ON COMBAT LES MAUVAISES HERBES RÉSISTANTES avec Benjamin Perriot de Arvalis
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Benjamin Perriot est spécialiste des techniques de pulvérisation et responsable du pôle Flore adventice chez Arvalis.
Il anime la thématique de recherche et l'équipe dans un contexte de changement de pratiques au sein de l'institut technique
Introduction
Dans cette vidéo, Jasmin, de l’équipe agro du CNA, rend visite à Benjamin Perriot d’Arvalis, spécialiste de la gestion des flores adventices. L’échange porte sur les méthodes alternatives et partielles de gestion des adventices, en particulier des graminées problématiques comme le ray-grass et le vulpin, dans un contexte de résistances croissantes aux herbicides.
Plusieurs leviers sont abordés : l’architecture du peuplement, la date de semis, la densité de semis, le travail du sol, les cultures de printemps, le désherbage mécanique, mais aussi l’avenir des matières actives et les limites des explications simplistes autour de la fertilisation ou des carences minérales.
L’architecture du peuplement comme levier agronomique
Benjamin Perriot explique que ce sujet est déjà travaillé chez Arvalis. L’idée est d’évaluer si l’architecture des cultures, par exemple un port étalé ou un port dressé chez le blé, peut avoir un effet sur le salissement de la parcelle.
Selon lui, l’effet existe, mais il reste limité : on parle de quelques pourcents d’efficacité. Ce n’est donc pas un levier sur lequel il faut tout miser. Il doit être utilisé en combinaison avec d’autres leviers, car s’appuyer uniquement dessus serait dangereux.
Sur maïs, les travaux ne font que commencer. Certains semenciers développent depuis peu des variétés avec un port un peu plus étalé. Arvalis ne dispose donc pour l’instant que de peu de références, avec seulement quelques années de recul.
Sur les céréales à paille, il y a davantage d’historique, notamment en agriculture biologique. Dans ce cadre, des variétés biologiques à port très étalé ont montré une capacité à limiter le développement des adventices. Toutefois, l’effet varie selon les espèces adventices concernées.
En agriculture conventionnelle, sur les variétés traditionnellement utilisées, les résultats sont plus compliqués à mettre en évidence. C’est pourquoi Arvalis retravaille ce sujet en intégrant un levier nouveau : les variétés hybrides. Certaines présentent un port plus étalé que les variétés classiques, ce qui pourrait constituer un intérêt pour la gestion des graminées.
Les hybrides : des pistes sur orge, blé et maïs
L’échange revient sur les hybrides, notamment après des observations jugées intéressantes sur orge hybride, où l’effet du port plus couvrant semble fonctionner assez bien.
Jasmin demande si un effet similaire peut être attendu sur d’autres espèces, comme les blés hybrides ou certains maïs hybrides. Benjamin Perriot répond que c’est précisément ce qui est en cours d’étude dans les projets actuels, avec des travaux surtout engagés sur blé et maïs.
Il insiste cependant sur le fait que ces recherches n’en sont qu’à leurs débuts, avec encore peu de résultats disponibles à ce stade.
Densité de semis : un faux bon levier pour gérer les adventices
Le sujet de la densité de semis est ensuite abordé. La question posée est de savoir s’il s’agit d’un vrai levier, par exemple en augmentant fortement la densité de semis du blé pour mieux concurrencer les adventices, ou s’il s’agit d’un simple miroir aux alouettes.
Benjamin Perriot est assez clair : la densité de semis n’est pas un levier prioritaire de gestion de la flore. Elle est surtout liée à l’écartement et à la recherche d’un peuplement optimal pour produire. Dès lors qu’on modifie l’écartement, on retravaille souvent aussi la densité, mais pas dans le but principal de gérer les adventices.
