Loup et berger : le défi des attaques
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Avec le retour du loup, le métier de berger change radicalement. En plus de conduire les troupeaux de brebis, de chèvres et de vaches vers l’herbe et les fourrages spontanés, le pastoralisme adopte un nouveau rôle de protection de la prédation. Encore plus de sens, mais aussi du stress et une charge de travail supplémentaire. C’est ce que je suis allé voir aux côtés de Joseph Boussion (Carnet de Berger) dans les Alpes, au cœur du Parc national du Mercantour, où le loup a fait son retour en 1992.
Le nouveau Plan Loup 2024-2029 veut prendre en compte cette réalité, avec tout un volet de soutien à l’élevage et au pastoralisme. Après mes deux précédentes vidéos sur le retour du loup, j’ai voulu faire un point sur le terrain : Comment la présence du loup modifie le métier de berger ? Chiens de protection, filets, clôtures… Quels sont les moyens de protection et de défense face aux attaques de loup ?
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Les vidéos précédentes sur le retour du loup :
https://www.youtube.com/watch?v=VJq6mw1LJoY
https://www.youtube.com/watch?v=uNQMil8afk0
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« Tous Terriens ! » est une série indépendante, fruit de mon engagement de citoyen et de journaliste pour une information à la hauteur des enjeux environnementaux et sociétaux. Cette vidéo est auto-financée.
Auteur et montage :
Rédaction et caméra,
traduction et sous-titrage (FR/EN/DE) :
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- TousTerriens
Le défi du loup : une cohabitation complexe
Dans quelques années, plusieurs milliers de loups pourraient être présents partout en France. Si l’on entend souvent dire que le loup a toujours été dans les montagnes et que c’est son territoire naturel, l’histoire montre qu’il occupait auparavant des zones plus basses, avant l’urbanisation galopante, les routes et les supermarchés. Avec la publication du nouveau plan loup, il est temps de faire un point sur la situation réelle sur le terrain.
Immersion au cœur du Parc national du Mercantour
C’est au cœur du Parc national du Mercantour que les premiers loups sont revenus en France en 1992, après avoir traversé la frontière italienne. Trente ans plus tard, Pierre Girard a suivi Joseph Boussion, berger, lors d’une transhumance à la Grande Montagne.
Pour le berger, le loup est une source d’angoisse permanente. Durant la nuit, les chiens de protection — sept chiens de race Kangal (bergers d’Anatolie) — ont aboyé frénétiquement, signe d’une présence prédatrice à proximité immédiate. Joseph explique que ces chiens, complétés par deux chiens de conduite, marquent leur territoire et peuvent, en cas de situation critique, repousser ou affronter un loup. Cependant, le rapport de force reste largement en faveur du prédateur.
La réalité d’une attaque sur le troupeau
La tension est palpable : un jeune chevreuil retrouvé mort et des vautours planant au-dessus de la cabane confirment qu’une attaque a eu lieu. Au cœur du Parc national, le tir de défense n’étant pas autorisé, les éleveurs dépendent exclusivement des mesures de protection. Le délai de constatation par les agents du parc est souvent perçu comme une éternité par ceux qui vivent au quotidien avec la menace.
Le lendemain, une brebis est retrouvée morte, victime de la meute qui rôde autour de la cabane. Le troupeau, divisé par la peur, a nécessité une intervention physique épuisante de la part du berger pour rassembler les bêtes égarées dans une forêt dense.
Vers une reconnaissance des services écosystémiques
Le métier de berger a radicalement changé en trente ans. Au-delà de la simple garde du troupeau, Joseph souligne qu’il exerce un véritable rôle d’architecte paysager. Son travail contribue à : - Maintenir les zones pâturées pour prévenir les risques d’incendies et d’embroussaillement. - Fournir des produits de qualité aux consommateurs. - Entretenir l’écosystème en collaboration avec les objectifs de l’ONF (Office national des forêts).
Pour le berger, le système actuel, qui finance la protection contre le loup, est une erreur de perspective. Il estime que les éleveurs devraient être rémunérés pour les “services écosystémiques et sociaux” qu’ils rendent au territoire, plutôt que d’être simplement placés dans une logique de conflit pour ou contre le loup.
Un avenir à repenser
Le loup progresse et, comme au début du XXe siècle, il n’est plus seulement un animal de montagne. Le défi du nouveau plan loup est majeur : il impose aux éleveurs de mettre en œuvre des mesures de protection (clôtures, chiens, présence humaine) partout sur le territoire.
Face à cette transformation profonde de l’élevage, le respect pour le métier de berger ne fait que croître. Comme le conclut Joseph Boussion, si le plaisir de pratiquer ce métier difficile venait à disparaître, c’est toute une profession qui s’éteindrait, emportant avec elle une gestion ancestrale et nécessaire de nos espaces naturels.