La Pulvérisation Bas Volume - Vincent FRANQUET

De Triple Performance
Aller à :navigation, rechercher

Expert en pulvérisation et fondateur d’Agriconseils, Vincent Franquet partage son expertise de plus de vingt ans sur la pulvérisation bas volume. Cette méthode, initialement axée sur l’économie, intègre désormais des enjeux environnementaux et agronomiques cruciaux, notamment la préservation de la vie du sol. Le résumé technique souligne l’importance de la qualité de pulvérisation, déterminée par le couple buse-pression, ainsi que la maîtrise des conditions climatiques (hygrométrie et vent) pour optimiser l’efficacité des produits. L'auteur détaille les règles d'utilisation des adjuvants (mouillants, huiles, sulfates) et insiste sur la qualité de l’eau (pH, dureté). En combinant ces facteurs, les agriculteurs peuvent réduire significativement les doses de phytosanitaires, gagner en temps de travail et améliorer la précision de leurs interventions. Cette approche globale, inspirée par la méthode historique « bas volume », reste une référence indispensable pour une agriculture moderne, performante et plus respectueuse de l'environnement.

auto_awesome
Résumé
Expert en pulvérisation et fondateur d’Agriconseils, Vincent Franquet partage son expertise de plus de vingt ans sur la pulvérisation bas volume. Cette méthode, initialement axée sur l’économie, intègre désormais des enjeux environnementaux et agronomiques cruciaux, notamment la préservation de la vie du sol. Le résumé technique souligne l’importance de la qualité de pulvérisation, déterminée par le couple buse-pression, ainsi que la maîtrise des conditions climatiques (hygrométrie et vent) pour optimiser l’efficacité des produits. L'auteur détaille les règles d'utilisation des adjuvants (mouillants, huiles, sulfates) et insiste sur la qualité de l’eau (pH, dureté). En combinant ces facteurs, les agriculteurs peuvent réduire significativement les doses de phytosanitaires, gagner en temps de travail et améliorer la précision de leurs interventions. Cette approche globale, inspirée par la méthode historique « bas volume », reste une référence indispensable pour une agriculture moderne, performante et plus respectueuse de l'environnement.

Notre Tipeee pour soutenir notre production vidéo :

https://fr.tipeee.com/ver-de-terre-production


SOMMAIRE


1. 0:00:35 : Présentation “AgriConseil”

2. 0:02:05 : Les enjeux de la pulvérisation bas volume

3. 0:05:00 : La pulvérisation bas volume

4. 0:23:05 : Les facteurs influençant la qualité de pulvérisation

5. 0:29:40 : Le choix des buses

6. 1:23:50 : L’influence des conditions climatiques

7. 2:08:05 : Les adjuvants & correcteurs

8. 2:40:30 : Comment faire des essais chez soi ?


Pour plus d'informations, vous pouvez vous rendre sur le site web de la société Agri-conseil, où vous trouverez ses fascicules et son agenda de formation

https://agri-conseil.com/


Introduction

Cette présentation porte sur la formation à la pulvérisation bas volume, dispensée depuis plus de vingt ans par Vincent Franquet, responsable de la société Agriconseils. Basée dans le sud de la Marne, cette structure dispense son expertise partout en France, en Belgique et en Suisse. La formation, qui à ses débuts possédait une entrée principalement économique, intègre désormais des dimensions environnementales et agronomiques liées au vivant, notamment dans le contexte de la culture de conservation des sols.

Historique de la méthode

La méthode « bas volume » a été initiée par Clément Jeantet et Bernard Domene au début des années 1980, dans un contexte où les volumes de traitement étaient bien plus élevés (300 à 400 litres par hectare). À l'époque, les travaux se concentraient sur deux axes :

  • Le glyphosate : face au coût élevé du produit, il était crucial de maximiser son efficacité en traitant la qualité de l'eau (dureté) et en utilisant moins de volume.
  • Le système TGV (Traitement Généralisé de la Betterave) : cette méthode consiste à associer trois à quatre produits (deux racinaires, deux foliaires) à un dixième de leur dose homologuée, appliqués le matin de bonne heure avec peu d'eau, lors de la levée des mauvaises herbes. Cette approche a été étendue avec succès à d'autres cultures comme le colza ou le tournesol.