Selon lui, on n’attend pas grand-chose de ce levier pris isolément. Augmenter fortement les doses de semis, par exemple semer un blé à 600 grains/m² pour gérer les ray-grass, apparaît plus risqué qu’efficace. Cela peut exposer à d’autres problèmes, comme des risques accrus de maladies, de verse ou de surconsommation de ressources minérales.
Il rappelle que les tables de densité ont été construites à partir de critères agronomiques et de contextes pédoclimatiques. Avant de s’en écarter fortement, il vaut mieux privilégier d’autres leviers jugés bien plus efficaces.
La date de semis : un levier fort
Parmi les leviers agronomiques disponibles, Benjamin Perriot met en avant le décalage de la date de semis. Retarder raisonnablement un semis de blé, par exemple de une à deux semaines par rapport à une date habituelle, peut permettre de limiter fortement les infestations de graminées.
Ce levier fait partie, avec d’autres, des approches dites prophylactiques. Il est particulièrement intéressant lorsqu’il est combiné à d’autres ajustements, par exemple sur l’écartement, la variété choisie ou le travail du sol.
L’idée générale défendue dans l’entretien est qu’on ne doit pas chercher un levier miracle, mais raisonner en gestion intégrée.
Le travail du sol et le labour occasionnel
Le travail du sol est présenté comme un levier intéressant. Benjamin Perriot précise que même un labour occasionnel peut parfois permettre une gestion assez drastique de la flore adventice.
Là encore, il ne s’agit pas d’un outil universel, mais d’un levier à mobiliser selon les contextes. Certains agriculteurs pourront préférer réintroduire ponctuellement du travail du sol si, par exemple, les cultures de printemps ne sont pas possibles dans leur contexte pédoclimatique.
Une logique de gestion intégrée et combinatoire
Un des messages centraux de l’entretien est que la gestion actuelle des adventices repose sur une combinaison de leviers. Benjamin Perriot insiste sur le fait qu’on a souvent tendance à vouloir identifier un levier “super efficace”, alors que dans la réalité, ce sont surtout les combinaisons qui produisent les meilleurs résultats.
C’est dans cette logique que s’inscrivent les projets mentionnés dans l’échange, notamment Gramip, Gramixible ou encore les travaux du Parsada tels qu’ils sont évoqués dans la discussion. L’objectif est de travailler les aspects à la fois prophylactiques et combinatoires.
Cette gestion intégrée inclut aussi les solutions chimiques. Benjamin Perriot précise qu’Arvalis ne travaille pas dans une logique de suppression totale de la chimie, mais dans une logique de mobilisation de tous les moyens de lutte.
Les dynamiques de levée du ray-grass et du vulpin
L’entretien aborde ensuite une préoccupation de terrain : la sensation que des graminées comme le ray-grass ou le vulpin lèvent de plus en plus tard, voire presque toute l’année.
Benjamin Perriot indique qu’Arvalis retravaille depuis deux ans les dynamiques de levée de ces espèces. Même si les travaux ne sont pas totalement terminés, les premiers constats montrent que le plus gros des levées se fait toujours à l’automne.
Il reconnaît que le ray-grass présente aussi des levées printanières, parfois étalées sur une partie du printemps, mais cela ne remet pas en cause l’intérêt du levier culture de printemps.
Les cultures de printemps restent pertinentes
Face à des rotations dominées par les cultures d’hiver, l’introduction d’une culture de printemps reste, selon Benjamin Perriot, un levier toujours intéressant aujourd’hui pour “casser” la rotation.
Même si les graminées peuvent lever aussi au printemps, le fait que le gros des levées reste automnal donne toujours une utilité agronomique à ces cultures. Il s’agit cependant d’un compromis : certains agriculteurs accepteront un risque économique pour améliorer la gestion de la flore, tandis que d’autres privilégieront d’autres leviers plus compatibles avec leur contexte.
Benjamin Perriot rappelle que les bons choix dépendent largement du contexte pédoclimatique et de l’organisation de l’exploitation. Il n’y a donc pas de recette universelle.
