La Plante en Kit ! Ep6 - Le bourgeon, par Marc-André Sélosse

De Triple Performance
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Dans ce sixième épisode de La Plante en Kit !, Marc-André Sélosse explique le rôle des bourgeons, ces petites structures renflées situées à l’extrémité des tiges ou à l’aisselle des feuilles. Protégés par des écailles, qui sont des feuilles modifiées, ils renferment en miniature la future tige et ses feuilles. L’exemple des choux permet de visualiser cette organisation compacte : lors du débourrement, les entre-nœuds s’allongent et la tige se développe. La croissance des plantes se fait ainsi par à-coups rythmiques, souvent interrompus par l’hiver ou la saison sèche. À l’intérieur du bourgeon, des cellules en division forment aussi bien les futures feuilles que des bourgeons secondaires. Certains bourgeons donnent non pas des tiges, mais des fleurs ou des groupes de fleurs, comme chez les câpres. Enfin, leur grande résistance en fait aussi un refuge pour divers parasites et insectes, parfois à l’origine de galles.

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Résumé
Dans ce sixième épisode de La Plante en Kit !, Marc-André Sélosse explique le rôle des bourgeons, ces petites structures renflées situées à l’extrémité des tiges ou à l’aisselle des feuilles. Protégés par des écailles, qui sont des feuilles modifiées, ils renferment en miniature la future tige et ses feuilles. L’exemple des choux permet de visualiser cette organisation compacte : lors du débourrement, les entre-nœuds s’allongent et la tige se développe. La croissance des plantes se fait ainsi par à-coups rythmiques, souvent interrompus par l’hiver ou la saison sèche. À l’intérieur du bourgeon, des cellules en division forment aussi bien les futures feuilles que des bourgeons secondaires. Certains bourgeons donnent non pas des tiges, mais des fleurs ou des groupes de fleurs, comme chez les câpres. Enfin, leur grande résistance en fait aussi un refuge pour divers parasites et insectes, parfois à l’origine de galles.

On vous propose une série produite avec notre microbiologiste préféré, Marc-André Sélosse ! Une série riche et ludique sur l'un des êtres vivants omniprésent et pourtant souvent oublié : la plante ! Et tout cela, découpée en kit pour mieux comprendre.


Les bourgeons

Les bourgeons sont les parties renflées que l’on trouve à l’extrémité des tiges, ou encore à l’aisselle des feuilles. Ils sont entourés d’écailles brunâtres, qui sont en fait des feuilles modifiées n’ayant qu’un rôle de protection.

Que se passe-t-il à l’intérieur ? On a la chance de pouvoir le voir, ou du moins le comprendre, avec les choux : les choux pommés, les choux pointus ou les choux de Bruxelles sont en quelque sorte des bourgeons géants, dont les feuilles les plus externes jouent le rôle d’écailles, même si, dans ce cas, elles sont vertes.

Ce que l’on voit à l’intérieur d’un bourgeon

Si l’on ouvre un chou, on s’aperçoit qu’il comporte une tige portant des feuilles, mais que cette tige est encore contractée. Lors de ce que l’on appelle le débourrement du bourgeon, il y aura une croissance des parties situées entre les feuilles. Cela permettra d’obtenir une longue tige avec des feuilles réparties le long de celle-ci, et non plus tassées comme elles le sont dans le bourgeon.

Puis, à l’extrémité, se reformera un nouveau bourgeon, avec d’abord des écailles protectrices, qui évolueront petit à petit en feuilles, sur une tige encore atrophiée.

Ainsi, la tige est déjà préparée à l’intérieur du bourgeon : lors du débourrement, ce sont des structures préformées qui se mettent en place.

Un fonctionnement rythmique

Le fonctionnement des bourgeons est rythmique. Chez le chêne, par exemple, il y a un débourrement tous les deux ou trois mois. Cela fait souvent un débourrement au printemps, un vers le mois de juin, et, les bonnes années, un autre en août.

En revanche, cette activité rythmique, dans les climats aux saisons contrastées, s’arrête pendant la saison sèche ou pendant la saison froide.

Comment le bourgeon se forme

À l’extrémité de la tige, il y a des cellules en division qui prolifèrent pour donner des ébauches de feuilles et des ébauches de tige, et cela continûment dans le bourgeon pour engendrer la future tige.

Quelques-unes de ces cellules restent nichées, blotties, au point d’insertion de la feuille. Ces cellules-là engendrent les bourgeons qui se trouvent, comme on l’a dit, juste à la base de la feuille : ce sont des bourgeons secondaires. Ceux-ci ont le même rythme de développement que le bourgeon terminal de la tige.

Ainsi, la genèse de la tige s’effectue à l’abri des bourgeons, et ce sont les tiges déjà préparées qui se mettent en place lors du débourrement.

Bourgeons végétatifs et bourgeons floraux

Certains bourgeons abritent des tiges particulières, qui sont soit des groupes de fleurs, soit des fleurs. En effet, à un certain moment, la plante ne prépare plus une tige feuillée, mais un ensemble de fleurs ou une fleur.

Très souvent, le bourgeon disparaît lorsque se développent les fleurs à sa place.

Un exemple de bourgeon contenant une fleur est celui des câpres. Quand on ouvre des câpres, on a la surprise d’y trouver la fleur, c’est-à-dire quelque chose qui contient des étamines et un pistil.

Ainsi, durant la vie végétative de la plante, les bourgeons engendrent des tiges. Les bourgeons, issus de l’extrémité des tiges ou des bourgeons secondaires à la base des feuilles, disparaissent lorsqu’ils donnent naissance à des fleurs ou à des groupes de fleurs. Cela n’est pas très grave en soi, car les bourgeons secondaires qu’ils ont laissés prendront le relais dans la croissance.

La résistance des bourgeons et les organismes qui en profitent

Les bourgeons sont particulièrement résistants pour le passage de la mauvaise saison. Il suffit de penser aux bourgeons de nos arbres.

Cette résistance a été utilisée, ou détournée en quelque sorte, par tout un tas d’organismes qui passent l’hiver à l’intérieur des bourgeons.

Un certain nombre de parasites, comme par exemple un champignon qui forme un revêtement blanc sur les feuilles du chêne, passent l’hiver dans les bourgeons du chêne et infectent naturellement les feuilles qui débourrent au printemps.

D’autres insectes sont également capables de pondre dans les bourgeons, qu’ils peuvent modifier. Nous avons tous, étant enfants, joué avec ces galles en forme de billes très dures, qui sont en fait des bourgeons modifiés. On voit d’ailleurs que les écailles y sont transformées en petites rugosités ou en petites pointes. On voit aussi le trou de sortie des insectes au printemps.

Ces bourgeons modifiés, que l’on peut appeler des galles, sont donc une façon pour certains insectes de détourner les bourgeons afin de passer l’hiver à l’abri, dans des tissus bien nourris par la plante.