Anticiper la préparation des abris pour l'implantation des légumes d'automne

De Triple Performance
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Dans cette vidéo, Charles Souillot, conseiller technique en maraîchage, aborde l'importance stratégique d'anticiper la préparation des abris pour l'implantation des légumes d'automne. Il explique comment cette étape clé permet non seulement de maintenir un chiffre d'affaires constant en fin d'année et au début du printemps, mais aussi de diversifier les paniers durant les périodes creuses. Le webinaire détaille les aspects techniques de cette transition, notamment la gestion des calendriers d'implantation, le choix des variétés adaptées aux jours courts, ainsi que la maîtrise climatique sous abri pour éviter les pathogènes liés à l'humidité. Charles Souillot insiste sur la nécessité de réaliser des arbitrages précoces pour libérer l'espace nécessaire et fluidifier la production. À travers des exemples concrets, il offre des clés de compréhension pour optimiser le pilotage de ces cultures hivernales, tout en adaptant les stratégies aux spécificités des différentes zones climatiques françaises.

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Résumé
Dans cette vidéo, Charles Souillot, conseiller technique en maraîchage, aborde l'importance stratégique d'anticiper la préparation des abris pour l'implantation des légumes d'automne. Il explique comment cette étape clé permet non seulement de maintenir un chiffre d'affaires constant en fin d'année et au début du printemps, mais aussi de diversifier les paniers durant les périodes creuses. Le webinaire détaille les aspects techniques de cette transition, notamment la gestion des calendriers d'implantation, le choix des variétés adaptées aux jours courts, ainsi que la maîtrise climatique sous abri pour éviter les pathogènes liés à l'humidité. Charles Souillot insiste sur la nécessité de réaliser des arbitrages précoces pour libérer l'espace nécessaire et fluidifier la production. À travers des exemples concrets, il offre des clés de compréhension pour optimiser le pilotage de ces cultures hivernales, tout en adaptant les stratégies aux spécificités des différentes zones climatiques françaises.

Charles Souillot est conseiller indépendant et formateur en maraîchage, il accompagne plus de 300 maraîchers à l’année entre la Bretagne et la Normandie.




Enjeux stratégiques des cultures d'automne

Les implantations d'automne jouent un rôle crucial dans la stratégie globale d'une exploitation maraîchère. Elles permettent d'assurer une continuité de production entre les légumes d'été et ceux de garde, tout en développant une gamme spécifique pour les périodes creuses (janvier-février).

Les enjeux principaux sont :

  • Assurer la transition de gamme : Mieux appréhender la diminution des légumes d'été (tomates, aubergines, poivrons) et des légumes frais de plein champ.
  • Maintenir le chiffre d'affaires : Produire des légumes feuilles (salades, mescluns, épinards) et aromatiques permet de compenser la baisse de volume des légumes d'été.
  • Développer des cultures primeurs : Certaines cultures (pommes de terre primeur, oignons bottes, fraises) implantées en fin d'automne permettent des récoltes précoces au printemps suivant, période de forte rentabilité.
  • Améliorer l'attractivité de l'étal : Proposer des produits frais en plein hiver fidélise la clientèle et valorise l'image du maraîcher.
  • Fluidifier la trésorerie : En diminuant le cycle d'exploitation, le besoin en fonds de roulement est réduit.
  • Limiter les contraintes de stockage : Favoriser des cultures à rotation rapide qui ne nécessitent pas de gros investissements en infrastructures de conservation.

Défis de la mise en œuvre

La transition d'automne peut être complexe à orchestrer en raison de plusieurs facteurs :

  • Fatigue de fin de saison : La gestion de l'arrachage et de la remise en culture demande beaucoup d'énergie alors que la fatigue cumulée est importante.
  • Arbitrages sur l'occupation des abris : Il est souvent difficile d'arracher des cultures d'été encore productives. Cependant, conserver ces cultures peut engendrer des "trous" de production majeurs en fin d'hiver, plus coûteux que le gain marginal réalisé sur les dernières tomates.
  • Gestion climatique : L'automne et l'hiver imposent des contraintes de température et d'humidité (amplitudes thermiques, hygrométrie élevée) nécessitant une gestion rigoureuse des abris (aération, tunnels nantais, demi-lunes basculantes).

Techniques de production par culture

La salade

La gestion dépend fortement de la zone géographique et du choix variétal.

  • Conduite : Utilisation de variétés modernes à port érigé pour limiter les contacts avec le sol humide.
  • Pépinière : Temps d'élevage variable selon la luminosité (de 3 semaines en été à 6 semaines en janvier).
  • Densité : 25x25 cm, avec une attention particulière pour ne pas enterrer trop profondément la motte afin d'éviter la pourriture.

L'épinard

Culture à haute valeur ajoutée, très pertinente pour le rendement et l'attractivité.

  • Choix variétal : Résistance au mildiou (*Peronospora*) et adaptation aux jours courts.
  • Densité : Fondamentale selon le produit souhaité. Pour de grosses feuilles, privilégier une faible densité (16 mottes/m²). Pour de la jeune pousse, augmenter la densité (30 mottes/m²).
  • Conduite : Nécessite une bonne gestion de l'ombrage en fin d'été pour éviter la fonte des semis par excès de chaleur.

La mâche

Légume feuille "tutélaire" de l'hiver.

  • Conduite : Risque élevé d'oïdium jusqu'au 15 octobre. Utilisation de soufre possible dans certaines conditions.
  • Densité : 48 mottes/m² est la densité optimale observée pour le rendement.

Le [[petit pois]]

  • Conduite : Privilégier des variétés à ramer (type "Merveille de Kelvedon") pour un bon compromis entre hauteur et rendement.
  • Protection : En cas de gel, l'utilisation de P30 en double couche sur un filet à ramer bas (1 mètre) est une technique efficace pour protéger la culture sans gêner la croissance.

La fraise "tréplan"

  • Méthode : Utilisation de plants ayant déjà constitué leurs réserves en pépinière, implantés en décembre.
  • Avantages : Permet d'obtenir la récolte la plus précoce du printemps (avril). Le paillage (type Miscanthus) est recommandé pour gagner en luminosité sous abri au printemps.

Conseils pour une première année

Pour un maraîcher débutant, Charles Souillot souligne l'importance de l'anticipation :

  1. Planifier à l'avance : Les décisions d'arrachage et de rotation doivent être prises avant le début de la saison.
  2. Accepter les pauses : Si le planning de la première année comporte des creux en janvier-février, cela peut permettre de remettre en état les outils et la structure pour redémarrer plus sereinement au printemps.
  3. Échanger avec le réseau : Il est crucial de se rapprocher des structures de développement local (comme les FRAB) pour obtenir des préconisations variétales et des calendriers de semis adaptés à son microclimat.