Rencontres Nationales 2022 - 2éme journée - PermaLab - Hydrologie régénérative

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Lors de cette intervention des Rencontres Nationales 2022, Champzac, du bureau d’études PermaLab, présente les principes de l’hydrologie régénérative appliquée au paysage agricole. Ancien paysan installé dans la Drôme, il explique que PermaLab accompagne agriculteurs, collectivités et gestionnaires de territoires autour de trois piliers complémentaires : l’eau, les agroforesteries et la végétation, et les sols vivants. L’objectif est de repenser les aménagements à l’échelle du paysage pour mieux infiltrer, stocker et redistribuer l’eau, recharger les nappes, améliorer la fertilité des sols et renforcer la santé des cultures. Il insiste sur une approche holistique, intégrant aussi bien les plantes, les animaux que les humains. À travers son parcours entre le Mexique, la ferme de la Baume Rousse et ses expériences en élevage puis en maraîchage, il défend un changement de paradigme : passer d’une logique de volume produit à une logique de qualité des paysages et des écosystèmes.

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Résumé
Lors de cette intervention des Rencontres Nationales 2022, Champzac, du bureau d’études PermaLab, présente les principes de l’hydrologie régénérative appliquée au paysage agricole. Ancien paysan installé dans la Drôme, il explique que PermaLab accompagne agriculteurs, collectivités et gestionnaires de territoires autour de trois piliers complémentaires : l’eau, les agroforesteries et la végétation, et les sols vivants. L’objectif est de repenser les aménagements à l’échelle du paysage pour mieux infiltrer, stocker et redistribuer l’eau, recharger les nappes, améliorer la fertilité des sols et renforcer la santé des cultures. Il insiste sur une approche holistique, intégrant aussi bien les plantes, les animaux que les humains. À travers son parcours entre le Mexique, la ferme de la Baume Rousse et ses expériences en élevage puis en maraîchage, il défend un changement de paradigme : passer d’une logique de volume produit à une logique de qualité des paysages et des écosystèmes.

Deux journées autour du maraîchage sol vivant ont été organisées le 7 et 8 Novembre 2022. Le bureau d'étude PermaLab nous présente ses trois piliers :

1) Comprendre l'hydrologie renégative et les types d'aménagements pour améliorer les cycles de l'eau.

2) Quels sont les techniques pour maitriser l'agroforesterie

3) Faire connaitre les pratiques pour agrader l'état des sols


Prochaines rencontres Nationales le 4 et 5 Novembre 2023 !

Inscrivez vous ici (prix libre, les inscriptions permettent de nous faciliter la logistique) : https://www.helloasso.com/associations/maraichage-sol-vivant/evenements/rencontres-nationales-msv-2023


Pour encore plus de vidéo MSV, n'hésitez pas a participer aux financement des futurs portraits de ferme : https://www.helloasso.com/associations/maraichage-sol-vivant/formulaires/2


Introduction

Dans cette séquence des Rencontres nationales 2022, un nouveau focus est proposé sur l’eau, et plus précisément sur la gestion de l’eau à l’échelle du paysage. L’intervenant, Champzac, qui travaille à PermaLab, vient présenter la notion d’hydrologie régénérative du paysage. Il s’agit de réfléchir à la manière de reconcevoir de grands espaces, de les remettre en forme à l’échelle paysagère, afin d’améliorer les cycles de l’eau, la fertilité des sols et, plus largement, la qualité des agroécosystèmes.

Présentation de l’intervenant

L’intervenant commence par remercier l’organisation de l’événement ainsi que l’ensemble des personnes présentes. Il remercie aussi tout particulièrement les paysannes et les paysans, en rappelant que c’est grâce à eux que ce type de travail existe et que c’est aussi pour eux qu’il est mené.

Il précise qu’il n’est plus paysan aujourd’hui, même s’il l’a été pendant une grande partie de sa vie, jusqu’à il y a trois ans. Il a alors décidé de changer de vie pour rejoindre PermaLab, un bureau d’études qui accompagne différents types d’acteurs dans leurs projets.

