Gestion de l'herbe et parcours élevage, par Mathieu Bessière
![]()
Le 22 juin 2021, la Chambre régionale d’agriculture de Corse et Ver de Terre Production organisaient à Pietralba une journée technique dédiée à l’élevage. Au programme : des interventions d’experts, des témoignages d’éleveurs et une visite dans l’exploitation du Président de la Chambre d’agriculture. Tout au long de cette journée, les participants, principalement professionnels de l’élevage, ont pu saisir le rôle qu’ils et elles ont à jouer dans la lutte contre le réchauffement climatique. Dans ce contexte particulièrement sensible à ces dérèglements qu’est la Corse, une approche renouvelée offre un nouvel horizon pour l’élevage insulaire.
Introduction
Dans cette intervention, Mathieu Bessière propose une réflexion sur la gestion des pâturages, avec l’idée d’apporter une nouvelle approche et des idées concrètes pour améliorer durablement la productivité des prairies. Même si les exemples montrés ne correspondent pas toujours aux paysages corses, les principes présentés se veulent transposables, au moins en partie, à différents contextes d’élevage.
L’objectif est clair : mieux comprendre le fonctionnement d’un pâturage pour mettre en place des pratiques qui permettent aux prairies de produire au niveau de leur potentiel, tout en évitant leur dégradation sur le long terme.
Les trois éléments du pâturage
Un système de pâturage repose au minimum sur trois éléments :
- les plantes ;
- les animaux ;
- le sol.
Mathieu Bessière insiste sur le fait qu’un pâturage ne peut fonctionner correctement que si l’on travaille en permanence sur ces trois composantes. Si l’une d’elles est négligée, le système se dégrade inévitablement. Selon lui, l’élément le plus souvent oublié est le sol.
Sous prairie, on a souvent tendance à penser que le sol « fonctionne tout seul » parce que la couverture végétale est en place en permanence. Pourtant, c’est une erreur : un sol de prairie demande lui aussi beaucoup d’attention.
Le fonctionnement du cycle prairie-sol-animal
Le point de départ est la plante. Par la photosynthèse, elle fabrique des sucres à partir du CO₂ et de l’eau. Ces sucres constituent le carburant de tout le système.
Plus les plantes sont maintenues dans des conditions favorables à une photosynthèse élevée, plus elles fabriquent de carburant, et plus l’ensemble du cycle fonctionne efficacement. Si l’on comprend bien comment les plantes poussent, à quel moment on peut les exploiter, et à quel moment il faut leur laisser du repos, on renforce leur vigueur. Cela permet :
- de nourrir davantage d’animaux ;
- de mieux nourrir le sol ;
- d’entrer dans un cercle vertueux.
Dans ce cercle vertueux, plus ça pousse, plus ça peut pousser, dans la limite bien sûr des conditions pédoclimatiques.
À l’inverse, dès que l’exploitation est maladroite, trop fréquente ou trop basse, les plantes perdent de leur force. Elles nourrissent moins d’animaux, le sol est moins bien alimenté, et l’on entre dans un cercle vicieux : moins ça pousse, moins ça peut pousser.
Pour Mathieu Bessière, une prairie est toujours dans l’un de ces deux états :
- soit elle s’améliore ;
- soit elle se dégrade.
L’enjeu est donc de mettre en place des pratiques qui permettent à la prairie de s’améliorer ou, au minimum, de ne jamais se dégrader.
Le sol : un élément central du pâturage
Protéger le sol du soleil
Le premier besoin du sol est de ne jamais être touché directement par le soleil. Dès que le soleil tape sur la terre nue, cela pose problème pour au moins deux raisons :
- on augmente fortement l’évaporation de l’eau ;
- on accélère la minéralisation de la matière organique en surface.
Une prairie dense limite donc les pertes d’eau et protège la fertilité du sol. Mathieu Bessière indique qu’on peut considérer qu’il y a environ deux fois plus d’évaporation lorsque le soleil frappe directement le sol que lorsque celui-ci reste couvert par la végétation.
