta-analyse de 588 sites dans 27 pays et conclut qu’une bonne santé des sols est associée à une augmentation de la production et à un haut niveau de rendement. Les intervenants y voient un signe fort que la communauté scientifique commence à documenter robustement ce que le terrain observe depuis un certain temps.

Sols, plantes et climat

Une partie importante de l’intervention porte sur les liens entre sols, végétation et climat.

Les fractures climatiques observées en France

Cédric Cabrol présente un graphique sur l’évolution des températures en France, montrant :

  • une période de relative stabilité ;
  • une première rupture correspondant à ce que les climatologues appellent la fracture VPD (Vapor Pressure Deficit) ;
  • possiblement une seconde fracture en cours.

Cette mise en contexte sert à montrer que l’agriculture est confrontée à un climat profondément instable, et que la régénération des sols pourrait avoir des effets sur :

  • le cycle de l’eau ;
  • la biodiversité ;
  • l’alimentation ;
  • le climat lui-même.

Le plateau de Loess en Chine

Un premier exemple est pris sur le plateau de Loess en Chine, présenté comme un grand territoire de 500 000 km² où l’agriculture s’est développée depuis des millénaires. Après 9500 ans d’exploitation, cette zone s’est fortement érodée et aridifiée.

Les Chinois ont engagé une revégétalisation sur environ 36 000 km². Selon les intervenants, des publications suggèrent que cette régénération n’a pas seulement évité une consommation supplémentaire d’eau par les plantes, mais qu’elle a au contraire contribué à recréer des pluies en restaurant le cycle local de l’eau.

Le Corn Belt aux États-Unis

Un second exemple est pris aux États-Unis, dans la Corn Belt. L’augmentation massive des surfaces en maïs sur cent ans est présentée comme ayant été associée à :

  • une hausse des pluies pouvant aller jusqu’à 20 % ;
  • une baisse locale des températures de l’ordre de 0,35 °C, alors que le reste du territoire se réchauffait.

Les intervenants expliquent que des modèles climatiques intégrant finement l’assolement reproduisent ces tendances, contrairement à des modèles plus génériques.

Ils en tirent l’idée que les plantes, et plus largement les usages agricoles du sol, peuvent moduler localement le climat.

Le mécanisme proposé

Le mécanisme décrit est le suivant :

  • sur un sol nu et dégradé, l’eau tombe, ruisselle, emporte de la terre et repart rapidement vers la rivière ;
  • sur un sol végétalisé, l’eau s’infiltre ;
  • elle est stockée puis restituée par évapotranspiration ;
  • cette humidité atmosphérique peut contribuer à de nouvelles pluies.

Les intervenants insistent sur le fait que l’humidité des sols conditionne les probabilités de précipitation, ce qui ferait consensus chez les climatologues. Les plantes, en modulant cette humidité et l’évapotranspiration, influenceraient donc les chances qu’il pleuve.

Ils évoquent aussi le rôle de la rosée (« l’arrosé » dans la transcription) et le fait que des paysages végétalisés restent plus frais et plus humides.

Ces éléments sont présentés comme encore au stade des hypothèses sur certains aspects, mais suffisamment solides pour justifier des travaux complémentaires, notamment avec Jean-Pierre Sarthou et d’autres spécialistes.

Questions du public et approfondissements

Quelle quantité d’eau doit-on avoir dans le sol ?

À la question sur le pourcentage d’eau dans la terre, il est répondu que cela dépend fortement du contexte, de la capacité d’infiltration et de la vitesse à laquelle l’eau tombe.

Un test simple est proposé :

  • creuser une petite fosse d’environ 20 cm sur 50 cm ;
  • verser un litre d’eau ;
  • observer la vitesse d’infiltration.

Cela permet d’évaluer rapidement si le sol infiltre à des vitesses très faibles ou très élevées, et d’estimer sa capacité à stocker l’eau.

Le rôle de l’humidité atmosphérique et des arbres

Un agriculteur témoigne de son expérience en Inde, à Pondichéry, où il a observé à très petite échelle l’effet de certains arbres, notamment le cocotier, capables de capter l’humidité de l’air et de la transformer en eau utile pour les plantes sous leur couvert.

Les intervenants relient ce témoignage à d’autres observations, notamment au Brésil, et confirment l’importance de ces phénomènes de recyclage de l’eau et d’humidification locale.

Le cycle lithosphérique et les minéraux issus de la roche-mère

Un échange porte sur la nécessité de mieux distinguer :

  • un cycle de fertilité atmosphérique, qui concerne l’essentiel de la masse végétale ;
  • un cycle de fertilité lithosphérique, lié à la rhizosphère et à l’altération de la roche-mère.

Les intervenants reconnaissent l’importance de cette distinction et rappellent que les minéraux constituent en quelque sorte le vrai luxe du système. Ils insistent alors sur le rôle :

  • de la biologie ;
  • des racines ;
  • des vers de terre ;
  • de l’ensemble des macro- et micro-organismes

dans la mobilisation et la remontée des minéraux.

L’irrigation peut-elle accélérer la régénération ?

