Loup et élevage (partie 2) : les attaques
![]()
Dans les Alpes, les éleveurs Muriel et Yoann vivent dans un stress permanent depuis le retour du loup. Autour de leur élevage, les chiens de protection (patous) sont en état d’alerte pour prévenir une attaque. Je passe la nuit avec eux sur l'alpage familial, où les chèvres et les vaches sont rentrées chaque soir autour du chalet et les filets de protection sont tirés et électrifiés.
Avec Muriel Guillot et Yoann Pissard-Maillet de la ferme des Armaillis, mais aussi avec Joseph Boussion et Olivier Maurin de la ferme du Payssas, j'échange sur les solutions pour une coexistence entre loup, éleveurs et troupeaux. Sans oublier de parler du rôle que nous pouvons tous jouer, en montagne, pour accompagner cette révolution des pratiques d'élevage et de pastoralisme.
Tous Terriens ! C'est aussi la communauté de celles et ceux qui voient l’agriculture comme un moteur de solutions pour la planète, pour l’humain et pour l’animal.
Si vous vous y reconnaissez, n’oubliez pas de vous abonner à ma chaîne, d’activer la cloche pour recevoir une notification à chaque nouvelle vidéo, une fois par mois, de mettre un pouce en l’air et de commenter. On est tous terriens !
- --------------------------------------------------------------------
Suivez-moi :
http://www.instagram.com/pierre_girard
http://www.facebook.com/PierreGirardjournaliste
http://www.twitter.com/artepierre
- TousTerriens
- --------------------------------------------------------------------
Liens utiles :
Suivez la page Facebook de Joseph Boussion, Carnet de Berger :
https://www.facebook.com/CarnetdeBerger
Et son Instagram :
https://www.instagram.com/CarnetdeBerger
La ferme des Armaillis de Muriel Guillot et Yoann Pissard-Maillet sur Facebook :
https://www.facebook.com/fermedesarmaillis
La ferme du Payssas sur Facebook :
https://www.facebook.com/fermedupayssas
- --------------------------------------------------------------------
0:00 Alerte loup des chiens de protection
0:54 Bilan de la nuit
1:59 Attaques de loup
3:37 Situation loup dans les Pyrénées
4:41 Viabilité démographique du loup
5:26 Spécialisation du loup sur les troupeaux
6:36 Plan loup et tir de défense
8:18 Pastoralisme en danger avec le loup
9:33 Rôle des utilisateurs de la montagne
- --------------------------------------------------------------------
Réagissez, commentez, partagez.
Abonnez-vous et activez la cloche pour ne pas rater mes prochaines visites chez les agriculteurs engagés et inspirants.
La vie sous la menace constante du loup
La nuit sur l’alpage de Muriel Guillot et Yoann Pissard-Maillet est rythmée par les alertes. Dès que les yeux brillent dans la nuit, l’inquiétude monte. Bien que le loup ne soit pas toujours en vue, la pression psychologique est permanente. Les chiens de protection, bien que cruciaux, ne permettent plus aux éleveurs de dormir sereinement. Cette incertitude constante empêche tout repos véritable, car le prédateur peut frapper n’importe quand.
Le traumatisme des attaques
L’impact du loup est vécu comme une pression “monumentale” et un stress quotidien. Joseph Boussion, berger, témoigne du traumatisme des attaques : “Il y a deux ans, je me suis fait attaquer à 20 mètres de ma cabane. On n’a strictement rien entendu, on s’est réveillés le matin et il n’y avait plus de troupeau, juste des cadavres.” Ce sentiment d’impuissance, comparé à la peur d’un sniper invisible, hante les éleveurs chaque matin au moment de retrouver leurs bêtes.
Une expansion géographique inévitable
Joseph Boussion a quitté les Alpes pour les Pyrénées, où il s’associe désormais avec Olivier Maurin de la ferme du Spahi. Dans ces nouvelles régions, le sujet de la prédation est au cœur de toutes les conversations. Les cartes de colonisation montrent une progression vers l’ouest et la proximité avec l’Espagne, où la présence du loup est avérée, laisse peu d’espoir d’y échapper. Pour les éleveurs, se préparer à cette arrivée n’est pas une question d’acceptation, mais d’anticipation pour mesurer l’impact sur le territoire.
Les outils de protection et les limites du système
Depuis 2018, le plan loup fixe le cadre national avec deux objectifs : la viabilité de l’espèce et la protection des troupeaux. Les mesures phares reposent sur les chiens de protection, les filets et les tirs de défense. Toutefois, ces dispositifs sont strictement encadrés :
- Réglementation stricte : Le tir de défense est une mesure de dernier recours, soumise à autorisation préfectorale, nécessitant un permis de chasser valide et un registre rigoureux.
- Réalité de terrain : Il est interdit de traquer le loup ou de le tirer à proximité immédiate du troupeau voisin, ce qui limite considérablement la marge de manœuvre des éleveurs.
Beaucoup d’éleveurs, comme Yoann, avouent avoir passé le permis de chasse non par vocation, mais par nécessité de protection. Le tir reste un dernier recours qu’ils préféreraient ne jamais avoir à utiliser.
Vers une coexistence fragile
L’importance de la présence des troupeaux en montagne dépasse le simple aspect économique : ils sont essentiels pour maintenir la biodiversité en évitant que les terres ne soient envahies par les buissons et la forêt. Le pâturage favorise l’humus et la vie animale.
Pour les éleveurs, la cohabitation nécessite une compréhension mutuelle de la part du public. Ils appellent les usagers de la montagne à respecter des règles simples : rester calme, descendre de vélo à l’approche des chiens de protection et leur laisser le temps d’identifier les personnes. Le retour du loup oblige à repenser un équilibre complexe où l’État doit accompagner les éleveurs plutôt que de leur laisser la responsabilité de se débrouiller seuls face à une situation devenue inéluctable.