L’objectif à se donner est donc simple : quand on regarde par terre, on ne devrait pas voir de terre nue.
Nourrir le sol
Le sol se nourrit principalement de carbone, par trois voies.
Les déjections animales
Quand un animal broute, il ne digère pas tout le carbone qu’il ingère. Une partie est restituée au sol via les déjections. C’est une source de nutrition importante.
Mais cette restitution peut être mal répartie si les parcelles sont trop grandes. Dans ce cas, les déjections se concentrent souvent :
- sous les arbres ;
- autour des abreuvoirs ;
- près des points d’eau.
Le sol est alors mal nourri sur une partie importante de la parcelle.
La part non pâturée
Tout ce qui n’est pas consommé par les animaux nourrit aussi le sol. Ce qui est parfois appelé « refus » n’en est pas toujours : c’est souvent simplement la part qui doit revenir au sol.
Cette part résiduelle est très importante, et souvent négligée.
Les racines
Il ne faut pas oublier la part invisible : les racines. Les racines des prairies se développent et se renouvellent en permanence. Une racine de printemps a environ deux mois d’espérance de vie. Il y a donc un renouvellement très rapide du système racinaire.
Plus on laisse de force à la plante, plus elle peut fabriquer de racines. À l’inverse, quand on surexploite la prairie, on réduit fortement ce renouvellement.
Les exsudats racinaires
Une plante en bonne santé transfère aussi directement dans le sol une partie des sucres qu’elle fabrique par photosynthèse. Selon Mathieu Bessière, cela représente environ 20 à 30 % des sucres produits.
Ces sucres servent à nourrir l’activité biologique du sol. Là encore, cela n’est possible que si la plante n’est pas surexploitée.
L’activité biologique du sol
Tout ce carbone nourrit l’activité biologique du sol. Cette vie du sol est extrêmement riche. On y trouve une flore et une faune très abondantes, bien plus importantes en biomasse que les animaux visibles en surface.
Cette activité biologique ne cherche pas à « aider » l’éleveur : elle dégrade le carbone pour sa propre énergie. Mais en le faisant, elle libère des éléments fertilisants utilisables par les plantes.
Une partie du carbone est rapidement dégradée, en quelques semaines. Une autre partie est beaucoup plus stable et peut mettre des dizaines, voire des centaines d’années à se décomposer. Ce carbone en cours de décomposition constitue la matière organique du sol.
Mathieu Bessière compare cette matière organique à un capital à la banque :
- plus le capital est élevé ;
- plus les intérêts annuels sont importants.
Autrement dit, plus le sol contient de matière organique, plus il est capable de fournir régulièrement de la fertilité aux plantes.
Le besoin d’oxygène
Cette activité biologique a aussi besoin d’oxygène. Si le sol est compacté et ne respire plus, cette vie du sol ne peut plus fonctionner correctement, et la fertilité disparaît.
Les erreurs qui dégradent les prairies
Ne pas nourrir suffisamment le sol
Quand on surexploite la prairie, on ne laisse pas assez de résidus, pas assez de racines, et pas assez de ressources à la plante pour nourrir l’activité biologique du sol.
Or cette vie du sol est vivante, donc elle doit être alimentée. Si elle ne mange plus, elle disparaît rapidement.
Une prairie qui a perdu son activité biologique se reconnaît souvent à plusieurs signes :
- manque de vigueur au printemps ;
- pic de pousse décevant ;
- forte sensibilité aux aléas climatiques.
Une prairie pauvre en matière organique est très sensible aux variations de température et d’humidité : dès qu’il fait froid ou sec, elle arrête de pousser.
À l’inverse, quand la fertilité du sol est restaurée, les prairies poussent plus longtemps et sont très productives, notamment au printemps.
Le surpâturage
Pour Mathieu Bessière, certaines situations relèvent clairement du surpâturage. Une prairie trop rasée, où le sol est visible, est déjà dans une dynamique de dégradation.
