De la permaculture au maraîchage sol vivant, par André Trives

De Triple Performance
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À Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, André Trives raconte sa reconversion fulgurante : ancien poissonnier, il découvre la permaculture en 2015, lance ses premiers essais en 2016 sur 3 800 m², puis développe rapidement son activité jusqu’à 1,6 hectare. Sa démarche évolue vers le maraîchage sur sol vivant, avec une phase de régénération des sols fondée sur d’importants apports de broyat, de fumier, des couverts végétaux, puis le paillage permanent. Il présente des itinéraires techniques concrets pour les petites graines, les plantations et la pomme de terre, adaptés au climat méditerranéen et à la Tramontane. L’intervention montre aussi les effets observés : forte activité biologique, hausse de la fertilité, baisse du désherbage, meilleure santé des plantes et retour massif de la biodiversité. André Trives évoque enfin la biodynamie, l’agroforesterie, les variétés locales et la dimension humaine de son projet.

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Résumé
À Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, André Trives raconte sa reconversion fulgurante : ancien poissonnier, il découvre la permaculture en 2015, lance ses premiers essais en 2016 sur 3 800 m², puis développe rapidement son activité jusqu’à 1,6 hectare. Sa démarche évolue vers le maraîchage sur sol vivant, avec une phase de régénération des sols fondée sur d’importants apports de broyat, de fumier, des couverts végétaux, puis le paillage permanent. Il présente des itinéraires techniques concrets pour les petites graines, les plantations et la pomme de terre, adaptés au climat méditerranéen et à la Tramontane. L’intervention montre aussi les effets observés : forte activité biologique, hausse de la fertilité, baisse du désherbage, meilleure santé des plantes et retour massif de la biodiversité. André Trives évoque enfin la biodynamie, l’agroforesterie, les variétés locales et la dimension humaine de son projet.

Cette semaine, nous vous proposons la rediffusion des Rencontres Maraîchage Sol Vivant de janvier dernier !


Présentation et parcours

André Trives est installé près de Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, sur la commune de Haïn(e) telle qu’entendue dans la transcription. Il explique avoir démarré son activité après une reconversion professionnelle. Avant cela, il était poissonnier et a travaillé douze ans dans les produits de la mer, même s’il avait à l’origine un parcours en lycée agricole. Il souligne d’ailleurs qu’il ne lui restait pas grand-chose de ce qu’il avait appris à l’école d’agriculture au moment de se lancer.

La découverte du mot « permaculture » date pour lui d’octobre 2015. C’est à partir de là que débute la réflexion qui va mener à la création de son activité maraîchère.

Développement de l’exploitation

André Trives retrace ensuite les grandes étapes de croissance de la ferme :

  • en 2016, les premiers tests sont réalisés sur environ 3 800 m² ;
  • en 2017, la surface passe à 5 300 m² et l’activité est officiellement déclarée ;
  • au moment de l’intervention, l’exploitation atteint 1,6 hectare ;
  • il prévoit un passage à 2 hectares très prochainement.

Il explique avoir structuré cette évolution en plusieurs étapes :

  • une première phase de régénération des sols ;
  • puis, en 2018, l’introduction de la biodynamie, en lien avec l’association Biodynamie Roussillon, au sein de laquelle les préparations biodynamiques sont réalisées collectivement ;
  • la même année, la découverte du réseau maraîchage sur sol vivant, qui a constitué pour lui une véritable révélation.

Cette rencontre avec le maraîchage sur sol vivant donne, selon lui, du sens à l’ensemble de ses pratiques et accélère fortement son évolution technique. Il cite notamment l’importance des ressources diffusées par le réseau, de la chaîne YouTube et des outils de structuration qui lui ont permis de mieux comprendre l’agronomie et le fonctionnement du vivant.

Régénération des sols

Pour remettre les sols en vie, André Trives explique ne pas avoir cherché des solutions compliquées. Il s’est appuyé sur une ressource locale abondante : le broyat de déchets verts disponible en déchetterie. Cette ressource a longtemps été gratuite ; elle est ensuite passée à environ 50 euros pour 13 tonnes livrées, ce qu’il considère encore comme une chance importante dans le contexte de Perpignan.

