Robot de traite et système pâturant : comment les combiner ? Adrien Durécu

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Dans cette vidéo, Adrien Durécu, éleveur laitier en agriculture biologique en Seine-Maritime, partage son expérience sur l'intégration réussie d'un robot de traite dans un système herbager. Installé en 2020 avec 78 hectares, il a su concilier robotisation et pâturage tournant dynamique pour ses 70 vaches laitières. Adrien explique l'organisation technique de son exploitation, notamment la gestion des parcelles séparées en secteurs "jour" et "nuit" pour garantir l'accès quotidien à l'herbe fraîche. Malgré les craintes initiales sur la compatibilité entre robot et pâturage, il démontre que ce système offre une grande flexibilité et améliore sa qualité de vie. Il souligne l'importance des données fournies par le robot pour le suivi sanitaire et la détection des chaleurs. Pour les éleveurs envisageant cette transition, Adrien insiste sur l'importance d'anticiper l'organisation spatiale et de visiter de nombreux élevages avant de se lancer.

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Résumé
Dans cette vidéo, Adrien Durécu, éleveur laitier en agriculture biologique en Seine-Maritime, partage son expérience sur l'intégration réussie d'un robot de traite dans un système herbager. Installé en 2020 avec 78 hectares, il a su concilier robotisation et pâturage tournant dynamique pour ses 70 vaches laitières. Adrien explique l'organisation technique de son exploitation, notamment la gestion des parcelles séparées en secteurs "jour" et "nuit" pour garantir l'accès quotidien à l'herbe fraîche. Malgré les craintes initiales sur la compatibilité entre robot et pâturage, il démontre que ce système offre une grande flexibilité et améliore sa qualité de vie. Il souligne l'importance des données fournies par le robot pour le suivi sanitaire et la détection des chaleurs. Pour les éleveurs envisageant cette transition, Adrien insiste sur l'importance d'anticiper l'organisation spatiale et de visiter de nombreux élevages avant de se lancer.

Adrien Durécu est éleveur de vaches laitières en Normandie. Après être passé en bio il y a plusieurs années et mis en place du pâturage tournant, il installe un robot de traite. Dans cette vidéo, Camille Olinet du réseau des CIVAM Normands le questionne sur cette installation, sa mise en place pratique et les changements qu'elle implique, les coûts et investissements, et enfin les avantages et inconvénients.


Cette vidéo a été créée en collaboration avec le réseau des CIVAM Normands (https://www.civam-normands.org/) dans le cadre du projet Massification de l'Agroécologie, avec le financement de l’Union Européenne et de la Région Normandie.


Tournage : novembre 2024


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Chapitrage :

00:00:00 Introduction

00:00:22 Présentation de la ferme

00:04:20 Objectifs de la ferme

00:05:59 Historique : l'évolution vers le tout herbe Bio

00:11:03 Le méteil : itinéraire technique

00:13:50 Le maïs bio : itinéraire technique

00:15:13 Les prairies temporaires : rotation, fertilisation et rendement

00:16:23 Les prairies permanentes

00:19:26 Le système de traite

00:26:01 Le robot de traite : coûts

00:32:27 Coût de la ration

00:33:15 Système pâturant adapté au robot

00:38:54 Chemins et paddock

00:41:26 Les prairies de fauches

00:43:09 Evolution du temps de pâturage annuel avec le robot

00:44:27 Ration au robot

00:50:13 Autonomie alimentaire ?

00:51:08 Production de lait et évolution

00:52:52 Bien-être animal et robot de traite

00:56:25 Reproduction et élevage des veaux

00:57:40 Réforme et sélection

01:00:31 Temps de travail et évolution

01:04:07 Commercialisation et évolution

01:06:00 Avantages / inconvénients du robot de traite

01:09:52 Si c'était à refaire ?

01:14:28 VISITE DE FERME

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Robot de traite et système pâturant : comment les combiner ?