Succession des cultures : une question encore peu documentée
Jasmin soulève ensuite une question plus précise : si un maïs permet déjà de réduire une partie du salissement, alors que se passe-t-il avec deux ou trois maïs successifs ? Peut-on attendre un effet cumulatif de nettoyage vis-à-vis des levées potentielles ?
Benjamin Perriot reconnaît que, d’un point de vue agronomique, c’est une idée à laquelle beaucoup pensent, mais qui n’a pas vraiment été vérifiée sur le terrain. Ce sujet renvoie à l’influence de la succession des cultures au sein d’une rotation.
Il explique qu’on raisonne souvent “rotation” au sens large, mais sans toujours tenir compte de l’ordre précis des cultures. Or cet enchaînement pourrait être très important. C’est un champ de travail qui commence à être regardé, mais pour lequel il n’existe pas encore suffisamment de références pour tenir un discours ferme.
Le désherbage mécanique en maïs : utile, mais dépendant de la météo
Le cas du maïs est aussi abordé sous l’angle du désherbage mécanique. Avec la perte de certaines matières actives comme le S-métolachlore, les programmes de prélevée sont parfois moins efficaces qu’auparavant, laissant davantage de graminées à gérer.
Dans ce contexte, le binage apparaît comme un levier intéressant. Mais Jasmin demande si ce passage mécanique ne risque pas aussi de relancer de nouvelles levées.
Benjamin Perriot répond que c’est une vraie question, et même une question générale pour le désherbage mécanique. Contrairement à un passage chimique, qui agit de manière instantanée, un passage mécanique peut être bénéfique ou maléfique selon les conditions météo qui suivent.
Il donne l’exemple des céréales à l’automne : dans certains cas, un désherbage mécanique rend un grand service ; dans d’autres, il peut au contraire démultiplier les levées de graminées. On retrouve ce même problème en maïs.
Le point clé est la dessiccation après intervention. Si les conditions sont humides après le passage, on peut parfois faire pire que mieux. Benjamin Perriot espère que les travaux en cours sur les “jours disponibles” pour l’intervention permettront de mieux répondre à ces questions.
L’avenir des matières actives
L’entretien se tourne ensuite vers l’avenir des matières actives. Sur le terrain, beaucoup se demandent quand arriveront de nouveaux produits et si l’on peut encore espérer de nouvelles solutions chimiques.
Benjamin Perriot répond d’abord qu’Arvalis travaille toutes les agricultures et tous les moyens de lutte. L’objectif n’est pas de basculer dans une approche “100 % alternative à la chimie”. La chimie fait toujours partie de la boîte à outils.
Mais il constate aussi que les solutions chimiques se raréfient. Dans ce contexte, il devient indispensable de développer des alternatives fiables si l’on veut continuer à produire demain.
Sur l’arrivée de nouvelles molécules, il se montre prudent. Il mentionne néanmoins l’arrivée potentielle de deux nouvelles molécules en céréales à paille, sous forme de produits racinaires d’automne. Mais il souligne immédiatement le risque : si ces molécules sont utilisées massivement et trop rapidement, elles peuvent être très vite compromises par les phénomènes de résistance.
C’est pourquoi elles devront elles aussi être intégrées dans un raisonnement global, avec d’autres leviers agronomiques et prophylactiques.
Azote et adventices : attention aux explications simplistes
L’échange aborde ensuite l’idée selon laquelle le ray-grass et le vulpin seraient des plantes nitrophiles, et donc que la gestion de l’azote pourrait influencer leur présence.
Benjamin Perriot reconnaît que ces espèces peuvent être qualifiées de nitrophiles, mais il estime qu’il serait réducteur d’expliquer leur développement principalement par l’azote. D’après lui, elles ont surtout été favorisées par un enchaînement de pratiques et par l’apparition de résistances.
