Interculture et doubles couverts pourquoi, comment @Chambre d’agriculture Pays de la Loire

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Sur son exploitation d’Ars, Jean-Michel, installé avec son frère et sa sœur, développe depuis trois ans la pratique des doubles couverts dans un système mêlant vaches laitières, vente directe, ferme pédagogique et méthanisation. L’objectif est de gagner du temps sur les cultures tout en couvrant les sols en continu, dans une logique d’agriculture de conservation. Sur 150 hectares, dont 80 irrigables, il enchaîne après le blé un couvert d’été semé en direct, composé notamment de tournesol, sorgho, sarrasin, radis fourrager et avoine. Ce couvert est ensuite valorisé ou laissé au sol avant l’implantation d’un méteil d’hiver, destiné à l’alimentation du troupeau et au méthaniseur. Après sa récolte fin avril, le maïs est semé directement ou en strip-till. Ce système permet de limiter le travail du sol, réduire intrants et phyto, et sécuriser la production de biomasse.

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Résumé
Sur son exploitation d’Ars, Jean-Michel, installé avec son frère et sa sœur, développe depuis trois ans la pratique des doubles couverts dans un système mêlant vaches laitières, vente directe, ferme pédagogique et méthanisation. L’objectif est de gagner du temps sur les cultures tout en couvrant les sols en continu, dans une logique d’agriculture de conservation. Sur 150 hectares, dont 80 irrigables, il enchaîne après le blé un couvert d’été semé en direct, composé notamment de tournesol, sorgho, sarrasin, radis fourrager et avoine. Ce couvert est ensuite valorisé ou laissé au sol avant l’implantation d’un méteil d’hiver, destiné à l’alimentation du troupeau et au méthaniseur. Après sa récolte fin avril, le maïs est semé directement ou en strip-till. Ce système permet de limiter le travail du sol, réduire intrants et phyto, et sécuriser la production de biomasse.


Présentation de l’exploitation

Jean-Michel Bien pratique les doubles couverts depuis तीन ans, en GAEC avec son frère et sa sœur, sur la commune d’Ars. La production principale de l’exploitation est le lait, avec un atelier important de vente directe. L’exploitation comprend aussi une ferme pédagogique et, depuis un an, une unité de méthanisation a été construite.

L’exploitation représente 150 hectares, dont 80 hectares irrigables. Les cultures principales sont :

  • le maïs ensilage ;
  • le blé ;
  • une grosse part de méteils ;
  • ainsi que d’autres cultures comme du sorgho.

L’objectif principal de l’exploitation était de gagner du temps sur la production végétale, afin d’en consacrer davantage aux autres ateliers. Pour cela, l’exploitation s’est orientée vers l’agriculture de conservation, avec plusieurs choix :

  • l’arrêt du travail du sol ;
  • une diversification un peu plus importante de l’assolement ;
  • et surtout la mise en place de couverts en continu sur toutes les parcelles.

Au départ, ces couverts avaient pour but de nourrir le sol. Désormais, ils sont aussi utilisés pour alimenter la méthanisation. L’exploitation conduit ainsi 60 hectares de méteils gérés en doubles couverts, ce qui a permis de supprimer l’achat d’herbe sur l’exploitation.

Principe du double couvert sur l’exploitation

Le double couvert est mis en place dès la récolte du blé. Après l’enlèvement de la paille, un couvert d’été est semé aussitôt en semis direct, à l’aide d’un semoir.

Ce couvert d’été est composé de :

  • tournesol ;
  • sorgho ;
  • sarrasin.

Il se développe jusqu’à la mi-octobre. À partir de cette période, deux possibilités existent :

  • soit le couvert est laissé au sol ;
  • soit il est récolté.

Ensuite, un méteil d’hiver est semé en direct. Sur l’exploitation, ce méteil est destiné à l’alimentation des vaches et au méthaniseur.

Après la récolte du méteil, autour du 25 avril, le maïs est semé aussitôt :

  • soit en direct ;
  • soit en strip-till.

Choix des espèces

Pour les cultures d’été, les espèces choisies sur l’exploitation sont :

  • sorgho ;
  • tournesol ;
  • sarrasin ;
  • radis fourrager ;
  • un peu d’avoine.

Ces espèces sont choisies parce qu’elles permettent d’obtenir une pousse rapide et qu’elles sont adaptées aux températures estivales.

Les méteils d’hiver sont composés de :

  • féverole ;
  • pois d’hiver ;
  • avoine fourragère ;
  • vesce ;
  • triticale.

Conseils de mise en œuvre

Jean-Michel Bien insiste sur plusieurs points pratiques.

Il faut enlever la paille le plus rapidement possible pour pouvoir semer aussitôt le couvert d’été.

Il ne faut pas hésiter à semer juste derrière le blé, même si les conditions sont compliquées. Le semis se fait avec un semoir direct, soit à disques, soit à dents, et avec des espèces capables de se développer rapidement dès les premières pluies.

Un roulage est réalisé systématiquement après le semis.

Lorsque les légumineuses d’été sont absentes, il y a très peu de production de biomasse avec ces espèces-là. En revanche, leur intérêt est plus important pour les méteils d’hiver.

Le semis du méteil se fait lui aussi en direct, dans le couvert d’été. Lorsqu’il y a beaucoup de végétation, un rouleau est placé devant le tracteur.

Effets observés sur l’exploitation

Le poste semences a légèrement augmenté, même si l’exploitation cherche à travailler au maximum avec des semences de ferme.

En revanche, la mise en place des doubles couverts a permis de supprimer les produits phytosanitaires et les engrais qui étaient auparavant utilisés sur les ray-grass.

Vers une couverture permanente des sols

L’exploitation cherche aussi à aller plus loin en mettant en place un couvert permanent à base de luzerne.

L’objectif est d’obtenir une couverture permanente du sol, y compris pendant l’été, ou bien avec la luzerne juste après la récolte des blés.