La Plante en Kit ! Ep1 - La feuille, avec Marc-André Sélosse

De Triple Performance
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Dans ce premier épisode de La Plante en Kit !, Marc-André Sélosse présente la feuille, organe végétal à la fois simple en apparence et essentiel. Il en décrit la structure : limbe, pétiole, nervures, bourgeon à la base, et parfois stipules. La feuille remplit deux grandes fonctions : capter la lumière pour la photosynthèse, et permettre l’évaporation de l’eau par de minuscules ouvertures, ce qui aide à faire monter la sève depuis les racines. Elle est aussi un lieu d’interactions avec les animaux : certains acariens ou fourmis la protègent, tandis que couleurs et motifs peuvent dissuader les herbivores. Même morte, la feuille reste utile en enrichissant le sol en matière organique et en éléments minéraux. Enfin, Marc-André Sélosse montre comment, en milieu tropical, certaines feuilles sont adaptées aux fortes pluies grâce à leur surface lisse, vernissée et à leur pointe d’écoulement.

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Résumé
Dans ce premier épisode de La Plante en Kit !, Marc-André Sélosse présente la feuille, organe végétal à la fois simple en apparence et essentiel. Il en décrit la structure : limbe, pétiole, nervures, bourgeon à la base, et parfois stipules. La feuille remplit deux grandes fonctions : capter la lumière pour la photosynthèse, et permettre l’évaporation de l’eau par de minuscules ouvertures, ce qui aide à faire monter la sève depuis les racines. Elle est aussi un lieu d’interactions avec les animaux : certains acariens ou fourmis la protègent, tandis que couleurs et motifs peuvent dissuader les herbivores. Même morte, la feuille reste utile en enrichissant le sol en matière organique et en éléments minéraux. Enfin, Marc-André Sélosse montre comment, en milieu tropical, certaines feuilles sont adaptées aux fortes pluies grâce à leur surface lisse, vernissée et à leur pointe d’écoulement.

On vous propose une série produite avec notre microbiologiste préféré, Marc-André Sélosse ! Une série riche et ludique sur l'un des êtres vivants omniprésent et pourtant souvent oublié : la plante ! Et tout cela, découpée en kit pour mieux comprendre.


Structure de la feuille

La feuille est sans doute le morceau de plante le plus visible. Elle est constituée de plusieurs parties.

Le limbe est plat et porte une nervation ramifiée. Le pétiole, qui relie le limbe à la tige, raccorde la feuille à la tige.

À la base de la feuille, et plus précisément à la base du pétiole, on trouve d'abord un petit bourgeon. Il permet de savoir où commence la feuille. Ce bourgeon pourra d’ailleurs donner une ramification.

Dans certains cas, il y a aussi des stipules, c’est-à-dire de petites expansions latérales de la feuille.

Rôle de la feuille

La feuille a d’abord un rôle de récepteur de lumière, et deuxièmement un rôle d'évaporateur.

Au niveau de la feuille, il y a réception de l’énergie solaire, ce qui permet la photosynthèse. Grâce aux nervures arrivent dans la feuille l’eau et les sels minéraux, tandis que repartent les sucres qui sont fabriqués, via le pétiole, vers la tige.

Mais encore faut-il que la sève qui arrive des racines amène l’eau et les sels minéraux dans la feuille. Cela s’opère grâce à une fonction d’évaporation, de « séchage » de la plante. On sait bien que sous les plantes, comme les arbres, ou quand on s’assied dans l’herbe, il fait un petit peu frais : il y a une évaporation de l’eau qui se produit par des microtrous situés à la face inférieure de la feuille.

Le second rôle de la feuille est donc de permettre cette évaporation de l’eau, qui va aspirer la sève depuis les racines, c’est-à-dire aspirer la sève montante.

Interactions avec le monde animal

La feuille est aussi le lieu d’interactions avec le monde animal.

D’abord, il existe des interactions symbiotiques. Par exemple, sur une feuille de vigne, quand on la retourne, ou plus encore sur une feuille de tilleul, on voit très bien des touffes de poils à la divergence des nervures. Ce sont des protections pour des acariens qui viennent habiter là, se protéger au milieu de ces touffes de poils qu’on appelle des domaties.

Ces acariens sortent de temps à autre de leur « couvent » de poils pour aller manger de petites germinations de champignons, ou d’autres acariens qui aiment attaquer la feuille. Bref, ils vont la protéger.

On a aussi, par exemple sur une feuille de prunier (Prunus), de petites glandes qui sécrètent du sucre et vont attirer des fourmis protectrices, ici situées sur le pétiole.

Il y a donc à la fois des relations mutualistes, à bénéfice réciproque, qui s’opèrent dans la feuille.

Mais il y a aussi des interactions liées plutôt à la prédation. Par exemple, sur une feuille de lierre, on a très souvent des dessins, des ornements. Ceux-ci sont souvent associés à une toxicité. Ces ornements permettent aux animaux de mémoriser que cette feuille a un goût désagréable ou bien une certaine toxicité.

Ce sont donc des ornements associés à des caractéristiques négatives pour les herbivores, ce qui permet d’éviter le broutage.

La vie de la feuille après sa chute

La feuille a une vie après la mort. Quand elle tombe au sol, elle y apporte des restes de cellules, et notamment de l’azote, du phosphate, ainsi que tout un ensemble de sels minéraux qui vont être petit à petit libérés et contribuer à la fertilité du sol.

Elle apporte aussi de la matière organique qui va constituer le sol.

En d’autres termes, la feuille continue sa vie après la mort dans l’écosystème du sol, et elle contribue d’ailleurs à nourrir les futures plantes.

Adaptations des feuilles en milieu tropical

En plus de leur rôle habituel, les feuilles en milieu tropical se retrouvent confrontées à un autre problème, ce qui explique que très souvent elles se ressemblent.

Une feuille d’hibiscus, par exemple, ressemble fortement à une feuille de ficus. Les deux feuilles sont à la fois très fortement vernissées, ovales, et terminées par une petite pointe.

En réalité, les plantes tropicales, et surtout les arbres, sont confrontés à de très fortes pluies. Dans les milieux où il pleut beaucoup, l’eau pose deux problèmes.

D’abord, il ne faut pas qu’elle rentre dans la feuille. D’où ces surfaces très lisses, très épaisses, faites d’une cuticule qui empêche l’eau de rentrer.

Ensuite, il ne faut pas que l’eau s’accumule dans la canopée, parce que sinon, sous l’effet du poids, l’arbre pourrait casser ou des branches pourraient s’écrouler. On a donc un bord très lisse qui conduit les gouttes jusqu’à une pointe par laquelle elles s’écoulent.

Ces feuilles évitent donc que l’eau ne rentre dedans et qu’elle ne s’accumule dessus : elles sont adaptées à des pluies importantes.