Le numérique, nouvel allié de l'agroécologie ? Retours terrain

De Triple Performance
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Ce webinaire, organisé par l'association Cofarming dans le cadre de l'initiative Occitanum, explore la synergie entre le numérique et l'agroécologie. Si le numérique est parfois perçu avec méfiance, les interventions de Claire Rogel-Gaillard (INRAE), Bertrand Gorge (Cofarming) et Jean-François Larrieu (Arbonovateur) démontrent qu'il constitue un levier puissant pour gérer la complexité inhérente aux systèmes agricoles durables. De l'optimisation des intrants par la télédétection et le guidage autonome de précision, jusqu'aux outils de pilotage technico-économique, les solutions numériques permettent de mieux mesurer, anticiper et accompagner la transition vers des pratiques agroécologiques. Les intervenants soulignent toutefois que l'adoption de ces outils par les agriculteurs repose sur trois piliers : une ergonomie rigoureuse, un rapport bénéfice-coût clair et une formation adaptée. En somme, le numérique, s'il est pensé avec sobriété et ancré dans les réalités de terrain, devient un allié indispensable pour réconcilier performance, résilience et durabilité agricole.

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Résumé
Ce webinaire, organisé par l'association Cofarming dans le cadre de l'initiative Occitanum, explore la synergie entre le numérique et l'agroécologie. Si le numérique est parfois perçu avec méfiance, les interventions de Claire Rogel-Gaillard (INRAE), Bertrand Gorge (Cofarming) et Jean-François Larrieu (Arbonovateur) démontrent qu'il constitue un levier puissant pour gérer la complexité inhérente aux systèmes agricoles durables. De l'optimisation des intrants par la télédétection et le guidage autonome de précision, jusqu'aux outils de pilotage technico-économique, les solutions numériques permettent de mieux mesurer, anticiper et accompagner la transition vers des pratiques agroécologiques. Les intervenants soulignent toutefois que l'adoption de ces outils par les agriculteurs repose sur trois piliers : une ergonomie rigoureuse, un rapport bénéfice-coût clair et une formation adaptée. En somme, le numérique, s'il est pensé avec sobriété et ancré dans les réalités de terrain, devient un allié indispensable pour réconcilier performance, résilience et durabilité agricole.

L'agroécologie ouvre un champ des possibles : de nouvelles pratiques à explorer, de nouveaux savoirs à partager, de nouvelles décisions à prendre. Et c'est précisément là que le numérique peut être le levier d’accélération, à condition qu'il réponde à de vrais besoins terrain.

Animateur : Henri de Richecour de Richecour, Co-fondateur, Neayi – Triple Performance

Intervenants :

  • Bertrand GORGE, Co-fondateur, Neayi – Triple Performance
  • Jean-François LARRIEU, Conseiller Arboriculture fruitière & Animateur GIEE Arbonovateur, Chambre d'agriculture de Tarn-et-Garonne
  • Claire ROGEL-GAILLARD, Directrice scientifique adjointe Agriculture, INRAE

Ce 1er rendez-vous du parcours Agroécologie & Numérique explore comment les outils numériques aident concrètement les agriculteurs à accéder aux bonnes connaissances, à s'approprier de nouvelles pratiques et à prendre des décisions plus éclairées.

Ce qu'il faut retenir :

  • Compatibilité, et non opposition

Loin de s'opposer, les deux se renforcent. L'agroécologie consiste à « remettre de la complexité dans les champs » pour en tirer des bénéfices agronomiques. Le numérique, quant à lui, est un levier clé pour gérer cette complexité, et en maximiser les bénéfices, à condition de l'orienter vers les bons objectifs.

  • Du labo au terrain : des applications déjà concrètes

Les intervenants ont illustré toute la palette du possible : De la recherche de pointe (programme PEPR Agroécologie & Numérique de l'INRAE/Inria, reconnaissance des maladies via PlantNet, télédétection des sols etc.) aux outils d'aide à la décision (Triple Performance) jusqu'au applications terrain (tracteurs autonomes et cartographie arbre par arbre en arboriculture).

  • Les clés de l'adoption

Un outil n'est adopté que si sa simplicité d'usage est à la hauteur de l'intérêt qu'il apporte. Deux critères font la différence : l'ergonomie (pensée du point de vue d'un agriculteur) et un rapport bénéfice/coût clair et tangible. D'où l'importance du diagnostic d'exploitation et de la formation de nos conseillers pour aider à faire les bons choix.





