Élevage : autonomie en protéines et santé des troupeaux, avec Anton Sidler

De Triple Performance
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Au Moulin Guérin, à La Chapelle-d’Andaine dans l’Orne, Anton Sidler présente une stratégie globale pour gagner en autonomie protéique tout en améliorant la santé du troupeau. Son approche part du sol : couverts, méteils, luzerne, trèfles, féveroles et semis peu perturbateurs permettent d’augmenter la matière organique, de nourrir la vie du sol et de limiter le travail mécanique. L’objectif est de produire davantage de protéines à la ferme grâce à des fourrages diversifiés, récoltés au bon stade pour concilier rendement, énergie et digestibilité. Anton Sidler insiste aussi sur la qualité de conservation des ensilages, déterminante pour l’ingestion, la rumination et la santé animale. En combinant maïs épi, méteils, prairies multi-espèces et foin, il montre qu’il est possible de réduire les achats de correcteurs azotés, sécuriser les performances et rendre l’élevage plus robuste, économe et autonome.

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Résumé
Au Moulin Guérin, à La Chapelle-d’Andaine dans l’Orne, Anton Sidler présente une stratégie globale pour gagner en autonomie protéique tout en améliorant la santé du troupeau. Son approche part du sol : couverts, méteils, luzerne, trèfles, féveroles et semis peu perturbateurs permettent d’augmenter la matière organique, de nourrir la vie du sol et de limiter le travail mécanique. L’objectif est de produire davantage de protéines à la ferme grâce à des fourrages diversifiés, récoltés au bon stade pour concilier rendement, énergie et digestibilité. Anton Sidler insiste aussi sur la qualité de conservation des ensilages, déterminante pour l’ingestion, la rumination et la santé animale. En combinant maïs épi, méteils, prairies multi-espèces et foin, il montre qu’il est possible de réduire les achats de correcteurs azotés, sécuriser les performances et rendre l’élevage plus robuste, économe et autonome.

Aujourd'hui, c'est une formation des Rencontres Internationales de l'Agriculture du Vivant : avec Anton Sidler, éleveur.


En partenariat avec La Vache Heureuse : www.lvh-france.com


Présentation de la ferme et de la démarche

Nous sommes au Moulin Guérin, à La Chapelle-d’Andaine, dans l’Orne, en Normandie. La ferme est présentée comme une aventure familiale. Il est important d’en parler à toute la famille, y compris à ceux qui ne travaillent pas directement sur l’exploitation, parce que les choix techniques engagent tout le monde. Ces choix demandent aussi d’accepter des changements concrets dans l’organisation quotidienne : ouvrir un silo le lendemain matin, modifier les habitudes, accepter un peu plus de travail que simplement « prendre le téléphone ».

La ferme a évolué. C’est une ferme laitière qui s’est agrandie, et le grand changement évoqué est l’arrivée d’un méthaniseur. Cela modifie fortement le fonctionnement global de l’exploitation, avec un objectif clair : aller vers un circuit d’autonomie, notamment alimentaire, et reprendre davantage « la haute main » sur le système.

L’étape suivante envisagée est le passage en bio, à condition d’arriver à maîtriser encore mieux le maïs, notamment avec du semis direct ou du travail très simplifié, sans [[désherbage chimique]] systématique. La progression se fait volontairement lentement, avec l’idée d’avancer de manière sûre, pour que le système soit reproductible par « monsieur et madame tout-le-monde ».

L’objectif : nourrir le dessus et le dessous

L’idée centrale développée est simple : il faut nourrir à la fois ce qui est au-dessus du sol et ce qui est au-dessous. Le travail engagé depuis 15 à 20 ans sur la ferme a d’abord consisté à faire progresser la matière organique des sols. Au départ, elle se situait autour de 3 à 3,5 %, ce qui était déjà correct pour la Normandie. Aujourd’hui, certaines analyses montent jusqu’à 5 ou 5,2 %, même si ces chiffres varient selon la saison et la date du prélèvement.

L’approche consiste à garder le sol couvert, à maintenir des cultures intermédiaires entre deux cultures principales, et à travailler très superficiellement. Le sol n’est plus travaillé profondément : seulement 2 cm, parfois juste la profondeur de semis. Le principe est de laisser les résidus en surface, de toujours garder une nourriture disponible pour la vie du sol, et d’éviter de « massacrer » la structure.

