Rencontres 2015 : Electroculture Yannick Van Doorne

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Lors des Rencontres 2015, Yannick Van Doorne présente l’électroculture, une approche qui cherche à mieux comprendre les interactions entre sol, plante, micro-organismes et phénomènes électromagnétiques. Ingénieur agronome d’origine belge, installé en Alsace, il explique que cette discipline ancienne s’appuie sur l’observation des orages, du champ magnétique terrestre et de l’influence des ondes naturelles sur le vivant. À travers de nombreux exemples, il montre comment des dispositifs simples — antennes, fils conducteurs, circuits en cuivre, roches volcaniques paramagnétiques ou pyramides — peuvent stimuler la croissance, renforcer la vitalité des plantes et améliorer la fertilité du sol. Il relie aussi ces observations à certaines pratiques comme la biodynamie. Son intervention défend une agriculture durable, fondée sur des solutions peu coûteuses, non consommables, et capables de réduire la dépendance aux engrais et aux intrants chimiques.

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Résumé
Lors des Rencontres 2015, Yannick Van Doorne présente l’électroculture, une approche qui cherche à mieux comprendre les interactions entre sol, plante, micro-organismes et phénomènes électromagnétiques. Ingénieur agronome d’origine belge, installé en Alsace, il explique que cette discipline ancienne s’appuie sur l’observation des orages, du champ magnétique terrestre et de l’influence des ondes naturelles sur le vivant. À travers de nombreux exemples, il montre comment des dispositifs simples — antennes, fils conducteurs, circuits en cuivre, roches volcaniques paramagnétiques ou pyramides — peuvent stimuler la croissance, renforcer la vitalité des plantes et améliorer la fertilité du sol. Il relie aussi ces observations à certaines pratiques comme la biodynamie. Son intervention défend une agriculture durable, fondée sur des solutions peu coûteuses, non consommables, et capables de réduire la dépendance aux engrais et aux intrants chimiques.


Introduction par Jean Becker

Jean Becker explique qu’on lui a demandé de présenter Yannick Van Doorne. Le fait que les Rencontres aient lieu cette année dans le nord-est a permis de le faire intervenir, puisqu’il est basé en Alsace.

Il précise qu’il connaît Yannick Van Doorne depuis les années 2012. À cette époque, il s’intéressait déjà à ses travaux. Il souligne que Yannick publie beaucoup sur internet, ce qui permet de trouver facilement de nombreuses informations, et qu’il a eu la chance de pouvoir le rencontrer à son domicile.

En lien avec l’intervention précédente, Jean Becker insiste sur l’importance d’une compréhension plus fine, plus subtile et plus détaillée des phénomènes du vivant. Selon lui, les travaux de Yannick Van Doorne lui ont permis de développer une autre approche et une autre compréhension de ce qui se passe :

  • dans un champ,
  • dans une plante,
  • dans les interactions entre le sol, la plante et les micro-organismes.

Il parle d’un point de vue différent, qui permet de comprendre les phénomènes autrement. Il remercie Yannick Van Doorne pour sa présence et pour ses travaux, en espérant qu’il continuera longtemps à apporter des éléments nouveaux et surprenants.

Présentation de Yannick Van Doorne

Yannick Van Doorne remercie Jean Becker ainsi que toute l’organisation, en disant que cette journée est remarquable et très intéressante. Il précise que c’est la première fois qu’il participe à ces journées sur le vivant et qu’il en est agréablement surpris.

Il se présente comme étant :

  • d’origine belge,
  • de formation ingénieur en agriculture et biotechnologies.

Il ajoute cependant que tout ce dont il va parler n’est pas appris durant cette formation. Même s’il considère les études intéressantes, il dit ne plus attacher aujourd’hui une grande importance à ce titre.

Pendant ses études, il a été choqué par les pratiques de l’agriculture industrielle, qu’il jugeait peu respectueuses de la vie et du vivant. Ce constat l’a marqué, mais il a tout de même poursuivi ses études tout en restant très ouvert et curieux vis-à-vis des alternatives.

C’est en cherchant ces alternatives qu’il a découvert progressivement :

  • d’abord les influences de la musique sur les plantes, qu’il a beaucoup étudiées ;
  • ensuite l’électroculture.

