Les dynamiques MSV en région
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Des structures actrices du MSV en France détaillent leurs fonctionnement et leurs actions:
- MSV Normandie, association basée en Normandie (Coline Guen)
- MSV Grand Est, association basée en Alsace (Fabrice Meyer et Sophie Barnouin)
- ADAF, association basée dans la Drôme (André Sieffert)
De nombreuses autres dynamiques émergent en France, notamment un GIEE dans le Lyonnais, un GIEE en Bretagne (porté par Agrobio35), un groupe dans le Sud Ouest, un groupe en Occitanie (porté par Arbres et Paysages 66), des groupes en Pays de la Loire, et bien d'autres sûrement!
Dynamique des réseaux MSV en région
Cette séquence présente les dynamiques régionales autour du maraîchage sur sol vivant (MSV), en particulier en Normandie et dans le Grand Est. Elle montre comment ces réseaux se sont structurés à partir des besoins exprimés par les maraîchers, avec la mise en place d’associations, d’actions d’animation, de formations, de visites de fermes, de groupes de recherche et de productions de références technico-économiques.
Le réseau MSV Normandie
En Normandie, le réseau s’est construit à la suite d’une demande des maraîchers normands souhaitant se former au maraîchage sur sol vivant. D’année en année, de plus en plus de maraîchers ont manifesté leur intérêt. Le réseau regroupe désormais environ une soixantaine de maraîchers, fédérés au sein d’une association.
L’objectif de cette structuration est :
- de fédérer les personnes intéressées,
- de faire du lien entre elles,
- de capitaliser les informations issues des expériences de terrain.
Une équipe d’animation structurée
L’association comptait une animatrice en 2017. En 2020, l’équipe est passée à trois animatrices, avec :
- Coline Guen,
- Pauline (nom mal transcrit dans la vidéo),
- et une troisième animatrice intervenant dans la présentation.
À cela s’ajoute l’accueil, depuis septembre 2021, d’un service civique venant appuyer les missions de l’équipe.
Cette équipe mène de nombreuses actions pour promouvoir le MSV, qui constitue la mission principale de l’association MSV Normandie.
Les formations
Les formations constituent la demande initiale du réseau et sont proposées depuis 2016. Elles se poursuivent aujourd’hui en partenariat avec Vers de terre production, organisme de formation.
Ce partenariat permet de proposer aux maraîchers des formations :
- éligibles aux fonds professionnels,
- finançables,
- sans que les participants aient à avancer les frais eux-mêmes.
Les formations restent donc un axe central de l’action du réseau.
Les visites de fermes
Le réseau organise également des visites de fermes, le plus souvent pendant l’été, période où les jardins sont les plus démonstratifs.
Ces visites ont lieu principalement sur les fermes adhérentes. Elles sont souvent ouvertes au grand public, mais attirent surtout :
- des porteurs de projet,
- des maraîchers,
- des personnes souhaitant se former techniquement.
Il s’agit donc souvent de visites à dominante technique, permettant d’observer les pratiques et les itinéraires mis en œuvre.
Lors de certaines visites, des interviews de maraîchers sont réalisées. Elles servent ensuite à alimenter la chaîne YouTube de Maraîchage sol vivant avec du contenu vidéo.
Les événements
Le réseau organise aussi des événements. Parmi eux, la vidéo cite notamment :
- une journée sur le vivant au Havre, organisée l’année précédente et destinée au grand public ;
- la dynamique autour de la Rencontre nationale maraîchage sol vivant, dans laquelle l’équipe est fortement impliquée.
La création de références technico-économiques
Une autre mission importante consiste à produire des références technico-économiques. Il s’agit de collecter, sur les fermes :
- les résultats comptables,
- le temps de travail,
- les itinéraires techniques,
- et d’autres données de fonctionnement.
Ces informations sont compilées dans des fiches fermes, qui alimentent notamment les fascicules de type portrait de ferme.
Un nouveau travail est en cours pour :
- actualiser ces références,
- suivre l’évolution des fermes les plus anciennes sur trois ans,
- intégrer de nouvelles fermes entrées récemment dans le réseau.
