Les pertes d'engrais azotés, c'est fini
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Économiser 15% d'azote sans perte de rendement ? Le pari du CULTAN
00:00 : Introduction et présentation du procédé d'injection d'azote.
00:28 : Présentation technique de l'engin par le constructeur (roues à picots, profondeur d'injection).
01:18 : Avantages agronomiques : utilisation de l'ammonium, réduction du lessivage et efficacité accrue (85-90%).
02:42 : Dose d'azote : pourquoi 100 unités injectées valent 150 unités en surface.
03:04 : Caractéristiques opérationnelles : largeur de travail (jusqu'à 15m), vitesse et autonomie.
04:31 : Éléments de prix et investissement pour le matériel.
05:11 : Témoignage de Stéphane Matry : contexte de l'exploitation dans la Marne (sols calcaires, hétérogénéité).
08:01 : Pourquoi choisir le Cultan ? Réduction de la volatilité et sécurité face à l'instabilité des prix.
10:04 : Retour sur les premiers essais (2017) et résultats de rendement comparatifs (+5 quintaux).
15:10 : Focus sur l'orge de printemps : sécuriser les apports en conditions sèches.
16:34 : Passage dans les différentes cultures (céréales, betteraves) et limites (colza développé).
19:12 : Paramètres de passage : stade des cultures, vitesse (max 8 km/h) et gestion de la végétation.
28:46 : Comportement de l'outil selon le type de sol (cailloux, limons, argiles).
32:21 : Bilan économique : économie de 15% d'azote par an et calcul de rentabilité sur 10 ans.
40:09 : Philosophie de nutrition de la plante : régularité de l'apport vs "coup de fouet" de l'ammonitrate.
43:52 : Complémentarité avec le N-Sensor pour la modulation intra-parcellaire.
47:11 : Conclusion et perspectives.
Introduction au procédé Cultan
Le Cultan est un procédé innovant qui permet d’injecter l’azote directement dans le sol au sein d’une culture en cours de développement. Ce système, peu répandu en France, est spécialisé dans la fumure localisée. Dans les systèmes en semis direct (no-till) ou en travail simplifié, la fertilisation de surface pose un défi majeur : si les graines ou l’engrais restent en surface sans être intégrés, l’azote peut être perdu par volatilisation ou lessivage, rendant l’apport inutile pour la plante.
Le Cultan utilise des roues spécialisées équipées de picots qui injectent l’engrais liquide à une profondeur de 7 à 8 cm. Le dispositif injecte environ 150 000 points d’injection par hectare (à raison de 15 trous au mètre carré). Le choix de l’engrais se porte généralement sur des solutions à base d’ammonium, car celui-ci est retenu par le complexe argilo-humique du sol, limitant ainsi le lessivage et maintenant les éléments nutritifs à proximité directe des racines.
Les avantages mis en avant par les utilisateurs et constructeurs sont :
- Efficacité accrue : Une efficacité de 85 à 90 %, contre une perte importante en épandage de surface.
- Réduction de la pollution : Une baisse mesurée de 38 % de la teneur en nitrates dans les eaux souterraines.
- Sécurisation des apports : L’azote étant injecté et protégé, il est immédiatement disponible pour la plante, sans dépendre d’un aléa pluviométrique immédiat pour être “lavé” dans le sol.
Témoignage de Stéphane Matry, agriculteur utilisateur
Stéphane Matry, agriculteur dans la Marne exploitant 240 hectares, partage son retour d’expérience après plusieurs années d’utilisation du système.
La genèse de l’investissement
En 2016, face aux discussions sur la possible disparition de la solution azotée en raison des pertes par volatilisation et des contraintes environnementales, Stéphane Matry a cherché des alternatives pour pérenniser son système de fertilisation. Après des recherches sur les brevets américains des années 70, il a pris contact avec des importateurs de machines d’occasion, aboutissant à des essais rigoureux sur son exploitation.
Comparaisons et résultats
Stéphane Matry a mené des essais en comparant “dose pour dose” l’injection Cultan et l’épandage classique. Ses conclusions sont sans appel :
- Rentabilité : Il observe régulièrement un gain de rendement allant de 0 à 5 quintaux par hectare sur blé par rapport à la pulvérisation classique, notamment lors des années sèches.
- Économie d’azote : En supprimant la majoration de 15 % habituellement pratiquée pour compenser les pertes de volatilisation en surface, il réalise une économie directe significative sur ses achats d’engrais.
- Polyvalence : La machine permet de passer dans les céréales à paille, mais aussi de fertiliser avant le semis des betteraves sans perturber le lit de semence.
Conditions d’utilisation et limites
- Vitesse de travail : Le système demande une certaine lenteur (entre 4 et 8 km/h) pour garantir une bonne injection et éviter le débordement de produit.
- Stade des cultures : Stéphane évite les interventions lors de la montaison pour limiter le stress mécanique sur les tiges. Il privilégie les passages à partir de 10h du matin, sur des plantes sèches, pour limiter les blessures végétales.
- Sol et cailloux : Le système est particulièrement performant sur sols limoneux. Sur des sols très caillouteux, l’efficacité des roues à picots pourrait être limitée, suivant le taux de cailloux présent.
Conclusion
Pour Stéphane Matry, le Cultan est un investissement rentable qui, au-delà du gain de rendement, apporte une sérénité dans le pilotage de la nutrition azotée. En injectant l’azote au plus près des racines, il s’affranchit des contraintes météo (besoin de pluie après apport) et sécurise son exploitation face aux réglementations environnementales croissantes. Bien que la machine représente un investissement important à l’achat, l’économie réalisée sur les volumes d’engrais et la stabilisation des rendements en font une solution de choix pour une agriculture cherchant à optimiser ses intrants.