Sur la parcelle d’un hectare, l’itinéraire initial de régénération a consisté en :

Cette intervention est située en novembre 2018 dans la transcription, même si certaines dates sont parfois mal retranscrites.

Mise en place des couverts végétaux

Deux grands types de plantes sont utilisés dans les couverts :

Dans le mélange cité, on retrouve notamment :

Ce couvert a bien levé et a produit une biomasse importante.

La première année, André Trives n’a pas utilisé de rouleau faca, faute de moyens financiers au démarrage. Il explique qu’il est parti avec seulement 200 euros en poche. Il s’est donc appuyé sur des voisins éleveurs possédant des brebis. Ce sont les brebis qui ont couché le couvert végétal. Il voit dans cette pratique un intérêt agronomique et biodynamique : l’entrée de l’animal dans le système permet, via les fientes, d’inoculer aussi des ferments et d’enrichir la dynamique du sol.

Passage au bâchage et apports de broyat

Après cette première phase, le système évolue vers un procédé plus simple :

  • bâchage ;
  • nouvel apport de broyat ;
  • plantation au travers de bâches d’ensilage.

Ces bâches sont achetées à la coopérative agricole, car la zone de Perpignan n’est pas une grande zone d’élevage et il y est donc difficile de récupérer des bâches usagées.

Itinéraire technique pour les petites graines

Pour les cultures de petites graines, André Trives décrit un exemple concret mis en place vers le 13 août sur 1 000 m², avec :

L’itinéraire est le suivant :

  • apport de 5 à 10 cm de broyat ;
  • écartement du broyat avec un petit outil manuel afin d’arriver au niveau du sol ;
  • apport de compost ;
  • semis.

Il insiste sur la qualité du compost. Celui-ci provient également de la déchetterie et donne de très bons résultats, mais il doit être suffisamment fin. Un compost trop grossier et trop « chaud » peut compromettre la levée, ce qu’il a constaté au printemps.

Avec un compost bien choisi, les levées sont réussies et le sol reste très bien couvert. L’un des principaux bénéfices est la très forte réduction du désherbage. Sur 1 000 m² de petites graines, seulement deux heures de désherbage ont été nécessaires. Il précise qu’ensuite, en allant au jardin, on ne voit pratiquement pas de mauvaises herbes sorties.

Il insiste sur le gain de temps considérable permis par cette couverture du sol, ainsi que sur la qualité de production obtenue, notamment pour les carottes.

Types de sols sur l’exploitation

L’exploitation est répartie sur quatre parcelles éclatées, avec deux grands types de sols :

  • un sol très sableux, surnommé « la plage » ;
  • un sol plus argileux, un peu plus lourd.

Malgré ces différences, il s’agit dans les deux cas de sols relativement légers de plaine alluviale, sur lesquels les cultures, notamment les carottes, se développent très bien.

Itinéraires de plantation

Pour les cultures plantées, le principe reste le même :

  • apports de broyat ;
  • travail avec les effets de la phase initiale de régénération ;
  • puis apports de surface réguliers.

La phase de régénération est située entre l’automne 2017 et juin 2018. Depuis, les apports se font uniquement en surface.

Sur l’hectare, environ 250 tonnes de broyat ont été apportées depuis novembre 2018, toujours selon les dates données dans la transcription. Les quantités sont importantes, pouvant aller jusqu’à 10 voire 20 cm sur certains itinéraires comme la pomme de terre.

La raison invoquée est simple : l’activité biologique est extrêmement intense dans son contexte pédoclimatique. Les vers de terre sont actifs toute l’année, 24 heures sur 24, 365 jours par an, car il fait chaud et il n’y a pas de pause hivernale. Le mulch se dégrade donc très rapidement, ce qui oblige à compenser par des apports massifs.

Associations de cultures et optimisation de l’espace

André Trives cherche à optimiser la production au mètre carré. Il donne l’exemple d’un itinéraire avec :

L’idée est d’occuper l’espace et le temps au maximum.

