Verger-maraicher, haies champêtres et bois d'oeuvre en élevage
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Gilles et Guillaume Haelewyn plantent des arbres chaque année depuis plus de 5 ans sur leurs fermes dans le Calvados, en Normandie. A terme, en plus des services écosystémiques fournis par les arbres, l'objectif est de produire des fruits et du bois d'oeuvre. Merci à eux pour cette visite !
Verger-maraîcher, haies champêtres et bois d’œuvre en élevage
Dans cette vidéo, Guillaume Haelewyn et Gilles Haelewyn partagent leur expérience et leurs réflexions sur l’intégration de l’agroforesterie au sein de leurs exploitations. Entre la ferme laitière et le jardin maraîcher, l’objectif est de concilier production, biodiversité et viabilité économique.
Le projet agroforestier et le bois d’œuvre
Sur une parcelle de 3 hectares, on dénombre environ 800 arbres. L’installation initiale visait à remettre des arbres dans le système agricole, rompant avec une histoire agricole qui a longtemps cherché à les supprimer. Bien que cette démarche demande un investissement financier important et une charge de travail non négligeable, elle apporte une plus-value paysagère et écologique, tout en offrant une nouvelle possibilité d’exploitation avec le bois d’œuvre.
Les enseignements tirés sur le terrain poussent aujourd’hui Guillaume à ajuster ses pratiques. Il préconise désormais de planter plus dense (un arbre tous les 4 mètres) plutôt qu’un arbre tous les 10 mètres, quitte à éclaircir ensuite pour sélectionner les plus beaux sujets pour le bois d’œuvre. Cette densité permet de mieux occuper l’espace et de gérer plus efficacement la concurrence.
La gestion des vergers et la taille
L’entretien, notamment la taille, représente un défi majeur. Guillaume reconnaît avoir tâtonné sur la formation des arbres, apprenant sur le tas avec des formations régulières. Pour les noyers, l’objectif est de les monter en hauteur pour permettre le travail mécanisé dessous.
Concernant les vergers maraîchers, la stratégie est de limiter le travail manuel au strict nécessaire. Il privilégie le paillage pour gérer l’enherbement au pied des arbres, limitant la concurrence hydrique et favorisant une meilleure reprise, particulièrement dans les sols argilo-calcaires.
La question des protections et de la faune
Un point de vigilance crucial est la protection contre les ravageurs. Le chevreuil et le lièvre ont causé des dégâts importants, notamment sur les jeunes plantations. Les retours d’expérience sont sans appel : les protections légères (comme le bambou) sont souvent insuffisantes. L’usage de tuteurs solides et de poches de protection est indispensable, malgré le coût que cela représente. Le réinvestissement en cas de dégradation par la faune ou par des conditions climatiques extrêmes (tempêtes) est une réalité du terrain qu’il faut intégrer au budget initial.
Diversification et transformation
Le jardin maraîcher intègre une gamme variée de fruits (pommes, poires, prunes, cerises, abricots) vendus en circuit court. La valorisation des fruits, notamment par la transformation (compotes grâce à une raffineuse), permet d’élargir l’offre et de stabiliser les revenus.
La poire se révèle être un fruit particulièrement gratifiant et facile à gérer, tandis que d’autres essences comme le cerisier ou l’abricotier sont plus exigeantes. Guillaume insiste sur l’importance de la pédagogie envers les clients pour expliquer la saisonnalité des fruits et les contraintes de la production bio sans traitement systématique, favorisant une approche “écolo dans la joie” plutôt que dans la contrainte.
Perspectives et leçons apprises
Le bilan après quelques années montre que l’agroforesterie est un apprentissage constant. Si certains choix initiaux comme la distance de plantation ont été remis en question, l’objectif reste le même : créer un système résilient pour les générations futures. L’intégration de haies, de bois d’œuvre et de vergers maraîchers dans un système laitier robotisé (avec accès libre au pâturage) est une direction que Guillaume et Gilles continuent d’explorer avec passion et pragmatisme.