Il montre à l’inverse des parcelles pâturées récemment mais où, après le passage des animaux, on ne voit toujours pas le sol. Dans ce cas, une part importante a été laissée au sol, ce qui permet à la prairie de continuer à s’améliorer.
L’été, laisser les animaux circuler sur des prairies déjà en souffrance à cause de la sécheresse est particulièrement destructeur : dès qu’une plante fait un petit effort de repousse, elle est immédiatement rebroutée. Cela affaiblit rapidement la prairie.
La compaction
La compaction peut avoir plusieurs origines. L’exemple montré dans la vidéo est celui d’une compaction mécanique : après un passage de tracteur au printemps, l’herbe ne repousse toujours pas trois mois plus tard aux endroits compactés.
Mais la première cause de compaction évoquée ici est le surpâturage. En effet, si le sol n’est plus nourri, l’activité biologique diminue. Or ce sont les organismes du sol, notamment les vers de terre, qui assurent naturellement son aération. Quand ils disparaissent, le sol se compacte.
Mathieu Bessière rappelle aussi que tout passage d’engin sur prairie doit être justifié, car il comporte un risque important de dégradation du sol.
Comprendre les graminées pour mieux pâturer
Les feuilles des graminées poussent les unes après les autres. Quand une feuille a fini de pousser, la suivante sort de la gaine. Ce fonctionnement permet de raisonner le pâturage à partir du nombre de feuilles présentes sur la plante.
Le repère donné est le suivant : on cherche en général à pâturer les graminées entre deux feuilles et demie et trois feuilles. Le stade trois feuilles est présenté comme le stade optimum.
Mais le point essentiel est ailleurs : la taille de la gaine est proportionnelle à la taille du limbe. Si l’animal coupe dans la gaine, la feuille suivante sera plus courte, tout en mettant le même temps à pousser. On perd donc du rendement.
Autrement dit, chaque fois qu’on pâture trop bas, la plante met en place des mécanismes de survie. Elle repousse à l’économie, avec moins de ressources, et la production chute.
La gaine, le limbe et la bonne hauteur de sortie
Mathieu Bessière propose une lecture simple :
- le limbe est la part des animaux ;
- la gaine est la part du sol.
L’objectif est donc de faire pâturer les animaux sans qu’ils aient à consommer la gaine.
Or, chez les herbivores, le premier coup de dents se fait toujours au même endroit : juste au-dessus de la gaine. C’est là que la plante est la plus facile à couper, et c’est aussi la partie de meilleure qualité.
Si le pâturage s’arrête après ce premier passage :
- l’ingestion est très bonne ;
- la qualité est excellente ;
- la repousse est rapide ;
- le sol reste protégé.
En effet, il reste un peu de limbe pour refaire de la photosynthèse, et cette végétation résiduelle joue aussi un effet de parasol sur le sol.
Si les animaux reviennent une deuxième fois sur la même plante, ils enlèvent ce qui restait du limbe. L’ingestion devient moins efficace, la repousse est plus difficile, et le sol est moins protégé.
Au troisième passage, ils commencent à consommer la gaine : c’est là, selon lui, qu’on entre vraiment dans le surpâturage.
Les conséquences sont alors fortes :
- ingestion médiocre ;
- qualité plus faible ;
- repousse très dégradée ;
- arrêt de la production de racines ;
- montée à épi plus rapide, avec dégradation de la qualité du fourrage.
Reconnaître le surpâturage
Le critère proposé est très simple : dès qu’une vache ou une brebis remange un endroit déjà brouté, on est en situation de surpâturage.
Cette idée peut sembler contre-intuitive, car beaucoup d’éleveurs ont l’habitude de faire pâturer très ras. Pourtant, selon Mathieu Bessière, sortir plus haut permet au contraire de gagner du rendement. Même si cela donne l’impression de « gaspiller », on redonne en réalité à la plante la capacité de produire davantage.
Le rôle des racines
Le surpâturage a un effet direct sur les racines. Une étude australienne citée dans la vidéo montre qu’à partir du moment où l’on prélève plus de la moitié du volume végétal présent, la croissance des racines s’arrête.