Sous serre, il applique la même logique. Il joue sur l’orientation des planches :

  • côté nord, des cultures comme céleri ou blettes ;
  • côté sud, des salades.

Ainsi, lorsque les salades sont récoltées, les blettes ou céleris prennent davantage de place.

Il a aussi testé des semis de radis à la volée sous salade. Le radis arrivait bien à sortir à travers l’épaisseur de mulch, mais la récolte s’est révélée trop contraignante à mesure que l’exploitation grandissait. Il s’est donc orienté vers des légumes de plus gros volume, moins chronophages à récolter.

La pomme de terre

La pomme de terre occupe une place importante dans son système. Elle est cultivée sous plusieurs formes :

  • sous foin ;
  • sous bâche ;
  • sous broyat.

Sous broyat

Dans ce cas, il considère la pomme de terre comme une bonne culture d’entrée dans une phase de régénération des sols, car elle permet des apports massifs. Environ 20 cm de broyat sont utilisés.

Les pommes de terre sont simplement posées au sol. L’essai mené sur de la Béa du Roussillon a donné de très beaux calibres et des pommes de terre parfaitement saines. La récolte a lieu en juin, après une mise en place en février.

L’intérêt est qu’en juillet, il reste encore une épaisseur importante de broyat, ce qui permet d’enchaîner avec une culture gourmande comme la patate douce. Lors de la plantation de la patate douce, il reste encore 10 à 15 cm de broyat. Un an plus tard, la totalité des 20 cm initiaux a été digérée, ce qui montre la rapidité du fonctionnement biologique du sol.

Sous bâche

L’autre technique consiste à :

  • implanter d’abord un couvert végétal ;
  • le rouler ou le faucher ;
  • installer ensuite une bâche d’ensilage ;
  • perforer la bâche tous les 30 cm ;
  • planter les pommes de terre à la canne à planter.

La pomme de terre est alors introduite de quelques centimètres dans le sol. Avec des variétés de type Mona Lisa, les tubercules se développent juste au-dessus du point de plantation, donc sous la bâche.

Avant de refermer le trou de plantation, il ajoute du fumier frais. Cela a aussi un rôle mécanique : faire du poids sur la bâche. À Perpignan, la tramontane constitue en effet une contrainte majeure. Le vent peut déplacer les bâches, voire endommager les cultures.

Pour limiter cela, il utilise :

  • des barres de fer ;
  • des arceaux de serre réemployés ;
  • des systèmes de lestage adaptés.

Il insiste sur le fait que, dans le Sud, et particulièrement autour de Perpignan, la tramontane doit absolument être prise en compte dans les itinéraires techniques. Sur des épisodes venteux de février-mars, avec de faibles températures matinales, elle peut détruire une culture en peu de temps. Des protections supplémentaires ont donc été mises en place.

Cette technique permet d’obtenir :

  • des pommes de terre saines ;
  • de beaux calibres ;
  • une récolte facile ;
  • une absence de déstructuration profonde du sol.

Après la culture, il apprécie de retrouver un sol assez nivelé pour repartir sur d’autres productions. Il passe alors parfois un vibroculteur très superficiellement, sur 3 à 4 cm, simplement pour remettre la surface à plat avant d’enchaîner, par exemple, avec des carottes.

Résultats observés

Les principaux résultats mis en avant sont les suivants :

  • forte activité biologique ;
  • disparition rapide du broyat en une année ;
  • hausse rapide du taux de matière organique ;
  • meilleure fertilité ;
  • augmentation de la taille des légumes ;
  • amélioration de l’état sanitaire des plantes.

André Trives insiste sur le fait qu’il connaît très peu les maladies, parce qu’il n’a pas eu à s’y confronter fortement. Il affirme observer des plantes en meilleure santé dans ce système.

Retour de la biodiversité

Il constate une forte augmentation de la biodiversité sur l’exploitation :

  • retour des oiseaux ;
  • arrivée de nombreux batraciens, en grande quantité et de différentes espèces ;
  • présence importante d’hirondelles ;
  • présence de chauves-souris.