Le semis direct ou le semis très simplifié ne doit pas être pris comme un dogme absolu, mais comme une logique : ne pas descendre plus profond que nécessaire, intervenir dans de bonnes conditions, et faire le minimum de perturbation.

Le rôle central de la vie du sol

Le véritable indicateur, ce sont les vers de terre et l’ensemble de la vie biologique du sol. Dans une pelletée de terre, il est maintenant fréquent de trouver plusieurs gros vers de terre et beaucoup de petits autour. Cela « parle » davantage qu’une simple analyse.

La vie du sol est décrite comme un véritable troupeau souterrain. Si l’on compte les vers de terre, les champignons et les autres organismes, cela représente plusieurs tonnes de vivant par hectare, parfois autour de 4 à 4,5 tonnes. Anton Sidler compare cela à une charge animale : si l’on accepte de nourrir quelques animaux à l’hectare au-dessus du sol, il faut bien comprendre qu’on nourrit déjà l’équivalent de plusieurs unités en dessous. C’est énorme.

Le labour et les travaux agressifs sont dénoncés parce qu’ils détruisent cette organisation vivante. Le sol vivant est comparé à une « climatisation » : les vers de terre structurent, aèrent, régulent l’humidité et participent à la stabilité physique du sol. Grâce à cette activité, le sol tient mieux, porte mieux les engins, reste souple, colle moins aux bottes, et fonctionne comme une éponge.

Qu’est-ce qu’un sol vivant ?

Un sol vivant n’est pas un simple slogan. C’est un projet. Et ce projet ne commence pas dans la ration de la vache, mais dans le sol. Il faut d’abord se fixer un objectif : où veut-on aller ? Ensuite, chacun avance avec son rythme, ses moyens, son type de terre. Il n’existe pas une recette unique, mais il existe une solution pour chacun.

Pour illustrer cela, un exemple est donné dans les Deux-Sèvres, dans une zone très sèche, vers Niort. Malgré une année avec très peu d’eau, un agriculteur travaillant en semis direct depuis plusieurs années obtient une terre noire, vivante, structurée. Il apporte du BRF, du fumier, des déchets verts, et entretient ainsi une forte activité biologique. Les racines descendent vite, les cultures intermédiaires couvrent bien, et la fraîcheur est mieux conservée.

L’importance des couverts et des cultures intermédiaires

L’un des piliers du système est la culture intermédiaire. Après céréales, on peut implanter un mélange avec radis, tournesol, vesces, et d’autres espèces faciles à détruire. L’objectif n’est pas de récolter chaque plante pour elle-même, mais d’obtenir de la masse, de la couverture, de la racine et de la nourriture pour le sol.

Le radis va geler. Le tournesol apporte de la structure et une forte biomasse. Les vesces, féveroles et autres légumineuses contribuent à nourrir le système et à préparer la culture suivante.

Dans les zones sèches, l’intervention doit être très précoce. Il faut parfois ensiler le méteil très tôt, autour du 10 au 15 avril, pour garder la fraîcheur nécessaire à l’implantation suivante. Le système demande donc d’anticiper fortement les dates.

Les méteils pour l’élevage

Une grande partie de l’intervention porte sur les méteils et leur place dans les systèmes d’élevage. Le message est clair : pour un éleveur laitier, le méteil doit être récolté très tôt, avant que les graminées ne montent en épi. C’est à ce stade que l’on garde le maximum d’énergie et de protéines dans les feuilles.

Chaque espèce a un moment optimal :

  • les graminées doivent être prises avant l’épiaison ;
  • les vesces et pois doivent être récoltés avant une formation trop avancée des gousses ;
  • la féverole n’est pas là pour faire du grain mais pour structurer et décompacter.

Si l’on attend trop, on gagne du tonnage mais on perd de la valeur alimentaire. Si l’on récolte au bon stade, on peut viser environ 14 tonnes de matière sèche avec des valeurs énergétiques intéressantes, de l’ordre de 0,85 à 0,88 UFL selon les cas. Si l’on laisse davantage vieillir, on peut monter à 18 ou 19 tonnes de matière sèche, mais on obtient alors un fourrage plus fibreux, mieux adapté aux génisses, aux vaches allaitantes ou aux vaches taries.

Pour les vaches allaitantes, laisser le mélange jusqu’au 15 mai peut convenir. Pour les laitières, il faut être beaucoup plus précoce.