Définition de l’électroculture

Yannick Van Doorne revient sur les mots eux-mêmes.

Le mot électro vient de electrum, qui signifie ambre, c’est-à-dire une résine fossilisée. Lorsqu’on la frotte, elle produit un phénomène comparable à l’électricité statique. C’est de là qu’est venue l’utilisation du terme dans des mots comme électricité ou électroculture.

Le mot culture signifie, selon lui, honorer.

Il développe alors l’idée que :

  • culture = Honorer ;
  • agri = La terre.

Ainsi, agriculture signifie fondamentalement des méthodes pour honorer la terre. Il relie cette étymologie à ce qui a été dit par le conférencier précédent.

Il précise ensuite que l’électroculture est un terme générique, qui désigne l’utilisation de l’électricité sous toutes ses formes en agriculture. Mais il insiste sur le fait que l’électricité est un phénomène complexe :

  • fréquences,
  • ondes,
  • ampérage,
  • voltage.

On ne peut donc pas dire simplement : « j’ai fait de l’électroculture, ça a marché » ou « ça n’a pas marché ». Pour lui, l’électroculture regroupe un ensemble très vaste de techniques différentes, qui peuvent être appliquées de façon plus ou moins pertinente.

Les premières observations à l’origine de l’électroculture

Yannick Van Doorne explique que les premières observations à l’origine de l’électroculture ont probablement été liées aux orages.

Il rappelle une observation courante : lorsque des cultures sont irriguées en été, puis qu’une pluie d’orage survient, l’effet obtenu est très différent de celui d’une irrigation habituelle. Même si la quantité d’eau tombée est faible, parfois seulement quelques millimètres, les plantes deviennent souvent plus vertes et repartent mieux.

Selon lui, cela ne s’explique pas seulement par l’eau apportée. La pluie d’orage est aussi accompagnée d’ondes et de fréquences très bénéfiques pour la croissance des plantes. Il voit là une des sources d’inspiration possibles de l’électroculture.

Les paratonnerres dans les champs

Il évoque ensuite l’installation, il y a déjà plusieurs siècles, des premiers paratonnerres pour détourner la foudre des églises et des bâtiments. Les observateurs auraient remarqué que les plantes poussaient mieux à proximité de la mise à la terre de ces paratonnerres.

De là seraient nées des installations agricoles consistant à placer dans les champs des tiges munies de pointes, semblables à des paratonnerres. On en mettait, selon lui, environ 20, 30 ou 40 à l’hectare, ce qui représentait beaucoup de travail, mais à une époque où le coût de la main-d’œuvre n’était pas le même qu’aujourd’hui.

Il indique avoir retrouvé de vieux articles de presse montrant que certaines personnes utilisant ce type de dispositifs étaient parfois accusées de sorcellerie, faute d’explication rationnelle. Pourtant, ces dispositifs donnaient de bons résultats.

Par la suite, ces tiges n’ont plus seulement été installées isolément : elles ont aussi été reliées entre elles à la base par des fils, ce qui permettait d’étendre leur effet sur une plus grande surface. Yannick Van Doorne souligne que jusque vers les années 1910-1915, l’électroculture se résumait en grande partie à ce genre de systèmes.

La Terre, les ondes et le champ magnétique

Yannick Van Doorne insiste sur le fait que l’électricité est partout, et que toute la vie sur Terre a évolué dans un environnement fait d’électricité et d’ondes. Nous sommes, selon lui, continuellement entourés d’un bain d’ondes.

Il prend l’exemple des premiers cosmonautes : après quelques jours dans l’espace, leur état se dégradait rapidement. Les Russes auraient découvert qu’en recréant dans leur capsule des conditions reproduisant certains aspects du champ magnétique terrestre, les cosmonautes restaient en bonne santé plus longtemps.

Il étend cette idée aux plantes, en affirmant que lorsqu’on recrée ce genre de conditions dans certaines installations, les plantes poussent aussi mieux.

Selon lui, un problème moderne vient du fait que la pollution électromagnétique est devenue si forte qu’elle brouille la réception des ondes naturelles dont les êtres vivants ont besoin. Il cite notamment le wifi, qu’il considère comme potentiellement très négatif pour les arbres. Il évoque une étude lue en 2010 selon laquelle 70 % des arbres en ville montreraient des effets négatifs sur leur santé à cause du wifi.