Un ornithologue local lui a indiqué qu’un couple d’hirondelles pouvait consommer jusqu’à un million d’insectes par an. Il relie cette présence accrue d’auxiliaires à une diminution marquée de certains ravageurs, notamment les chenilles dans les choux. Il dit n’en avoir eu que très peu, ce qui lui a paru impressionnant.

Il a également installé un rucher sur l’exploitation. Cela s’est révélé particulièrement utile pour la pollinisation des courgettes sous serre. Une année, les plants étaient magnifiques, mais les fruits ne se formaient pas, probablement faute de pollinisateurs en début de saison. Après l’installation d’une ruche devant le tunnel, la récolte a démarré très rapidement, avec 5 kg de courgettes récoltés dès la semaine suivante.

Il évoque aussi la présence de blobs, qu’il décrit comme des organismes unicellulaires mangeant des champignons et restituant des minéraux, ainsi que l’omniprésence des vers de terre.

Enfin, avec des élèves, il a fabriqué des nichoirs à chauves-souris afin de favoriser leur installation durable sur la ferme.

Productivité au mètre carré

Selon André Trives, la forte activité biologique et la mycorhization des sols permettent de densifier les cultures. Lorsqu’il ouvre les planches ou observe les profils de sol, il voit du filament partout, dans le sol comme dans le broyat. Cela lui donne la possibilité de produire davantage au mètre carré.

Les planches font 30 cm et sont très densifiées. Malgré cela, il n’est pas gêné par l’enherbement, y compris dans les passe-pieds, car tout est couvert de broyat.

Il souligne l’avantage économique majeur d’avoir accès à beaucoup de matière organique à faible coût. Chaque année, la dépense en broyat reste très faible à l’échelle de toute l’exploitation, de l’ordre de moins de 1 000 euros, pour un effet agronomique qu’il juge considérable.

Commercialisation et volumes produits

L’exploitation produit beaucoup. Au moment de l’intervention, elle représente environ :

  • 90 paniers par semaine ;
  • 48 livraisons sur 52 semaines ;
  • un travail avec des restaurants ;
  • quelques demi-gros venant compléter les débouchés.

Cela correspond, selon lui, à un équivalent d’environ 110 paniers par semaine.

Il estime toutefois ne pas avoir encore atteint l’optimisation du système, notamment parce qu’il entre dans une phase de mécanisation.

Limites du tout manuel et mécanisation

Il explique que le travail entièrement manuel est très fatigant. Les 250 tonnes de broyat épandues sur la ferme l’ont été à la brouette après la panne de l’épandeur qu’il utilisait au départ avec le tracteur d’un collègue.

Cette réalité met en avant l’importance du facteur humain dans le fonctionnement de la ferme. Il mentionne d’ailleurs le soutien de l’AMAP, dont les membres sont sensibles au fait de consommer des légumes issus de sols vivants et de soutenir une dynamique locale.

Pour l’avenir, il souhaite mécaniser intelligemment, en utilisant l’énergie fossile à bon escient :

  • pour l’épandage du broyat ;
  • pour certaines plantations ;
  • en particulier lors des grosses séries d’été, comme les choux plantés en août sous de fortes chaleurs.

Qualité des légumes

Les légumes obtenus sont décrits comme :

  • gros ;
  • beaux ;
  • très bons ;
  • reconnus pour leur qualité gustative.

Il souligne que, pour les adhérents de l’AMAP, cela a un intérêt concret : ils reçoivent souvent des légumes à la pièce et bénéficient donc directement du gros calibre.

Il insiste également sur la qualité gustative exceptionnelle, reconnue par des chefs cuisiniers du département. Il cite notamment le restaurant La Bartavelle à Argelès-sur-Mer, qui mentionne sur sa carte que les légumes proviennent du jardin de Trives.

Variétés locales et terroir

André Trives travaille beaucoup avec des variétés catalanes et locales. Il donne l’exemple d’une salade appelée « enciam meravella » telle qu’on peut la reconstituer à partir de la transcription, une grosse romaine qui n’avait plus été cultivée depuis plus de trente ans.

