La Plante en Kit ! Ep3 - Le fruit, avec Marc-André Sélosse
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On vous propose une série produite avec notre microbiologiste préféré, Marc-André Sélosse ! Une série riche et ludique sur l'un des êtres vivants omniprésent et pourtant souvent oublié : la plante ! Et tout cela, découpée en kit pour mieux comprendre.
- La Plante en Kit ! avec Marc-André Sélosse (bande-annonce)
- La Plante en Kit ! Ep1 - La feuille, avec Marc-André Sélosse
- La Plante en Kit ! Ep2 - La fleur, avec Marc-André Sélosse
- La Plante en Kit ! Ep3 - Le fruit, avec Marc-André Sélosse
- La Plante en Kit ! Ep4 - La graine, avec Marc-André Sélosse
- La Plante en Kit ! Ep5 - La racine, avec Marc-André Sélosse
- La Plante en Kit ! Ep6 - Le bourgeon, par Marc-André Sélosse
- La Plante en Kit ! Ep7 - La tige, par Marc-André Sélosse
- La Plante en Kit ! Ep8 - Conclusion, par Marc-André Sélosse
Le fruit
Dans cette troisième étape de la construction de la plante, Marc-André Sélosse s’intéresse aux fruits.
Les fruits permettent de reprendre l’histoire de la fleur après la fécondation. Quand la fleur est fécondée, comme ici dans le cas d’une fleur de tomate, elle évolue petit à petit pour donner le fruit. En fait, ce que l’on avait appelé l’ovaire va devenir le fruit. Dans l’ovaire, il y avait des ovules, qui ont été fécondés par le pollen, et qui vont donner les graines.
Un fruit contient une ou plusieurs graines. La fonction du fruit est d’accompagner la graine :
- d’abord en la nourrissant ;
- ensuite en la protégeant ;
- et éventuellement en commençant à aider à sa dispersion.
Ce que devient le fruit avec l’âge
Avec l’âge, le fruit peut évoluer de différentes façons.
Dans certains cas, le fruit reste autour de la graine et en assure la protection. C’est par exemple ce qui se passe pour les glands. Dans leur cas, l’enveloppe externe du gland est tout simplement le fruit, qui est sec, ne s’ouvre pas, et protège la graine.
Parfois, le fruit libère la graine. Il peut la libérer en s’ouvrant, ou bien après avoir été mangé par un animal. Marc-André Sélosse donne l’exemple de la nèfle : le fruit est mangé, puis la graine est libérée. Dans ce cas, une fois libérée, la graine n’est plus protégée, et le fruit est ce qu’on appelle une baie.
D’autres fois, il n’y a qu’une seule graine par fruit. La partie dure qui est libérée correspond alors à la graine entourée par les parties internes du fruit, qui ont durci. On parle alors d’un noyau. Le fruit obtenu s’appelle une drupe, comme chez la cerise ou l’abricot. Quand on casse le noyau, on obtient à l’intérieur la graine.
Des parties du fruit qui protègent et attirent
Les parties variées du fruit peuvent donc contribuer à la protection de la graine. Mais on voit aussi une autre fonction : certaines parties du fruit contribuent à attirer des animaux.
Ces animaux vont prendre les fruits :
- soit recracher le noyau un peu plus loin ;
- soit avaler les graines et les libérer ensuite dans leurs excréments.
Le fruit contribue donc ici à une interaction avec les animaux, interaction qui permet la dispersion des graines.
La dispersion par le vent
Dans d’autres cas, ce ne sont pas les animaux qui transportent les graines. Cela évite de « perdre » des parties du fruit qui servent à nourrir des animaux sans produire directement de descendants. C’est alors le vent qui transporte les graines.
Marc-André Sélosse prend l’exemple des plantes de la famille du pissenlit. Chacun des petits fruits porte une aigrette, qui lui sert à la fois de voile et de parachute. Cette aigrette est en fait un reste des sépales, c’est-à-dire un reste de la fleur.
Ici, le fruit aide donc à la dispersion par le vent.
Coévolution entre fruits et animaux
Les fruits ont aussi provoqué des évolutions croisées avec les animaux qui dispersent les graines : c’est ce qu’on appelle les coévolutions.
Au cours du temps, on a notamment vu apparaître des fruits de plus en plus rouges, tandis que des animaux comme les primates devenaient de plus en plus capables de discriminer le rouge, notamment sur fond vert. Les humains appartiennent à l’un des rares groupes d’espèces qui voient en trois couleurs — rouge, vert et bleu — ce qui permet de détecter les fruits dans l’environnement.
Les oiseaux qui mangent des fruits ont également évolué vers une meilleure détection des fruits rouges. Mais chez eux, il y a aussi eu une coévolution qui les a poussés à détecter des fruits bleus. Cela a sélectionné, chez certaines plantes disséminées par les oiseaux, des fruits bleus.
Marc-André Sélosse en donne un exemple avec les arilles bleutés autour des graines des fruits ouverts de Ravenala, l’arbre du voyageur, une plante de Madagascar.