S'installer en maraîchage sol vivant, avec Guillaume Haelewyn & Thibault Dupont

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Dans cette conférence, Guillaume Haelewyn et Thibault Dupont racontent leur installation en maraîchage sur sol vivant en Normandie, avec des fermes pensées pour produire sans travail du sol, sans désherbage intensif ni intrants chimiques. Ils détaillent leurs débuts, depuis la prairie bâchée ou la parcelle anciennement labourée, jusqu’à la mise en place de planches permanentes, paillages, semis directs et plantations dans la paille ou le broyat. Les deux maraîchers partagent aussi leurs débouchés en circuits courts, leurs choix d’investissement, ainsi que des résultats économiques encourageants sur de petites surfaces. Au-delà de la technique, ils défendent un modèle agricole sobre, reproductible et porteur de sens, qui laisse plus de temps pour produire, transmettre et accueillir. Leur message aux porteurs de projet est clair : visiter un maximum de fermes, s’inspirer, adapter, puis oser se lancer pour montrer qu’un autre maraîchage est possible.

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Résumé
Dans cette conférence, Guillaume Haelewyn et Thibault Dupont racontent leur installation en maraîchage sur sol vivant en Normandie, avec des fermes pensées pour produire sans travail du sol, sans désherbage intensif ni intrants chimiques. Ils détaillent leurs débuts, depuis la prairie bâchée ou la parcelle anciennement labourée, jusqu’à la mise en place de planches permanentes, paillages, semis directs et plantations dans la paille ou le broyat. Les deux maraîchers partagent aussi leurs débouchés en circuits courts, leurs choix d’investissement, ainsi que des résultats économiques encourageants sur de petites surfaces. Au-delà de la technique, ils défendent un modèle agricole sobre, reproductible et porteur de sens, qui laisse plus de temps pour produire, transmettre et accueillir. Leur message aux porteurs de projet est clair : visiter un maximum de fermes, s’inspirer, adapter, puis oser se lancer pour montrer qu’un autre maraîchage est possible.


Présentation de l’intervention

Dans cette intervention, Guillaume Haelewyn et Thibault Dupont présentent leur parcours d’installation en maraîchage sur sol vivant. Leur objectif est de partager des retours d’expérience concrets pour aider les personnes qui cherchent des conseils pour s’installer.

Ils annoncent qu’ils vont :

  • présenter leurs fermes ;
  • expliquer comment et pourquoi ils ont démarré en maraîchage sur sol vivant ;
  • donner des exemples d’itinéraires techniques sans désherbage et sans engrais ;
  • partager quelques chiffres économiques ;
  • évoquer leurs projets pour les prochaines années.

Le parcours de Thibault Dupont

Thibault Dupont explique qu’il est installé depuis un an et demi avec sa femme Elsa. Avant cela, ils étaient journalistes.

Leur envie de devenir agriculteurs vient de plusieurs motivations :

  • ils en avaient assez de vivre en ville ;
  • ils voulaient avoir des enfants et les éduquer autrement ;
  • ils souhaitaient exercer un métier qu’ils jugeaient utile et concret.

Ils ont trouvé un terrain de 5 hectares en Normandie. Sur une partie, ils ont commencé à développer le maraîchage à partir d’avril 2018. Sur une autre partie, ils envisagent de créer un verger dans les années à venir.

Au moment de l’intervention, ils réalisent leur première saison entière.

Les débouchés de la ferme

Pour commercialiser leur production, ils ont mis en place plusieurs circuits :

  • une AMAP ;
  • des ventes à des Biocoop ;
  • des ventes à des restaurants ;
  • de la vente à la ferme tous les samedis.

D’après Thibault, cela leur permet, pour le moment, d’écouler toute leur production.

Les principes de production

La ferme fonctionne selon les principes du sol vivant :

  • aucun travail du sol ;
  • aucun intrant chimique ;
  • aucun produit chimique ;
  • aucune variété hybride, uniquement des variétés anciennes.

Le parcours de Guillaume Haelewyn

Guillaume Haelewyn indique qu’il commence sa troisième année d’installation. Il est installé depuis le 1er juillet 2017, à côté de Port-en-Bessin, dans le Calvados.

Il explique qu’il s’est installé pour deux grandes raisons :

  • prendre soin d’un bout de terre, et plus largement d’un bout de planète ;
  • rendre les gens heureux.