L’animation des groupes de recherche
L’une des missions majeures de l’association est l’animation de différents groupes de recherche labellisés GIEE.
Ces groupes rassemblent des maraîchers qui se regroupent pour mener des expérimentations sur des sujets innovants, en lien avec le MSV. Trois groupes ont été acceptés en 2021, pour un travail de recherche prévu sur trois ans à partir de 2021.
Le conseil personnalisé
Le réseau a également commencé à proposer du conseil personnalisé.
Cet accompagnement s’adresse :
- aux maraîchers souhaitant convertir leur ferme au sol vivant,
- aux porteurs de projet souhaitant construire leur installation de A à Z.
Le conseil est assuré par des maraîchers expérimentés du réseau, tandis que les animatrices accompagnent :
- les démarches administratives,
- la réception des demandes,
- la mise en relation.
Les trois groupes de recherche en Normandie
Un focus est fait sur les trois groupes de recherche qui constituent la thématique phare des prochaines années :
- Un groupe sur l’autonomie des fermes en matière organique
Ce groupe réunit neuf fermes. Il est accompagné par Coline Guen.
- Un groupe sur la qualité nutritionnelle des légumes en MSV
Ce groupe réunit huit fermes.
- Un groupe sur la limitation du désherbage tout en maximisant les rendements
Ce groupe travaille également dans le cadre du MSV.
La répartition géographique évoquée dans la vidéo est la suivante :
- le groupe sur la qualité nutritionnelle est plutôt situé sur la Manche et le Calvados ;
- le groupe sur l’autonomie en matière organique est réparti sur l’ensemble du territoire normand ;
- en Seine-Maritime et dans l’Eure, on trouve davantage de fermes travaillant sur la limitation du désherbage.
Ces groupes ne sont pas fermés : des fermes peuvent encore les rejoindre en cours d’expérimentation.
Une structuration régionale au service d’un réseau national
La présentation souligne que l’association MSV Normandie est devenue au fil des années une structure assez solide. Elle accompagne désormais aussi d’autres réseaux dans leur propre structuration, afin qu’il existe plusieurs réseaux régionaux en France capables de collaborer ensemble pour développer le maraîchage sur sol vivant.
Le réseau MSV Grand Est
Après la Normandie, la vidéo présente la dynamique du réseau en Grand Est, introduite par Fabrice Meyer.
Les débuts du réseau
Tout a démarré en 2015, à l’occasion des Rencontres nationales SV organisées en Moselle. Cet événement a servi de point de départ en permettant à des maraîchers de la région de se rencontrer. Parmi eux figurait notamment André Sieffert.
La rencontre a connu un franc succès, avec environ 200 personnes.
À la suite de cela, des formations ont été organisées en 2016, avec notamment :
Ces formations portaient sur la sortie du travail du sol, les itinéraires techniques MSV et les bases agronomiques associées. Elles ont joué un rôle essentiel non seulement pour l’apprentissage, mais aussi pour la rencontre entre les personnes. La vidéo insiste sur ce point : les réseaux naissent aussi de ces moments physiques d’échange.
Des formations et visites entre 2017 et 2018
En 2017 et 2018, le groupe a continué à organiser des formations sur différentes thématiques à approfondir, comme les itinéraires techniques.
En parallèle, des visites de fermes locales en Alsace ont été organisées avec les participants des formations. Cela prenait parfois la forme de week-ends où les personnes se rendaient les unes chez les autres :
- visites de fermes,
- coups de main,
- chantiers participatifs,
- échanges conviviaux.
C’est ce fonctionnement qui a créé la dynamique de départ.
La création de l’association en 2019
En 2019, cette dynamique a débouché sur la création d’une association. Le fait d’avoir un statut juridique a permis :
- de participer à des appels à projets,
- de demander des financements,
- d’envisager la structuration du réseau avec du salariat.
La Normandie, déjà plus avancée dans sa structuration, a beaucoup aidé ce processus, notamment pour le montage des dossiers administratifs.
Le salariat et les premiers financements
La reconnaissance obtenue en 2019 a permis de financer un poste d’animation. Une première animatrice, Ariane, a été salariée à 21 heures par semaine en 2019-2020.
