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	<title>Triple Performance - Contributions [fr]</title>
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	<updated>2026-09-02T03:24:10Z</updated>
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		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fertilisation_organique_et_effet_azote&amp;diff=197518</id>
		<title>Fertilisation organique et effet azote</title>
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		<updated>2026-08-26T22:11:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.16.02.png|vignette|537x537px|centré]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les observations de terrain et les expérimentations menées dans le cadre du projet &#039;&#039;&#039;Transition Ferme&#039;&#039;&#039;, en partenariat avec Bureau Vallée, mettent en évidence des situations où des agriculteurs, après plusieurs années d’apports réguliers de matières organiques, parviennent à élaborer des plans de fumure avec des doses d’azote minéral très réduites. Dans certains cas, les apports se limitent à environ &#039;&#039;&#039;100 kg d’azote par hectare&#039;&#039;&#039; pour atteindre des rendements de 80 à 90 quintaux de blé tendre améliorant, conformes aux exigences de qualité, alors que les recommandations habituelles se situent plutôt entre 180 et 190 kg d’azote par hectare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces résultats soulèvent une question essentielle : si les cultures maintiennent de telles performances avec des apports aussi faibles, c’est que l’azote est fourni par d’autres mécanismes. Il n’existe en effet aucun « azote miracle » ; cet élément provient nécessairement de la minéralisation des matières organiques présentes dans le sol et du recyclage de l’azote déjà stocké dans les systèmes de production. Une meilleure compréhension de ces processus de minéralisation permet ainsi d’optimiser la valorisation de l’azote contenu dans les produits organiques, de réduire le recours aux engrais minéraux et, par conséquent, de diminuer les émissions de gaz à effet de serre associées à leur fabrication et à leur utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Caractériser un produit résiduaire organique et son efficacité ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On connaît relativement bien l’efficacité des produits organiques au cours de l’année de leur apport. Celle-ci est estimée à partir de leur teneur en azote, de leur degré de récalcitrance à la dégradation, ainsi que de la date d’application et de la culture concernée. Ces paramètres permettent de prédire la quantité d’azote disponible pour la culture au cours de la campagne suivante, une valeur ensuite intégrée dans le calcul du bilan azoté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les trois formes d’azote d’un produit organique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout raisonnement sur la fertilisation organique commence par la décomposition de l’azote total du produit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; N-NH₄⁺ (azote ammoniacal)&lt;br /&gt;
: Azote minéral, immédiatement disponible pour la plante… mais aussi immédiatement volatilisable sous forme d’ammoniac (NH₃) si le produit reste en surface. C’est la fraction « engrais » du PRO.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; N organique minéralisable&lt;br /&gt;
: Azote lié aux molécules organiques peu polymérisées (protéines, acides aminés, azote de la biomasse microbienne du produit), qui se minéralise en quelques semaines à quelques mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; N organique récalcitrant&lt;br /&gt;
: Azote associé aux structures lignifiées ou déjà fortement humifiées. Il ne participe pratiquement pas à la nutrition de l’année et alimente le stock organique du sol.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fraction, souvent oubliée, est l’azote uréique et l’azote nitrique de certains produits (urines, digestats très nitrifiés, vinasses) : le laboratoire les range parfois dans « N minéral » sans les distinguer. Sur un digestat, la part N-NH₄⁺ / N total est le meilleur prédicteur unique de la valeur fertilisante à court terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Des teneurs très variables d’un produit à l’autre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.24.50.png|vignette|centre|Teneurs en azote ammoniacal (vert clair) et en azote organique (vert foncé) de 22 familles de PRO, exprimées en kg N par tonne de matière brute. On lit directement l’opposition entre les produits « engrais » (lisiers, fientes, digestats, urines : forte part NH₄⁺, faible teneur totale par tonne) et les produits « amendements » (composts, fumiers compostés : azote presque exclusivement organique). Sources : ESCO MAFOR (2014), CRAGE (2019), données internes INRAE. |545x545px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois lectures s’imposent sur cette figure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;La teneur totale par tonne de produit brut est très variable :&#039;&#039;&#039; 1,5 kg N/t pour un lisier dilué contre plus de 40 kg N/t pour des fientes séchées, soit un facteur 25. C’est la teneur en matière sèche qui commande : à sec, on transporte de l’azote ; en dilué, on transporte de l’eau.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;La part NH₄⁺ est le déterminant de la valeur immédiate :&#039;&#039;&#039; elle dépasse 70 % du total pour les lisiers de porc et les digestats bruts, et tombe sous 10 % pour les composts.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Le compostage déplace systématiquement le curseur vers l’azote organique :&#039;&#039;&#039; il concentre le produit (perte de masse par minéralisation du carbone) mais volatilise une grande partie de l’ammonium, si bien que le compost de fumier pailleux apparaît plus riche en N total par tonne que le fumier frais tout en étant beaucoup moins « fertilisant ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une variabilité forte au sein d’une même famille ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.26.13.png|vignette|centre|Variabilité de la teneur en azote total de quatre PRO (minimum, moyenne, maximum), en kg N par tonne de matière brute. Sources : ESCO MAFOR (2014), données internes INRAE.|592x592px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lisier bovin varie de 1,0 à 5,4 kg N/t pour une moyenne à 2,3 : le maximum vaut plus du double de la moyenne, et 5 fois le minimum. Le lisier porcin s’étend de 1,5 à 9,6 kg N/t (moyenne 4,5), soit un facteur 6,4 entre les extrêmes. À 40 t/ha, cet intervalle représente &#039;&#039;&#039;60 à 384 kg N/ha apportés&#039;&#039;&#039; — l’écart couvre à lui seul la totalité de la dose azotée d’un blé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les produits solides sont plus stables (fumier bovin 4,6 à 6,9 ; digestat de CIVE 3,6 à 6,3) parce que leur teneur en matière sèche varie moins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;L’analyse du produit n’est pas une formalité administrative : c’est la seule façon de savoir ce que l’on épand.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Six classes de cinétique de minéralisation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux ARVALIS/INRA ont produit un classement quantitatif en six classes de cinétique, exprimées en pourcentage de l’azote organique apporté minéralisé en fonction du temps normalisé à 15 °C.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.28.35.png|vignette|centre|Cinétiques de minéralisation nette de l’azote organique de six classes de PRO, exprimées en % de l’azote organique apporté, en fonction du temps normalisé à 15 °C. Environ 210 jours normalisés correspondent à une année calendaire en climat tempéré. Source : ARVALIS/INRA, 2008.