PermaLab et son rôle

PermaLab est présenté comme un bureau d’études qui accompagne :

  • des agriculteurs ;
  • des collectivités ;
  • des entreprises ;
  • des gestionnaires de paysages.

L’objectif de cet accompagnement est de proposer ce que l’intervenant appelle un service global écosystémique. Cette expression est large, mais elle désigne une approche qui prend en compte plusieurs dimensions du fonctionnement des milieux, afin de régénérer les paysages et les systèmes de production.

Cette approche repose sur un triptyque, c’est-à-dire trois grands piliers.

Premier pilier : l’eau et l’hydrologie régénérative

Le premier pilier est celui de l’eau, à travers l’hydrologie régénérative.

L’intervenant explique qu’il s’agit d’un mouvement encore naissant en France. Même à l’échelle mondiale, ce champ ne se développe que depuis 30 à 40 ans environ. En France, cette approche commence seulement à émerger, et PermaLab souhaite contribuer à son développement dans les paysages agricoles.

L’hydrologie régénérative cherche à intégrer :

  • les pratiques de régénération des sols ;
  • la conservation des sols ;
  • la conservation de l’eau ;
  • l’aménagement hydrologique des paysages.

Il ne s’agit pas seulement de parler d’ouvrages hydrauliques au sens strict, mais de comprendre :

  • l’hydrologie ;
  • les paysages ;
  • la géographie des sites ;
  • les types d’aménagements possibles.

L’enjeu est d’identifier quels aménagements peuvent améliorer le cycle de l’eau à l’intérieur des parcelles et plus largement à l’échelle du paysage.

L’intervenant précise qu’un atelier prévu l’après-midi permettra d’aller plus loin sur ce sujet, avec une approche plus concrète et davantage d’exemples.

Deuxième pilier : les agroforesteries et l’agriculture régénérative

Le deuxième pilier concerne les agroforesteries et, plus largement, l’agriculture régénérative.

L’intervenant rappelle l’importance des arbres, qui ont été beaucoup évoqués au cours de la rencontre. Il les présente comme des organismes extrêmement évolués, capables de remplir de nombreuses fonctions :

  • produire de la nourriture ;
  • créer de la photosynthèse ;
  • alimenter les sols ;
  • structurer les paysages.

Il élargit ensuite le propos à l’ensemble de la végétation cultivée ou spontanée qui peut être intégrée dans les systèmes :

La question n’est pas seulement de planter des arbres ou de couvrir les sols, mais aussi de savoir quelles pratiques de gestion de cette végétation sont les plus pertinentes. L’objectif est de mettre en œuvre les meilleures pratiques connues aujourd’hui afin de créer des sols en bonne santé.

Troisième pilier : les sols

Le troisième pilier est celui des sols.

L’intervenant insiste sur la nécessité de développer et de faire connaître des pratiques capables d’améliorer l’état des sols. Cet enjeu est fondamental pour plusieurs raisons.

D’une part, des sols en meilleure santé permettent de mieux gérer l’eau :

  • la stocker ;
  • la rendre disponible aux cultures ;
  • contribuer à la recharge des nappes phréatiques.

D’autre part, ils permettent d’améliorer la dynamique des communautés vivantes à l’intérieur du sol, ce qui favorise la santé globale des plantes et des cultures.

Cette vision des sols conduit aussi à une réflexion plus large sur la qualité de l’alimentation. L’intervenant évoque l’idée d’une nourriture qui serait presque pensée comme une forme de médecine, en insistant sur la charge nutritive des aliments produits.

Parcours personnel

L’intervenant présente ensuite son parcours.

Il est mexicain, ce que son accent laisse entendre. Il vit en France, dans la Drôme, depuis dix ans. À son arrivée, il s’est installé sur une ferme appelée la ferme de la Baume Rousse, dans la Drôme, avec l’intention de devenir paysan.

Il y a pratiqué l’élevage pendant environ un an et demi, dans un cadre plutôt biodynamique, ce qui l’intéressait beaucoup. Cependant, cette expérience l’a peu à peu découragé, car il n’était pas satisfait de la manière dont les animaux étaient élevés, y compris dans des systèmes présentés comme régénératifs. Il estime avoir vu des pratiques meilleures ailleurs, ce qui l’a poussé à changer d’orientation.