La vidéo souligne que, sans ce type de poste, le travail repose essentiellement sur du bénévolat, ce qui est difficile pour des maraîchers ayant déjà peu de temps disponible.
Les rencontres régionales de 2019
En novembre 2019, le réseau a organisé des rencontres régionales à Munster, qui ont rassemblé environ 120 personnes. L’événement comprenait :
- des visites de fermes,
- des conférences,
- et des échanges autour des techniques.
Reconnaissance en GIEE et croissance du nombre de fermes
Le réseau a ensuite déposé un dossier ayant permis la création d’un GIEE. Cette reconnaissance constitue une étape importante dans la consolidation du réseau.
Une diapositive mentionnée dans la vidéo montre l’évolution du nombre de fermes MSV dans le Grand Est, avec un doublement du nombre de fermes. Cette augmentation s’inscrit dans une dynamique plus globale observée au niveau national, traduisant un véritable engouement pour ces techniques.
L’organisation actuelle du réseau Grand Est
La parole est ensuite donnée à Sophie Barnouin, nouvelle animatrice du GIEE pour trois ans.
Composition du conseil d’administration
Le conseil d’administration est composé uniquement de maraîchers. La plupart sont :
- installés depuis peu,
- ou en cours d’installation,
- sur de petites surfaces,
- souvent dans des trajectoires de reconversion.
À part Fabrice Meyer, installé depuis une dizaine d’années, il s’agit donc surtout de profils récents. Cette diversité de parcours et de contextes pédoclimatiques donne une dynamique particulière au réseau.
Salariat et financements
Le réseau dispose d’un poste salarié de 21 heures par semaine, occupé par Sophie Barnouin.
Les soutiens financiers reposent sur :
- le GIEE, pour trois ans jusqu’en mai 2023, à hauteur d’un tiers du budget ;
- la Fondation de France, également pour un tiers ;
- un dernier tiers d’autofinancement, à trouver via :
- les visites,
- les formations,
- les ateliers,
- et éventuellement à terme le conseil.
Un autre appui important vient de la Cigales des possibles, un club d’investisseurs de l’économie sociale et solidaire, qui permet d’avoir de la trésorerie avant l’arrivée effective des subventions.
Les partenaires
Le réseau travaille avec plusieurs partenaires :
- Maraîchage sol vivant Normandie, qui l’a aidé à se structurer ;
- Vers de terre production, organisme de formation ;
- différents partenaires locaux, mobilisés selon les projets.
Ces partenariats sont en constante évolution, notamment pour organiser des événements ou répondre à de nouveaux appels à projets.
Les axes de travail du GIEE Grand Est
Trois grands axes de projet ont été définis au moment du dépôt du dossier GIEE.
Développement des pratiques agroécologiques appliquées au maraîchage
Le premier axe vise à développer les pratiques agroécologiques appliquées au maraîchage. Il s’agit de :
- consolider le réseau existant,
- soutenir les réseaux qui pourraient émerger dans d’autres secteurs du Grand Est,
- mettre en place des partenariats locaux.
Collecte et capitalisation des données
Le deuxième axe concerne la collecte et la capitalisation de données :
- économiques,
- agronomiques,
- sociales.
L’objectif est de produire des références, comme en Normandie, et d’approfondir les connaissances.
Sensibilisation et transmission
Le troisième axe porte sur :
- la sensibilisation,
- la transmission des connaissances,
- la vulgarisation.
Comme les ressources sont limitées au regard du nombre de projets, le réseau s’organise en groupes de travail pour mobiliser les compétences et les disponibilités de chacun.
Exemples d’actions menées dans le Grand Est
Les visites de fermes
Les visites de fermes fonctionnent très bien. Le choix a été fait de ne pas les concentrer uniquement en été, mais de les répartir sur toute l’année.
L’objectif est que, sur les trois années du projet, chaque ferme du réseau puisse accueillir au moins trois visites à des périodes différentes, afin de montrer :
- différentes situations techniques,
- différentes saisons de travail,
- l’évolution des fermes, souvent en phase d’installation et donc en transformation rapide.
