La Plante en Kit ! Ep8 - Conclusion, par Marc-André Sélosse

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Dans cette conclusion de La Plante en Kit !**, **Marc-André Sélosse** met en lumière un composant végétal souvent méconnu mais essentiel : les **tanins**, aussi appelés **phénols** ou **polyphénols**. Présents dans les couleurs, les odeurs et les goûts des plantes, ils donnent par exemple les teintes rouges des jeunes pousses ou participent au parfum des fleurs. Mais leur rôle va bien au-delà : ils protègent les plantes contre la lumière excessive, le stress oxydatif et les herbivores grâce à leur amertume et leur astringence. Les tanins interviennent aussi dans la structure même des végétaux, notamment via la **lignine**, qui rigidifie les tiges, et la **subérine**, présente dans les écorces et le liège. Représentant environ un tiers de la biomasse des plantes, ils illustrent combien le monde végétal reste sous-estimé. Cette série invite ainsi à mieux voir les plantes, composantes majeures du vivant et de nos écosystèmes.

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Résumé
Dans cette conclusion de La Plante en Kit !**, **Marc-André Sélosse** met en lumière un composant végétal souvent méconnu mais essentiel : les **tanins**, aussi appelés **phénols** ou **polyphénols**. Présents dans les couleurs, les odeurs et les goûts des plantes, ils donnent par exemple les teintes rouges des jeunes pousses ou participent au parfum des fleurs. Mais leur rôle va bien au-delà : ils protègent les plantes contre la lumière excessive, le stress oxydatif et les herbivores grâce à leur amertume et leur astringence. Les tanins interviennent aussi dans la structure même des végétaux, notamment via la **lignine**, qui rigidifie les tiges, et la **subérine**, présente dans les écorces et le liège. Représentant environ un tiers de la biomasse des plantes, ils illustrent combien le monde végétal reste sous-estimé. Cette série invite ainsi à mieux voir les plantes, composantes majeures du vivant et de nos écosystèmes.

On vous propose une série produite avec notre microbiologiste préféré, Marc-André Sélosse ! Une série riche et ludique sur l'un des êtres vivants omniprésent et pourtant souvent oublié : la plante ! Et tout cela, découpée en kit pour mieux comprendre.


Les tanins, un composant majeur et méconnu des plantes

Pour terminer, Marc-André Sélosse propose un « plus », qui est aussi l’instant publicitaire de cette série sur la plante. Ce complément porte sur des composants des plantes extraordinairement importants, puisqu’ils représentent environ un tiers de la biomasse des plantes, mais restent pourtant méconnus : les tanins.

Les tanins sont des molécules que l’on appelle aussi les phénols et les polyphénols. Ces molécules sont souvent colorées. Ce sont elles qui donnent la coloration rouge, par exemple à l’extrémité de certaines pousses de rosiers. Dans ce cas, il s’agit d’anthocyanes. Ce sont également elles qui colorent certaines fleurs.

Ces tanins ont donc un rôle visuel, mais ils participent aussi aux odeurs. Ils contribuent souvent aux odeurs des fruits et des fleurs. L’un d’eux, le phényléthanol, est par exemple un des composants du parfum des roses. Les tanins sont donc très présents dans les goûts, les odeurs et les couleurs des plantes.

Le rôle protecteur des tanins

Pour les plantes, les tanins ont des rôles très importants. Ce sont notamment des antioxydants : ils protègent les tissus contre différents stress. En absorbant la lumière, ils protègent aussi contre un excès de lumière.

C’est ce qui se passe dans les jeunes pousses, où les cellules sont encore jeunes et pas encore très bien protégées de la lumière. Si ces pousses apparaissent rouges, c’est en l’occurrence à cause des anthocyanes qu’elles contiennent, donc de tanins rouges.

Les tanins sont aussi des composés anti-herbivores. Lorsqu’on goûte une feuille, on perçoit bien souvent une amertume, puis, après l’avoir recrachée, une astringence : la bouche paraît comme « toute raide ». Ce sont les tanins qui provoquent cela. Ils sont à la fois amers et responsables d’une précipitation, d’une dénaturation du lubrifiant que nous avons habituellement dans la bouche.

Cette sensation est désagréable, ce qui fait que l’on ne mange pas facilement des aliments très tanniques. Et c’est heureux, car si on en consomme, les tanins empêchent aussi de bien digérer, parce qu’ils s’attaquent également aux protéines digestives. Les tanins constituent donc une protection importante pour les plantes.

Marc-André Sélosse souligne d’ailleurs qu’il est amusant, lorsqu’on goûte un rosier, de constater que les parties jeunes sont beaucoup plus amères, beaucoup plus astringentes, donc beaucoup plus riches en tanins. Cela est important, car ces jeunes pousses sont encore molles et très appétentes pour les herbivores.

Des tanins qui participent aussi à la structure des plantes

Il y a plus encore : certains tanins s’assemblent en grands ensembles, déjà croisés au cours de la série.

D’abord, il y a ceux qui se lient les uns aux autres et s’accrochent à d’autres composants de la plante pour former une sorte de rigidifiant : c’est la lignine. C’est elle qui donne leur rigidité aux tiges.

Ensuite, il y a ceux qui s’associent entre eux et s’incrustent dans les écorces : ce sont la subérine. On retrouve cette subérine dans le liège, par exemple dans les bouchons. Il s’agit là encore d’un ensemble de composés phénoliques. Cela permet à la tige de ne pas perdre ses sèves, en empêchant que les fluides qui circulent à l’intérieur ne s’évaporent.

Ainsi, au-delà de la couleur, de l’odeur et du goût, la structure même de la plante est aussi faite de tanins.

Un composant aussi important que méconnu

Ces molécules sont, en importance, comparables aux glucides, et plus importantes en quantité que les protides ou les lipides. Si elles sont pourtant oubliées, c’est un exemple supplémentaire du fait que les plantes elles-mêmes sont souvent oubliées.

Un composant aussi important que les tanins, qui représente une grosse part de la biomasse des plantes, est mal connu du grand public, alors même qu’il est partout autour de nous : visuellement, olfactivement, gustativement, et dans la structure même des végétaux.

Si les tanins sont oubliés, c’est donc aussi parce que les plantes sont oubliées.

Voir enfin les plantes

Un enjeu majeur de cette série, proposée avec Ver de Terre Production, est justement de rappeler que nous sommes entourés de plantes, et qu’il faut commencer à les voir.

Marc-André Sélosse espère que ces sept petits modules, ainsi que cette conclusion, auront permis de mieux observer ce qui est partout autour de nous : ce qui constitue l’essentiel de la masse du vivant, ce qui est un composant majeur de nos écosystèmes, et que nous avons malheureusement tendance à ne voir que comme un décor.

L’espoir formulé en conclusion est que cette série ouvre réellement l’attention portée aux plantes qui nous entourent.