Rencontres 2015 - Traction animale et MSV - Fabrice Meyer 2/2

De Triple Performance
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Dans cette seconde partie, Fabrice Meyer présente des outils suisses de traction animale, notamment des porte-outils de type Guichard, très aboutis pour le binage et le travail du sol. Il explique leur intérêt en maraîchage sur billons, avec direction des roues, réglages fins et adaptation possible via le projet de « néo-Guichard » porté par l’Atelier Paysan. Il évoque aussi d’autres pistes low-tech : moulin à cheval pour produire de l’énergie, hache-paille manuel pour le MSV, et rouleau FACA souple adapté aux buttes. Au-delà du matériel, Fabrice Meyer partage son expérience concrète du travail avec les chevaux : guidage, dressage, sécurité, gestion des bâches, ferrage, temps de préparation et organisation quotidienne. Il insiste sur les bénéfices agronomiques observés, notamment une moindre compaction du sol qu’avec le tracteur, ainsi qu’un rapport au travail plus calme, plus sobre en énergie et plus attentif au vivant.

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Résumé
Dans cette seconde partie, Fabrice Meyer présente des outils suisses de traction animale, notamment des porte-outils de type Guichard, très aboutis pour le binage et le travail du sol. Il explique leur intérêt en maraîchage sur billons, avec direction des roues, réglages fins et adaptation possible via le projet de « néo-Guichard » porté par l’Atelier Paysan. Il évoque aussi d’autres pistes low-tech : moulin à cheval pour produire de l’énergie, hache-paille manuel pour le MSV, et rouleau FACA souple adapté aux buttes. Au-delà du matériel, Fabrice Meyer partage son expérience concrète du travail avec les chevaux : guidage, dressage, sécurité, gestion des bâches, ferrage, temps de préparation et organisation quotidienne. Il insiste sur les bénéfices agronomiques observés, notamment une moindre compaction du sol qu’avec le tracteur, ainsi qu’un rapport au travail plus calme, plus sobre en énergie et plus attentif au vivant.

Atelier traction animale

Transition de la traction animale en travail du sol à la traction animale en MSV au Jardin de Manspach

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Outils suisses et porte-outils de précision

Fabrice Meyer présente plusieurs outils suisses, qu’il considère comme très aboutis pour la traction animale, notamment pour le binage et certains travaux de sol.

L’un des points importants est le porte-outils Bucher, un matériel rare aujourd’hui, mais jugé très performant. Son intérêt principal est qu’il est :

  • un peu plus large que d’autres modèles plus simples ;
  • dirigeable depuis l’arrière, comme derrière un tracteur ;
  • doté de roues elles-mêmes dirigeables.

Cela permet plusieurs réglages fins :

  • corriger la ligne de binage ;
  • rectifier la trajectoire de l’outil ;
  • rester bien dans les rangs ;
  • faciliter les demi-tours en bout de rang.

Fabrice Meyer souligne que ce type d’outil est devenu très rare. Il mentionne que l’Atelier paysan, avec L’Âtre paysan ou des structures proches selon la transcription, travaillait à un projet de « néo-Bucher », dans une optique de petit travail du sol en traction animale.

Il montre aussi un autre outil du même type, qu’il avait acheté en Suisse. Cet outil possède un système de poignées permettant de diriger le binage. Il l’utilisait pour faire deux billons en même temps sur environ 1,50 m de largeur. Il le trouve efficace, mais s’interroge sur son usage futur en maraîchage, car il évolue vers des systèmes avec moins de travail du sol.

Sur les prix, il insiste sur le décalage entre la Suisse et la France :

  • en Suisse, il a trouvé ce type d’outil autour de 100 € ;
  • en France, certains modèles sont revendus sur Le Bon Coin à 2 000 ou 3 000 €.

Selon lui, la rareté a été accentuée par un revendeur allemand qui aurait acheté beaucoup de matériels anciens pour les revendre plus cher.

Développements autour du néo-Bucher

Fabrice Meyer évoque des photos issues du site d’l’Atelier paysan. Il parle d’essais réalisés autour de matériels inspirés du Bucher, dans une logique de développement de porte-outils adaptés à la traction animale.

L’idée reste orientée vers le travail du sol, même si lui-même s’intéresse de plus en plus à des systèmes plus économes en énergie et en motorisation.

Production d’énergie avec le cheval

Un autre équipement évoqué est un système de type tapis roulant ou moulin, vu dans le village de Jean-Louis Cannelle. Le principe est le suivant :

  • le cheval marche sur un tapis ou une plateforme mobile ;
  • ce mouvement peut entraîner une génératrice ou une prise de force ;
  • il devient alors possible de produire de l’énergie mécanique, voire électrique.