|865x865px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Fertilisant ou amendant : quatre familles, quatre stratégies ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.29.24.png|vignette|centre|Positionnement des PRO selon leur valeur fertilisante (effet court terme) et leur valeur amendante (effet long terme). D’après une figure ARVALIS reprise par S. Houot (INRAE). Le trait discontinu supérieur matérialise le plafond des 100 % d’équivalent engrais azoté.|647x647px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quatre familles se dégagent, et chacune appelle une stratégie distincte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les produits à dominante fertilisante (en haut à gauche) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Phases liquides de lisiers et de digestats, lisiers et fientes de volailles, vinasses. Leur azote est majoritairement ammoniacal, leur matière sèche faible, leur contribution au stock organique négligeable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont des engrais azotés à part entière, à raisonner comme tels : dose calculée au bilan, positionnement au plus près du besoin (sortie hiver sur céréales, pré-semis ou stade 6 feuilles sur maïs), et surtout enfouissement ou infiltration immédiate puisque l’essentiel de la valeur est volatilisable. On ne construit rien de durable avec ces produits ; ils ne génèrent pratiquement pas de surplus de minéralisation dans le temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les produits à dominante amendante (en bas à droite) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Composts de déchets verts, composts d’effluents d’élevage, phases solides de digestats. Leur valeur fertilisante de l’année est proche de zéro, parfois négative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En revanche, ce sont eux qui construisent le stock, avec des coefficients isohumiques de 0,50 à 0,70. Leur intérêt se lit sur les autres fonctions : reconstitution du taux de matière organique, stabilité structurale, réserve utile, activité biologique, apport de phosphore, de potasse, de magnésium et de calcium. Leur azote se rembourse sur 20 à 50 ans, précisément sous la forme du surplus de minéralisation traité au [[#Le surplus de minéralisation dû aux apports répétés : essais de longue durée|chapitre consacré aux essais de longue durée]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les produits mixtes (au centre et en haut à droite) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Digestats bruts, farines de plumes, de sang, de viandes, PAT, farines d’os, lisiers de bovins et de porcins. Ils combinent un effet direct significatif (30 à 70 %) et une contribution mesurable au stock.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les digestats bruts occupent la position la plus favorable du graphique : la digestion anaérobie a minéralisé la fraction labile du carbone (ce qui augmente la part NH₄⁺, d’où une bonne valeur fertilisante) tout en concentrant la fraction récalcitrante (d’où une valeur amendante conservée, voire supérieure à celle de l’intrant). C’est un point souvent mal compris : &#039;&#039;la méthanisation ne détruit pas la valeur amendante d’un effluent, elle la relativise en augmentant sa valeur fertilisante&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les fumiers, au centre ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fumiers occupent une position intermédiaire basse : effet court terme faible (10 à 20 %), valeur amendante moyenne. Cette position médiocre sur les deux axes explique le paradoxe des exploitations d’élevage : elles apportent des quantités massives d’azote total sans que cela se traduise par une économie d’engrais visible l’année de l’apport — l’effet ne devient perceptible qu’au bout d’une à deux décennies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Ce que l’on apporte n’est pas ce que la culture reçoit ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.30.52.png|vignette|centre|Comparaison des doses classiques de PRO, des teneurs en azote total, ammoniacal et organique, et de l’azote finalement disponible la première année. D’après le diaporama source (diapositive 2), établi à partir d’ESCO MAFOR (2014) et de données internes INRAE. Les valeurs négatives de minéralisation traduisent une immobilisation nette. |869x869px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Premier enseignement — la quantité d’azote apportée ne dit rien de la quantité d’azote fertilisant.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
Le compost de déchets verts apporte 167 kg N/ha et n’en rend que 8. Le digestat brut de CIVE apporte à peine plus d’azote total (196 kg/ha) et en rend 120, soit quinze fois plus. Deux apports rigoureusement identiques en azote total peuvent donc différer d’un facteur 15 sur l’effet agronomique de l’année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Deuxième enseignement — les deux voies d’accès à l’azote disponible sont indépendantes.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
Le lisier bovin non dilué atteint 69 kg N/ha disponibles alors que son azote organique n’en fournit rien (−1 %) : tout vient de l’ammonium. À l’inverse, les boues urbaines chaulées et l’engrais organique du commerce n’ont pratiquement pas d’ammonium et atteignent 31 et 72 kg N/ha uniquement par une minéralisation rapide (32 et 60 %). Un produit peut donc être fertilisant « par son ammonium » ou « par sa minéralisation », et le raisonnement agronomique n’est pas le même : dans le premier cas la priorité absolue est de limiter la volatilisation (enfouissement immédiat, pendillards, injection) ; dans le second, la priorité est de placer l’apport au bon moment thermique, car la minéralisation est pilotée par la température et l’humidité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Troisième enseignement — l’azote non disponible n’est pas de l’azote perdu.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
Sur les 167 kg N/ha du compost de déchets verts, 8 servent à la culture, quelques kilos sont volatilisés ou lessivés, et environ 140 à 150 kg N/ha entrent dans le stock organique du sol. C’est cette masse qui, apport après apport, construit le surplus de minéralisation décrit plus loin. Le compost de déchets verts, mauvais engrais, est un excellent constructeur de fertilité azotée à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les coefficients d’équivalence engrais : KEQ azote ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Définition ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le coefficient d’équivalence engrais minéral (KEQ, aussi appelé coefficient de contribution ou coefficient d’équivalence engrais azoté) est défini expérimentalement : c’est le rapport entre la quantité d’azote minéral qui produirait le même effet sur la culture et la quantité d’azote total apportée par le produit organique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le KEQ n’est pas un taux de minéralisation.