Il présente Le jardin de demain comme un lieu où beaucoup de gens passent et où, selon lui, on est heureux. Produire de la nourriture fait évidemment partie de son projet, mais il y ajoute une dimension humaine et écologique très forte.

La structure de la ferme

Son jardin comprend :

  • environ 1,5 hectare en maraîchage sur sol vivant ;
  • zéro travail du sol dès le départ ;
  • un système en agroforesterie, avec des lignes d’arbres fruitiers ;
  • environ 1 000 m² de serres couvertes.

Tous les 24 mètres, il a implanté des rangs d’arbres palissés, notamment des pommiers et des poiriers.

En plus de cette surface en maraîchage sur sol vivant, il garde encore environ 8 000 m² conduits avec un travail du sol superficiel, notamment pour les poireaux, les pommes de terre et les carottes. Il précise que cette surface diminue progressivement, car le système sur sol vivant fonctionne très bien. S’il conserve encore cette zone, c’est principalement pour des raisons d’ergonomie sur certaines petites productions.

Les débouchés de la ferme

Guillaume commercialise sa production de plusieurs façons :

  • vente directe à la ferme le mardi soir ;
  • vente à une AMAP à Bayeux le mercredi, avec une petite vingtaine de paniers ;
  • vente le vendredi via un site internet.

Il explique que cette vente en ligne s’inscrit dans une dynamique open source proche des valeurs du maraîchage sur sol vivant. Le réseau mentionné est Open Food France, avec la création d’une coopérative appelée Cagette.net. Cet outil permet de vendre les légumes via internet et d’organiser les livraisons dans des points relais ou dans des villes.

Environ 40 % de sa production est vendue sur internet.

Il mentionne aussi la présence de 100 poules sur la ferme.

Deux contextes d’installation différents

Les deux maraîchers insistent sur le fait qu’ils ont des points de départ différents.

Le cas de Thibault Dupont : un départ sur prairie

Thibault explique qu’il est parti d’une situation qu’il qualifie d’idéale :

  • une prairie qui n’avait pas été saturée depuis des années ;
  • un sol très structuré ;
  • une grosse réserve de matière organique ;
  • près de 4 % de matière organique au démarrage.

Concrètement, pour démarrer les cultures en août 2017, ils ont posé de grandes bâches d’ensilage pendant six à dix mois.

L’effet recherché était le suivant :

  • les plantes annuelles de la prairie sont étouffées par la chaleur et l’absence de lumière ;
  • il reste quelques vivaces qui repoussent sous la bâche ;
  • ces vivaces sont ensuite désherbées à la main ;
  • les vers de terre commencent à dégrader la prairie laissée sous la bâche ;
  • la vie du sol se remet en route.

Après débâchage, le sol est considéré comme propre et prêt à être cultivé.

Le cas de Guillaume Haelewyn : un départ sur sol labouré depuis longtemps

Guillaume, lui, part d’un contexte moins favorable :

  • une terre sur laquelle il a grandi ;
  • un sol limono-argileux avec environ 20 % d’argile ;
  • environ 2 % de matière organique en 2017 ;
  • une parcelle labourée depuis des décennies.

En novembre 2016, après avoir beaucoup regardé de vidéos sur le maraîchage sur sol vivant et appris de nombreuses personnes du milieu, il décide de lancer le système sur 1,5 hectare.

Pour cela, il apporte :

  • 40 tonnes de broyat grossier de déchets verts de déchetterie ;
  • 40 tonnes de fumier pailleux de bovin.

Ces matières sont épandues avec de gros épandeurs et de gros tracteurs, puis incorporées avec un déchaumeur. Il précise que le broyat comportait aussi des éléments très ligneux, proches de copeaux.

Ensuite, un gros engrais vert est semé, notamment :

Ce couvert pousse tout l’hiver, puis est détruit progressivement la première année pour implanter les cultures, notamment à la bâche ou au broyage.

L’importance des visites de fermes

Guillaume raconte qu’avant de s’installer, pendant deux ou trois mois, il s’était imposé de visiter une ferme par semaine. Ce n’était pas toujours du maraîchage, ni toujours des systèmes qu’il approuvait totalement, mais il considère que cette démarche a été essentielle.

Il insiste sur le fait qu’il faut :

  • visiter des fermes ;
  • s’inspirer de ce qui fait sens ;
  • observer beaucoup ;
  • construire ensuite son propre modèle à partir de ce que l’on a vu.