Fabrice Meyer rapproche cela du comportement naturel du cheval, qui marche volontiers en mangeant. Il imagine donc un dispositif où l’animal pourrait avancer, se nourrir, et produire de l’énergie en même temps.

Il évoque la possibilité d’intégrer ce genre de système dans une stabulation, avec une production de quelques kilowatts. Il cite aussi l’exemple de François Mulet pour des techniques de manutention de paille.

Outils manuels et découpe de la paille pour le msv

Fabrice Meyer parle d’un outil ancien qu’il a récupéré, une sorte de hachoir à paille manuel. Il s’agit d’une grande roue avec lame, actionnée à la main, et d’un bac d’alimentation pour faire avancer la paille.

Le système permet de :

  • couper la paille à longueur réglable ;
  • produire une couverture fine pour des semis ;
  • travailler dans des techniques de MSV.

Dans ce cadre, l’idée est de :

  • découper la paille ;
  • ouvrir localement le couvert ;
  • semer des petites graines, par exemple des carottes ;
  • remettre une fine couche de paille par-dessus.

Fabrice Meyer insiste sur son intérêt pour des solutions sans moteur, ou en tout cas avec le moins possible de dépendance aux énergies fossiles ou au nucléaire. Il dit chercher des façons de faire simples, mécaniques, autonomes.

Questions sur les outils, les planches et les billons

Lors des échanges avec le public, Fabrice Meyer précise son système de culture. Il explique que ce qu’il appelle parfois une planche correspond en réalité chez lui à une petite butte ou à un système de billons.

Il détaille alors la manière dont les outils sont attelés au cheval.

Brancards, traits et sellette

Certains outils sont montés avec des brancards, c’est-à-dire deux barres rigides reliées à la sellette ou au collier.

Dans ce montage :

  • les traits servent à la traction ;
  • les brancards portent et stabilisent l’outil ;
  • ils empêchent aussi, notamment en descente, que l’outil ne vienne heurter l’arrière du cheval.

Fabrice Meyer insiste sur l’intérêt de ce système pour les outils à deux roues, qui autrement pourraient venir « dans les fesses du cheval ».

Il précise qu’il existe aussi des systèmes permettant de décaler les brancards, lorsque le cheval ne marche pas exactement au centre de l’outil.

Le rôle du palonnier

Le palonnier est décrit comme une barre sur laquelle viennent se fixer les traits. Son rôle est d’équilibrer la traction :

  • si le cheval tire plus d’un côté que de l’autre,
  • le palonnier compense,
  • et la force se répartit mieux sur l’ensemble de l’outil.

Fabrice Meyer explique que cet équilibrage est très important pour conserver une traction régulière.

Travail dans le sillon et guidage du cheval

Une grande partie de la précision du travail repose sur le fait que le cheval apprend à suivre le sillon. D’après Fabrice Meyer, un cheval habitué peut finir par chercher spontanément la raie ou le passage où il doit marcher.

Il donne plusieurs exemples :

  • lorsqu’il a modifié l’orientation de ses planches, le cheval avait tendance à revenir dans les anciens sillons ;
  • il a aussi observé que le cheval préfère naturellement marcher dans le sillon plutôt que sur la butte ;
  • avec l’habitude, il peut suivre le bon trajet presque seul, sauf distraction, par exemple une touffe d’herbe à manger.

Il précise que sans sillon marqué, le guidage est plus délicat. Le cheval doit alors être davantage tenu aux guides, car il a vite fait de dériver, surtout vers des cultures appétentes comme des salades.

Pour lui, cela fait partie des raisons qui l’ont amené à travailler sur billons : le système donne à la fois un repère pour le cheval et un repère pour l’outil.

Choix agronomiques : billons et sols froids

Fabrice Meyer explique que son sol est de type argilo-limoneux, avec des zones pouvant rester froides et humides au printemps.

Le travail sur billons lui apporte plusieurs avantages :

  • réchauffement plus rapide du sol ;
  • meilleure protection vis-à-vis de l’excès d’eau ;
  • conduite plus facile du cheval et de l’outil.

Il insiste sur le lien entre choix agronomique et choix de traction : les billons ne servent pas seulement à la culture, ils servent aussi de guides physiques.

Outils tirés seulement par les traits

Tous les outils ne sont pas montés sur brancards. Certains sont tirés uniquement par les traits.

Dans ce cas, on peut tout de même ajouter des brancards selon les situations, mais Fabrice Meyer explique que sur certains de ses terrains, avec un peu de pente, il préfère les avoir pour pouvoir retenir l’outil dans les descentes.

