Estimer la biomasse d'un couvert végétal visuellement

De Triple Performance
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On vous présente ici deux façons de chiffrer la biomasse d'un couvert avant destruction : le calcul suisse, hauteur × couverture, et la calibration de l’œil sur des photos de référence d'Arvalis.

La méthode suisse : hauteur × couverture

Les suisses d'Agroscope ont mis au point une méthode permettant de prédire la biomasse d'un couvert sans avoir à faire de pesées

Le principe est simple : la biomasse produite par un couvert végétal occupe un volume donné. Ce volume peut être estimé visuellement en combinant deux paramètres : la hauteur du couvert et la proportion du sol qu’il recouvre. L’indice de volume obtenu est ensuite proportionnel à la quantité de matière sèche produite. La méthode se déroule en trois étapes :

1. Mesurer la hauteur moyenne du couvert (en centimètres), directement sur le terrain, sans étirer les plantes.
2. Estimer le taux de couverture du sol (en %),

Soit via une photographie avec l'application smartphone gratuite CANOPEO, soit visuellement avec le document ci dessous

Echelle de couverture du sol (issue de Büchi et al., 2016)
3. Calculer la biomasse produite (en kg/ha)
Equation de calcul définie par Büchi et al.

Pour les espèces pures «jeunes» (avant floraison), il est recommandé de prendre la pente et la constante spécifiques à l’espèce indiquées dans le tableau ci dessous. • A un stade plus avancé, l’utilisation du modèle global est plus robuste face aux différences de conditions de croissance.

Pour les mélanges, prendre les valeurs du modèle global.

Densité et constante permettant d’estimer la biomasse à partir de la couverture du sol et de la hauteur pour vingt espèces de couverts végétaux. Teneur en nutriments et rapport C/N mesurés pour les vingt espèces à 48 et 85 jours après semis (jas).
4. Calculer le prélèvement en nutriments (en kg/ha)

Pour les mélanges:

• Estimer visuellement la part de biomasse produite par chacune des espèces composant le mélange.

• Calculer le prélèvement de chaque espèce à partir de la part de biomasse produite par chacune et des valeurs spécifiques données dans le tableau ci-dessus.

• Additionner le prélèvement de chaque espèce pour calculer le prélèvement du mélange.

Est-ce fiable ?

La réponse est oui. Le modèle est fiable, avec une fiabilité supérieure à 90% pour la plupart des espèces. Bien sur , il faut répéter la mesure à plusieurs endroits de la parcelle pour avoir une bonne estimation de la biomasse du couvert végétal d'interculture.

Biomasse mesurée et biomasse prédite par les modèles spécifiques et par le modèle global pour six espèces cultivées l’année après l’essai ayant servi au calibrage des modèles. A: moutarde sarepta; B: radis chinois; C: pois fourrager; D: avoine rude; E: niger; F: phacélie.

La méthode Arvalis : se baser sur une banque de photographies :

Moutarde blanche

Biomasse sèche de la moutarde blanche à différents stades (Photos Arvalis)


Radis fourrager

Attention au pivot : une part de la masse du radis se trouve au collet et en surface du sol, invisible sur une vue de dessus.
Biomasse sèche du radis fourrager à différents stades (Photos Arvalis)


Phacélie

Le port dense et le feuillage découpé ferment le sol tôt. La différence entre 1 et 3 t se joue presque entièrement sur la hauteur.

Biomasse sèche de la phacélie à différents stades (Photos Arvalis)

Graminées et céréales

RGI, seigle et avoine. Le port dressé rend le repère visuel plus fiable que chez les crucifères : la hauteur reste informative jusqu’à 4 t.
Biomasse sèche des graminées à différents stades (Photos Arvalis)

Légumineuses

Vesce commune et du Bengale, pois fourrager, féverole, lentille. Les vesces s’étalent : à 4 t, le couvert reste bas et la seule hauteur trompe.
Biomasse sèche des légumineuses à différents stades (Photos Arvalis)

Mélanges d'espèces

Biomasse sèche des mélanges d'espèces (Photos Arvalis)

Sources