Thibault reprend cette idée en fin d’intervention et la présente comme un conseil majeur pour les porteurs de projet.

Le choix des aménagements dès l’installation

Guillaume explique qu’en visitant des fermes, il a vu beaucoup de maraîchers attendre cinq à huit ans avant de faire un vrai chemin d’accès, et travailler longtemps dans la boue. Il a donc décidé de réaliser le chemin dès le départ, pour être sûr de l’avoir.

Il précise avoir eu la chance d’être soutenu par ses parents, agriculteurs à côté, qui lui ont prêté du matériel, du temps et un appui important.

Comme il partait d’une page blanche, il a aussi fallu :

  • concevoir entièrement le système ;
  • faire le chemin ;
  • planter des arbres.

En février 2017, 200 arbres ont déjà été plantés.

Le principe du « zéro désherbage, zéro engrais »

Les deux intervenants expliquent que le « zéro désherbage, zéro engrais » est un objectif, presque une utopie, mais que c’est bien la direction vers laquelle tendent les modèles de maraîchage sur sol vivant.

Guillaume souligne qu’en pratique, ils désherbent très peu. Or, quand on retire le travail du sol et le désherbage en maraîchage, on libère énormément de temps pour :

  • semer ;
  • planter ;
  • récolter ;
  • produire des légumes.

Pour lui, c’est un élément clé du modèle et sans doute un facteur majeur de réussite économique.

Le paillage comme base du système

Qui dit zéro désherbage dit paillage.

Guillaume explique que, dans sa recherche pour utiliser moins de pétrole et éviter le plastique, il n’emploie pas de bâches plastiques jetables, ni même biodégradables pour ses cultures. Il considère qu’au final, cela laisse de toute façon la même quantité de pétrole dans le sol.

Il utilise donc principalement :

  • de la paille ;
  • du compost pour les semis directs ;
  • du broyat ;
  • ponctuellement de la toile tissée.

Il précise que les fraisiers sur toile tissée restent, selon lui, un cas où il est difficile de faire un modèle rentable sans cela.

Pour les framboisiers, il utilise des copeaux de thuya. Il indique que cela fonctionne très bien dans son sol basique, avec un pH supérieur à 7.

Le travail sur planches permanentes

Thibault décrit une organisation très simple et très standardisée :

  • travail sur planches permanentes ;
  • tracées au cordeau ;
  • planches de 75 cm de large ;
  • longueur de 30 mètres ;
  • allées de 45 cm.

Cette standardisation permet de mieux suivre les données d’une planche à l’autre :

  • quantités semées ;
  • quantités récoltées ;
  • prise de notes ;
  • comparaison des résultats.

Après la mise en place des planches, le sol reste toujours couvert :

  • soit avec du broyat de déchetterie, pour les semis directs ;
  • soit avec une grosse couche de paille ou de fumier très pailleux, pour les cultures plantées.

Dans le broyat, ils sèment directement par exemple :

Dans la paille, ils produisent d’abord les plants en pépinière puis les transplantent, par exemple pour :

  • tomates ;
  • choux ;
  • courgettes.

Exemple d’itinéraire technique : les pommes de terre sur paille

Thibault présente la méthode employée pour les pommes de terre :

  1. bâchage préalable pour casser la prairie ;
  2. débâchage ;
  3. pose des pommes de terre directement sur le sol ;
  4. ajout d’une poignée de broyat au-dessus de chaque pomme de terre ;
  5. recouvrement avec 50 à 60 cm de paille.

Il précise qu’ils mettent beaucoup de paille pour plusieurs raisons :

  • la prairie reste très vivante en dessous ;
  • il peut encore y avoir des restes racinaires de rumex ou de ronces ;
  • une forte épaisseur permet de bien occulter.

Après la récolte, un voisin passe éventuellement un coup de broyeur, puis une deuxième culture peut être mise en place immédiatement, sans autre travail que le dépôt de paille.

Au moment de l’intervention, les pommes de terre sont en cours de récolte. Thibault indique qu’il n’y a pratiquement aucun désherbage :

  • un seul pied de ronce a repoussé ;
  • trois repousses seulement ont dû être gérées.

Le rendement annoncé est de 4 à 5 kg par m², ce qu’il considère comme très satisfaisant.