Il évoque aussi la possibilité de régler le décalage latéral de l’outil grâce à un système de coulisse ou d’arc métallique permettant de déplacer le point de traction. Cela permet :

  • de faire marcher le cheval sur le billon ou dans le sillon ;
  • de maintenir l’outil correctement déporté ;
  • de suivre plus précisément la ligne de culture.

Selon lui, ce réglage demande peu de déplacement pour être efficace.

Largeur de planches et organisation des cultures

À une question sur ses dimensions de travail, Fabrice Meyer répond qu’il travaille actuellement avec des repères de 85 cm.

Au départ, il était sur des planches de 1,20 m, en système tracteur. Puis, à cause de l’humidité du sol, il a passé un butoir au milieu afin de remonter davantage de terre. Progressivement, cela l’a conduit vers une organisation en billons.

Il explique qu’avec ses références :

  • d’un milieu de sillon à l’autre, il a environ 85 cm ;
  • ce rythme permet au cheval de circuler convenablement ;
  • il place ensuite les rangs selon les cultures, parfois quatre rangs, parfois deux, sur une même largeur.

Il indique qu’il travaillait auparavant autour de 1,70 m, puis a resserré son organisation.

Effets observés sur le sol : moins de tassement

Fabrice Meyer revient longuement sur les effets du passage du tracteur. Il estime que ses anciens passages provoquaient beaucoup de tassement, notamment dans les zones de demi-tour.

Depuis qu’il travaille davantage au cheval, il observe :

  • une meilleure structure ;
  • moins de compaction ;
  • de meilleurs développements culturaux ;
  • moins de jaunissement sur certaines cultures.

Il note que les zones autrefois très marquées par les manœuvres du tracteur montrent une nette amélioration.

Occultation et structure du sol

Il évoque également la pratique de l’occultation par bâches. Au début, il occultait puis retravaillait encore un peu le sol après retrait de la bâche, notamment à la griffe, pour gérer les levées d’adventices.

Ce travail lui a permis d’observer que sous bâche, le sol est en réalité très vivant et aéré :

  • présence de nombreux vides ;
  • action des vers de terre ;
  • structure « comme un gruyère ».

Ainsi, même si la surface paraît compacte, l’outil révèle une terre très meuble dès qu’il entre dans le sol.

Projet de rouleau faca souple sur billons

Fabrice Meyer présente ensuite un projet de rouleau faca adapté à ses billons. Il cite le modèle Roll’Flex développé dans le réseau de l’Atelier paysan.

Le principe du rouleau présenté est le suivant :

  • succession de disques ;
  • disques reliés entre eux par des maillons de chaîne ;
  • plaques ou lames montées sur les disques ;
  • ensemble souple capable de suivre le relief.

Cette souplesse est importante pour travailler sur des planches bombées ou des billons. Le rouleau suit la forme du terrain au lieu de l’écraser uniformément comme un cylindre rigide.

Fabrice Meyer veut adapter ce principe à son propre système. Il explique que, comme il ne travaille plus ou presque plus le sol, ses billons finissent par s’aplatir avec le temps, sous l’effet :

  • des mulots ;
  • des fourmilières ;
  • du tassement naturel ;
  • de l’absence de reprise mécanique.

Il a observé ce phénomène dans une zone laissée plusieurs années sans travail du sol, au point qu’il fallait remettre des ficelles pour retrouver l’emplacement exact des billons.

Conception envisagée pour son rouleau

Son idée est de fabriquer un outil avec :

  • des jantes de voiture récupérées ;
  • des contrepoids de motoculteur pour donner de la masse ;
  • deux éléments latéraux pour reformer les côtés du billon ;
  • un troisième élément arrière pour réaplatir et finaliser le dessus.

Il veut également prévoir un élément travaillant dans le sillon. L’ensemble serait monté sur le porte-outils 4 roues présenté plus tôt.

Dans l’idéal, il aimerait pouvoir y raccrocher derrière un semoir Irrium ou un autre semoir, afin de combiner roulage et semis en un seul passage. Il précise toutefois que tout cela reste à mettre au point.

Réactions des chevaux face aux bâches

Une question porte sur le comportement des chevaux vis-à-vis des bâches. Fabrice Meyer explique qu’au début, elles peuvent faire peur.

Il raconte que lorsqu’il n’avait pas d’écurie, il avait installé une tente qui servait d’abri avec le foin dedans. Le cheval a d’abord hésité à y entrer, puis l’attrait du foin l’a aidé à s’y habituer.

Pour les bâches au champ, la logique est la même :

  • au départ, le cheval peut être tendu ;
  • il observe un objet inhabituel ;
  • il peut chercher à s’écarter.