Il rappelle aussi qu’en agriculture conventionnelle, les apports d’azote sont déjà encadrés et visent une certaine production. Moduler encore davantage l’azote dans l’objectif spécifique de gérer les adventices ne lui paraît pas une piste crédible.
Il prend l’exemple de l’agriculture biologique, où l’on observe souvent moins de ray-grass. Mais cela ne peut pas être attribué seulement au fait qu’il y a moins d’azote : les rotations, les pressions maladies et l’ensemble du système changent également.
Pour lui, le salissement d’une parcelle reflète d’abord le système cultural mis en place, bien davantage que la dose d’azote apportée.
Le salissement, reflet de l’histoire de la parcelle
Benjamin Perriot insiste beaucoup sur ce point : le salissement est d’abord lié à l’histoire de la parcelle. Une parcelle possède un stock semencier qui s’est construit au fil du temps. Ce stock s’enrichit avec les mauvaises gestions successives des adventices.
Il peut aussi y avoir des introductions nouvelles, notamment via les récoltes et les matériels. C’est pourquoi les projets en cours accordent de l’importance au nettoyage des outils et des moissonneuses-batteuses, identifiés comme des vecteurs importants de dissémination.
Mais malgré ces introductions, le principal facteur reste bien l’historique de la parcelle. Les pratiques culturales successives peuvent ensuite favoriser certaines espèces plus que d’autres.
Les taux annuels de décroissance des graines dans le sol
Jasmin interroge aussi Benjamin Perriot sur les abaques de taux annuel de décroissance (TAD) des graines d’adventices dans le sol. Ces données sont-elles fiables, datées, ou régulièrement mises à jour ?
Benjamin Perriot répond que ces chiffres sont globalement connus, mais que l’essentiel, pour la gestion de la flore, n’est pas tant le pourcentage exact que le classement des espèces. Ce qui compte, c’est de savoir quelles espèces décroissent rapidement dans le sol et lesquelles sont capables d’y rester plusieurs années.
Les valeurs précises peuvent naturellement varier selon les contextes pédoclimatiques. Il précise que les TAD ne sont pas vraiment “mis à jour” en tant que tels, mais que les projets en cours ont l’ambition d’améliorer les connaissances sur les dynamiques de germination et de levée, notamment pour le ray-grass et le vulpin.
Le projet Parade est cité comme devant aussi contribuer, via des essais spécifiques et des conditions contrôlées, à améliorer les connaissances sur les dynamiques de levée et sur les phénotypes des espèces selon les contextes pédoclimatiques.
Les adventices comme bioindicatrices : une idée aujourd’hui limitée
Autre sujet abordé : les “rumeurs de plaine” selon lesquelles la présence de vulpin ou de ray-grass signalerait une carence en calcium, en magnésie ou en potasse.
Benjamin Perriot reste très prudent sur cette idée. Il rappelle qu’on parle parfois de plantes bioindicatrices et qu’historiquement, certaines espèces ont effectivement été associées à certains états de sol ou à certaines conditions chimiques.
Mais selon lui, en grandes cultures aujourd’hui, on ne peut plus vraiment se servir de la présence de telle ou telle adventice pour diagnostiquer un état du sol. Les pratiques agricoles ont brouillé ces liens historiques.
Il cite l’exemple du vulpin, longtemps associé aux sols très hydromorphes. Cette observation reste parfois vraie, mais on retrouve désormais aussi cette espèce sur des sols non hydromorphes. Même constat pour le ray-grass. La présence de ces adventices reflète donc aujourd’hui bien davantage l’historique des pratiques que les caractéristiques intrinsèques du sol.
Glyphosate : efficacité, dureté de l’eau et adjuvantation
En fin d’échange, la discussion porte sur le glyphosate, avec des remontées de terrain faisant état de pertes d’efficacité, parfois compensées par des augmentations de dose allant jusqu’à des niveaux très élevés.