À la question de savoir si l’irrigation peut aider à régénérer les sols plus vite, la réponse est globalement positive, sous réserve de contextualisation.

L’eau est présentée comme souvent le facteur limitant principal de la photosynthèse. L’irrigation peut donc :

  • accélérer la croissance des plantes ;
  • stimuler la biologie du sol ;
  • favoriser l’entretien des mini-cycles de l’eau ;
  • permettre de lancer un système juste avant les pluies.

Il est aussi proposé de réfléchir à une irrigation « stratégique », par exemple :

  • humidifier légèrement un sol très sec avant un épisode pluvieux ;
  • investir un peu d’eau pour améliorer l’infiltration ;
  • planter des arbres afin de mieux capter la rosée et l’humidité atmosphérique.

Existe-t-il une chronologie type pour régénérer un sol ?

Les intervenants répondent qu’il n’existe pas de recette universelle. Tout dépend du contexte de départ.

Quelques principes sont néanmoins proposés :

  • commencer par regarder la structure du sol ;
  • corriger si nécessaire une semelle ou une compaction ;
  • activer un maximum de leviers en même temps si l’on veut accélérer ;
  • travailler la matière organique ;
  • introduire de la diversité végétale ;
  • vérifier la nutrition minérale ;
  • ajouter de la biologie ;
  • utiliser si besoin des fumiers de bonne qualité.

Les fumiers, notamment de bovins laitiers bien minéralisés, sont présentés comme particulièrement intéressants car ils apportent à la fois :

  • de la matière organique ;
  • des minéraux ;
  • de la microbiologie.

À défaut de fumier, il est proposé de recourir à des biofertilisants liquides, à base de bouse fraîche fermentée, afin de simuler une partie des effets recherchés.

L’importance de l’expérimentation à la ferme

Un message fort est adressé aux agriculteurs : la recherche et développement contextualisée doit aussi se faire à la ferme.

Les intervenants encouragent à :

  • faire des tests ;
  • travailler à petite échelle d’abord ;
  • documenter les résultats ;
  • progresser par étapes, de la preuve de concept au déploiement plus large.

Ils insistent sur le fait qu’il ne faut pas engager d’emblée toute son exploitation, mais plutôt :

  • tester sur une petite surface ;
  • puis élargir si les résultats sont confirmés.

Parmi les outils d’aide au pilotage accessibles, ils citent :

  • les analyses de sève ;
  • la mesure du Brix au réfractomètre ;
  • le compactomètre ;
  • la bêche.

Le facteur humain, les collectifs et les politiques publiques

Une intervention du public rappelle qu’au-delà de la technique, il existe un facteur humain essentiel : la manière dont on fait les choses, l’attention portée au vivant, le plaisir, la croyance dans ce que l’on fait.

Les intervenants reconnaissent la difficulté du sujet. Ils admettent que beaucoup d’agriculteurs n’adhèrent pas immédiatement à ces approches, et que le changement ne peut pas être imposé brutalement.

Plusieurs leviers sont évoqués :

  • commencer par de petits sujets concrets ;
  • avancer progressivement ;
  • ne pas chercher à tout transformer d’un coup ;
  • accepter le droit à l’erreur ;
  • documenter les réussites.

La dimension politique est également mise en avant : sans politiques publiques favorables à l’agroécologie, la transition reste difficile, car les risques économiques supportés par les agriculteurs sont importants.

Le rôle du collectif est jugé fondamental. Les groupes, GIEE et dynamiques collectives sont vus comme des accélérateurs de changement. Il est même rappelé qu’une masse critique d’environ 17 % dans un groupe suffirait à faire basculer les pratiques.

L’intervention d’Hervé Covès : primordiaux, mémoire et beauté

En fin d’échange, Hervé Covès intervient pour apporter une dimension plus symbolique, sensible et philosophique.

Il raconte l’histoire d’une petite fille de 12 ans, en Algérie, qui a élevé son petit frère sans lait après la mort de leur mère, en utilisant des racines d’asphodèle lactofermentées. À travers cette histoire, il rapproche les lactofermentations appliquées aux sols d’un geste nourricier primordial : « allaiter les sols ».

Il développe alors deux grandes idées.

Revenir aux fondamentaux

Lorsque la terre va mal, il faut revenir aux fondamentaux, aux « primordiaux ». Les lactofermentations sont présentées comme une nutrition primordiale permettant de soutenir les plus petits êtres du sol avec quelque chose qu’ils savent consommer.

La mémoire des écosystèmes

Hervé Covès introduit aussi l’idée de mémoire :

  • mémoire de la vie ;
  • mémoire des écosystèmes ;
  • mémoire d’un territoire ;
  • mémoire des forêts ;
  • mémoire des microbiotes liés aux grands herbivores.

Cette mémoire pourrait être réintroduite à travers :

  • les composts élaborés avec les matières d’une ferme ;
  • les litières forestières ;
  • certaines préparations comme la bouse de corne en biodynamie ;
  • plus largement tout ce qui apporte de la vie et de l’information à un système bloqué.