Comme les racines se renouvellent en permanence, arrêter leur production pendant deux mois revient à perdre une grande partie du volume racinaire.
Cela explique les fortes différences observées entre :
- une prairie conduite avec un pâturage de qualité, qui conserve un bon enracinement ;
- une prairie surpâturée, où le système racinaire est fortement appauvri.
Les réserves de la plante et le temps de repos
Quand une prairie est pâturée, la plante perd une partie importante de son appareil photosynthétique. Elle doit alors puiser dans ses réserves pour redémarrer.
Au fur et à mesure que les premières feuilles réapparaissent, la photosynthèse reprend et la plante peut reconstituer ses réserves.
L’idée essentielle est donc de ne jamais revenir pâturer avant que la plante ait totalement reconstitué ses réserves.
C’est pour cette raison que le pâturage tournant dynamique repose d’abord sur le respect des temps de repos entre deux passages.
Mais ces temps de repos ne sont jamais fixes : ils varient au cours de l’année, de l’ordre de 20 à 70 jours selon la saison et la vitesse de pousse.
L’enjeu est donc d’adapter en permanence la rotation :
- quand ça pousse vite, on tourne vite ;
- quand ça pousse lentement, on tourne lentement.
Mathieu Bessière souligne que, sur le terrain, on observe souvent l’inverse :
- quand ça pousse vite, on ne tourne pas assez vite ;
- quand ça pousse lentement, on tourne trop vite faute d’herbe.
La vitesse de pousse et l’intérêt d’attendre le bon stade
La plante pousse lentement tant qu’elle redémarre sur ses réserves. Ensuite, quand la photosynthèse reprend pleinement, la vitesse de pousse augmente.
Le stade trois feuilles correspond au point d’équilibre recherché : la plante y atteint un bon compromis entre production et qualité.
Si l’on pâture trop tôt, on ne récolte qu’une partie du potentiel de production. Mathieu Bessière montre qu’en pâturant avant le bon stade, on peut n’obtenir qu’une fraction du rendement que l’on aurait eu en respectant le temps de repos nécessaire.
Dans un pâturage fixe, où les animaux restent en permanence dans les mêmes parcelles, l’herbe est consommée trop régulièrement avant d’avoir atteint ce bon stade. Le rendement de la prairie est alors fortement diminué.
Le temps de présence dans les parcelles
Le temps de présence des animaux dans une parcelle a aussi une grande importance.
Même avec seulement trois jours de présence, l’ingestion chute déjà nettement entre le premier et le troisième jour. Plus les animaux restent longtemps dans une même parcelle, plus ils consomment une herbe de moindre qualité et plus leurs performances peuvent baisser.
Il est donc préférable, surtout si l’on recherche de bonnes performances animales, de réduire les temps de présence en utilisant des parcelles plus petites.
Autre intérêt des temps de présence courts : une meilleure valorisation de l’herbe. Une étude évoquée dans la vidéo montre qu’avec un jour de présence, les animaux valorisent environ 80 % de l’herbe disponible, alors qu’à sept jours de présence cette valorisation baisse fortement.
L’objectif est donc d’ajuster :
- le chargement ;
- le temps de présence ;
- la rotation ;
de façon à éviter à la fois le gaspillage et le surpâturage.
Le parcellaire comme outil de pilotage
Pour mettre en place ce type de gestion, le découpage du parcellaire est essentiel. Ce découpage n’est pas une fin en soi : c’est un outil de travail.
Avec de grandes parcelles peu nombreuses, il devient difficile de piloter correctement le pâturage. Les temps de présence varient trop, les décisions sont moins lisibles, et l’ajustement à la pousse est compliqué.
À l’inverse, un parcellaire plus fin permet :
- de mieux suivre la rotation ;
- de savoir où en est chaque parcelle ;
- de réagir si l’on se fait dépasser par la pousse ;
- d’identifier plus facilement les manques d’herbe ;
- d’adapter plus précisément la conduite.
Mathieu Bessière insiste toutefois sur un point : on peut avoir un très bon découpage et faire malgré tout un très mauvais pâturage. Le découpage est seulement un moyen.