Il en conclut que les ondes et l’électricité peuvent être utilisées :

  • pour nuire au vivant ;
  • mais aussi, au contraire, pour améliorer la croissance des plantes et la fertilité des sols.

Il rappelle également que la Terre se comporte comme un immense aimant, avec un champ magnétique mesurable dans le sol, à la surface et dans l’atmosphère, et que la vie est fortement influencée par ces champs magnétiques.

Georges Lakhovsky et les circuits oscillants

Parmi les sources d’inspiration historiques de l’électroculture, Yannick Van Doorne cite Georges Lakhovsky, chercheur des années 1930-1940.

Il présente une expérience menée sur des géraniums inoculés avec un cancer des plantes. Autour d’une des plantes, Lakhovsky avait placé un simple circuit en cuivre, c’est-à-dire une boucle de fil de cuivre disposée d’une certaine manière. Selon lui, ce circuit produisait un effet d’antenne amplifiant certains champs électromagnétiques bénéfiques pour la plante.

Le résultat observé était que la plante équipée du circuit continuait à pousser normalement, contrairement aux autres. Yannick Van Doorne précise que cette expérience a été répétée à de nombreuses reprises.

Il ajoute que Lakhovsky a ensuite développé des appareils électroniques de soin qui ont également été utilisés dans des hôpitaux avec un certain succès.

Pour Yannick Van Doorne, cela montre qu’avec de simples morceaux de fil de cuivre, on peut parfois obtenir des effets très importants.

Cette technique est désignée sous le nom de :

  • circuit oscillant ;
  • ou circuit de Lakhovsky.

Il indique que cette technique peut être appliquée aux arbres fruitiers, et qu’elle est relativement simple à mettre en œuvre.

Exemple sur arbres fruitiers

Il rapporte le témoignage d’une participante à l’un de ses stages. Celle-ci avait installé quelques antennes ou circuits sur certains arbres fruitiers pendant l’hiver. Au printemps suivant, elle a observé que les arbres équipés n’avaient pas été attaqués par les pucerons, alors que les autres l’avaient été.

Il précise qu’il ne faut pas comprendre cela comme un effet direct « anti-pucerons ». Selon lui, le dispositif renforce plutôt l’énergie, la vitalité ou le magnétisme de la plante, ce qui la rend plus résistante. Les ravageurs s’attaqueraient alors de préférence aux plantes plus faibles.

Liens avec la biodynamie et la dynamisation de l’eau

Yannick Van Doorne établit un rapprochement avec certaines pratiques de biodynamie.

Il prend l’exemple du vortex dans l’eau. Selon lui, quand on fait tournoyer l’eau en vortex, des phénomènes électriques peuvent être mesurés. Si l’on place une électrode sur le côté d’un récipient et une autre au centre du vortex, on peut mesurer une différence de potentiel.

Il en conclut que le simple fait de faire couler ou tourner l’eau quelque part provoque déjà un traitement magnétique ou électrique. Cela peut, selon lui, expliquer certaines observations faites sur l’eau en biodynamie.

Il ne dit pas qu’un simple vortex permet d’obtenir exactement la qualité d’une eau d’orage, mais qu’on s’en rapproche.

Plus largement, il estime que l’électroculture permet de comprendre ou de confirmer une partie des pratiques biodynamiques, qui paraissent parfois ésotériques parce qu’on ne dispose pas d’explications matérielles ou chimiques habituelles. D’après lui, beaucoup de choses peuvent être reliées à des phénomènes électriques et magnétiques.

Les tours rondes d’Irlande

Yannick Van Doorne évoque ensuite les tours rondes d’Irlande, présentes en de nombreux endroits et construites avant les églises. Il dit avec humour qu’il est certes plus agréable de prier sous un toit que sous la pluie, mais que l’intérêt de ces tours, du point de vue de l’électroculture, est ailleurs.

Il attribue la découverte de leur fonctionnement à Phil Callahan, un technicien radio américain qui a beaucoup étudié les insectes, notamment leur communication à travers les ondes, les champs électriques, le magnétisme et les champs électromagnétiques.

