Ferme de Keruzerh - Visite technique des jardins maraîchers
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Je me lance dans une série de petites vidéos pour présenter certaines techniques que nous pratiquons sur la ferme de Keruzerh.
C'est la première vidéo, désolé pour le son qui n'est pas TOP, j'avais laissé la fontaine dans la mare de la serre !
Nous sommes installés depuis 2019 en Bretagne dans le Morbihan. Commune de Locoal-Mendon à côté d'Auray.
L'activité maraîchère est sans tracteurs, en maraîchage sur sol vivant. Nous cultivons 500m² de planches permanentes sous serre et 1400m² de planches dehors. Nos produits sont vendus sur 3 marchés alentour.
Notre spécificité est la très petite surface pour 2 temps plein. Et aussi le fait que nous ne cultivons pas sous toiles plastiques. Uniquement des paillages naturels. Les bâches sont parfois utilisées pour les occultations longues.
Nous sommes 2 temps plein, Cécile et moi même à gérer le maraîchage pour un chiffre d'affaire d'environ 80k€/an.
La ferme de Keruzerh, c'est aussi Hélène qui s'occupe de l'atelier élevage de vaches bretonne pie noir pour faire du fromage et autres produits laitiers délicieux. Nous avons aussi Grégory qui s'occupe de l'atelier petits fruits, arboriculture et jardins forêts.
Et enfin plus globalement la ferme de Keruzerh s'intègre dans le projet collectif Demain en main. En bref c'est la rénovation de l'ancienne ferme en 7 logements participatifs à haute performance énergétique. L'animation d'ateliers, de formations, de spectacles et autres concerts.
Plus d'infos et articles sur la ferme, les projets collectifs et mes conceptions de projets sur permaculturepourtous.com
Présentation de la ferme de Keruzerh
Je m’appelle Julien Leray et j’entame ma 7e année sur cette ferme maraîchère, qui possède également une activité d’élevage. L’exploitation se déploie sur 3 000 m² (0,3 hectare). Nous travaillons avec une serre en verre semi-enterrée de 1 200 m², comprenant 200 m² de pépinière et 500 m² cultivés en planches permanentes de 1 m de large. En extérieur, nous disposons de 1 400 m² de planches permanentes de 0,75 m de large (modèle inspiré de Jean-Martin Fortier).
Notre chiffre d’affaires tourne autour de 80 000 € par an, avec une activité menée par Cécile et moi-même. La commercialisation se fait en vente directe sur trois marchés, 50 semaines sur 52, le reste étant destiné à des magasins locaux.
Gestion des successions sous serre
L’idée centrale est de maximiser la production sur petite surface via des successions et associations de cultures.
Serre « Aquilé »
Sur les emplacements ayant accueilli des pastèques jusqu’en septembre, nous avons enchaîné avec des radis et carottes, en laissant un rang central pour des petits pois (variété Kelvedon).
- Vigilance rongeurs : Pour limiter les dégâts, nous plantons des petits plants (1 à 2 semaines) pour gagner du temps et réduire l’exposition.
- Protection : Nous utilisons des filets immédiatement après le semis pour contrer les oiseaux et les animaux domestiques.
- Gestion du risque : Attention au feuillage des radis qui peut confiner les petits pois et favoriser le botrytis. J’espace les rangs (4 rangs de radis ou carottes de chaque côté du rang de pois).
- Test épinards : Le test d’épinards « Palco » dans du foin de brebis a été mitigé à cause de l’humidité excessive et des limaces.
Serre « Bruyère »
Ici, nous avons associé des poivrons d’été, suivis en septembre de fenouils, puis de salades en janvier.
- Technique : Il est crucial de bien tailler le bas des plants de tomates ou poivrons pour laisser passer la lumière vers les cultures intermédiaires.
- Gestion hivernale : En cas de moisissures sur les jeunes salades dues au froid, un apport de bicarbonate de potassium aide à limiter la propagation fongique.
Serre « Consoude »
Nous y pratiquons des rotations serrées après les courgettes d’automne. L’ail est planté en semaine 45 pour une récolte en aillet de mars à mai, libérant ainsi la place pour les aubergines d’avril.
Expérimentations en plein champ
En extérieur, l’objectif est de maintenir une culture au maximum de l’année sur une surface réduite.
Carottes primeur et radis
Après les potimarrons en septembre, nous semons radis et carottes (variété Napoli). Le succès dépend de l’entretien (désherbage) et de la pose précoce de tunnels nantais (dès novembre) pour protéger la culture des intempéries et viser une récolte en mars.
Cultures de choux tardifs
Nous testons des choux à cycle court (Skywalker, Médaillon, Caraflex) plantés en septembre. Ces variétés permettent d’occuper les parcelles libérées par les courges d’été. Bien que la pression des rongeurs soit un défi, cette méthode est très prometteuse pour obtenir des récoltes en février/mars.
Contreplantation et associations
Nous optimisons l’espace en plantant des cultures dans d’autres cultures déjà en place :
- Ail et mâche : L’ail est planté dans la mâche. Il n’y a pas de concurrence et cela permet de gagner presque un mois sur le cycle.
- Oignons et pommes de terre : Nous chevauchons les cycles de bulbes et de tubercules. Dès que les oignons nouveaux sont récoltés, la place est prise par les pommes de terre nouvelles.
La gestion des rongeurs
Les campagnols sont une pression constante, notamment sur les blettes et les épinards. Le grelinage systématique permet de détruire les galeries. Pour les cultures fragiles, nous utilisons désormais des fibres naturelles de géochambre pré-percées pour accélérer la plantation et limiter le travail du sol.
Bilan et perspectives
Malgré les aléas climatiques (fortes pluies, épisodes de -4°C) et les ravageurs, ces techniques de contreplantation et de planification serrée permettent une production continue. Pour les fèves, nous privilégions désormais le repiquage de tout jeunes plants (1 cm de haut) pour ne pas blesser la racine pivot, ce qui limite les pertes. La clé de la réussite sur ces systèmes réside dans l’observation quotidienne et une intervention rapide (savon noir pour les pucerons, anti-limaces ciblé, voile de forçage).