Mais avec le temps, et à condition de rester patient, il finit par comprendre qu’il n’y a pas de danger.

Fabrice Meyer compare cela aux poubelles sorties dans une rue : un cheval qui n’a pas l’habitude peut être surpris par n’importe quel changement visuel brutal.

Patience, expérience et gestion du stress

Il insiste beaucoup sur le fait que le travail avec le cheval demande :

  • de la patience ;
  • du temps ;
  • de l’expérience.

Quand tout va bien, mener un cheval est simple. Les vraies difficultés apparaissent en situation de stress :

  • chaleur ;
  • mouches ;
  • passage d’une montgolfière ;
  • bruits inhabituels ;
  • éléments soudains dans l’environnement.

Selon lui, c’est là que se joue la sécurité, et cette capacité à réagir ne s’apprend pas uniquement dans les livres. Il faut de l’expérience pratique.

Il raconte aussi ses premières expériences de dressage, en particulier avec des chevaux prêtés ou à reprendre. Avec le temps, il dit avoir gagné en calme et en capacité d’anticipation.

Exemple d’un cheval qui se cabre

Fabrice Meyer donne l’exemple d’une jument qui s’était cabrée alors qu’elle voulait rejoindre son père. Dans une situation de demi-tour, elle s’est levée.

À partir de là, il est devenu très vigilant : dès les premiers signes d’une tentative, il reprend les guides pour empêcher la montée. L’idée est d’intervenir avant que le cheval soit complètement debout, car une fois levé, il n’y a plus grand-chose à faire.

Il explique qu’un cheval teste parfois. S’il réussit une fois, il peut recommencer. Le travail consiste donc à poser des limites claires et constantes.

Respect et mauvaises habitudes

Fabrice Meyer insiste sur un principe : avec un cheval, la relation tient beaucoup à la perception qu’il a de la personne qui le mène.

Ce qui compte, selon lui, n’est pas que le cheval sache réellement qui est le plus fort, mais qu’il croie qu’il doit respecter la personne. Si le cheval comprend qu’il peut faire ce qu’il veut, partir de côté, arracher les guides, ou imposer ses choix, de mauvaises habitudes peuvent vite s’installer.

Ces habitudes sont ensuite difficiles à corriger, surtout chez un animal déjà adulte et puissant.

Parage, ferrure et déplacements sur route

Sur l’entretien des pieds, Fabrice Meyer explique qu’au début, quand il ne travaillait que dans les champs, il ne faisait pas ferrer. Un simple parage pouvait suffire, à condition qu’il soit bien fait.

Il rappelle que le parage est très important et qu’il doit être réalisé par quelqu’un de compétent, surtout pour éviter les déformations.

En revanche, dès lors qu’il a dû parcourir davantage de route, en particulier depuis qu’il a des terrains à 12 km, la ferrure est devenue nécessaire. Le macadam use très vite les sabots.

Il donne un ordre de grandeur :

  • ferrure des quatre pieds : environ 80 € ;
  • renouvellement toutes les 6 à 8 semaines environ, selon les chevaux et l’usure.

Sièges, confort et conduite à une main

Fabrice Meyer mentionne aussi certains outils de fauche ou matériels anciens disposant d’un siège suspendu ou amorti. Il parle d’une barre métallique souple qui sert d’amortisseur et améliore le confort.

Il aborde ensuite la question de la conduite à une main, utilisée dans certaines méthodes de travail du cheval. Selon lui, avec un cheval bien dressé, on peut guider en tenant les guides d’une certaine façon :

  • une guide passant au-dessus ;
  • l’autre en dessous ;
  • de simples mouvements de poignet suffisent à appeler à droite ou à gauche.

Il précise cependant qu’il accompagne toujours cela par la voix. Le cheval apprend progressivement les ordres vocaux, mais cela demande du temps.

Même si certaines personnes travaillent beaucoup à la voix, il rappelle qu’il est plus sûr de garder les guides : elles restent un moyen de contrôle indispensable.

Temps de travail d’un cheval

Sur la capacité de travail, Fabrice Meyer estime qu’un cheval entraîné et en forme peut assurer, en gros :

  • deux séances de deux heures par jour ;
  • ou deux séances d’1 h 30 à 2 h.

Cela dépend évidemment de la dureté du travail :

  • si le travail est très pénible, il faut réduire ;
  • pour des travaux comme la fauche, cela peut être plus léger ;
  • avec deux chevaux, on peut élargir les largeurs de travail et tenir davantage sur la journée.