Il conclut en invitant à conjuguer deux réflexions lorsqu’un système bloque :

  • revenir au primordial ;
  • apporter plus de vie et plus de biodiversité.

Pour lui, cela permet d’avancer « en confiance dans un monde où l’on espère qu’il y ait plus de beauté ».

La synthèse technique de Xavier Dubreucq

À la suite de cette séquence, Xavier Dubreucq propose une synthèse plus technique de la matinée. Il annonce avec humour qu’il va donner la « recette miracle », tout en rappelant qu’il n’y a justement pas de solution simpliste.

Sa synthèse repose sur trois grands piliers de la fertilité durable.

La fertilité physique

Pour améliorer durablement la fertilité physique :

  • il faut des plantes qui poussent sur le sol ;
  • il faut s’assurer que la porosité physique est correcte ;
  • il faut utiliser des indicateurs ;
  • il faut corriger si nécessaire.

Il insiste sur l’absence de dogme : les sols doivent être travaillés seulement si nécessaire, mais il faut y penser.

La fertilité chimique

Avant de changer ses techniques, il faut savoir où l’on en est de la fertilité chimique :

  • faire des diagnostics ;
  • utiliser des indicateurs ;
  • réaliser des analyses de sol ;
  • corriger si besoin.

Ces corrections sont importantes car la chimie du sol influence :

  • la physique du sol ;
  • la biologie du sol.

Il introduit aussi l’idée de pas de temps acceptable, qui dépend du contexte de chaque agriculteur : certains veulent des résultats très rapides, d’autres acceptent une trajectoire plus longue.

La fertilité biologique

La fertilité biologique est celle qui a été la plus discutée pendant la matinée. Xavier Dubreucq insiste sur l’idée d’une biologie qu’on ne laisse pas seulement faire, mais qu’on peut chercher à forcer pour accélérer la régénération.

Cela passe par :

  • la végétalisation des sols le plus longtemps possible ;
  • une gestion choisie et pilotée des couverts ;
  • un bon confort minéral des cultures et intercultures ;
  • si possible l’agroforesterie ;
  • si possible le pâturage des couverts ou résidus ;
  • éventuellement l’irrigation lorsqu’elle est pertinente ;
  • des amendements organiques de masse ;
  • des outils biologiques de stimulation comme les lactofermentés, les thés de compost, les EM, les protéines hydrolysées, les acides aminés, les acides humiques et fulviques.

Il souligne qu’en pratique, l’empilement cohérent de plusieurs techniques allant dans le bon sens semble permettre de meilleurs résultats et de « déplafonner » les systèmes.

Sa conclusion est simple : il faut à la fois de la technique, du diagnostic, de l’adaptation, et aussi, comme l’avait rappelé Hervé Covès, « y mettre de l’amour ».

Regard final : sortir des sentiers battus

En conclusion, un intervenant scientifique académique, travaillant à Toulouse, à l’INRA puis au CNRS, prend la parole pour dire combien il est devenu nécessaire, même pour des chercheurs cartésiens, de sortir des sentiers battus.

En paraphrasant Frédéric Thomas, il propose cette formule :

  • sortir des sentiers battus le moins souvent possible ;
  • mais sortir des sentiers battus aussi souvent que nécessaire.

Et selon lui, cela devient aujourd’hui de plus en plus nécessaire.

Bilan du plan MARVAL

La séquence finale revient sur le bilan humain et intellectuel du plan MARVAL. Les participants évoquent :

  • trois jours d’échanges extrêmement riches ;
  • la rencontre entre experts de très haut niveau ;
  • un cadre de travail convivial ;
  • le rapprochement de personnes issues de disciplines différentes ;
  • la réussite d’un pari consistant non seulement à faire se rencontrer des « chapelles », mais à les faire travailler ensemble et devenir amis.

Le plan MARVAL apparaît ainsi, dans cette conclusion, comme un espace rare où se croisent :

  • savoirs scientifiques ;
  • expériences de terrain ;
  • hypothèses nouvelles ;
  • outils concrets ;
  • et volonté collective de faire progresser la régénération des sols agricoles.

Idées fortes à retenir

Parmi les grandes idées de cette intervention, plusieurs points font clairement consensus :

  • la régénération des sols doit toujours être contextualisée ;
  • les plantes et la photosynthèse sont au cœur du système ;
  • la structure du sol est une base incontournable ;
  • la diversité végétale et biologique est décisive ;
  • la biologie du sol doit être pleinement réintégrée dans l’agronomie ;
  • il ne faut pas s’interdire des leviers d’intervention si le contexte l’exige ;
  • les sols régénérés ont des effets sur la production, la biodiversité, la santé et potentiellement le climat ;
  • l’expérimentation de terrain reste indispensable ;
  • le collectif et le facteur humain sont essentiels ;
  • il faut articuler science, observation, hypothèses et pratiques.

Voir aussi

Notes

Cette transcription structurée reprend au plus près les propos tenus dans la vidéo, en conservant leur logique, leurs hypothèses, leurs exemples et leurs zones d’incertitude, tout en les réorganisant en un article lisible au format MediaWiki.