Il s’est alors tourné vers le maraîchage et les cultures fruitières, dans une logique de verger-maraîcher. Il a travaillé sur deux fermes différentes, en passant environ quatre ans sur chacune d’elles.

Avant cela, au Mexique, il avait quitté son pays très jeune. Il raconte avoir vécu dans des communautés indigènes du sud du Mexique, dans le Chiapas. C’est là qu’il a appris à aimer la nature. Il explique que son engagement actuel ne vient pas d’une formation d’ingénieur ou d’un cursus académique, mais avant tout d’un lien profond avec la terre et avec le vivant.

Il dit avoir choisi ce métier parce qu’il veut participer à la régénération globale des écosystèmes dégradés, en assumant une forme de responsabilité envers les dégradations héritées du passé. Aujourd’hui, il considère qu’il a la capacité de prendre part à cet effort collectif de régénération.

Une vision holistique de l’hydrologie régénérative

En commentant une photographie projetée, l’intervenant précise que l’hydrologie régénérative ne se limite pas à une approche technique de l’eau.

Il s’agit d’un concept qui articule ensemble :

  • l’eau ;
  • les arbres ;
  • les paysages ;
  • les sols ;
  • les hommes et les femmes ;
  • les animaux.

Tous ces éléments sont pensés de manière holistique dans un même paysage.

La photo montrée illustre, selon lui, ce que permet une intégration complète de ces différents éléments. Il cite à ce moment-là le cas du Rancho San Ricardo, au Mexique, où il a eu l’occasion de participer à un travail de conception avec Pablo, présenté comme l’un des responsables de l’exploitation. Il dit avoir beaucoup appris auprès de lui, ainsi que dans une autre ferme appelée Tierra del Sol.

PermaLab cherche à développer en France ce type de systèmes, afin de faire progresser l’hydrologie régénérative dans les paysages agricoles.

Changer de paradigme agricole

Au-delà des techniques, l’intervenant insiste sur la nécessité d’un changement de paradigme.

Selon lui, le paradigme agricole dominant aujourd’hui reste centré sur la production de volumes : des tonnes, des quantités, du poids, bref une logique de rendement quantitatif.

La proposition qu’il défend est différente : il s’agirait de partir d’abord de la qualité des paysages et de leur fonctionnement écologique, puis d’évaluer les systèmes de production à partir de cette base.

Dans cette perspective, les critères importants deviennent :

  • la capacité d’un paysage à infiltrer l’eau ;
  • sa capacité à recharger les nappes phréatiques ;
  • sa capacité à construire des sols vivants ;
  • la profondeur et la vitalité croissante de ces sols ;
  • la qualité des aliments et des autres productions ;
  • le sens donné au travail de celles et ceux qui vivent et travaillent dans ces paysages.

L’enjeu est donc autant agronomique qu’humain : produire autrement, dans des paysages plus fonctionnels, plus vivants et plus porteurs de sens.

Invitation à l’atelier

L’intervention se conclut par une invitation à participer à l’atelier de l’après-midi, destiné à approfondir le sujet de l’hydrologie régénérative.

L’intervenant annonce que cet atelier sera davantage centré sur :

  • des exemples concrets ;
  • des projets accompagnés par PermaLab ;
  • des idées applicables ;
  • une approche pratique.

Il précise qu’il préfère les formats d’échange aux présentations descendantes, et souhaite donc que cet atelier prenne la forme d’une discussion ouverte, dans laquelle les questions pourront être posées au fur et à mesure.

Idée centrale de l’intervention

L’idée centrale de cette prise de parole est que la gestion de l’eau ne peut pas être isolée du reste du fonctionnement des agroécosystèmes. L’hydrologie régénérative implique de penser ensemble les sols, la végétation, les arbres, les formes du paysage, les pratiques agricoles et les relations humaines au territoire.

Cette approche vise non seulement à mieux gérer l’eau, mais aussi à régénérer les sols, améliorer la qualité de la production agricole et transformer en profondeur la manière de concevoir les paysages agricoles.