Phil Callahan aurait remarqué que les bergers aimaient faire paître leurs brebis autour de ces tours, parce que l’herbe y était meilleure. En étudiant ces structures, il aurait mesuré des émissions radio de très basse fréquence.

Selon Yannick Van Doorne, ces fréquences sont du même ordre que celles qui ont ensuite été identifiées comme étant bénéfiques pour la santé humaine, notamment dans certains systèmes conçus pour les astronautes.

Les résonances de Schumann

Il rappelle qu’un autre chercheur, Schumann, a mis en évidence dans les années 1950-1960 certaines fréquences naturelles de la Terre. La science les appelle aujourd’hui les fréquences de Schumann.

Selon lui :

  • elles sont présentes partout sur Terre ;
  • elles sont générées notamment par la foudre ;
  • elles font résonner la Terre d’un point de vue électromagnétique.

Les êtres vivants évoluent en permanence dans ce bain de fréquences. Sans elles, dit-il, la santé se dégrade, aussi bien pour les humains que pour les plantes.

Exemple de tour en terre cuite

Il relate le cas d’un agriculteur rencontré lors d’une conférence en Autriche ou en Allemagne, qui avait construit deux jours auparavant une petite tour dans son champ. Dans un rayon d’environ 60 mètres autour de cette tour, tous les choux-raves étaient devenus deux à trois fois plus gros que ceux situés au-delà.

Cette tour avait été fabriquée avec de simples tuyaux en terre cuite. Il insiste sur l’importance du matériau :

  • l’argile cuite devient plus paramagnétique ;
  • elle produit un effet d’antenne plus fort avec les champs magnétiques terrestres.

Les tours irlandaises, quant à elles, étaient construites en roche volcanique, souvent du granite ou d’autres roches d’origine volcanique, elles aussi susceptibles de présenter un intérêt paramagnétique.

Le paramagnétisme

Yannick Van Doorne explique brièvement trois notions :

  • le ferromagnétisme ;
  • le paramagnétisme ;
  • le diamagnétisme.

Le ferromagnétisme correspond au comportement du fer : placé dans un champ magnétique, il s’oriente selon ce champ et peut lui-même devenir magnétique.

Le paramagnétisme est, selon lui, comparable, sauf que le matériau ne devient pas lui-même magnétique, tout en restant sensible aux champs magnétiques.

Le diamagnétisme correspond au comportement inverse, avec une insensibilité ou une réaction opposée aux champs magnétiques statiques ou électromagnétiques.

Pour lui, les tours fabriquées en matériaux très paramagnétiques produisent un effet d’antenne qui amplifie localement les ondes naturelles de la Terre. Les plantes et la vie autour en bénéficient.

Il signale que cette approche est déjà expérimentée depuis des années en Australie, qu’elle commence à l’être en France, en Europe et au Canada, et qu’il y a contribué par ses conférences.

Les tours remplies de basalte

Il décrit ces tours comme des dispositifs simples, sains, peu coûteux, et durables.

Lorsqu’on suit la « recette » qu’il estime la plus efficace, on utilise :

  • une structure en terre cuite ;
  • remplie de basalte ou d’une roche volcanique très paramagnétique.

Il précise que toutes les roches volcaniques ne sont pas paramagnétiques, mais que les basaltes sont souvent de bons matériaux.

L’un des avantages majeurs, selon lui, est qu’une fois la tour installée, elle est en place durablement. Ce n’est pas un intrant qu’il faut racheter ou réappliquer chaque année. Il insiste sur le fait qu’il cherche à promouvoir des solutions durables, et non du consommable.

La roche volcanique pour améliorer la vie du sol

Au-delà des tours, Yannick Van Doorne explique que la roche volcanique paramagnétique peut être utilisée directement pour améliorer la vie du sol.

Selon lui, l’effet est presque instantané. Cela l’amène à critiquer une idée fréquemment admise en agriculture biologique ou plus largement en agriculture : celle selon laquelle il faudrait toujours apporter chaque année du compost ou de la matière organique pour maintenir la fertilité.

Il ne nie pas l’importance des couverts ou de la matière organique, mais considère que l’approche fondamentale devrait être différente : il faudrait créer un sol ou un lieu doté d’une énergie telle que la vie y augmente continuellement, même sans apports extérieurs.

