AGROECOLOGIE AU BENIN - partie 1
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00:00 - Introduction et contexte du projet au Bénin
05:30 - Présentation des acteurs et des zones d'études
12:15 - Méthodologie des essais en agroécologie
22:40 - Résultats des premières expérimentations sur le terrain
35:10 - Analyse des sols et biodiversité locale
48:00 - Témoignages et échanges avec les producteurs
54:25 - Conclusion et perspectives pour l'agroécologie
Cette vidéo a été réalisée par le Centre National d'agroécologie (CNA) https://centre-national-agroecologie.fr/ dans le cadre du projet URBANE https://urbane-project.eu/, financé par l'union européenne.
Les opinions exprimées sont uniquement celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement la position de l’Union européenne ni de l’Agence exécutive pour la recherche (REA)
This video was made as part of the URBANEproject co-funded by the European Union. Website: https://urbane-project.eu/
The opinions expressed are those of the authors only and do not necessarily reflect the views of the European Union or the European Research Executive Agency (REA)
Agroécologie au Bénin - partie 1
Ce webinaire, organisé dans le cadre des projets Urban et SafeVeg, est consacré à la transition agroécologique de l’agriculture périurbaine en Afrique de l’Ouest. Le projet Urban se déploie dans six pays (Ghana, Nigéria, Burkina Faso, Sénégal, Maroc et Bénin) avec pour objectif d’étudier les liens entre les pratiques agricoles, la santé des écosystèmes, des animaux et des humains, tout en promouvant des technologies durables.
Les essais agroécologiques : fertilisation et symbiose
Ulysse Ayihaou, doctorant en microbiologie à l’université d’Abomey-Calavi, détaille les deux volets de recherche conduits au Bénin :
Les essais de plantes de couverture
L’objectif est de remplacer les engrais chimiques par des plantes de couverture (légumineuses et céréales) pour enrichir le sol en azote et en biomasse. Trois modalités ont été testées, comparées à une parcelle témoin :
- Maïs + niébé
- Maïs + arachide
- Sorgho + niébé
Les résultats montrent que la combinaison sorgho + niébé offre le meilleur rendement en biomasse et en azote, atteignant environ 30 tonnes par hectare pour la culture de tomate subséquente, validant ainsi l’efficacité de ces pratiques sur différents types de sols.
Les essais symbiotiques
Ces essais utilisent des micro-organismes (prébiotiques et probiotiques, notamment Bacillus subtilis) pour fertiliser les sols naturellement. Les traitements incluent :
- Le prébiotique seul.
- Le probiotique seul.
- Le symbiotique (association des deux).
- Un témoin positif (produit commercial).
- Un témoin négatif (pratiques conventionnelles).
Les résultats indiquent que le traitement symbiotique favorise une croissance plus rapide des plants et une augmentation significative de la productivité, avec une projection théorique pouvant atteindre 50 tonnes par hectare.
Le témoignage d’un producteur : Romuald Gbegan
Romuald Gbegan, producteur et gérant de la ferme Agrisaveur à Akassato, partage son expérience de transition vers l’agroécologie depuis trois ans.
- Changement de paradigme : Après avoir abandonné les engrais chimiques (NPK, Urée) qui appauvrissent le sol et posent des risques sanitaires, il a intégré les méthodes agroécologiques. Il souligne l’importance d’utiliser des variétés locales, comme le maïs violet (riche en anthocyanes), associé à des légumineuses pour nourrir le sol.
- Gestion des contraintes : La pression des oiseaux sur les cultures de niébé reste un défi majeur en contre-saison. Cependant, Romuald explique que cette difficulté peut être gérée par le recrutement ponctuel de personnel de surveillance, un coût largement compensé par l’augmentation des rendements et la qualité du produit final.
- Vision éthique : Pour Romuald, l’agroécologie est une responsabilité morale : « On mange pour vivre et non pour mourir ». Il exhorte les autres producteurs à délaisser les produits chimiques pour préserver la santé des consommateurs et la fertilité durable des terres.
Perspectives et conclusion
Les intervenants s’accordent sur le fait que la réussite de l’agroécologie repose sur la diversification des cultures et une approche systémique. La recherche, notamment avec l’appui du CIRAD, se concentre désormais sur :
- Le transfert des techniques de laboratoire vers une production locale de solutions symbiotiques pour éviter la dépendance aux intrants importés.
- L’optimisation du calendrier cultural pour assurer une rentabilité économique constante.
- La création de preuves économiques solides (charges/produits) pour convaincre davantage d’agriculteurs de rejoindre cette dynamique de transition agroécologique.