Expérimenter la couverture permanente des sols en bio
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⚠️ Avertissement : Cette vidéo montre une tentative de mise en place d’un couvert de trèfle permanent. Quelques semaines avant la moisson, la région a connu d’importantes pluies (16 et 30 juin 2024). Le trèfle est monté dans le blé, provoquant le versement des cultures et rendant la récolte impossible.
Cette vidéo témoigne donc d’une expérimentation qui n’a pas abouti, mais qui apporte des enseignements précieux pour la suite. 🌧️🌾
👉 Qui est Adrien ? Installé depuis 1980, Adrien gère une ferme 100 % autonome sur la partie élevage, et tend vers la même autonomie pour les cultures. 🌾
En agriculture biologique depuis 2019, il accorde une grande attention à la santé de ses sols et s’inspire des principes de l’agroécologie pour préserver leur structure et leur fertilité. 🌱
👉 Où découvrir son portrait complet ? https://www.terrae-agroecologie.be/portraits
Présentation de l'exploitation
La ferme, située à Rondelange dans la commune de Messancy au sud d'Arlon, est une exploitation en [[polyculture-élevage]]. Le cheptel est composé d'une centaine de vaches allaitantes de race Limousine. L'exploitation est passée en agriculture 100 % biologique depuis cinq ans, après plusieurs étapes de transition. Depuis trois ou quatre ans, la ferme s'est tournée vers une agriculture de type agroécologique, avec pour objectifs de préserver les sols, de limiter le travail intensif de la terre et de renforcer la résilience et la robustesse du système.
La mise en place d'une couverture permanente de trèfle
L'agriculteur Adrien Blauen a mis en place une couverture permanente de trèfle. Le choix du trèfle, plutôt que la luzerne, s'explique par les caractéristiques des terres argilaises de l'exploitation, où l'implantation de la luzerne est rendue difficile par les excès d'eau.
Cette pratique présente plusieurs avantages :
- Fixation de l'azote : En tant que légumineuse, le trèfle capte l'azote de l'air pour le restituer à la culture en place, favorisant l'autonomie de l'exploitation.
- Protection des sols : La couverture permanente limite l'érosion tout au long de l'année.
- Gestion de l'enherbement : Le trèfle couvre le sol pour éviter le salissement.
- Biodiversité : La pratique favorise une meilleure biodiversité sur la parcelle.
La mise en place a été réalisée au printemps 2021, en semant le trèfle directement dans la culture de blé de l'époque à l'aide d'un semoir électrique placé à l'avant du tracteur. En 2023, le trèfle a été broyé à plusieurs reprises (juillet et septembre) pour limiter le développement de certaines adventices, notamment les chardons.
Technique de semis en bandes et matériel
À l'automne 2023, l'exploitation a expérimenté le semis de blé en bandes. Cette technique consiste à :
- Travailler uniquement des bandes de 12 cm pour le semis.
- Laisser le sol inchangé sur 25 cm d'interligne.
Pour réaliser ce travail réduit du sol, Adrien Blauen a adapté une fraise rotative en retirant certains couteaux pour ne travailler que les zones nécessaires. Un accessoire spécifique a été développé pour maintenir la terre travaillée au niveau des lignes de semis. Le semoir, placé derrière la fraise, dépose deux lignes de céréales dans l'espace travaillé.
Gestion de la culture et perspectives
L'un des défis majeurs de la couverture permanente est de réussir à calmer le trèfle et les adventices sans travailler le sol globalement. Pour cela, l'agriculteur utilise un rouleau de type fac qui travaille uniquement l'interligne, sans impacter la zone où la céréale est implantée.
Les premiers résultats montrent que :
- Le blé a réussi à prendre le dessus sur le trèfle.
- La pression des adventices reste limitée malgré un hiver et un printemps très humides.
- Bien que la coloration du blé ait été pâle à la sortie de l'hiver en raison du lessivage de l'azote, la culture a pu se développer sans apport de fertilisant externe, grâce aux apports du trèfle.
L'objectif final est de transmettre une exploitation durable et robuste. La stratégie de transmission à son fils repose sur l'idée de laisser un outil de production avec un fort potentiel agronomique pour l'avenir, plutôt qu'un système épuisé.