&#039;&#039;&#039; Il intègre, en un seul chiffre issu d’essais au champ : la minéralisation de l’azote organique, la disponibilité de l’ammonium, les pertes par volatilisation ammoniacale, les pertes par lessivage entre l’apport et l’absorption, l’organisation microbienne, et le synchronisme avec la culture. C’est pourquoi un même produit a des KEQ différents selon la culture et la date d’apport : ce n’est pas le produit qui change, c’est la fraction de son azote que la culture parvient à intercepter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.38.54.png|vignette|centre|Ordres de grandeur indicatifs de teneurs et de KEQ azote par famille de PRO. Valeurs de synthèse, à recaler sur le référentiel régional (arrêté GREN) et sur les analyses de l’exploitation. Ces intervalles reflètent l’état de la littérature technique (COMIFER, chambres d’agriculture, ARVALIS, ITAVI, IFIP) |867x867px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un exemple d’application ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’utilisation du coefficient d’équivalent engrais est relativement simple. Prenons l’exemple d’un apport de 20 t/ha de compost de fumier bovin âgé de plus de six mois, réalisé avant une culture d’automne comme le blé. Pour ce type de produit, le coefficient d’équivalent engrais retenu dans le bilan azoté est de 5 %. Autrement dit, seuls 5 % de l’azote total contenu dans le compost sont considérés comme disponibles pour la culture au cours de l’année de l’apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre exemple, un compost contenant 6 kg d’azote par tonne apporte au total 120 kg d’azote par hectare (20 × 6). Avec un coefficient de 5 %, la quantité d’azote effectivement prise en compte dans le bilan de la culture n’est donc que de &#039;&#039;&#039;6 kg d’azote par hectare&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À première vue, l’efficacité agronomique de l’apport peut sembler faible. Cependant, cette approche ne considère que l’effet direct de l’année d’application. En pratique, les apports organiques sont souvent répétés au fil des années. Une part importante de l’azote est progressivement stockée dans la matière organique du sol avant d’être restituée par minéralisation. C’est précisément cet effet cumulatif, ou effet pluriannuel, des apports organiques successifs qu’il convient désormais d’examiner.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Dans quel compartiment la matière organique nouvellement apportée se loge-t-elle ? Labile ou stable ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l’illustrent les données ci-dessous, deux ans après l’épandage, la fraction d’azote qui n’a été ni absorbée par les cultures ni perdue vers l’environnement n’est plus directement disponible pour les cultures. Elle est alors intégrée aux matières organiques du sol et suit leur dynamique de minéralisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question devient donc la suivante : dans quelle mesure cet azote organique, incorporé au stock de matière organique du sol, contribue-t-il à la minéralisation de l’azote à moyen terme ? Autrement dit, il s’agit de déterminer si les apports organiques répétés augmentent durablement la fourniture d’azote par le sol, à quelle vitesse cet effet apparaît et quelle quantité d’azote est ainsi restituée aux cultures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.41.20.png|vignette|Quantités d’azote absorbées par le blé en 1996 sur des parcelles de Bignan (56) ayant reçu (bleu : 5 apports de fumier sur les précédents maïs, soit 926 kg N/ha en 10 ans) ou non reçu (rouge) des apports de fumier depuis 10 ans, en fonction de la dose d’azote minéral apportée au blé. Source : ARVALIS / Perspectives Agricoles.|638x638px|centré]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le partage à trois voies ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le devenir se décide dans les 6 à 18 premiers mois, selon un partage à trois voies dont les proportions dépendent presque entièrement de la stabilité biochimique du produit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; Voie 1 — minéralisation immédiate&lt;br /&gt;
: L’ammonium et l’azote organique très labile passent dans la solution du sol. C’est l’effet direct, mesuré par le KEQ. De 0-5 % (compost de déchets verts) à 70-85 % (phase liquide de digestat).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; Voie 2 — immobilisation microbienne puis compartiment labile&lt;br /&gt;
: L’azote est assimilé par la biomasse microbienne stimulée par le carbone apporté. Il transitera dans le compartiment labile pendant 1 à 10 ans. C’est cette voie qui produit l’arrière-effet à court et moyen terme, celui que l’on constate 1 à 5 ans après un apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; Voie 3 — humification et stabilisation minérale&lt;br /&gt;
: Les produits microbiens et les résidus récalcitrants s’associent aux argiles et aux oxydes pour former de la MAOM. C’est le compartiment stable, avec un k₂ de 1 à 4 % par an. C’est cette voie qui produit le surplus permanent de minéralisation décrit plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le paramètre qui gouverne la répartition entre les voies 2-3 et la voie 1 est le coefficient isohumique K1 (part du carbone apporté encore présente dans le sol un an après l’apport) et son homologue normalisé, l’ISMO (Indice de Stabilité de la Matière Organique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.44.36.png|vignette|centre | Stabilité des PRO et compartiment de destination. Valeurs indicatives de synthèse, à confronter aux analyses ISMO des produits utilisés. L’ISMO n’est déterminé en routine que sur les matières fertilisantes normalisées ; il est rarement disponible sur un effluent d’élevage. |752x752px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le taux de matière organique ne suffit pas à prédire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le potentiel de libération de l’azote par minéralisation dépend de nombreux facteurs. Il est notamment influencé par la nature des matières organiques apportées, la quantité totale de matière organique présente dans le sol, ainsi que par les conditions pédoclimatiques qui régulent l’activité biologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À lui seul, le taux de matière organique d’un sol constitue toutefois un indicateur insuffisant pour prédire la quantité d’azote qui sera minéralisée au cours de l’année suivante. Comme l’illustre la compilation de données réalisée par Celesta-Lab ci-dessous, des sols présentant des teneurs similaires en matière organique peuvent avoir des potentiels de minéralisation azotée très différents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.45.32.png|vignette|centre|Relation entre la teneur en matière organique totale du sol (% ) et l’azote minéralisé (kg N/ha, extrapolation sur 8 mois plein champ, base 3 000 t de terre fine par hectare) sur 13 694 échantillons. Régression : y = 51,4 + 23,4 x, R² = 0,23. Source : Celesta-lab.|485x485px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un exemple théorique en Beauce : la minéralisation jour par jour à deux taux de matière organique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.47.07.png|vignette|centre|Cinétique de minéralisation nette de l’azote humifié en climat tempéré (contexte Beauce), simulée jour par jour pour un sol à 1,8 % de MO (vert clair) et un sol à 4,0 % de MO (vert foncé), couche 0-30 cm, 170 jours normalisés par an. En haut : minéralisation journalière. En bas : azote minéralisé cumulé. Formalisme LIXIM/COMIFER. |768x768px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sol à &#039;&#039;&#039;1,8 % de MO&#039;&#039;&#039; contient environ 4,5 t d’azote organique/ha et présente une Vp de 0,41 kg N/ha/JN, soit un cumul annuel de 70 kg N/ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sol à &#039;&#039;&#039;4,0 % de MO&#039;&#039;&#039; contient 10,1 t N org/ha, une Vp de 0,91 kg N/ha/JN, et un cumul de 155 kg N/ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’écart annuel est de &#039;&#039;&#039;+85 kg N/ha&#039;&#039;&#039;, ce qui représente, à 1,20 €/unité, environ 100 €/ha/an d’azote minéral non acheté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de la température : un facteur 3 pour 10 °C ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.23.26.png|vignette|centre|Effet multiplicateur de la température sur la vitesse de minéralisation, avec la référence 1 à 15 °C. Passer de 15 à 25 °C multiplie la vitesse par environ 3,1. Source : M. Valé, Auréa, Ardon 2009.