Les espèces citées dans les mélanges

Les espèces mentionnées à plusieurs reprises sont :

La féverole joue un rôle essentiel comme « décompacteur » naturel. Ce n’est pas une plante choisie prioritairement pour sa valeur alimentaire, mais pour son pivot et sa capacité à préparer le sol.

L’avoine est appréciée pour ses feuilles larges et sa précocité, notamment dans certains mélanges. Le seigle est souvent mis en avant pour son système racinaire, très favorable avant maïs. Le triticale et les pois fourragers complètent l’ensemble.

Luzerne, trèfles et prairies multi-espèces

Anton Sidler insiste beaucoup sur le refus des monocultures. Il n’aime pas la luzerne pure. Il préfère des prairies mélangées, avec par exemple :

La logique est toujours la même : éviter qu’une seule espèce prenne toute la place, mieux sécuriser la production, mieux tenir face aux sécheresses, et mieux équilibrer le fourrage. Une luzerne seule pose des problèmes de tenue, de gestion et d’équilibre dans la ration. Avec un peu de graminées et de trèfles, le fonctionnement est meilleur.

Même dans une luzernière, il conseille de mettre « quelque chose au pied ». Comme dans une double culture, il faut toujours une plante compagne ou une base végétale permanente. Ensuite, si la luzerne se creuse avec le temps, on peut réintroduire un méteil ou un mélange pour redynamiser la prairie.

Implantation des prairies

Le meilleur moment pour implanter des prairies, luzernières ou mélanges, est le printemps : mars-avril, ou un peu plus tard dans les parcelles plus humides. L’implantation d’automne est jugée plus risquée, surtout à partir du 1er octobre, parce que les légumineuses démarrent mal, végètent, peuvent geler ou se faire attaquer par les limaces.

La méthode de semis est décrite avec précision :

  • un premier passage superficiel pour le méteil, à 1 à 3 cm ;
  • puis la prairie est semée à part, très superficiellement, presque en surface ;
  • le roulage est jugé essentiel pour assurer le contact avec la fraîcheur du sol.

Le point important est de ne pas enfouir profondément les petites graines, notamment celles des graminées et des trèfles. Elles doivent rester proches de la surface.

Fertilité : lisier, fumier, azote et démarrage

Toutes les implantations, y compris les protéagineux purs ou les prairies de légumineuses, ont besoin d’un démarrage. Le message est net : il faut apporter lisier, fumier ou autre source de fertilité au départ. Elles « n’ont rien » au moment de l’implantation et ont besoin d’être lancées.

Cet apport initial est complété, si possible, par des oligo-éléments ou de la vitamine C, qui sont présentés comme des stimulateurs de santé, autant pour les plantes que pour le sol et les animaux.

Concernant les résidus très carbonés, en particulier les cannes de maïs, il rappelle qu’il faut impérativement apporter de l’azote pour aider à leur décomposition. Sans cela, les résidus pompent l’azote du milieu et pénalisent la culture suivante. Il parle d’un besoin minimal de 30 unités d’azote, voire 40 à 50 unités dans certains cas, simplement pour permettre le démarrage du processus biologique.

Le BRF, le compost et l’alimentation du sol

Le BRF et le compost occupent une place importante dans le discours. L’idée n’est pas de produire un compost retourné de façon industrielle, mais un compost vivant, nourri avec des plaquettes, des feuilles, du fumier, du digestat ou du lisier, puis inoculé avec des préparations biologiques.

Le principe décrit est le suivant :

  • mettre des plaquettes ou du BRF en base ;
  • ajouter fumier, feuilles, déchets verts ;
  • arroser avec du lisier ou du digestat ;
  • compléter éventuellement avec une infusion de foin ;
  • laisser évoluer plusieurs mois.

Au bout du processus, on obtient un matériau noir, très vivant, plein de vers de terre, de champignons et d’organismes utiles. Ce compost doit être vu comme un concentré d’informations biologiques à épandre en petites quantités pour relancer la vie du sol.

Il insiste aussi sur l’importance des feuilles dans ce type de matière organique, en expliquant que la forêt se nourrit d’abord par les feuilles.

Les bactéries lactiques et les préparations maison

Un autre thème fort est l’utilisation des bactéries lactiques, à la fois pour les fourrages, les lisiers, les composts et plus largement la santé du système.

