L'audit agronomique en parcelle viticole sablonneuse, Florian Baralon
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Introduction
L'audit agronomique est un outil essentiel pour identifier les problématiques au sein d'une parcelle et définir des leviers d'action ainsi qu'un plan technique permettant de réparer ou d'améliorer la situation. Dans le cadre des itinéraires biorégénératifs, en partenariat avec la distillerie Bellaire et les marques Oé et Omi, Florian Baralon accompagne les agriculteurs dans ce processus de diagnostic et d'accompagnement Ecofarme.
L'audit se déroule en plusieurs étapes : réalisation de profils de sol, prélèvements pour analyse en laboratoire, et enfin, la co-construction d'un plan d'action technique global pour la ferme.
Présentation du domaine et de la parcelle
Le domaine se situe à Baen. Exploitation familiale achetée en 1972 et convertie en bio en 2010, elle se diversifie depuis trois ans avec l'introduction de lavandin et d'oliviers, tout en adaptant ses cépages.
La parcelle étudiée, plantée en 2013 après quatre ans de repos, présente les caractéristiques suivantes :
- Cépages : Sira (clones 724 et 747).
- Porte-greffes : 140 et Fercal (le 140 se révélant plus vigoureux).
- Espacement : 2,25 m x 1 m.
- Préparation du sol : deux défonçages croisés à 80 cm, passage de rotative, suivi d'un apport de 80 tonnes/hectare de compost de déchets verts.
- Pratique : semis de couverts végétaux depuis une dizaine d'années, initialement pour répondre à la réglementation en zone vulnérable, et désormais pour améliorer la vie du sol et favoriser l'accueil des abeilles en hiver.
Déroulé de l'audit agronomique
L'audit agronomique vise à relever une trentaine d'indicateurs via une lecture du profil du sol et des analyses de laboratoire, permettant d'évaluer les pratiques et d'ajuster la stratégie de régénération.
= Lecture des horizons
La première étape consiste à observer la verticalité du profil (les horizons) en testant la résistance à la pénétration. Cela permet de vérifier :
- La circulation des racines.
- La circulation des fluides (eau et air).
- Les ruptures de continuité ou les zones de compactage.
= Caractérisation des horizons
Dans chaque horizon, plusieurs paramètres sont évalués :
- Granulométrie.
- Structure du sol (état de compaction des mottes).
- Pierrosité.
- Enracinement.
- Activité biologique.
- Calcaire actif.
- Matière organique (fraction labile).
État de compaction des mottes
Les mottes sont classées selon quatre catégories :
- Terre fine / Grumeleux (favorable).
- Delta 0 (intermédiaire, irrégularités sans arêtes franches).
- Delta (défavorable, compact, surfaces lisses et arêtes vives).
Sur la parcelle, l'observation montre majoritairement des mottes Delta 0, donc non compactées, sur les horizons travaillés mécaniquement. Un horizon plus profond (rouge orangé) présente une résistance plus importante, liée à un changement de texture (plus argileuse).
Analyse de la texture et biologie
La texture sur la parcelle est principalement sableuse avec une faible réserve utile. L'activité biologique est faible, avec une absence de vers de terre, potentiellement due à la nature sableuse et aux faibles restitutions de matière organique. Le test à l'eau oxygénée confirme toutefois une bonne réaction de la fraction labile de la matière organique, indiquant une capacité de minéralisation.
Leviers d'action et stratégie
Le diagnostic met en évidence plusieurs problématiques : une matière organique non dégradée, une faible activité biologique et une faible réserve utile liée à la texture sableuse.
Leviers pour améliorer la structure et la vie du sol
- Travail du sol : Passage de sous-soleuse à une profondeur adaptée (autour de 65 cm) pour éclater les zones de compaction, suivi d'un semis de couverts végétaux adaptés (radis fourragers pour le décompactage).
- Apports de matière organique :
- Apport de matière organique fraîche et carbonée (broya, paille) pour réamorcer l'activité biologique.
- Apport de compost pour l'effet structurant et la rétention des éléments.
- Potentiel usage de biochar pour simuler l'effet des argiles et augmenter la réserve utile.
- Couverts végétaux : Privilégier des mélanges diversifiés. Utiliser des légumineuses (vesce commune ou de Narbonne) pour l'autonomie azotée, associées à des céréales. Adapter le mélange en fonction de la résistance au sec.
Stratégie de mise en œuvre
Il est suggéré de combiner ces approches : apporter le compost localisé sur le rang pour les besoins immédiats de la vigne, et favoriser le broya sur l'inter-rang pour nourrir le couvert et accroître la biomasse, amorçant ainsi une dynamique de régénération du sol à long terme. L'objectif est de passer progressivement à des apports plus carbonés pour favoriser l'humification.