|690x690px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.24.34.png|vignette|centre|Traduction de la fonction de température en minéralisation journalière, sur la base d’une Vp de 0,91 kg N/ha/JN (sol de Beauce à 4 % de MO). La dernière colonne suppose une humidité non limitante — hypothèse rarement vérifiée aux températures les plus hautes en conditions non irriguées.|680x680px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dernière colonne du tableau ci-dessus explique pourquoi les décrochages estivaux observés sur la [[#Un exemple théorique en Beauce : la minéralisation jour par jour à deux taux de matière organique|cinétique beauceronne]] sont agronomiquement décisifs : si l’humidité était non limitante, un sol beauceron à 4 % de MO minéraliserait 2,8 kg N/ha/jour en juillet-août, soit &#039;&#039;&#039;170 kg N/ha sur les deux mois d’été à eux seuls&#039;&#039;&#039;. C’est l’eau, et l’eau seule, qui empêche cela.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette réserve d’azote potentiel est le levier de pilotage discuté plus bas, et le principal facteur de risque en cas d’été pluvieux sur sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de l’humidité : le second facteur, souvent limitant ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur les gammes réellement rencontrées au champ, la température module la minéralisation d’un facteur 3 à 10 et l’humidité d’un facteur 2 à 4 — l’effet thermique est donc le plus puissant en amplitude. Mais l’effet hydrique est le plus fréquemment limitant en pratique, parce qu’il intervient précisément quand la température est maximale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;blockquote&amp;gt;La température fixe le potentiel, l’eau décide s’il est réalisé. Et comme l’eau du sol est, elle, partiellement pilotable (irrigation, couverture du sol, travail du sol, résidus en surface), c’est par l’eau que la minéralisation devient un objet de conduite.&amp;lt;/blockquote&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.26.16.png|vignette|centre|Azote minéralisé en incubation du sol d’Auzeville (23 % argile, 28 % limon, 42 % sable, 1,2 % MO) à deux humidités : à gauche H1 = 30 % de l’humidité à la capacité au champ (potentiel 21,9 MPa, 0,065 g eau/g sol) ; à droite H4 = 90 % de la capacité au champ (0,07 MPa, 0,177 g eau/g sol), aux mêmes quatre températures. Source : Valé (2006).|699x699px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La comparaison des deux humidités isole l’effet de l’eau, à température identique. À 35,3 °C et 90 jours : 17 mg N/kg en H1 (sec) contre 32,5 mg N/kg en H4 (humide), soit un rapport de 1,9. À 20,9 °C et 90 jours : environ 4,5 contre 8 mg N/kg, rapport 1,8. En kg N/ha : 51 contre 98 kg N/ha dans le cas le plus chaud.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Peut-on piloter la minéralisation par l’eau ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur un sol de Beauce à 4 % de MO au mois de juillet (température du sol 22-24 °C), la minéralisation passe de moins de 0,10 kg N/ha/j en conditions sèches à 1,8-2,4 kg N/ha/j si l’humidité redevient non limitante. Un tour d’eau de 30 mm qui maintient le sol au-dessus de 60 % de la réserve utile pendant 12 à 15 jours produit donc de l’ordre de &#039;&#039;&#039;+20 à +30 kg N/ha&#039;&#039;&#039; de minéralisation supplémentaire par rapport au même sol laissé sec. Sur un maïs irrigué recevant 150 à 250 mm entre juin et août, le supplément cumulé de minéralisation attribuable à l’irrigation atteint couramment 30 à 60 kg N/ha, dont une part significative est effectivement absorbée puisque le maïs est en pleine phase d’absorption.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un point rarement explicité dans les calculs de dose : le maïs irrigué bénéficie d’une fourniture du sol nettement supérieure à celle du maïs sec, et pas seulement d’une meilleure valorisation de l’azote apporté. Les grilles de calcul qui appliquent la même minéralisation aux deux conduites surfertilisent l’irrigué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les limites et les contre-indications ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;On n’irrigue pas pour minéraliser.&#039;&#039;&#039; Le coût de l’eau, les restrictions d’usage, la disponibilité du matériel et la priorité hydrique de la culture font que l’irrigation est pilotée sur le bilan hydrique, jamais sur le bilan azoté. Le supplément de minéralisation est un effet secondaire à comptabiliser, non un levier à actionner.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Sur culture non irriguée, le levier n’existe pas.&#039;&#039;&#039; Le seul pilotage disponible est indirect : conserver l’humidité de surface par un mulch de résidus, éviter le travail du sol en été (qui assèche et aère, avec un effet net souvent positif à très court terme par éclatement d’agrégats, puis négatif par dessèchement), maintenir une couverture. Ces leviers modifient la minéralisation de quelques kg N/ha, pas de dizaines.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;L’azote minéralisé n’arrive pas forcément au bon moment.&#039;&#039;&#039; Une irrigation d’août sur un tournesol en fin de cycle ou sur un sol nu après moisson produit de l’azote minéral qui ne sera pas absorbé : elle augmente l’azote potentiellement lessivable au lieu de nourrir une culture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les itinéraires « bas azote » et le risque sec : une mise en garde ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La logique consistant à réduire fortement la dose d’azote minéral en s’appuyant sur la fourniture du sol — enrichi par des années d’apports organiques — est agronomiquement fondée et économiquement attractive. Elle repose cependant sur une fourniture qui est précisément la plus incertaine en conditions sèches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le scénario défavorable&#039;&#039;&#039; est bien identifié : un printemps sec (mai-juin) fait chuter f(θ) au moment où le blé ou le colza absorbent 3 à 4 kg N/ha/jour. La minéralisation attendue de 0,6-0,8 kg N/ha/j tombe à 0,1-0,2. Sur six semaines critiques, le déficit atteint 20 à 30 kg N/ha, et il survient au stade où le nombre de grains et la teneur en protéines se déterminent. L’itinéraire bas azote se solde alors par une perte de rendement, ou plus souvent par un déclassement en protéines — pénalité de 10 à 25 €/t sur un blé meunier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le scénario symétrique&#039;&#039;&#039; est tout aussi problématique : la minéralisation « manquée » du printemps sec ne disparaît pas, elle est reportée sur les pluies d’automne, où elle alimente le reliquat d’entrée hiver et l’azote lessivable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le surplus de minéralisation dû aux apports répétés : essais de longue durée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout ce qui précède permet maintenant d’aborder frontalement la question posée : de combien la minéralisation d’un sol augmente-t-elle quand on lui apporte de la matière organique tous les ans ou tous les deux ans, pendant des décennies ? Trois essais de longue durée apportent des réponses partiellement divergentes — et cette divergence est instructive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.29.24.png|vignette|centre|Surplus de fourniture d’azote par rapport au témoin fertilisé en azote minéral, dans l’essai QualiAgro, de 1999 à 2013. Épandage de trois composts urbains (DVB = compost de déchets verts + boues, BIO = compost de biodéchets, OMR = compost d’ordures ménagères résiduelles) et d’un fumier bovin (FUM), tous les deux ans, à raison de 4 t C/ha (soit 20 à 35 t/ha de produit brut). Rotation maïs-blé. Source : dispositif QualiAgro (INRAE / Veolia), membre du réseau SOERE PRO. |850x850px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dispositif QualiAgro est le dispositif expérimental français de référence sur la valorisation agricole des composts urbains. Implanté à Feucherolles (Yvelines) sur un sol limoneux, mis en place en 1998, il compare quatre produits organiques et un témoin fertilisé minéralement, avec deux niveaux de fertilisation azotée minérale complémentaire, en rotation blé-maïs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La figure porte le surplus de fourniture d’azote de chaque traitement organique par rapport au témoin minéral, année par année. Deux structures se superposent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Une alternance biennale.