Il insiste sur la dimension énergétique de cette fertilité.

Exemple haricots et carottes

Il décrit des essais sur :

Dans la zone traitée avec une roche paramagnétique broyée, les levées étaient nettement meilleures que dans la zone non traitée. Il précise qu’il avait apporté environ un kilogramme par mètre carré, ce qui est beaucoup, mais que cette roche reste ensuite en place durablement, comme des mini-cailloux.

Contrairement à un engrais soluble, le basalte est encore là après cinq ans, dix ans, vingt ans, si le sol n’est pas emporté. Il y voit donc une fertilité durable.

Pour lui, la roche agit comme une antenne qui capte les champs magnétiques terrestres et amplifie la vie dans le sol. Il compare cela aux ondes radio : elles sont présentes partout, mais sans récepteur, on ne les capte pas. De même, le sol et les plantes ont besoin d’éléments jouant le rôle d’antennes pour transformer certaines énergies en quelque chose d’utilisable.

Il cite l’exemple des pentes volcaniques, naturellement très fertiles. Il mentionne aussi avoir visité à La Réunion une coulée de lave de deux ou trois ans seulement, sur laquelle poussaient déjà des petites plantes et des arbres, alors qu’il ne s’agissait que de roche et d’humidité.

Les travaux de Martine Cayeux sur la menthe et le datura

Yannick Van Doorne cite une expérience de Martine Cayeux sur :

Elle avait installé un système de type paratonnerre avec un grillage autour, sur un rayon d’environ un mètre. Les résultats observés étaient :

  • sur matière sèche : +20 % chez la menthe et +30 % chez le datura ;
  • sur huiles essentielles : +27 % chez la menthe et +57 % chez le datura.

Il souligne l’intérêt de ces résultats par rapport à l’idée selon laquelle il serait normal que les cultures biologiques donnent des plantes plus petites que les cultures conventionnelles. Pour lui, ce n’est pas une fatalité.

Selon Yannick Van Doorne, on peut parfaitement obtenir des plantes plus grandes et en même temps plus riches :

  • en micronutriments,
  • en matière sèche,
  • en principes actifs.

Il oppose cela à l’effet d’un excès d’azote, qui fait grossir les plantes en eau mais les rend moins denses et moins résistantes.

Les recherches anciennes et l’oubli du mot électroculture

Il évoque également des recherches menées au CNRS dans les années 1920-1930, notamment sur des poireaux.

Il remarque que le mot électroculture a aujourd’hui presque disparu, au point de ne plus figurer dans les dictionnaires modernes. En revanche, dans les dictionnaires et encyclopédies de 1910-1920, on pouvait trouver plusieurs pages consacrées à ce sujet.

Il a même retrouvé un livre destiné aux colons français qui voulaient implanter des vergers dans les colonies, où l’un des chapitres expliquait qu’il fallait s’intéresser à l’électroculture, présentée comme l’avenir, tandis que les engrais relevaient du passé.

Selon lui, à partir des années 1920 et 1930, l’électroculture a été dénigrée et en quelque sorte persécutée, parce qu’elle dérangeait l’industrie chimique et l’agrochimie.

Justin Christofleau

Yannick Van Doorne cite Justin Christofleau, qu’il présente comme un pionnier du développement de l’électroculture en France et dans le monde.

Il dit avoir retrouvé des articles de presse montrant que Christofleau a été impliqué dans des procès et harcelé, notamment par Saint-Gobain et par certains mouvements ou services de l’État, avec des accusations de sorcellerie ou d’irrationalité.

Pour lui, cela montre que les tensions entre approches alternatives et industrie existaient déjà il y a une centaine d’années.

Dans un livre de Christofleau datant de 1925, il relève la mention explicite de la suppression des nitrates et autres engrais chimiques, preuve que cette problématique était déjà formulée à l’époque.

Expérience de l’université de Gand sur les racines

Yannick Van Doorne mentionne ensuite une recherche menée à l’université de Gand en 2012.

Dans cette expérience, un volt était appliqué à une culture hors-sol, avec deux électrodes placées de part et d’autre d’un jeune plant de tomate installé sur laine de roche.