Les graines proviennent du conservatoire Terra dels Avis, qu’il salue au passage. La remise en culture de cette salade s’inscrit dans une volonté de produire des légumes adaptés au terroir local et porteurs d’une qualité gustative particulière.

Il mentionne aussi un partenariat avec un semencier situé au-dessus de Barcelone, probablement retranscrit « Pardet » ou de façon approchante, qui travaille lui aussi sur des variétés locales. Cela lui permet de faire remonter vers le nord des variétés catalanes du sud.

À travers cette démarche, il cherche à réintroduire la notion de terroir dans le maraîchage.

Une croissance en autofinancement

Au bout de trois ans, l’exploitation est passée de 3 800 m² à 1,6 hectare. André Trives insiste sur le fait qu’il s’agit d’une reconversion complète, commencée sans capital, avec seulement 200 euros en poche.

Il affirme qu’à l’été suivant, environ 80 000 euros auront été investis dans l’exploitation, entièrement en autofinancement, sans recours aux banques. Il présente cela comme une grande fierté, rendue possible par beaucoup de travail.

Pourquoi le mot permaculture ?

Il explique conserver le mot « permaculture » dans le nom de son exploitation parce qu’il accorde une importance particulière à la notion de design. Pour lui, si le design est bien pensé et bien structuré, il est essentiel.

La permaculture ne se limite donc pas, dans son approche, à des techniques culturales. Elle consiste aussi à :

  • savoir ce que l’on veut mettre en place ;
  • se fixer des objectifs ;
  • construire ensuite l’exploitation en cohérence avec ces objectifs ;
  • intégrer une dynamique humaine autour du projet.

Il cite à ce sujet :

  • l’AMAP ;
  • le festival de permaculture organisé chaque année sur le terrain ;
  • un rassemblement accueillant environ 3 000 personnes.

Perspectives de développement

Les projets à venir sont nombreux :

  • moderniser la ferme ;
  • développer la gamme de produits ;
  • planter du verger ;
  • développer l’agroforesterie ;
  • intégrer davantage d’aromatiques ;
  • tester des productions exotiques.

Il indique avoir planté des agrumes à Perpignan :

  • mandariniers ;
  • citronniers ;
  • orangers.

Il teste également une serre chapelle dans laquelle il souhaite faire pousser des fruits de la passion. Sur la face nord de cette structure, il a déjà implanté des agrumes plus originaux :

Il reconnaît que cette dimension relève aussi d’un « délire » personnel, mais il considère important d’avoir des projets enthousiasmants pour entretenir l’envie de continuer au quotidien.

Réseaux et coopération en climat méditerranéen

André Trives souhaite renforcer les coopérations à l’échelle méditerranéenne. Il évoque la structuration d’un réseau allant de Valence, en Espagne, jusqu’à Monaco, dans des contextes pédoclimatiques qu’il estime comparables.

L’idée est de créer une dynamique d’échange entre personnes confrontées à des problématiques semblables.

Il travaille également avec des partenaires tunisiens, auprès desquels il intervient pour former sur le maraîchage sur sol vivant. Il voit dans cette coopération un intérêt particulier pour échanger autour des problèmes d’eau et de salinité.

Dans les Pyrénées-Orientales, il observe déjà des remontées salines dans certains secteurs, liées selon lui aux mauvaises pratiques agricoles. La Tunisie est confrontée à ces phénomènes à une échelle encore plus forte. Il estime donc utile de structurer des échanges pour trouver ensemble des solutions.

Transmission et dynamique collective

La diffusion du savoir fait pleinement partie du projet. André Trives explique que cette transmission ne concerne pas seulement les techniques agricoles, mais plus largement des savoir-faire liés à l’autonomie et à la construction locale.

Son AMAP, Permanence 66, dispose d’une page Facebook où sont relayées les actions collectives. Il cite par exemple la construction prochaine du local de l’AMAP en terre-paille, avec l’intervention d’une personne spécialisée.

Cette dimension collective est pour lui essentielle. Il conclut en saluant les membres de l’AMAP, qu’il décrit comme des personnes exceptionnelles, avant de remercier le public pour son attention.