&#039;&#039;&#039; Les apports ont lieu avant maïs, tous les deux ans. Les années de maïs (1999, 2001, 2003, 2005, 2008, 2010, 2012) portent donc l’effet direct de l’apport plus l’arrière-effet cumulé ; les années de blé (2000, 2002, 2004, 2006, 2009, 2011, 2013) ne portent que l’arrière-effet. On lit clairement cette alternance : maïs 2010 à 74-105 kg N/ha contre blé 2011 à 25-33 ; maïs 2012 à 100-113 contre blé 2013 à 21-52.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Une tendance croissante nette.&#039;&#039;&#039; En ne retenant que les années de blé, c’est-à-dire l’arrière-effet pur :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.30.43.png|vignette|centre|Arrière-effet azoté seul (années de blé, sans apport) dans l’essai QualiAgro. Valeurs lues graphiquement sur la figure|864x864px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La progression est claire : de 5-15 kg N/ha après 2 ans à 25-50 kg N/ha après 15 ans, soit un gain moyen de l’ordre de &#039;&#039;&#039;+2 à +3 kg N/ha par année de dispositif&#039;&#039;&#039;. Les années d’apport (maïs) cumulent effet direct et arrière-effet et atteignent 90 à 113 kg N/ha en fin de série, contre 5 à 26 kg N/ha en début — l’effet direct lui-même s’améliore, ce qui suggère que le sol enrichi valorise mieux les apports (meilleure structure, meilleure activité biologique, moindre immobilisation nette puisque la biomasse microbienne n’est plus « affamée »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La seule méthode fiable : la bande témoin zéro azote ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune grille, aucun modèle ne remplace la mesure directe. La technique est simple et coûte peu : laisser chaque année, sur la même parcelle et au même endroit, une bande non fertilisée en azote (largeur d’un ou deux passages de rampe, longueur suffisante pour une récolte séparable), et mesurer sur cette bande le rendement et la teneur en azote de la récolte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’azote absorbé par la bande zéro est la fourniture du sol, tous postes confondus (minéralisation de l’humus + arrière-effets + reliquat). En la comparant à ce que prédit le référentiel régional, on mesure directement le surplus lié à l’historique organique de la parcelle. En la suivant sur 5 à 10 ans, on voit le surplus progresser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Complément indispensable : le reliquat azoté de sortie d’hiver sur 3 horizons, et si possible le reliquat d’entrée d’hiver sur les parcelles à historique organique — c’est ce dernier qui révèle si le surplus part dans la nappe plutôt que dans la plante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ESCO MAFOR (2014). Valorisation des matières fertilisantes d’origine résiduaire sur les sols à usage agricole ou forestier : impacts agronomiques, environnementaux, socio-économiques. Expertise scientifique collective, INRA – CNRS – Irstea, rapport final. &lt;br /&gt;
* CRAGE (2019). Référentiel régional sur les produits résiduaires organiques. Chambre régionale d’agriculture du Grand Est.&lt;br /&gt;
* ARVALIS – Institut du végétal / INRA (2008). Classes de cinétique de minéralisation de l’azote organique des produits organiques. Repris dans les guides ARVALIS « Fertilisation organique » et dans Perspectives Agricoles.&lt;br /&gt;
* Levavasseur, F., Mary, B., Houot, S. et coll. (2020). Coefficient d’équivalence engrais azoté des produits résiduaires organiques et relation avec la part d’azote minéral. (travaux INRAE UMR ECOSYS)&lt;br /&gt;
* Levavasseur, F., Lashermes, G., Mary, B., Morvan, T., Nicolardot, B., Parnaudeau, V., Thuriès, L., Houot, S. (2021/2022). Quantification et modélisation de la minéralisation du carbone et de l’azote de matières organiques exogènes diverses ; constitution d’une base de données d’incubations. Nutrient Cycling in Agroecosystems / Soil Use and Management. &lt;br /&gt;
* Valé, M. (2006). Quantification et prédiction de la minéralisation nette de l’azote du sol in situ, sous divers pédoclimats et systèmes de culture français. Thèse de doctorat, Institut National Polytechnique de Toulouse / ENSAT. &lt;br /&gt;
* Valé, M. (2009). Effet de la température sur la minéralisation. Communication, Auréa AgroSciences, Ardon. &lt;br /&gt;
* Houot, S. (INRAE, UMR ECOSYS). Figure de positionnement valeur fertilisante / valeur amendante, d’après ARVALIS. &lt;br /&gt;
* ARVALIS – Institut du végétal. Perspectives Agricoles. Essais de Bignan (56) et de La Jaillière (44) sur la valeur azotée des fumiers de bovins. &lt;br /&gt;
* QualiAgro (INRAE / Veolia). Dispositif expérimental de longue durée de Feucherolles (78) sur la valorisation agricole des composts urbains, mis en place en 1998. Membre du réseau SOERE PRO. &lt;br /&gt;
* Celesta-lab. Base de données de 13 694 analyses de minéralisation potentielle de l’azote et de matière organique totale. &lt;br /&gt;
* COMIFER (2013). Calcul de la fertilisation azotée — Guide méthodologique pour l’établissement des prescriptions locales : cultures annuelles et prairies. Comité français d’étude et de développement de la fertilisation raisonnée. &lt;br /&gt;
* Mary, B., Beaudoin, N., Justes, E., Machet, J.-M. (1999). Calculation of nitrogen mineralization and leaching in fallow soil using a simple dynamic model. European Journal of Soil Science, 50, 549-566. — Origine du modèle LIXIM.&lt;br /&gt;
* Clivot, H., Mouny, J.-C., Duparque, A., Dinh, J.-L., Denoroy, P., Houot, S., Vertès, F., Trochard, R., Bouthier, A., Sagot, S., Mary, B. (2019). Modeling soil organic carbon evolution in long-term arable experiments with AMG model. Environmental Modelling &amp;amp; Software, 118, 99-113. — Modèle AMG, coefficients isohumiques.&lt;br /&gt;
* Coleman, K., Jenkinson, D. S. (1996). RothC-26.3 — A model for the turnover of carbon in soil. In Evaluation of Soil Organic Matter Models, Springer, 237-246.&lt;br /&gt;
* Justes, E., Mary, B., Nicolardot, B. (2009). Quantifying and modelling C and N mineralization kinetics of catch crop residues in soil. Plant and Soil, 325, 171-185.&lt;br /&gt;
* Valeur fertilisante des effluents et des PRO Gutser, R., Ebertseder, T., Weber, A., Schraml, M., Schmidhalter, U. (2005). Short-term and residual availability of nitrogen after long-term application of organic fertilizers on arable land. Journal of Plant Nutrition and Soil Science, 168, 439-446. — Référence majeure sur l’arrière-effet des apports répétés.&lt;br /&gt;
* Schröder, J. (2005). Revisiting the agronomic benefits of manure: a correct assessment and exploitation of its fertilizer value spares the environment. Bioresource Technology, 96, 253-261. Webb, J., Sørensen, P., Velthof, G., Amon, B., Pinto, M., Rodhe, L., Salomon, E., Hutchings, N., Burczyk, P., Reid, J. (2013). An assessment of the variation of manure nitrogen efficiency throughout Europe and an appraisal of means to increase manure-N efficiency. Advances in Agronomy, 119, 371-442.&lt;br /&gt;