Le numérique, nouvel allié de l’agroécologie ? Retours terrain

Ce webinaire, organisé par l’association Cofarming dans le cadre de l’initiative Occitanum, explore la synergie entre la transition agroécologique et les outils numériques. Cofarming, collectif d’entrepreneurs pour la transition agricole, se positionne comme une “boîte à outils” cherchant à ancrer les innovations sur le terrain.

L’agroécologie : un cadre sous contrainte

Claire Rogel-Gaillard, directrice scientifique adjointe à INRAE, rappelle que l’agroécologie s’inscrit dans un environnement contraint par les limites planétaires. Selon la définition de la FAO, il s’agit d’une approche holistique, à la fois science, ensemble de pratiques et mouvement social, visant à optimiser les interactions entre les systèmes naturels et humains.

La transition agroécologique, conceptualisée par Glissman, passe par plusieurs niveaux : de l’augmentation de l’efficience des intrants à la redéfinition complète des systèmes alimentaires. Le numérique intervient ici comme un levier pour mieux prédire, mesurer et gérer la complexité inhérente à ces systèmes.

Projets de recherche et innovation

INRAE et Inria co-portent le programme “Agroécologie et numérique” (financement France 2030, 65 millions d’euros sur 8 ans), structuré autour de quatre axes :

  1. Socio-écosystèmes : innover de manière responsable.
  2. Agroéquipements : concevoir une nouvelle génération de machines.
  3. Ressources génétiques : évaluer leur potentiel agroécologique.
  4. Données et IA : modélisation pour l’aide à la décision.

Parmi les projets concrets :

  • Agroecopet : phénotypage à haut débit de cultures associées par IA.
  • Plante Agroecho : outil de reconnaissance (via PlantNet) des pathogènes et ravageurs pour l’épidémiosurveillance participative.
  • Mélicert : télédétection (Sentinel 2) pour le suivi spatialisé des épandages de produits résiduaires organiques.
  • Capteurs de bien-être animal : mesure précise de l’utilisation de l’ombre par les bovins au pâturage.

Outils de bureau et aide à la décision

Bertrand Gorge (Néa) présente deux outils visant à réduire le temps de recherche et d’acquisition de connaissances pour les agriculteurs :

  • Triple Performance : plateforme capitalisant 8 000 pages de fiches techniques et des retours d’expérience chiffrés pour sécuriser les décisions.
  • Itinéra : outil de modélisation technico-économique permettant de simuler l’impact de changements de pratiques (ex: coût de l’azote, changement de culture) sur la marge et les indicateurs environnementaux (GES, IFT).

Retours terrain : l’exemple de l’arboriculture

Jean-François Larrieu (animateur de l’Open Lab Arbo du Tarn-et-Garonne) illustre l’usage du numérique en verger :

  • Robotisation et autonomie : L’usage de tracteurs autonomes (solution Gotrac) permet aux arboriculteurs de gagner en autonomie, notamment pour positionner les produits de biocontrôle au moment optimal, même en dehors des horaires classiques.
  • Agriculture de précision : La technologie Green Atlas permet de compter les fruits par arbre. Couplée aux tracteurs autonomes, elle autorise une modulation précise des doses, réduisant ainsi les intrants (jusqu’à 50 % d’économie lors de l’éclaircissage).

Conditions d’adoption et limites

Les intervenants s’accordent sur plusieurs points clés pour garantir l’adoption des outils numériques :

  • Ergonomie : L’effort d’utilisation doit être proportionnel au bénéfice perçu.
  • Bénéfice-coût : Les outils doivent répondre à un besoin réel et offrir une rentabilité claire (gain de temps, réduction d’intrants).
  • Formation : L’accompagnement des conseillers agricoles est crucial pour diagnostiquer les besoins réels des exploitations.
  • Sobriété : Il est impératif de veiller à la parsimonie des solutions numériques et d’éviter que la technologie ne serve uniquement à intensifier les modèles conventionnels, au détriment de la reconception agroécologique.

Le numérique est un allié puissant pour gérer la “complexité” de l’agroécologie, à condition qu’il soit pensé en concertation avec les besoins agronomiques et qu’il reste centré sur l’agriculteur.