L’observation principale était que les racines poussaient toujours vers le pôle négatif :

  • si le pôle négatif était en bas, elles descendaient ;
  • s’il était en haut, elles remontaient.

Il en déduit que, dans la nature, le sol correspond normalement au pôle négatif et l’atmosphère au pôle positif. Plus on descend en profondeur, plus le milieu devrait être négatif. Mais certaines pollutions ou certaines pratiques agricoles peuvent, selon lui, inverser cette polarité. Dans ce cas, les racines se développent mal ou restent superficielles.

Il relie cette question à des phénomènes d’ordre électrique, rappelant que toute réaction chimique implique aussi des échanges d’électrons.

Réduction des engrais grâce à 1 volt

Ce qu’il juge particulièrement intéressant dans cette expérience est le fait qu’un seul volt, pour un coût estimé à environ 70 euros d’électricité par hectare, permettait de réduire de 50 % la consommation d’engrais.

Il précise que :

  • avec 100 % d’engrais + 1 volt, il n’y avait pas de différence notable ;
  • avec 50 % d’engrais + 1 volt, on retrouvait la même croissance qu’avec 100 % d’engrais.

Il fait le lien avec ce qu’il observe sur le terrain : les effets de l’électroculture sont souvent moins visibles chez ceux qui utilisent déjà beaucoup d’engrais, et beaucoup plus marqués chez ceux qui n’en mettent pas.

Les plantes comme antennes

Yannick Van Doorne affirme qu’un arbre est lui-même une antenne :

  • les racines,
  • le tronc,
  • les branches,
  • les feuilles.

Selon lui, toutes les plantes sont des antennes. Planter les arbres de manière judicieuse peut donc contribuer à la fertilité d’un terrain. Il rapproche cela de l’agroforesterie, tout en disant que cela dépasse la seule question de la microbiologie, de l’eau ou de la température : il y a aussi des phénomènes électriques.

Exemple de tuteurs de tomates en fer à béton

Il donne le témoignage d’un homme qui avait fabriqué des tuteurs de tomates en fer à béton avec des pointes au-dessus. Les barres faisaient près de 4 mètres, et les plants de tomates les dépassaient presque.

Il montre cela comme un exemple de croissance exceptionnelle. Il remarque aussi que ces plants ne présentaient ni taches jaunes ni maladies. Pour lui, l’absence de maladie devrait être la norme, et non l’exception.

Il considère que l’électroculture fait partie des techniques permettant d’améliorer le milieu pour rendre les plantes plus résistantes, au point parfois de faire disparaître certains problèmes sanitaires.

Le champ électrique vertical entre sol et atmosphère

En revenant aux antennes de type paratonnerre, Yannick Van Doorne rappelle que leur hauteur est essentielle.

Selon lui :

  • le sol est à 0 volt ;
  • l’ionosphère ou la haute atmosphère est entre 100 000 et 300 000 volts.

Les êtres vivants vivent continuellement dans ce champ électrique vertical. Plus l’antenne est haute, plus elle exploite une différence de potentiel importante, et plus elle amplifie le phénomène de dynamisation ou d’augmentation de fertilité.

Il indique qu’on peut compter approximativement une différence d’environ 100 volts par mètre de hauteur.

Il précise qu’il s’agit d’une tension avec très peu d’ampérage, ce qui explique que l’on ne s’électrocute pas en se promenant sur Terre, mais que cette tension reste très importante pour la vie. Si le sens de cette polarité s’inverse, cela provoque du stress. Il cite l’exemple des périodes juste avant un orage, où de telles inversions peuvent parfois se produire, avec des effets sensibles aussi sur les personnes.

Le rôle électrique des oiseaux

Yannick Van Doorne ajoute un exemple inattendu : celui des oiseaux.

Quand un oiseau vole, il produit de l’électricité statique et se décharge en électrons. Lorsqu’il se pose sur une branche, il se recharge en électrons. Les électrons sont alors, selon lui, « pompés » à travers la plante, un peu comme l’eau, et cela stimule la croissance de la plante.

Il utilise cet exemple pour montrer qu’il existe dans les écosystèmes de nombreux phénomènes indirects, au-delà des chaînes alimentaires ou des réactions chimiques, et que ces phénomènes électriques et magnétiques ont une grande importance.