* Sørensen, P., Amato, M. (2002). Remineralisation and residual effects of N after application of pig slurry to soil. European Journal of Agronomy, 16, 81-95. Peltre, C., Christensen, B. T., Dragon, S., Icard, C., Kätterer, T., Houot, S. (2012). RothC simulation of carbon accumulation in soil after repeated application of widely different organic amendments. Soil Biology &amp;amp; Biochemistry, 52, 49-60. (à vérifier — revue et pagination)&lt;br /&gt;
* Noirot-Cosson, P.-E., Vaudour, E., Gilliot, J.-M., Gabrielle, B., Houot, S. (2016). Modelling the long-term effect of urban waste compost applications on carbon and nitrogen dynamics in temperate cropland. Soil Biology &amp;amp; Biochemistry, 94, 138-153.&lt;br /&gt;
* Nicolardot, B., Recous, S., Mary, B. (2001). Simulation of C and N mineralisation during crop residue decomposition: a simple dynamic model based on the C:N ratio of the residues. Plant and Soil, 228, 83-103. — Référence sur la faim d’azote.&lt;br /&gt;
* Morvan, T., Nicolardot, B. (2009). Role of organic fractions on C decomposition and N mineralization of animal wastes in soil. Biology and Fertility of Soils, 45, 477-486. (à vérifier) Thuriès, L., Pansu, M., Feller, C., Herrmann, P., Rémy, J.-C. (2001). Kinetics of added organic matter decomposition in a Mediterranean sandy soil. Soil Biology &amp;amp; Biochemistry, 33, 997-1010.&lt;br /&gt;
* Minéralisation du sol, température, eau Birch, H. F. (1958). The effect of soil drying on humus decomposition and nitrogen availability. Plant and Soil, 10, 9-31. — Origine de l’« effet Birch ».&lt;br /&gt;
* Linn, D. M., Doran, J. W. (1984). Effect of water-filled pore space on carbon dioxide and nitrous oxide production in tilled and nontilled soils. Soil Science Society of America Journal, 48, 1267-1272.&lt;br /&gt;
* Rodrigo, A., Recous, S., Neel, C., Mary, B. (1997). Modelling temperature and moisture effects on C–N transformations in soils: comparison of nine models. Ecological Modelling, 102, 325-339. Kätterer, T., Reichstein, M., Andrén, O., Lomander, A. (1998). Temperature dependence of organic matter decomposition: a critical review using literature data analyzed with different models. Biology and Fertility of Soils, 27, 258-262.&lt;br /&gt;
* Lavallee, J. M., Soong, J. L., Cotrufo, M. F. (2020). Conceptualizing soil organic matter into particulate and mineral-associated forms to address global change in the 21st century. Global Change Biology, 26, 261-273. &lt;br /&gt;
* Lessivage, couverts, azote potentiellement lessivable Beaudoin, N., Saad, J. K., Van Laethem, C., Machet, J.-M., Maucorps, J., Mary, B. (2005). Nitrate leaching in intensive agriculture in Northern France: effect of farming practices, soils and crop rotations. Agriculture, Ecosystems &amp;amp; Environment, 111, 292-310.&lt;br /&gt;
* Constantin, J., Mary, B., Laurent, F., Aubrion, G., Fontaine, A., Kerveillant, P., Beaudoin, N. (2010). Effects of catch crops, no till and reduced nitrogen fertilization on nitrogen leaching and balance in three long-term experiments. Agriculture, Ecosystems &amp;amp; Environment, 135, 268-278.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fertilisation_organique_et_effet_azote&amp;diff=197517</id>
		<title>Fertilisation organique et effet azote</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fertilisation_organique_et_effet_azote&amp;diff=197517"/>
		<updated>2026-08-26T22:05:45Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.16.02.png|vignette|537x537px|centré]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les observations de terrain et les expérimentations menées dans le cadre du projet &#039;&#039;&#039;Transition Ferme&#039;&#039;&#039;, en partenariat avec Bureau Vallée, mettent en évidence des situations où des agriculteurs, après plusieurs années d’apports réguliers de matières organiques, parviennent à élaborer des plans de fumure avec des doses d’azote minéral très réduites. Dans certains cas, les apports se limitent à environ 100 kg d’azote par hectare pour atteindre des rendements de 80 à 90 quintaux de blé tendre améliorant, conformes aux exigences de qualité, alors que les recommandations habituelles se situent plutôt entre 180 et 190 kg d’azote par hectare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces résultats soulèvent une question essentielle : si les cultures maintiennent de telles performances avec des apports aussi faibles, c’est que l’azote est fourni par d’autres mécanismes. Il n’existe en effet aucun « azote miracle » ; cet élément provient nécessairement de la minéralisation des matières organiques présentes dans le sol et du recyclage de l’azote déjà stocké dans les systèmes de production. Une meilleure compréhension de ces processus de minéralisation permet ainsi d’optimiser la valorisation de l’azote contenu dans les produits organiques, de réduire le recours aux engrais minéraux et, par conséquent, de diminuer les émissions de gaz à effet de serre associées à leur fabrication et à leur utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Caractériser un produit résiduaire organique et son efficacité ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On connaît relativement bien l’efficacité des produits organiques au cours de l’année de leur apport. Celle-ci est estimée à partir de leur teneur en azote, de leur degré de récalcitrance à la dégradation, ainsi que de la date d’application et de la culture concernée. Ces paramètres permettent de prédire la quantité d’azote disponible pour la culture au cours de la campagne suivante, une valeur ensuite intégrée dans le calcul du bilan azoté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout raisonnement sur la fertilisation organique commence par la décomposition de l’azote total du produit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; N-NH₄⁺ (azote ammoniacal)&lt;br /&gt;
: Azote minéral, immédiatement disponible pour la plante… mais aussi immédiatement volatilisable sous forme d’ammoniac (NH₃) si le produit reste en surface. C’est la fraction « engrais » du PRO.&lt;br /&gt;
; N organique minéralisable&lt;br /&gt;
: Azote lié aux molécules organiques peu polymérisées (protéines, acides aminés, azote de la biomasse microbienne du produit), qui se minéralise en quelques semaines à quelques mois.&lt;br /&gt;
; N organique récalcitrant&lt;br /&gt;
: Azote associé aux structures lignifiées ou déjà fortement humifiées. Il ne participe pratiquement pas à la nutrition de l’année et alimente le stock organique du sol.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fraction, souvent oubliée, est l’azote uréique et l’azote nitrique de certains produits (urines, digestats très nitrifiés, vinasses) : le laboratoire les range parfois dans « N minéral » sans les distinguer. Sur un digestat, la part N-NH₄⁺ / N total est le meilleur prédicteur unique de la valeur fertilisante à court terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.24.50.png|vignette|centre|Teneurs en azote ammoniacal (vert clair) et en azote organique (vert foncé) de 22 familles de PRO, exprimées en kg N par tonne de matière brute. On lit directement l’opposition entre les produits « engrais » (lisiers, fientes, digestats, urines : forte part NH₄⁺, faible teneur totale par tonne) et les produits « amendements » (composts, fumiers compostés : azote presque exclusivement organique). Sources : ESCO MAFOR (2014), CRAGE (2019), données internes INRAE. |545x545px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois lectures s’imposent sur cette figure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;La teneur totale par tonne de produit brut est très variable&#039;&#039;&#039; : 1,5 kg N/t pour un lisier dilué contre plus de 40 kg N/t pour des fientes séchées, soit un facteur 25. C’est la teneur en matière sèche qui commande : à sec, on transporte de l’azote ; en dilué, on transporte de l’eau.