Benjamin Perriot indique que les projets en cours, notamment le projet AZAP avec différents partenaires dont l’Inrae, cherchent à remettre à jour les connaissances sur la présence de plantes résistantes selon les modes d’action, y compris en s’intéressant au glyphosate.
Il précise que lorsqu’une résistance est en train de s’installer dans la parcelle, il n’y a généralement plus grand-chose à faire. Mais il rappelle aussi que le glyphosate est une molécule qu’il faut optimiser correctement, et qui a sans doute été trop banalisée.
Dureté de l’eau
Le premier point majeur est la sensibilité à la dureté de l’eau, c’est-à-dire à la présence de calcium et de magnésium. Si l’eau est dure ou calcaire, il faut la traiter, en pratique avec des adjuvants à base de sulfate d’ammonium.
Le sulfate va piéger les ions calcium et magnésium et éviter qu’ils ne complexent le glyphosate.
Volume d’eau
Deuxième point : il faut limiter le volume d’eau. Arvalis préconise un maximum de 100 L/ha pour une application de glyphosate. Plus le volume d’eau augmente, plus on apporte de calcium et de magnésium, et plus on accentue l’effet de dureté sur la molécule.
Benjamin Perriot rappelle aussi que le glyphosate répond à un effet concentration : plus il est concentré dans la bouillie, donc plus le volume d’eau est réduit, plus il pénètre rapidement et en quantité dans la plante.
Adjuvantation
Sur l’adjuvantation, il indique que les huiles n’apportent pas de gain d’efficacité sur le glyphosate. En revanche, certains mouillants peuvent améliorer l’efficacité sur des adventices ou des plantes difficiles à détruire.
Le pH de l’eau : un levier non recommandé
Enfin, la question du pH de la bouillie est posée. Faut-il acidifier l’eau pour améliorer l’efficacité ?
La réponse de Benjamin Perriot est nette : non. Arvalis ne conseille absolument pas de modifier le pH de l’eau.
D’une part, sur le glyphosate, aucune amélioration intéressante n’a été observée via l’acidification ou la basification. D’autre part, la manipulation d’acides en grande quantité peut être dangereuse pour l’opérateur, surtout à l’échelle d’une cuve de pulvérisateur de plusieurs milliers de litres.
Enfin, certaines molécules peuvent être sensibles à une baisse de pH et se dégrader très vite dans l’eau. Benjamin Perriot rappelle que lorsqu’une molécule est sensible à un certain pH, les fabricants ajoutent déjà dans le bidon des coformulants destinés à tamponner la bouillie.
Pour toutes ces raisons, Arvalis recommande de ne pas modifier le pH de l’eau, mais uniquement de travailler sur la dureté, et uniquement dans le cas du glyphosate, qui est particulièrement sensible à la présence de calcium et de magnésium.
Ce qu’il faut retenir
L’entretien avec Benjamin Perriot met en avant plusieurs idées fortes :
- il n’existe pas de levier unique miracle contre les adventices résistantes ;
- les leviers les plus prometteurs relèvent de la combinaison : date de semis, architecture du peuplement, travail du sol, cultures de printemps, désherbage mécanique, gestion de la rotation et de la succession des cultures ;
- la chimie reste un outil, mais les matières actives se raréfient, ce qui impose de renforcer les approches agronomiques ;
- le salissement d’une parcelle est d’abord le reflet de son historique et du système cultural ;
- beaucoup d’explications simplistes, qu’elles portent sur l’azote, les carences minérales ou certaines lectures “bioindicatrices”, ne permettent pas à elles seules d’expliquer les infestations observées ;
- même pour des molécules encore utilisées comme le glyphosate, l’optimisation des conditions d’application reste essentielle.
L’ensemble de l’échange s’inscrit donc dans une vision de gestion intégrée des adventices, où l’enjeu n’est plus de chercher une solution unique, mais de construire des stratégies robustes, adaptées à chaque contexte.