Plusieurs formats sont possibles :
- visite simple, plus grand public ;
- présentation détaillée de la ferme et de son historique d’installation ;
- visite avec chantier participatif ;
- visites coorganisées avec d’autres structures.
Un exemple est donné avec Terre de liens, dans le cadre d’un atelier sur l’approche globale d’une exploitation agricole. La vidéo souligne l’intérêt du fait que, dans ce cadre, un maraîcher soit rémunéré pour faire visiter sa ferme.
Les journées techniques
Les journées techniques fonctionnent elles aussi très bien. Deux avaient déjà été organisées au moment de la vidéo :
- la première avec 30 personnes,
- la deuxième avec 60 personnes.
Le but est de mettre les maraîchers autour de la table pour échanger sur ce qui fonctionne ou non.
Les thèmes abordés comprennent notamment :
- l’installation,
- le paillage,
- la planification,
- de plus en plus la question des fermentations et des amendements.
À la suite de ces ateliers, le réseau souhaite produire :
- des vidéos,
- des rapports.
L’amélioration de la connaissance des fermes
Un groupe de travail spécifique a été créé pour améliorer la connaissance des fermes. L’objectif est de monter en compétences, notamment sur le sol.
Pour cela, le réseau :
- a créé une formation spécifique sur le sol ;
- cherche à voir ce qui se fait dans d’autres projets, comme Rhizobiomes ou d’autres programmes mentionnés dans la vidéo ;
- identifie des contacts locaux formés sur ces questions ;
- prévoit des visites de terrain, des tests et de la capitalisation.
Les formations
Une formation avec Vincent a eu lieu en Moselle sur des thématiques larges :
- installation,
- MSV,
- compréhension générale des systèmes.
La formation suivante, organisée avec des intervenants locaux, devait porter sur :
- les enjeux liés au sol,
- les leviers d’action à mettre en place quand on connaît bien ses sols.
Points d’attention et points positifs dans la structuration des réseaux
Les difficultés rencontrées
Plusieurs points d’attention sont soulignés.
Le poids des dossiers de subventions
Les dossiers de subventions sont jugés très lourds et très chronophages. Il est donc essentiel de s’appuyer sur des groupes déjà structurés, comme cela a été fait avec la Normandie. Cette compétence acquise peut ensuite être transmise à d’autres groupes.
La première année de structuration peut mobiliser une très grande partie du temps d’un animateur.
La question de la trésorerie
La trésorerie est un autre point critique. Les subventions arrivent parfois tardivement, ce qui oblige les structures à pouvoir avancer les dépenses si elles veulent démarrer rapidement.
Le temps court des projets
La durée des projets, souvent de trois ans, est jugée courte, notamment lorsqu’il s’agit de démontrer des effets agronomiques sur le sol. Les réseaux doivent composer avec des temporalités souvent plus courtes que celles d’autres organismes comme les lycées agricoles ou les chambres d’agriculture.
La disponibilité limitée des maraîchers
Il faut aussi veiller à ne pas trop solliciter les maraîchers, déjà très pris par leur activité. Le fonctionnement collectif doit trouver un équilibre pour éviter la saturation.
Les points positifs
Parmi les aspects positifs, la vidéo souligne :
- une crédibilité croissante auprès des organismes publics et professionnels locaux ;
- une réponse à un vrai besoin pour les porteurs de projet et les maraîchers voulant faire évoluer leur système ;
- l’appui précieux des vidéos de Vers de terre production, qui « prémâchent » beaucoup de travail de formation ;
- l’importance de s’appuyer sur les réseaux existants de maraîchers et sur les acteurs locaux pour faire partir rapidement une dynamique.
La conclusion insiste sur un point central : le meilleur indicateur du bon fonctionnement de ces démarches reste la réussite et le bien-être des maraîchers eux-mêmes.
Le maraîchage agroforestier et les vergers maraîchers
La dernière partie de la transcription porte sur le maraîchage agroforestier, également appelé verger maraîcher, c’est-à-dire l’association de l’arboriculture fruitière et du maraîchage.
Cette intervention est portée par André Sieffert.
Principes généraux des systèmes agroforestiers
L’introduction rappelle que les principes mis en œuvre dans les systèmes agroforestiers ont été observés dans des systèmes traditionnels, notamment dans les pays du Sud, étudiés par différents chercheurs.