Dans cette vidéo, Adrien Durécu, éleveur laitier en bio installé depuis 2020 en Seine-Maritime, nous présente son exploitation. Il a réussi le pari de combiner l’installation d’un robot de traite avec un système très herbagé, où les vaches pâturent quasiment toute l’année, de février à décembre. Camille, du réseau des Civam normands, qui a accompagné cet éleveur dans son projet, apporte également son expertise sur la mise en place de ce système.

Présentation de la ferme

La ferme compte 78 hectares, intégralement en surface fourragère :

  • Prairies : 30 hectares de prairies permanentes et 31 hectares de prairies temporaires.
  • Cultures : 7 hectares de maïs ensilage, 7 hectares de méteil grain et 3 hectares d’orge.

Le troupeau se compose d’environ 78 vaches laitières, dont 70 à la traite, majoritairement de race Normande (90%) pour sa capacité à valoriser l’herbe, complétée par 10% de Prim’Holstein. L’objectif d’Adrien est d’augmenter son autonomie et de produire du lait au moindre coût en valorisant au maximum les prairies et les cultures produites sur place.

Le système de pâturage

Inspiré par un stage en Irlande, Adrien a mis en place un pâturage tournant dynamique. Les paddocks sont organisés autour du bâtiment :

  • Organisation : Les vaches disposent de 12 hectares pour le jour et 12 hectares pour la nuit, séparés par un fil que l’éleveur déplace quotidiennement pour fournir de l’herbe fraîche matin et soir.
  • Rotation : Les vaches restent entre 10 et 15 jours sur chaque paddock. La rotation totale prend entre 3 semaines en période de pousse rapide et un mois.
  • Chemin d’accès : Les chemins proches du bâtiment sont bétonnés (3 mètres de large), tandis que ceux vers les parcelles plus éloignées sont en terre (6 à 7 mètres de large) avec une pente naturelle pour l’évacuation de l’eau, évitant ainsi le problème de la boue.

L’intégration du robot de traite

Initialement sceptique sur la faisabilité du robot avec un système herbagé, Adrien a été convaincu après avoir visité d’autres fermes normandes. Le robot lui apporte :

  • Données de suivi : Un accès précis à la rumination, à l’ingestion et à la production laitière par vache.
  • Flexibilité : Une souplesse dans les horaires, facilitant grandement l’organisation du travail, notamment lors des chantiers de récolte d’herbe ou pour le remplacement de l’éleveur.
  • Bien-être animal : Les vaches sont plus calmes car manipulées individuellement au robot plutôt qu’en troupeau en salle de traite.

Le robot est géré avec un système de barrières de tri qui oriente les vaches vers les paddocks jour ou nuit en fonction de leur passage au robot.

Itinéraire technique des cultures

Pour garantir l’autonomie alimentaire, Adrien a adapté ses cultures :

  • Méteil : Mélange de féverole, triticale, avoine et pois. La féverole est privilégiée pour sa solidité (moins de verse) et sa richesse en protéines. Le tout est moissonné et conservé en boudin anaérobie.
  • Maïs : Semé tardivement après une fauche d’herbe. La culture est maintenue propre par 2 à 3 binages mécaniques.
  • Rotation : 3 ans d’herbe, suivis d’un maïs, puis d’un méteil (parfois une année d’orge supplémentaire).

Aspects économiques et maintenance

L’investissement global pour le projet (robot, maçonnerie, plomberie, électricité, logettes, fosse) s’élève à environ 205 000 euros. La maintenance du robot représente un coût d’environ 650 euros par mois. L’éleveur souligne l’importance du service après-vente, le technicien étant joignable 24h/24 et capable de guider l’éleveur à distance pour les pannes simples.

Conseils pour réussir

Pour ceux qui souhaitent se lancer, Adrien insiste sur deux points clés :

  1. Visiter des fermes : Aller voir plusieurs systèmes pour s’inspirer et concevoir son propre modèle.
  2. Anticiper : Ne pas se précipiter. Le projet d’Adrien a été mûri pendant près de 3 ans, ce qui a permis une organisation optimale de la circulation des vaches et de la gestion du pâturage. Il conseille également de ne pas prévoir la mise en place du robot en même temps que la mise à l’herbe pour éviter une période de transition trop complexe.