Il évoque l’usage de préparations simples :

  • petit-lait ;
  • infusion de foin ;
  • mélasse ou sucre pour nourrir les bactéries.

Par exemple, pour relancer un lisier, on peut préparer un cube de 1 000 litres avec de l’eau, des sacs de bon foin, de la mélasse, et laisser infuser avant d’incorporer cette préparation dans le lisier. Selon lui, cela favorise l’activité biologique et améliore ensuite l’effet du lisier sur le sol.

La conservation des fourrages

La qualité de conservation est présentée comme un point clé. Il ne suffit pas de produire un bon fourrage, il faut aussi bien le conserver. Anton Sidler distingue deux grandes familles de conservateurs à base de bactéries lactiques :

  • les homofermentaires, qui consomment rapidement l’oxygène, font baisser le pH vite, et assurent une bonne conservation de base ;
  • les hétérofermentaires, plus utiles contre l’échauffement à l’ouverture mais pouvant aussi modifier l’odeur et parfois la consommation.

Le message est qu’il faut d’abord réussir les bases :

  • bien tasser ;
  • utiliser des silos adaptés à la taille du troupeau ;
  • ouvrir correctement ;
  • avancer suffisamment vite en été.

Si besoin, contre l’échauffement, il est possible d’utiliser de l’acide sorbique à l’ouverture ou dans la mélangeuse.

La ration des vaches laitières

La ration décrite repose sur un équilibre entre énergie concentrée, fibres de qualité et protéines produites sur la ferme. L’idée est de garder le maïs, mais sous forme de maïs épi plutôt que de maïs plante entière, pour concentrer l’énergie tout en libérant de la place dans la ration pour des fourrages plus nobles.

Le raisonnement est le suivant :

  • les fibres les plus intéressantes doivent venir des méteils, des prairies et des légumineuses ;
  • l’énergie la moins chère à produire sur la ferme reste le maïs épi ;
  • les protéines doivent être apportées par les fourrages diversifiés.

Le maïs plante entière est critiqué parce qu’il encombre davantage la panse avec des fibres moins intéressantes, alors que le maïs épi apporte surtout l’énergie. Cela permet de réduire les achats de concentrés, et notamment de soja.

Anton Sidler explique aussi que le maïs humide ou très riche en amidon fermentescible peut poser des problèmes si la ration n’est pas bien équilibrée. Il insiste sur la nécessité d’apporter suffisamment de fibres efficaces, par exemple avec du foin, du miscanthus ou d’autres fibres sèches.

L’objectif d’autonomie en protéines

L’ensemble du système vise à produire les protéines sur l’exploitation :

  • avec les méteils riches en légumineuses ;
  • avec les prairies multi-espèces ;
  • avec les luzernières ;
  • avec le séchage en grange si possible.

Le séchage est vu comme un outil stratégique. Il permet de valoriser des fourrages de haute qualité, notamment les 2e et 3e coupes, et d’améliorer la matière sèche globale de la ration. L’objectif est aussi d’augmenter la part de foin dans la ration.

Cette [[autonomie protéique]] permet d’éviter une grande partie des correcteurs azotés achetés. Anton Sidler insiste sur le coût très élevé des concentrés et sur l’intérêt économique majeur de produire autrement.

Place du maïs et associations possibles

Le maïs garde une place importante dans le système, mais sous une forme repensée. Il est question de maïs épi, de maïs associé, et de semis avec strip-till.

Des essais sont évoqués avec du tournesol associé au maïs, parfois avec féverole ou d’autres espèces. Le tournesol est jugé très intéressant pour accompagner le maïs, parce qu’il se comporte bien dans le profil, monte comme lui, et aide à structurer.

Cependant, Anton Sidler insiste sur la prudence : il ne faut pas basculer toute la surface en une seule fois sur des systèmes encore en apprentissage. Il faut avancer doucement, faire des essais, observer les résultats.

Exemples de rotations

La rotation classique laisse place à une logique beaucoup plus souple, avec plusieurs cultures dans une même année. Il évoque par exemple :

  • une année céréale ;
  • une année méteil puis maïs épi ;
  • une année maïs plante entière puis méteil ;
  • puis retour en prairie ou luzernière pendant plusieurs années.

L’idée est que la rotation « classique » n’existe plus vraiment dans un système vivant : on cherche à faire tourner les plantes, à nourrir le sol, à diversifier les familles, à revenir régulièrement avec de l’herbe et des légumineuses.