Antennes enterrées inspirées de Christofleau

Après les dispositifs aériens, Yannick Van Doorne évoque une antenne enterrée développée par Justin Christofleau. Il la décrit comme une grosse pièce en fonte associée à une bande de zinc et une bande de cuivre.

Il dit s’en être inspiré pour fabriquer ses propres antennes.

Il présente ensuite un système très simple composé :

  • d’un fil de fer galvanisé ;
  • relié à un aimant ;
  • placé en orientation nord-sud.

Ce dispositif peut être enterré, mais pas trop profondément : selon lui, au maximum 30 cm. Il peut aussi être posé en surface. L’orientation nord-sud est importante, car dans d’autres directions le système ne fonctionnerait pas, ou beaucoup moins bien.

Essai sur aubergines et pommes de terre

Il décrit un essai visuel réalisé dans son jardin :

  • d’un côté, une zone équipée d’antennes ;
  • de l’autre, une zone témoin.

On y voyait notamment :

  • des aubergines,
  • des pommes de terre.

Les plantes de la zone traitée poussaient nettement plus vite et mieux. En fin de saison, les pommes de terre ont eu un peu de mildiou, mais deux à trois semaines plus tard que dans la zone non traitée, ce qui montre, selon lui, une meilleure résistance.

Il explique avoir aussi développé des systèmes permettant d’installer ces fils dans les champs à l’aide d’outils modifiés, comme une dent de sous-soleuse équipée d’un tube et d’un dérouleur de fil. On peut également simplement poser le fil au sol puis mettre le paillage par-dessus.

Les grandes antennes installées autour des champs

Yannick Van Doorne indique avoir développé ensuite de grandes antennes installées autour des champs, notamment chez Jean Becker et dans d’autres endroits en France.

Il dit obtenir généralement de très bons résultats avec ces systèmes, même s’il reconnaît qu’il existe encore des cas où les résultats sont faibles ou absents, ce qui montre que le sujet comporte encore beaucoup de mystères.

Exemple sur chou à choucroute en Alsace

Sa première expérience de ce type a été réalisée chez un maraîcher alsacien produisant du chou à choucroute.

Dans la parcelle équipée, les choux poussaient beaucoup plus vite, avec environ trois semaines d’avance par rapport aux parcelles témoins. Le maraîcher étant déjà en biodynamie, les maladies n’étaient pas son principal problème. En revanche, ses choux montaient souvent en graine dès la première année, alors qu’il s’agit normalement d’une plante bisannuelle.

Yannick Van Doorne avait interprété cela comme un manque d’énergie tellurique ou d’énergie du sol, et il avait pensé que l’électroculture pourrait peut-être corriger ce problème. Les résultats lui ont semblé très bons.

Exemple sur rhubarbe et tournesols

Il cite aussi le cas d’un maraîcher près d’Angers, chez qui une rhubarbe qui restait petite les années précédentes est devenue très grande après l’installation d’aimants. Il mentionne également de bons résultats sur les tournesols.

Les pyramides

Yannick Van Doorne aborde ensuite un autre type de dispositif : les pyramides.

Il montre des graines de maïs ayant séjourné quelques heures au-dessus d’une pyramide du Guatemala. Les graines ainsi exposées germaient mieux et plus vite que les graines témoins.

Pour lui, les pyramides ont elles aussi un effet d’antenne, comparable à celui des paratonnerres. Comme les autres dispositifs, elles doivent être orientées nord-sud. Elles captent certaines ondes, fréquences et énergies qu’elles concentrent.

Il précise que, dans ces phénomènes, les tensions mesurables sont parfois très faibles, de l’ordre du volt, du millivolt ou du milliampère. Selon lui, ce n’est pas seulement la quantité d’électricité qui importe, mais surtout l’information véhiculée.

Utilisation sur les semences

Il donne l’exemple d’un agriculteur conventionnel travaillant à grande échelle, qui avait dynamisé ses semences dans une pyramide. Il recommande cette pratique très simple aux maraîchers :

  • fabriquer une petite pyramide en baguettes ;
  • y placer les semences pendant quelques heures ou quelques jours avant le semis.

Cela peut déjà, selon lui, produire une grande différence sur la germination et la croissance.