Ces systèmes se caractérisent par des situations permettant :
- d’optimiser le microclimat,
- de maximiser la biodiversité.
Parmi les grands principes évoqués :
- le travail avec différentes strates de végétation ;
- une forte diversité des cultures ;
- la répartition des risques grâce à la diversité ;
- un travail de sélection sur la résistance aux maladies ;
- de nombreuses associations et successions culturales ;
- des pratiques spécifiques de gestion de la fertilité et du sol ;
- un sol toujours couvert.
Dans nos contextes, il est aussi jugé important de travailler avec des méthodes préventives en matière de santé, notamment sur les arbres fruitiers. Les maraîchers ont souvent peu de connaissances en arboriculture, alors que celle-ci demande un vrai savoir-faire et ne consiste pas simplement à planter des arbres en attendant qu’ils produisent.
Effets des arbres sur le microclimat
L’association arbres-cultures agit sur les conditions de microclimat :
- atténuation des températures du sol ;
- augmentation de l’humidité ;
- amélioration des conditions de culture ;
- amélioration des conditions de travail pour le cultivateur.
L’idée est qu’il existe à la fois :
- une couverture végétale horizontale,
- et une couverture végétale verticale apportée par les arbres.
Importance de l’orientation des lignes d’arbres
L’orientation des lignes d’arbres est un point important.
En principe, elles sont plutôt orientées nord-sud. Cela permet un ensoleillement plus homogène dans la journée, avec :
- une ombre portée à l’ouest le matin,
- puis à l’est le soir.
En revanche, si les lignes sont orientées est-ouest, l’ombre portée peut devenir plus problématique, surtout lorsque les arbres grandissent. Avec des arbres de plus de cinq mètres, on peut avoir des zones d’ombrage plus importantes, susceptibles de gêner certaines cultures de légumes.
Si l’orientation est imposée, on peut jouer sur :
- la distance entre les arbres sur la ligne,
- la hauteur des arbres,
- l’espacement global entre lignes.
Le contexte régional compte aussi. En Normandie, il est dit que les maraîchers ont tendance à prévoir des écartements beaucoup plus grands entre lignes d’arbres, de l’ordre de 15 à 20 mètres, pour laisser davantage pénétrer la lumière.
Organisation spatiale d’un verger maraîcher
La présentation évoque des travaux menés sur la ferme de la Durette avec le GRAB d’Avignon.
Deux grands types de systèmes sont décrits :
- des lignes simples d’arbres fruitiers alternant avec des bandes maraîchères ;
- des doubles lignes d’arbres fruitiers, alternant avec des bandes maraîchères.
Le système en doubles lignes est présenté comme particulièrement intéressant. Il permet :
- de mieux circuler autour des arbres,
- d’amener les amendements plus facilement,
- de tailler et récolter dans de meilleures conditions,
- de limiter certains problèmes de continuité avec les cultures,
- de mieux gérer les bandes enherbées,
- d’intégrer plus facilement des animaux comme des poules.
L’intervention mentionne également qu’un maraîcher, s’il devait refaire son système implanté en ligne simple, choisirait aujourd’hui plutôt la formule en double ligne.
Anticiper l’évolution des arbres
Il est fortement recommandé d’anticiper l’évolution future du verger maraîcher. Au démarrage, il est possible de cultiver près des jeunes arbres, mais après un ou deux ans déjà, certaines planches peuvent devenir plus difficiles à maintenir.
L’intervenant souligne qu’il faut penser le système non pas à trois ans, mais à dix ans, voire davantage, car :
- les branches vont s’étendre,
- les racines de surface vont se développer,
- l’espace utile pour le maraîchage peut se réduire fortement si cela n’a pas été anticipé.
Il recommande ainsi de réserver d’emblée une zone d’au moins deux à trois mètres de part et d’autre des arbres.
Intégrer aussi les arbres champêtres
Au-delà des arbres fruitiers, l’intervention insiste sur l’intérêt d’intégrer aussi des arbres champêtres.