Exemple d’itinéraire technique : les semis directs dans le broyat

Un autre exemple est donné avec les semis directs, notamment :

La carotte est semée dans quelques centimètres de broyat, environ 3 à 4 cm. Sur ce type de culture, Thibault indique qu’il n’y a eu qu’une seule intervention de désherbage, de l’ordre de cinq minutes par planche, au stade deux ou trois feuilles des carottes, pour retirer quelques adventices germées.

Ensuite, il n’y a plus rien à faire.

Il explique que cette manière de cultiver suscite souvent l’incrédulité de la part :

  • de personnes qui ont un potager depuis longtemps ;
  • d’agriculteurs du coin ;
  • d’autres maraîchers.

Beaucoup pensent qu’il est impossible d’obtenir des carottes dans ces conditions. Pourtant, selon lui, cela fonctionne très bien.

Il ajoute un point marquant : après une culture de carottes, alors que le sol de départ peut sembler compact, on peut enfoncer la main jusqu’au poignet. Autrement dit, la culture joue un rôle de décompactage biologique très fort.

L’adaptation permanente plutôt que les recettes fixes

Guillaume prend ses distances avec l’idée d’un itinéraire technique unique par légume. Il explique qu’en réalité, sur une même culture, il peut avoir entre trois et sept itinéraires techniques différents.

Pour lui :

  • les planches ne sont jamais exactement pareilles ;
  • il utilise différents paillages ;
  • il s’adapte en permanence aux conditions de la planche, du jour et du contexte.

Il estime donc que le simple copier-coller ne fonctionne pas vraiment en agriculture. Selon lui, il faut surtout comprendre les dynamiques puis adapter les pratiques au quotidien.

Les investissements à l’installation

Les investissements de Guillaume Haelewyn

Guillaume explique qu’il voulait s’installer en restant libre :

  • libre de faire des choix ;
  • libre de revenir en arrière ;
  • libre de s’installer sans recourir aux banques.

Il indique s’être installé avec environ 30 000 euros.

Parmi les principaux investissements, il cite :

  • les tunnels : environ 9 000 euros ;
  • un Kangoo Maxi électrique, qu’il juge extrêmement adapté au métier ;
  • l’irrigation ;
  • du matériel de maraîchage ;
  • l’aménagement du magasin ;
  • une débroussailleuse ou tondeuse électrique ;
  • une installation pour les poules pondeuses ;
  • le chemin d’accès.

Il insiste sur le fait qu’il est quand même assez mécanisé :

  • tous les paillages sont faits au tracteur ;
  • il dispose d’un godet désileur ;
  • les planches sont conçues en fonction du tracteur utilisé.

Une partie du matériel est empruntée ou mise à disposition par son père, qui l’utilise pour ses vaches et ses céréales.

Il reconnaît aussi que tous les choix d’investissement ne sont pas forcément bons. Par exemple :

  • l’installation pour les poules a demandé plus de 100 heures de travail ;
  • il en est fier, mais ne referait pas la même chose ;
  • certains achats auraient pu être plus simples ou moins coûteux.

Les investissements de Thibault Dupont

Thibault explique qu’ils ont fait des choix proches, avec quelques différences importantes.

Ils disposent eux aussi d’un Kangoo, qu’il considère presque comme indispensable.

Ils ont également investi dans :

  • une irrigation enterrée ;
  • un forage alimentant deux grandes mares ;
  • un bâtiment agricole, financé par financement participatif.

Au départ, ils ont beaucoup arrosé au tuyau, comme Guillaume. Mais ils ont calculé que cela leur prenait 16 heures par semaine dès que les serres étaient plantées. L’irrigation représente donc un investissement coûteux mais rapidement rentable.

Ils considèrent aussi que l’autonomie en eau devient un enjeu essentiel avec les étés récents. Pouvoir utiliser des asperseurs en extérieur pour démarrer certaines cultures leur paraît de plus en plus important.

À la date de l’intervention, ils ne sont pas encore mécanisés :

  • tout a été fait à la main ;
  • avec la brouette ;
  • avec la remorque du Kangoo ;
  • avec l’aide de quelques stagiaires.

L’un des investissements prévus pour l’année suivante est l’achat d’un tracteur, avec probablement un outil modifié pour épandre le compost sur les planches. Ils font beaucoup de semis directs, et cela fonctionne bien, mais l’apport manuel de compost, de fumier, de paille et de broyat est très chronophage et fatigant.