Exemples sur soja, colza, ginkgo et maïs

Il cite plusieurs exemples :

  • des graines de soja et de colza ayant germé beaucoup mieux après exposition ;
  • un ginkgo de six mois élevé sous pyramide, qui dépassait nettement un témoin de deux ans ;
  • un champ de maïs en Bretagne dans lequel seul le passage des semences dans la pyramide avait été modifié.

Il précise toutefois que les résultats ne sont pas toujours aussi spectaculaires. L’effet d’une pyramide dépend, selon lui, aussi de l’activité électrique de l’atmosphère, de l’activité solaire et d’autres facteurs extérieurs. Mais il dit observer en général de bons résultats.

Stages et poursuite des expérimentations

En fin d’intervention, Yannick Van Doorne remercie le public pour son écoute. Il indique qu’il reste disponible pour quelques questions et précise qu’il organise :

  • des stages de deux jours ;
  • parfois des stages d’une journée ;
  • principalement en Alsace, mais aussi ailleurs.

Il renvoie à son site internet : electroculturevandoorne.com.

Il invite également les personnes intéressées à se renseigner auprès de Jean Becker, qui commence bien à connaître le sujet, ainsi qu’auprès de Fabrice, déjà revenu à ses stages et expérimentant lui aussi.

Il insiste sur l’importance d’être de plus en plus nombreux à expérimenter, car c’est ainsi que le sujet peut évoluer et grandir.

Questions et réponses

Fonctionnement dans les serres

À une question sur le comportement des ondes dans une serre déjà constituée de fer galvanisé, Yannick Van Doorne répond qu’il a déjà installé des antennes sur plusieurs hectares comprenant des serres tunnels, avec de bons résultats, y compris sous serre.

Il explique qu’il existe aussi des techniques spécifiques aux serres, mais que lui travaille surtout sur les cultures en pleine terre. Les cultures hors-sol l’intéressent moins personnellement, même s’il reconnaît qu’on peut également y faire des choses.

Il précise que certaines techniques fonctionnent très bien en pleine terre mais pas en hors-sol, parfois parce qu’elles nécessitent une mise à la terre ou reposent sur des phénomènes qui ne sont pas encore complètement compris.

Transmission aux générations suivantes

À une question sur la possibilité que l’effet de l’électroculture se transmette aux générations suivantes de plantes, par exemple à travers les graines de tournesol, Yannick Van Doorne répond que oui, cela lui semble logique.

Selon lui, les énergies mobilisées par l’électroculture stimulent fortement les capacités d’adaptation des plantes, parfois très rapidement, au cours même de leur existence. Une plante peut changer beaucoup plus vite qu’on ne le croit lorsque ces conditions énergétiques sont présentes.

Il ajoute que, dans sa propre pratique, il récolte et resème certaines graines dans son jardin, par exemple de roquette, avec de bons résultats.

Concernant le tournesol, il remarque toutefois que cette plante dépend très fortement de l’énergie de son environnement. Une grosse graine ne donnera pas forcément un grand tournesol si les conditions ne sont pas réunies, tandis qu’une petite graine peut donner une plante très développée si l’environnement est favorable.

Il conclut en disant qu’il ne voit pas la génétique comme quelque chose de figé, mais plutôt comme un ensemble de potentiels comparables à des antennes. Lorsque les bonnes énergies sont présentes, elles réveillent ce potentiel génétique, qui était jusque-là en dormance.

Idée centrale de l’intervention

L’ensemble de l’intervention de Yannick Van Doorne repose sur une idée centrale : la fertilité, la croissance des plantes, la résistance aux maladies et la qualité des récoltes ne dépendent pas seulement de la chimie, des intrants ou de la matière, mais aussi de phénomènes électriques, magnétiques, vibratoires et énergétiques.

L’électroculture est présentée non comme une technique unique, mais comme un vaste domaine de pratiques cherchant à capter, amplifier ou orienter des forces naturelles déjà présentes :

  • celles de l’atmosphère,
  • du sol,
  • du champ magnétique terrestre,
  • des ondes naturelles de la Terre.

Dans cette perspective, le but n’est pas seulement de produire davantage, mais de restaurer un milieu vivant, durable, plus autonome, et capable de nourrir les plantes autrement que par des apports extérieurs répétés.