L’idée est de ne pas se limiter à des variétés fruitières parfois fragiles, mais de rechercher aussi un effet biodiversité plus large. L’intervenant évoque des travaux montrant qu’un certain niveau de couverture arborée est nécessaire pour maintenir la biodiversité.
Un exemple cité est celui de la ferme de Denis Floressas (nom possiblement mal transcrit), où des noyers hybrides à bois sont plantés tous les dix mètres, créant une alternance de zones d’ombre et de lumière.
Exemples de systèmes possibles
Sur le projet de la Durette, trois grands systèmes sont évoqués :
- lignes d’arbres alternant avec bandes maraîchères ;
- doubles lignes d’arbres avec bande maraîchère ;
- arbres fruitiers insérés entre d’autres lignes d’arbres.
L’intervention renvoie aussi au projet Arbratatouille, ainsi qu’au site du GRAB, pour approfondir ces résultats.
Exemple de la ferme des Amanins
L’intervenant prend ensuite l’exemple de la ferme des Amanins, où ont été implantées :
- des haies champêtres en bordure de parcelles,
- des haies dans la zone maraîchère,
- puis un verger maraîcher.
Les haies avaient notamment pour fonction de protéger des vents dominants, comme le mistral. Il est montré que l’orientation des haies doit prendre en compte cette fonction de protection au vent, et pas seulement la question de l’ensoleillement.
La conception d’un verger maraîcher
La conception d’un verger maraîcher demande de prendre en compte de nombreux éléments :
- les fruits que l’on souhaite récolter ;
- la charge de travail associée ;
- l’étalement des récoltes ;
- le choix des espèces et variétés ;
- le choix des porte-greffes ;
- l’adaptation au terrain ;
- l’orientation des parcelles ;
- la pente ;
- les courbes de niveau ;
- la mécanisation ;
- les zones de retournement ;
- l’irrigation.
Le choix des porte-greffes est présenté comme particulièrement important, avec l’exemple du pommier. Le système doit être conçu en fonction du terrain, ce qui demande souvent un travail préparatoire de plusieurs années :
- observation du lieu,
- identification de ses potentialités,
- prospection chez les pépiniéristes,
- formation sur les variétés et porte-greffes,
- éventuellement commande spécifique de greffage adapté.
Typologies, cartes et guides
L’intervention mentionne :
- l’existence d’une carte des vergers maraîchers en France ;
- un guide permettant de poser les bases de l’association arbres fruitiers-légumes ;
- un travail sur une typologie des vergers maraîchers selon :
- la surface,
- le nombre d’espèces fruitières,
- le nombre d’espèces de légumes.
Des fiches techniques ont également été produites sur plusieurs cas, notamment dans la Drôme, l’Ardèche et l’Isère. La ferme de l’Auberge est citée comme exemple de système avec différents types de parcelles, et des réflexions en cours sur l’intérêt de passer d’un simple rang à un double rang d’arbres fruitiers.
Gestion des haies champêtres
En fin d’intervention, une question est posée à André Sieffert sur la gestion des haies champêtres : faut-il les rabattre ?
La réponse est oui. Il est important :
- de rabattre les haies,
- de penser à gérer aussi les racines en bordure,
- par exemple en passant régulièrement une lame pour limiter la compétition racinaire.
L’exemple des Amanins montre qu’en l’absence de gestion, des haies implantées en 2007 et jamais entretenues ont fini par faire perdre environ deux mètres de part et d’autre de la haie. Une haie initialement large de quatre mètres peut ainsi occuper au final six mètres ou plus, réduisant fortement la largeur utile de culture.
Conclusion
Cette séquence met en lumière deux aspects complémentaires :
- la structuration des réseaux régionaux MSV, à partir des besoins exprimés par les maraîchers, avec des actions collectives, de la recherche participative, de la formation et de l’accompagnement ;
- l’élargissement des pratiques vers d’autres dimensions comme le maraîchage agroforestier, qui demande lui aussi une forte capacité d’observation, d’anticipation et de conception.
L’ensemble montre que le développement du maraîchage sur sol vivant passe à la fois par :
- des réseaux humains solides,
- des références partagées,
- une animation territoriale,
- et des systèmes de culture pensés dans la durée.