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;La part NH₄⁺ est le déterminant de la valeur immédiate&#039;&#039;&#039; : elle dépasse 70 % du total pour les lisiers de porc et les digestats bruts, et tombe sous 10 % pour les composts.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Le compostage déplace systématiquement le curseur vers l’azote organique&#039;&#039;&#039; : il concentre le produit (perte de masse par minéralisation du carbone) mais volatilise une grande partie de l’ammonium, si bien que le compost de fumier pailleux apparaît plus riche en N total par tonne que le fumier frais tout en étant beaucoup moins « fertilisant ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.26.13.png|vignette|centre|Variabilité de la teneur en azote total de quatre PRO (minimum, moyenne, maximum), en kg N par tonne de matière brute. Sources : ESCO MAFOR (2014), données internes INRAE.|592x592px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lisier bovin varie de 1,0 à 5,4 kg N/t pour une moyenne à 2,3 : le maximum vaut plus du double de la moyenne, et 5 fois le minimum. Le lisier porcin s’étend de 1,5 à 9,6 kg N/t (moyenne 4,5), soit un facteur 6,4 entre les extrêmes. À 40 t/ha, cet intervalle représente 60 à 384 kg N/ha apportés — l’écart couvre à lui seul la totalité de la dose azotée d’un blé. Les produits solides sont plus stables (fumier bovin 4,6 à 6,9 ; digestat de CIVE 3,6 à 6,3) parce que leur teneur en matière sèche varie moins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’analyse du produit n’est donc pas une formalité administrative : c’est la seule façon de savoir ce que l’on épand.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux ARVALIS/INRA ont produit un classement quantitatif en six classes de cinétique, exprimées en pourcentage de l’azote organique apporté minéralisé en fonction du temps normalisé à 15 °C.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.28.35.png|vignette|centre|Cinétiques de minéralisation nette de l’azote organique de six classes de PRO, exprimées en % de l’azote organique apporté, en fonction du temps normalisé à 15 °C. Environ 210 jours normalisés correspondent à une année calendaire en climat tempéré. Source : ARVALIS/INRA, 2008.|865x865px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.29.24.png|vignette|centre|Positionnement des PRO selon leur valeur fertilisante (effet court terme) et leur valeur amendante (effet long terme). D’après une figure ARVALIS reprise par S. Houot (INRAE). Le trait discontinu supérieur matérialise le plafond des 100 % d’équivalent engrais azoté.|647x647px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quatre familles se dégagent, et chacune appelle une stratégie distincte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les produits à dominante fertilisante (en haut à gauche) ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Phases liquides de lisiers et de digestats, lisiers et fientes de volailles, vinasses. Leur azote est majoritairement ammoniacal, leur matière sèche faible, leur contribution au stock organique négligeable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont des engrais azotés à part entière, à raisonner comme tels : dose calculée au bilan, positionnement au plus près du besoin (sortie hiver sur céréales, pré-semis ou stade 6 feuilles sur maïs), et surtout enfouissement ou infiltration immédiate puisque l’essentiel de la valeur est volatilisable. On ne construit rien de durable avec ces produits ; ils ne génèrent pratiquement pas de surplus de minéralisation dans le temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les produits à dominante amendante (en bas à droite) ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Composts de déchets verts, composts d’effluents d’élevage, phases solides de digestats. Leur valeur fertilisante de l’année est proche de zéro, parfois négative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En revanche, ce sont eux qui construisent le stock, avec des coefficients isohumiques de 0,50 à 0,70. Leur intérêt se lit sur les autres fonctions : reconstitution du taux de matière organique, stabilité structurale, réserve utile, activité biologique, apport de phosphore, de potasse, de magnésium et de calcium. Leur azote se rembourse sur 20 à 50 ans, précisément sous la forme du surplus de minéralisation traité au [[#Le surplus de minéralisation dû aux apports répétés : essais de longue durée|chapitre consacré aux essais de longue durée]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les produits mixtes (au centre et en haut à droite) ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Digestats bruts, farines de plumes, de sang, de viandes, PAT, farines d’os, lisiers de bovins et de porcins. Ils combinent un effet direct significatif (30 à 70 %) et une contribution mesurable au stock.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les digestats bruts occupent la position la plus favorable du graphique : la digestion anaérobie a minéralisé la fraction labile du carbone (ce qui augmente la part NH₄⁺, d’où une bonne valeur fertilisante) tout en concentrant la fraction récalcitrante (d’où une valeur amendante conservée, voire supérieure à celle de l’intrant). C’est un point souvent mal compris : &#039;&#039;la méthanisation ne détruit pas la valeur amendante d’un effluent, elle la relativise en augmentant sa valeur fertilisante&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les fumiers, au centre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fumiers occupent une position intermédiaire basse : effet court terme faible (10 à 20 %), valeur amendante moyenne. Cette position médiocre sur les deux axes explique le paradoxe des exploitations d’élevage : elles apportent des quantités massives d’azote total sans que cela se traduise par une économie d’engrais visible l’année de l’apport — l’effet ne devient perceptible qu’au bout d’une à deux décennies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Ce que l’on apporte n’est pas ce que la culture reçoit ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.30.52.png|vignette|centre|Comparaison des doses classiques de PRO, des teneurs en azote total, ammoniacal et organique, et de l’azote finalement disponible la première année. D’après le diaporama source (diapositive 2), établi à partir d’ESCO MAFOR (2014) et de données internes INRAE. Les valeurs négatives de minéralisation traduisent une immobilisation nette. |869x869px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Premier enseignement : la quantité d’azote apportée ne dit rien de la quantité d’azote fertilisant.&#039;&#039;&#039; Le compost de déchets verts apporte 167 kg N/ha et n’en rend que 8. Le digestat brut de CIVE apporte à peine plus d’azote total (196 kg/ha) et en rend 120, soit quinze fois plus. Deux apports rigoureusement identiques en azote total peuvent donc différer d’un facteur 15 sur l’effet agronomique de l’année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Deuxième enseignement : les deux voies d’accès à l’azote disponible sont indépendantes.&#039;&#039;&#039; Le lisier bovin non dilué atteint 69 kg N/ha disponibles alors que son azote organique n’en fournit rien (−1 %) : tout vient de l’ammonium. À l’inverse, les boues urbaines chaulées et l’engrais organique du commerce n’ont pratiquement pas d’ammonium et atteignent 31 et 72 kg N/ha uniquement par une minéralisation rapide (32 et 60 %). Un produit peut donc être fertilisant « par son ammonium » ou « par sa minéralisation », et le raisonnement agronomique n’est pas le même : dans le premier cas la priorité absolue est de limiter la volatilisation (enfouissement immédiat, pendillards, injection) ; dans le second, la priorité est de placer l’apport au bon moment thermique, car la minéralisation est pilotée par la température et l’humidité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Troisième enseignement, essentiel pour la suite : l’azote non disponible n’est pas de l’azote perdu.