Semer les couverts à la volée dans le précédent
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Présentation des résultats d'essais sur "semer des couverts à la volée dans le précédent".
Intervenants : Gaëtan Leborgne (CA 02) et Sophie Wieruszeski (CA 60)
Vidéo produite dans le cadre du projet "Multifonctionnalité des couverts d'interculture" piloté par Agro-Transfert Ressources et Territoires avec le soutien financier de l'Union Européenne (Feder) et du Conseil régional des Hauts-de-France.
Tournage réalisé à Saint-Pierre-Aigle (02) sur la plateforme d'essais "couverts d'interculture, apprendre à cultiver les services" par Pascal Bourson
Semer les couverts à la volée dans le précédent
Le semis à la volée dans le précédent, également appelé “semis sous couvert”, est une technique qui gagne en intérêt dans les systèmes de grandes cultures. Bien que cette pratique soit historiquement connue des éleveurs pour implanter des prairies, son application aux couverts végétaux est une innovation prometteuse.
Pourquoi s’intéresser au semis à la volée ?
Cette méthode présente plusieurs avantages agronomiques et économiques :
- Gain de temps et économie : En évitant tout travail du sol préliminaire, on réduit les coûts d’implantation et on gagne un temps précieux sur le calendrier de récolte.
- Développement de la biomasse : Le semis précoce permet de profiter des jours longs et d’un cumul de degrés-jours plus favorable à la croissance des plantes.
- Couverture des sols : Elle rend possible une couverture efficace des sols lors des intercultures courtes, notamment avant les semis d’automne.
Protocole de l’essai à Saint-Pierre-Aigle
Pour évaluer cette technique, un essai a été conduit sur une parcelle de blé tendre en sols limoneux. Le reliquat post-récolte était de 59 unités d’azote et les pailles ont été restituées par broyage pour préserver l’humidité.
Onze espèces ont été testées en pur à la volée, choisies pour leur diversité (familles, tailles de graines) et leur caractère innovant face au changement climatique (sorgho, moha, niger). Chaque espèce a été semée à deux dates :
- Date 1 (D1) : 22 juin (30 jours avant la récolte).
- Date 2 (D2) : 7 juillet (15 jours avant la récolte).
La récolte du blé a eu lieu le 21 juillet. Les conditions climatiques ont été marquées par une sécheresse estivale importante, avec un déficit de 85 mm de pluie par rapport à la normale entre juin et septembre.
Résultats : levée et biomasse
Globalement, les taux de levée ont été variables. Certaines espèces comme l’avoine rude ont montré des levées faibles, tandis que d’autres, comme la vesce commune ou le trèfle d’Alexandrie, ont mieux réussi. Les levées ont été, de manière générale, plus homogènes pour le semis le plus proche de la moisson (7 juillet).
En termes de biomasse, la moyenne obtenue est de 2,5 tonnes de matière sèche par hectare, un résultat satisfaisant compte tenu des conditions climatiques.
- La championne : La vesce velue a produit 5,14 tonnes/ha pour le semis de juin.
- Performances remarquables : Le moha, la phacélie et la vesce commune ont atteint des rendements élevés (2,5 à 3 tonnes/ha), valorisant bien le gain de degrés-jours.
Facteurs de réussite et recommandations
L’analyse montre que le succès repose sur trois piliers :
- Le choix de l’espèce : La vesce, la phacélie, le tournesol, le niger et l’orge de printemps sont bien adaptés. À l’inverse, la féverole, l’avoine rude et la moutarde blanche sont déconseillées. Pour les espèces comme le moha ou la moutarde d’abyssinie, il est recommandé d’augmenter la densité de semis de 10 % pour compenser les pertes. Attention à éviter les variétés trop précoces à la floraison pour ne pas risquer une montée en graine.
- La date de semis : Il est conseillé de semer dans les trois semaines précédant la date estimée de récolte. Un semis proche de la moisson sécurise la levée et limite les dégâts liés aux organismes granivores ou à l’étiolement.
- La gestion de la récolte : Il est crucial de moissonner bas et de restituer les pailles. Ce tapis de paille permet de recouvrir les semences, de conserver l’humidité du sol et de favoriser une meilleure implantation des plantules.
En conclusion, le semis à la volée dans le précédent est une technique très intéressante qui, bien maîtrisée, permet d’optimiser l’implantation des couverts tout en réalisant des économies significatives.