Rechercher l’homogénéité des parcelles
L’un des objectifs du découpage est d’obtenir des parcelles aussi homogènes que possible. Dès qu’une même parcelle contient à la fois du « bon » et du « mauvais », les animaux surexploitent les zones les plus appétentes et sous-exploitent les autres.
Il faut donc essayer de séparer les hétérogénéités, en particulier :
- les zones hautes et les zones basses ;
- les secteurs à dynamique de pousse différente ;
- les zones de flore très contrastée, dans la mesure du possible.
Même sur prairies naturelles et en zones complexes, l’idée reste de bien observer les parcelles, la pente, les versants, les points d’eau, et de dessiner le parcellaire le moins mauvais possible pour faciliter un pâturage équilibré.
Exemple d’organisation en paddocks
Un exemple donné est celui d’un système en 15 paddocks, calibrés pour deux jours chacun. Cela donne une rotation de 30 jours, qui correspond à peu près à la pousse moyenne observée dans beaucoup de régions herbagères du continent.
Quand arrive le pic de pousse, s’il y a trop d’herbe, on peut débrayer certaines parcelles pour les faucher. L’intérêt du système est de rendre la conduite lisible : on sait où sont les animaux, quand ils arriveront dans telle ou telle parcelle, et si l’on est en train de se faire dépasser ou non.
L’adaptation aux conditions méditerranéennes
Mathieu Bessière précise que le pâturage tournant dynamique, pris de manière stricte, n’est pas entièrement adapté tel quel aux conditions méditerranéennes.
En particulier, à l’approche de la sécheresse, il peut être préférable de laisser venir la montaison plutôt que de continuer à pâturer strictement au bon stade. Si l’on pâture juste avant l’arrivée du sec, on risque de bloquer fortement la repousse. En laissant la plante aller plus loin, on peut au contraire bénéficier d’un peu plus de volume grâce à la dernière pousse de printemps.
Il invite donc à identifier cette période charnière et à ajuster la conduite en conséquence.
La gestion estivale
L’un des points sur lesquels il insiste fortement est la gestion de l’été. Quand il n’y a plus d’herbe, laisser les animaux circuler sur les parcelles continue de dégrader les prairies.
Même en situation de crise, les plantes essaient toujours de faire un petit effort de repousse à partir de leurs réserves. Si les animaux broutent systématiquement ces tentatives de redémarrage, la prairie ne peut pas se maintenir.
Dans ces situations, il faut donc mettre les animaux ailleurs, mais ne pas les laisser sur les prairies en souffrance.
La gestion de l’automne
La conduite d’automne est présentée comme une phase très importante. Sur le continent, Mathieu Bessière observe souvent une tendance à vouloir tout exploiter avant l’hiver, à « raser » les parcelles.
Pour lui, c’est une erreur. À l’automne, les plantes accumulent des réserves pour passer l’hiver. Si elles sont surexploitées à ce moment-là :
- l’hiver se passe mal ;
- le redémarrage de printemps est mauvais ;
- la prairie se dégrade.
À l’inverse, une prairie non surpâturée à l’automne redémarre beaucoup mieux au printemps.
La règle proposée reste simple : à l’automne, on pâture au bon stade, sans surpâturer.
Conclusion
Mathieu Bessière propose une vision du pâturage centrée sur quelques principes forts :
- considérer ensemble les plantes, les animaux et le sol ;
- protéger en permanence le sol ;
- laisser une part importante de l’herbe au système sol-plante ;
- éviter le surpâturage ;
- respecter les temps de repos ;
- réduire les temps de présence ;
- utiliser le parcellaire comme outil de pilotage ;
- adapter les pratiques aux conditions locales, notamment méditerranéennes.
L’idée générale est qu’une prairie n’est jamais neutre : soit elle s’améliore, soit elle se dégrade. La gestion du pâturage doit donc viser à entretenir en permanence le cercle vertueux entre photosynthèse, alimentation du sol, fertilité et production d’herbe.