Témoignage Strip-till Bio Ferme Proterre Denis Ouellet Québec In Rencontres ABC 2025
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Témoignage strip-till bio : Ferme Proterre avec Denis Ouellet
Denis Ouellet, de la Ferme Proterre au Québec, présente son retour d’expérience sur l’intégration du strip-till en agriculture biologique. Ce système, mis en place à l’automne 2021, repose sur une approche collective et une quête constante d’alternatives au labour traditionnel.
Contexte et structure de la ferme
La ferme exploite 610 hectares avec une diversité de sols ([[sable limoneux]], loam limoneux et loam argileux). L’entreprise est gérée par Denis Ouellet, son fils Rémi (principal actionnaire et décideur au quotidien) et sa conjointe José, opératrice principale de la moissonneuse-batteuse. La ferme est en régie biologique depuis 2017 et utilise des cultures de couverture sur la quasi-totalité des surfaces.
La philosophie du système ABC
Le système adopté par la famille Ouellet s’inspire des pratiques nord-américaines (États-Unis et Québec) pour créer un environnement favorable à la vie du sol. Le constat est simple : le labour agit comme un « ouragan » qui brise la structure du sol et le cycle de vie des micro-organismes. L’objectif est donc de remplacer la charrue par un système de strip-till capable de fonctionner sur de grandes surfaces pour toutes les cultures en ligne.
Équipements clés
Le projet repose sur quatre piliers technologiques :
- Strip-till : Utilisation d’un équipement lourd (modèle américain récent) doté de deux points d’appui pour assurer une profondeur constante, même en sol dur. Les unités sont équipées d’amortisseurs à air réglables depuis la cabine pour gérer la pression sur les chasse-résidus.
- [[Désherbage mécanique]] : Utilisation d’une bineuse SCL Twin-Deb, dont les unités sont situées précisément au-dessus du rang, permettant un travail efficace même sur sol couvert.
- Gestion de l’inter-rang : Acquisition de l’Orbis de la compagnie française RenseM, essentiel pour le succès du projet, permettant de gérer l’inter-rang sans perturber le rang principal.
- Semis : Utilisation d’un semoir Sky Maxidril (France) configuré à une largeur américaine (76,2 cm) pour s’adapter aux besoins de semis des cultures de couverture et des cultures principales.
Itinéraire technique et cultures de couverture
Le système alterne sur 3 ans :
- Année 1 : Blé d’automne, suivi d’un semis de couvert (avoine, pois fourrager, féverole, vesce commune) à 6 tonnes de matière sèche par hectare.
- Année 2 : Maïs grain sur strip-till.
- Année 3 : Soya sur strip-till.
L’usage des cultures de couverture est crucial pour injecter de l’azote et créer une structure racinaire. Denis Ouellet souligne l’importance des réglages : la gestion de la porosité fine par les racines (comme celles du ray-grass) permet une meilleure infiltration de l’eau et un réchauffement du sol au printemps.
Enseignements et défis
- Gestion du trèfle : L’utilisation du trèfle en intercalaire demande une gestion fine. Un passage trop tardif ou une croissance excessive peut entrer en compétition avec la culture principale (notamment le soya), occasionnant des pertes de rendement.
- Adaptation du matériel : L’ajout de « doigts » ou de tuyaux sur les tables de récolte permet de coucher les couverts de manière uniforme pour faciliter le passage de la machine sans détruire la structure créée.
- Innovation constante : Le recours à un comité d’agronomes et de spécialistes permet de mesurer l’évolution de la microbiologie des sols, confirmant que le passage au strip-till permet de maintenir une structure de sol de qualité tout en sécurisant les rendements (souvent au-dessus de 10 tonnes à l’hectare pour le maïs).
En conclusion, Denis Ouellet insiste sur le fait que ce système, bien que technique, apporte une sérénité nouvelle sur la gestion des sols et la réduction de la dépendance au travail du sol intensif, tout en restant pleinement productif en agriculture biologique.