Les résultats économiques

Les chiffres de Guillaume Haelewyn

Pour l’année 2018, Guillaume précise qu’il est difficile d’estimer exactement le nombre de personnes ayant travaillé sur la ferme, car il s’est cassé les deux malléoles et a été arrêté pendant trois mois. Une grande partie de la saison a donc reposé sur :

  • Florian, salarié depuis plus d’un an ;
  • beaucoup d’aides ;
  • des amis ;
  • des clients, qui ont permis à la ferme de continuer à fonctionner.

Malgré cela, les chiffres annoncés sont :

  • environ 61 000 euros de chiffre d’affaires sur les légumes et les fruits ;
  • environ 7 000 à 8 000 euros d’aides ;
  • environ 12 000 à 13 000 euros de charges ;
  • un EBE autour de 31 000 euros.

Pour lui, ces résultats sur de petites surfaces interrogent fortement les modèles agricoles classiques. Il affirme d’ailleurs qu’ils comptent faire encore mieux l’année suivante.

Les chiffres de Thibault Dupont

Thibault rappelle que leur première année est un peu particulière :

  • installation en avril ;
  • premières commercialisations de septembre à décembre.

Le chiffre d’affaires de cette première campagne est donc partiel.

Pour l’année en cours, ils sont sur une prévision d’environ 48 000 euros de chiffre d’affaires. Il considère cela comme très encourageant, car cela signifie qu’à deux, ils vont pouvoir se dégager chacun un salaire dès la deuxième année.

Il souligne que c’est loin d’être systématique dans les chiffres habituellement fournis pour des installations plus conventionnelles.

Ils se disent en plus optimistes, car ils estiment avoir une bonne marge de progression :

  • agrandissement des surfaces bâchées ;
  • nouveau tunnel monté et bientôt pleinement productif ;
  • gains de temps futurs une fois les infrastructures en place.

Thibault note qu’avec Elsa, ils ont passé un peu plus d’une semaine à monter des serres et à faire l’irrigation, avec l’aide de deux stagiaires. L’année suivante, ce temps pourra être consacré davantage à la production maraîchère.

Les projets pour les prochaines années

Les projets de Guillaume Haelewyn

Guillaume explique que Le jardin de demain est aussi pensé comme un lieu de transmission.

Parmi ses projets :

  • partager davantage ce lieu avec les enfants ;
  • contribuer à reconnecter les jeunes à la nature et à l’alimentation ;
  • développer l’accueil pédagogique.

Il indique qu’un groupe de 12 à 13 enfants vient désormais tous les mercredis matin. Ils y font :

  • des activités au jardin ;
  • du potager ;
  • des projets pour « sauver leur bout de planète » ;
  • de la plantation d’arbres.

Il consacre également de plus en plus de temps à monter des formations, à expliquer ce qu’il fait et à intervenir dans des écoles, dans l’idée d’inspirer d’autres personnes.

Il veut aussi continuer à planter des arbres. À la date de la conférence, il est arrivé à 450 arbres sur la ferme, et il pense en replanter au moins autant durant l’hiver suivant.

Son ambition est claire : produire non seulement des modèles expérimentaux, mais des modèles qui produisent de la nourriture et qui permettent aussi de rémunérer les gens.

Les projets de Thibault Dupont

Thibault partage la même idée générale :

  • réussir à vivre de la ferme ;
  • montrer que c’est possible ;
  • donner envie à d’autres de se lancer.

Il insiste sur l’importance de prouver que ce type de projet est rentable, afin de rassurer celles et ceux qui hésitent à changer de métier ou à se lancer dans une activité qu’ils connaissent encore peu.

Conseils aux porteurs de projet

Le principal conseil formulé est très net : il faut visiter un maximum de fermes.

Selon Thibault, il faut visiter :

  • des fermes en maraîchage sur sol vivant ;
  • mais aussi des fermes conventionnelles ;
  • et, plus largement, des exploitations diverses.

Il y a toujours quelque chose à apprendre partout.

La ferme que l’on construira ensuite sera forcément un mélange de tout ce que l’on a vu. C’est cette accumulation d’observations qui permet ensuite d’innover.

Conclusion

La conclusion de l’intervention s’appuie sur une citation attribuée à Gandhi :

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Puis une autre idée est rappelée :

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Cette conclusion résume bien l’esprit de la présentation : montrer par l’expérience concrète qu’une installation en maraîchage sur sol vivant peut être à la fois cohérente écologiquement, humainement désirable et économiquement viable.