Choix des investissements à l'installation - Retour d'expérience d'Edouard Stalin

De Triple Performance
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Dans cette présentation, Edouard Stalin partage son retour d'expérience sur la gestion de sa ferme, La Mare des Rufaux. Installé en Normandie sur un sol fertile de type limon (loess), il met en avant l'importance cruciale de considérer le contexte pédoclimatique avant tout investissement. À travers une approche de maraîchage diversifié en verger marécher, il explique ses choix techniques, notamment l'utilisation du broyat de bois et des bâches d'occultation pour limiter l'enherbement. Le maraîcher souligne également l'importance des liens sociaux et de l'entraide avec les agriculteurs conventionnels voisins pour la manutention et l'accès à certains équipements. Enfin, il détaille sa gestion économique, basée sur l'autoconstruction pour réduire les coûts et l'optimisation des aides via des dossiers de subventions adaptés. Son témoignage illustre une volonté constante de progresser techniquement tout en préservant une certaine éthique et en favorisant la résilience de son système agricole.

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Résumé
Dans cette présentation, Edouard Stalin partage son retour d'expérience sur la gestion de sa ferme, La Mare des Rufaux. Installé en Normandie sur un sol fertile de type limon (loess), il met en avant l'importance cruciale de considérer le contexte pédoclimatique avant tout investissement. À travers une approche de maraîchage diversifié en verger marécher, il explique ses choix techniques, notamment l'utilisation du broyat de bois et des bâches d'occultation pour limiter l'enherbement. Le maraîcher souligne également l'importance des liens sociaux et de l'entraide avec les agriculteurs conventionnels voisins pour la manutention et l'accès à certains équipements. Enfin, il détaille sa gestion économique, basée sur l'autoconstruction pour réduire les coûts et l'optimisation des aides via des dossiers de subventions adaptés. Son témoignage illustre une volonté constante de progresser techniquement tout en préservant une certaine éthique et en favorisant la résilience de son système agricole.

Edouard Stalin, de la ferme de la mare des Rufaux, nous parle de son parcours d'installation afin que vous ayez connaissances des erreurs à éviter, des bonnes pratiques à mettre en place dès votre arrivée et les outils indispensables !


Vous pouvez retrouvez la page Facebook de la ferme : https://www.facebook.com/LaFermeBiologiqueDeBouquetot


Ainsi que son portrait de ferme sur Triple Performance : https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/La_Ferme_de_la_mare_des_Rufaux


Choix des investissements à l’installation - Retour d’expérience d’Edouard Stalin

Cet article synthétise le retour d’expérience d’Edouard Stalin sur la gestion des investissements lors de son installation en maraîchage, en mettant l’accent sur l’importance du contexte pédoclimatique et de la stratégie d’entreprise.

Le contexte de la ferme

La ferme de La Mare des Rufaux, créée en 2012, est située sur le plateau du Roumois en Normandie. Elle s’étend sur une surface totale de 3,4 hectares, dont environ 1 hectare dédié aux légumes, avec des parcelles en verger maraîcher et des zones en agroforesterie. Le sol est un limon profond (lœss) extrêmement riche, propice à des rendements céréaliers élevés, ce qui constitue une base solide pour le maraîchage.

Stratégie économique et structure juridique

Edouard Stalin insiste sur le fait que chaque choix d’investissement doit être mis en perspective avec le contexte pédoclimatique et socio-économique local.

  • Structure juridique : Initialement en entreprise individuelle, l’exploitation est passée en GAEC avec sa compagne, Louise de Fontaine, en 2021. Ce changement permet de cumuler deux micro-bénéfices agricoles (micro-BA), offrant des avantages fiscaux jusqu’à 182 400 € de chiffre d’affaires cumulé.
  • Rentabilité : L’entreprise vise un Excédent Brut d’Exploitation (EBE) élevé (autour de 46-50 %). La comptabilité est suivie par un comptable au forfait agricole.
  • Financement : Le développement de la ferme s’est appuyé sur l’absence d’emprunt massif au départ, privilégiant l’autofinancement, l’autoconstruction, la récupération de matériaux et le financement participatif (via la plateforme BlueBees). Pour l’installation de Louise, un emprunt bancaire de 50 000 € a été contracté, complété par des subventions (fonds LEADER, dispositifs pour petits investissements en Normandie).

Aménagements et gestion technique

L’aménagement de la ferme a été pensé pour réduire les coûts et favoriser l’autonomie, tout en restant vigilant sur l’impact humain (ergonomie).

  • Bâtiments et infrastructure : Le bâtiment principal a été construit par démontage et remontage d’une structure ancienne. La ferme dispose d’un laboratoire de transformation, d’un séchoir pour les plantes aromatiques et d’un système de récupération d’eau de pluie (cuve de 50 m³).
  • Verger maraîcher : Edouard a densifié ses plantations d’arbres fruitiers (essences locales) en profitant d’opportunités (achat de plants à faible coût). La gestion de la fertilité repose sur des apports de broyat de déchets verts et de fumier, souvent en partenariat avec des voisins céréaliers.
  • Matériel : Le parc matériel est volontairement léger (tracteur Sam 60 chevaux, semoir manuel, vibroculteur, dumper). L’objectif futur est d’investir dans du matériel de manutention (clark, lame souleveuse) pour améliorer l’ergonomie et la productivité.

Gestion des intrants et techniques de culture

  • Le broyat : Utilisé en couverture de sol, le broyat de déchets verts (calibrage 0/50) est privilégié. Edouard recommande de le stocker un an pour l’affiner. Il permet de limiter l’enherbement et de protéger le sol.
  • Plastiques : L’usage des bâches (occultation, 15 microns, filets anti-insectes) est raisonné. Edouard privilégie la durabilité du matériel (bâches utilisées pendant plus de 10 ans) pour amortir l’investissement sur le long terme. Il déconseille les bâches biodégradables de faible qualité qui se dégradent trop vite ou posent des problèmes d’énergie grise.
  • Semis : La ferme produit la quasi-totalité de ses plants. Des tables chauffantes et des méthodes de forçage sous serre sont utilisées pour garantir la réussite des semis précoces.

Relations humaines et commercialisation

La vente directe est le moteur de la ferme (boutique, AMAP). Edouard souligne l’importance du réseau local et de la cordialité avec les voisins agriculteurs, même en conventionnel. Cette entraide (prêt de matériel, déchargement) est cruciale. Concernant la livraison aux restaurants, il insiste sur la nécessité de facturer les frais de transport pour garantir la viabilité économique de l’entreprise.

Conseils pour l’installation

  • Le réseau : S’inspirer des autres et collaborer avec les voisins.
  • La santé : “Qui veut voyager loin ménage sa monture”. Il est primordial de rester attentif à sa santé physique et mentale lors de la création d’entreprise.
  • L’organisation : Les chantiers participatifs sont une opportunité humaine formidable, mais il est préférable de confier le gros œuvre aux pros et de garder les finitions pour soi.
  • La vision : Toujours replacer ses choix techniques dans le contexte pédoclimatique local.