Objectifs du bas volume

  • Optimisation du temps de travail : réduire le volume d'eau permet de limiter le nombre de remplissages et les temps de trajet, offrant ainsi une plus grande disponibilité pour intervenir dans les créneaux climatiques favorables (matin de bonne heure, absence de vent).
  • Conditions d'application : l'intervention sur des adventices jeunes, avec une hygrométrie élevée, favorise une meilleure réceptivité des plantes.
  • Impact environnemental : la réduction des volumes et des doses limite le ruissellement, l'impact sur la biodiversité du sol et la dérive non visible.
  • Économie : le gain en matières actives se situe généralement entre 30 et 50 % sur les grandes cultures, et 20 à 30 % en légumes de plein champ.

Facteurs influençant la qualité de pulvérisation

La réussite du traitement dépend de plusieurs facteurs classés ici par ordre d'importance :

  1. Conditions climatiques au moment de l'application : hygrométrie, vent, température.
  2. Anticipation et prévention : traiter sur des adventices jeunes (stade émergent).
  3. Qualité de la pulvérisation : choix des buses et réglage du matériel.
  4. Mélange de matières actives : associer différents modes d'action pour prévenir les résistances (détoxification).
  5. Qualité de l'eau : particulièrement le pH, la dureté et la conductivité (critique pour le glyphosate).

Matériel et technique de pulvérisation

Le choix des buses

Le couple buse/pression est déterminant. L'objectif est d'obtenir une taille de gouttelette comprise entre 270 et 300 microns.

  • Buses à fente (80°) : recommandées pour leur spectre de gouttes homogène, une moindre dérive et un risque de bouchage réduit par rapport aux 110°.
  • Buses anti-dérive (XR) : recommandées pour leur basse pression de travail et leur capacité à limiter les fines gouttelettes.
  • Matériaux : l'acier inoxydable est privilégié pour sa qualité de jet et sa précision, tandis que la céramique est durable mais parfois moins précise sur les petits calibres.

Vitesse et stabilité

Une vitesse excessive (au-delà de 20 km/h) augmente le risque de dérive et les turbulences. La stabilité de la rampe est primordiale ; il est conseillé d'alimenter les rampes par les deux extrémités pour éviter les variations de pression et les zones non traitées.

Gestion des conditions climatiques

Le matin de bonne heure reste le créneau idéal pour plusieurs raisons :

  • Hygrométrie : l'humidité élevée permet de limiter l'évaporation des gouttelettes fines et favorise la pénétration des produits systémiques hydrosolubles.
  • Vent : l'absence de vent est plus fréquente le matin, limitant la dérive.
  • Physiologie des plantes : la rosée et l'humidité ambiante favorisent la dilatation de la cuticule, permettant une meilleure pénétration des matières actives.

À l'inverse, il faut éviter de traiter en plein soleil ou en conditions séchantes, car cela génère une évaporation rapide des gouttelettes et une fermeture des pores foliaires.

Adjuvantation et traitement de l'eau

L'utilisation d'adjuvants doit être réfléchie et non systématiquement corrélée à une baisse de dose arbitraire.

  • Mouillants (ex: Silhouette) : utilisés à très faible dose (0,01 %) pour améliorer l'étalement sur les feuilles sans provoquer de lessivage excessif.
  • Huiles (ex: Actirob) : essentielles pour les antigraminées foliaires afin de franchir la barrière cireuse des cuticules.
  • Sulfates :
    • Sulfate d'ammonium : incontournable avec les désherbants pour neutraliser la dureté de l'eau.
    • Sulfate de magnésie (Epsotop) : utilisé pour son effet nutritif et hygroscopique avec les fongicides ou insecticides.

Pour la qualité de l'eau, l'utilisation d'eau de pluie collectée avant contact avec le sol est vivement recommandée pour sa faible dureté et son pH neutre.

Conclusion sur les essais à la ferme

Il est possible et recommandé de mener ses propres essais sur l'exploitation. Pour qu'ils soient exploitables, il convient de :

  • Utiliser des bandes de grande taille.
  • Répéter les modalités (4 répétitions idéalement).
  • Toujours inclure un témoin pour comparer les résultats, car la variabilité du sol et du milieu est souvent sous-estimée.