Pâturage et production de biomasse

Le pâturage est abordé avec prudence. Anton Sidler rappelle qu’une prairie pâturée en continu produit peu pour le sol. Si les animaux restent trop longtemps, y compris en automne ou en hiver, on vide la prairie au lieu de la nourrir.

Il considère le pâturage tournant dynamique comme une bonne solution, en particulier pour les génisses, même s’il reconnaît que ce n’est pas toujours simple à mettre en œuvre. L’objectif reste de conserver de la biomasse, de nourrir la vie du sol et de maintenir un niveau de production suffisant.

Selon lui, une prairie d’entretien devrait produire au minimum 5 à 6 tonnes de matière sèche. Mais des systèmes plus intensifs et mieux pensés, avec luzerne et mélanges adaptés, peuvent produire beaucoup plus et participer bien davantage à la reconstruction du sol.

Le rôle du soufre et des oligo-éléments

Un point technique fort concerne le soufre. Il estime qu’on a sous-estimé pendant longtemps son importance. Pour faire fonctionner les systèmes riches en biomasse, en restitution organique et en activité microbienne, il faut du soufre. Il évoque un besoin d’environ 50 unités de soufre au printemps pour bien démarrer.

Le soufre est présenté comme un élément qui aide à faire fonctionner le système, à avancer plus vite, à gagner en précocité et à mieux valoriser l’azote. À cela s’ajoutent des oligo-éléments et parfois de la vitamine C, utilisés en préventif sur les cultures.

Le lien entre santé du sol, santé des plantes et santé animale

Tout au long de l’intervention, Anton Sidler défend une vision globale :

  • un sol vivant produit des plantes plus équilibrées ;
  • des plantes mieux équilibrées donnent des fourrages de meilleure qualité ;
  • de meilleurs fourrages améliorent la santé des troupeaux.

L’objectif n’est pas seulement de produire plus, mais de produire des aliments mieux digérés, plus stables, qui génèrent moins d’ammoniac digestif, moins d’acidose, et une meilleure valorisation par les animaux.

Il relie aussi cela à la reproduction, à la longévité, à la solidité des pattes, à la stabilité générale du troupeau, et même au bien-être de l’éleveur, qui se sent moins sous pression.

Le coût et l’économie globale

Le système est défendu aussi sur le plan économique. Les économies viennent de plusieurs côtés :

  • moins d’achats de correcteurs azotés ;
  • moins de carburant ;
  • moins de travail du sol profond ;
  • moins de puissance nécessaire ;
  • moins d’usure de matériel ;
  • meilleure valorisation des fourrages.

Il insiste sur le fait qu’il faut comparer à production égale. Si l’on produit plus de biomasse utile avec moins de charges, le système devient très compétitif. Il évoque des écarts très importants sur le coût alimentaire par 1 000 litres de lait, ainsi que des gains supplémentaires liés à la meilleure santé du troupeau.

La qualité de l’eau

En fin d’intervention, il aborde aussi la qualité de l’eau. Pour lui, c’est un point fondamental. Une eau chlorée ou agressivement traitée peut perturber les équilibres biologiques, aussi bien chez les animaux que dans le reste du système. Il plaide pour une eau revitalisée, moins perturbée, avec des structures plus favorables.

L’idée générale reste cohérente avec tout le reste : partout, il faut chercher à préserver ou restaurer la vie plutôt qu’à la casser.

Conclusion

L’ensemble de l’intervention d’Anton Sidler défend un système cohérent où l’autonomie en protéines et la santé des troupeaux passent d’abord par la santé du sol. Le cœur du raisonnement est de nourrir la vie biologique, de couvrir les sols, de diversifier les plantes, de réduire le travail agressif, de produire les protéines sur la ferme, et de construire des rations plus stables et plus digestibles.

Il ne s’agit pas d’appliquer une recette unique, mais de comprendre une logique :

  • partir du sol ;
  • nourrir le dessous pour mieux nourrir le dessus ;
  • utiliser les plantes comme outils agronomiques ;
  • produire des fourrages diversifiés ;
  • sécuriser la santé des animaux ;
  • gagner en autonomie et en robustesse économique.

Cette progression demande du temps, de l’observation et de la prudence, mais elle est présentée comme une voie réaliste pour faire évoluer durablement les fermes d’élevage.