Coût et organisation du travail avec un cheval

Il rappelle que la traction animale suppose de réfléchir à plusieurs postes :

  • coût d’achat du cheval ;
  • nourriture ;
  • abri ;
  • clôtures ;
  • ferrure ;
  • soins ;
  • harnachement.

Mais il faut aussi compter le temps de préparation, souvent oublié.

Avant de travailler, il faut :

  • aller chercher le cheval ;
  • le licoler ;
  • éventuellement le brosser ;
  • curer les pieds ;
  • faire les petits soins du quotidien ;
  • le garnir, c’est-à-dire lui mettre le harnais ;
  • l’atteler.

Selon lui, cela peut aller très vite si tout est simple, mais il faut compter globalement 20 à 30 minutes, parfois davantage.

Il précise qu’en situation d’urgence on peut réduire ce temps, à condition de nettoyer au moins les zones de contact du harnais pour éviter les blessures.

Déplacements entre parcelles

Pour les trajets, il indique qu’un cheval marche autour de 6 km/h. Avec des parcelles situées à 12 km, cela représente un vrai temps de déplacement.

Mais il relativise en comparant au tracteur : autrefois, pour changer de parcelle avec du matériel, il fallait parfois :

  • aller chercher une bétaillère ;
  • charger le matériel ;
  • faire la route ;
  • décharger ;
  • rapporter la bétaillère.

Au final, le gain de temps n’était pas forcément si énorme. Aller au cheval prend du temps, mais ce temps est aussi vécu comme un moment agréable et apaisé.

Un autre rapport au travail

Fabrice Meyer dit que la traction animale change profondément le rapport au travail. Elle impose :

  • le calme ;
  • l’attention ;
  • l’adaptation au rythme de l’animal ;
  • l’absence de bruit de moteur ;
  • une autre manière de gérer le temps.

Même lorsqu’il est pressé, il explique qu’il ne retrouve pas le même état mental qu’avec le tracteur. Le travail au cheval l’oblige à sortir de la logique de précipitation.

Quelques références citées

En fin d’échange, Fabrice Meyer cite plusieurs personnes ou structures en lien avec l’élevage, l’attelage, le dressage ou la traction animale :

  • Jean-Louis Cannelle ;
  • Jeanne Chebella ou un nom proche dans la transcription ;
  • la Petite fontaine, mentionnée comme structure ou référence de formation ;
  • Michel Schnoebelen, éleveur chez qui il a acheté sa jument ;
  • une personne nommée Khalid ou proche, vue sur YouTube pour des vidéos de débourrage.

Il évoque aussi l’éthologie, entendue ici comme une approche attentive au comportement du cheval et à des méthodes de dressage plus douces.

Chevaux de trait ou autres chevaux

À une dernière question, Fabrice Meyer répond qu’en théorie d’autres chevaux que les chevaux de trait peuvent tirer. Mais il souligne que les chevaux de trait présentent des avantages :

  • plus de masse ;
  • plus de force ;
  • souvent un tempérament plus calme.

Des chevaux plus nerveux peuvent convenir à certains usages, comme la calèche, mais en agriculture, avec un outil derrière, il faut des animaux stables et fiables.

Il insiste sur l’importance d’avoir un cheval capable de rester à sa place, de ne pas partir dès qu’on lâche les guides, et de supporter les conditions de travail.

Mouches, chaleur et horaires de travail

Enfin, Fabrice Meyer parle des difficultés liées aux mouches et à la chaleur estivale. Il utilise une préparation à base d’huiles essentielles, avec une efficacité variable. Il existe aussi des dispositifs à franges posés sur le dos ou la tête du cheval pour limiter la gêne des insectes.

Mais pour lui, le plus efficace est surtout d’adapter les horaires :

  • travailler très tôt le matin ;
  • éventuellement le soir ;
  • éviter les heures chaudes.

En été, il considère que le meilleur créneau est souvent autour de 5 h à 8 h du matin. Après cela, la chaleur et les insectes rendent le travail beaucoup plus difficile, et les chevaux deviennent plus nerveux.

Conclusion

Dans cette seconde partie de son intervention, Fabrice Meyer développe une vision très concrète de la traction animale en maraîchage :

  • choix d’outils rares et précis, souvent suisses ;
  • adaptation des matériels aux billons ;
  • réflexion sur des systèmes peu motorisés ;
  • importance du dressage, de la sécurité et du respect du cheval ;
  • articulation étroite entre agronomie, organisation du travail et conduite animale.

Son témoignage montre que la traction animale n’est pas seulement un remplacement du tracteur, mais une autre façon de penser :

  • le sol ;
  • les cultures ;
  • les outils ;
  • le temps de travail ;
  • et la relation entre l’humain et l’animal.