&#039;&#039;&#039; Sur les 167 kg N/ha du compost de déchets verts, 8 servent à la culture, quelques kilos sont volatilisés ou lessivés, et environ 140 à 150 kg N/ha entrent dans le stock organique du sol. C’est cette masse qui, apport après apport, construit le surplus de minéralisation décrit plus loin. Le compost de déchets verts, mauvais engrais, est un excellent constructeur de fertilité azotée à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les coefficients d’équivalence engrais : KEQ azote ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le coefficient d’équivalence engrais minéral (KEQ, aussi appelé coefficient de contribution ou coefficient d’équivalence engrais azoté) est défini expérimentalement : c’est le rapport entre la quantité d’azote minéral qui produirait le même effet sur la culture et la quantité d’azote total apportée par le produit organique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le KEQ n’est pas un taux de minéralisation. Il intègre, en un seul chiffre issu d’essais au champ : la minéralisation de l’azote organique, la disponibilité de l’ammonium, les pertes par volatilisation ammoniacale, les pertes par lessivage entre l’apport et l’absorption, l’organisation microbienne, et le synchronisme avec la culture. C’est pourquoi un même produit a des KEQ différents selon la culture et la date d’apport : ce n’est pas le produit qui change, c’est la fraction de son azote que la culture parvient à intercepter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.38.54.png|vignette|centre|Ordres de grandeur indicatifs de teneurs et de KEQ azote par famille de PRO. Valeurs de synthèse, à recaler sur le référentiel régional (arrêté GREN) et sur les analyses de l’exploitation. Ces intervalles reflètent l’état de la littérature technique (COMIFER, chambres d’agriculture, ARVALIS, ITAVI, IFIP) |867x867px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’utilisation du coefficient d’équivalent engrais est relativement simple. Prenons l’exemple d’un apport de 20 t/ha de compost de fumier bovin âgé de plus de six mois, réalisé avant une culture d’automne comme le blé. Pour ce type de produit, le coefficient d’équivalent engrais retenu dans le bilan azoté est de 5 %. Autrement dit, seuls 5 % de l’azote total contenu dans le compost sont considérés comme disponibles pour la culture au cours de l’année de l’apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre exemple, un compost contenant 6 kg d’azote par tonne apporte au total 120 kg d’azote par hectare (20 × 6). Avec un coefficient de 5 %, la quantité d’azote effectivement prise en compte dans le bilan de la culture n’est donc que de 6 kg d’azote par hectare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À première vue, l’efficacité agronomique de l’apport peut sembler faible. Cependant, cette approche ne considère que l’effet direct de l’année d’application. En pratique, les apports organiques sont souvent répétés au fil des années. Une part importante de l’azote est progressivement stockée dans la matière organique du sol avant d’être restituée par minéralisation. C’est précisément cet effet cumulatif, ou effet pluriannuel, des apports organiques successifs qu’il convient désormais d’examiner.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Dans quel compartiment la matière organique nouvellement apportée se loge-t-elle ? Labile ou stable ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l’illustrent les données ci-dessous, deux ans après l’épandage, la fraction d’azote qui n’a été ni absorbée par les cultures ni perdue vers l’environnement n’est plus directement disponible pour les cultures. Elle est alors intégrée aux matières organiques du sol et suit leur dynamique de minéralisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question devient donc la suivante : dans quelle mesure cet azote organique, incorporé au stock de matière organique du sol, contribue-t-il à la minéralisation de l’azote à moyen terme ? Autrement dit, il s’agit de déterminer si les apports organiques répétés augmentent durablement la fourniture d’azote par le sol, à quelle vitesse cet effet apparaît et quelle quantité d’azote est ainsi restituée aux cultures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.41.20.png|vignette|Quantités d’azote absorbées par le blé en 1996 sur des parcelles de Bignan (56) ayant reçu (bleu : 5 apports de fumier sur les précédents maïs, soit 926 kg N/ha en 10 ans) ou non reçu (rouge) des apports de fumier depuis 10 ans, en fonction de la dose d’azote minéral apportée au blé. Source : ARVALIS / Perspectives Agricoles.|638x638px|centré]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le devenir se décide dans les 6 à 18 premiers mois, selon un partage à trois voies dont les proportions dépendent presque entièrement de la stabilité biochimique du produit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Voie 1 — minéralisation immédiate.&#039;&#039;&#039; L’ammonium et l’azote organique très labile passent dans la solution du sol. C’est l’effet direct, mesuré par le KEQ. De 0-5 % (compost de déchets verts) à 70-85 % (phase liquide de digestat).&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Voie 2 — immobilisation microbienne puis compartiment labile.&#039;&#039;&#039; L’azote est assimilé par la biomasse microbienne stimulée par le carbone apporté. Il transitera dans le compartiment labile pendant 1 à 10 ans. C’est cette voie qui produit l’arrière-effet à court et moyen terme, celui que l’on constate 1 à 5 ans après un apport.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Voie 3 — humification et stabilisation minérale.&#039;&#039;&#039; Les produits microbiens et les résidus récalcitrants s’associent aux argiles et aux oxydes pour former de la MAOM. C’est le compartiment stable, avec un k₂ de 1 à 4 % par an. C’est cette voie qui produit le surplus permanent de minéralisation décrit plus loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le paramètre qui gouverne la répartition entre les voies 2-3 et la voie 1 est le coefficient isohumique K1 (part du carbone apporté encore présente dans le sol un an après l’apport) et son homologue normalisé, l’ISMO (Indice de Stabilité de la Matière Organique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.44.36.png|vignette|centre | Stabilité des PRO et compartiment de destination. Valeurs indicatives de synthèse, à confronter aux analyses ISMO des produits utilisés. L’ISMO n’est déterminé en routine que sur les matières fertilisantes normalisées ; il est rarement disponible sur un effluent d’élevage. |752x752px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le potentiel de libération de l’azote par minéralisation dépend de nombreux facteurs. Il est notamment influencé par la nature des matières organiques apportées, la quantité totale de matière organique présente dans le sol, ainsi que par les conditions pédoclimatiques qui régulent l’activité biologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À lui seul, le taux de matière organique d’un sol constitue toutefois un indicateur insuffisant pour prédire la quantité d’azote qui sera minéralisée au cours de l’année suivante. Comme l’illustre la compilation de données réalisée par Celesta-Lab ci-dessous, des sols présentant des teneurs similaires en matière organique peuvent avoir des potentiels de minéralisation azotée très différents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.45.32.png|vignette|centre|Relation entre la teneur en matière organique totale du sol (% ) et l’azote minéralisé (kg N/ha, extrapolation sur 8 mois plein champ, base 3 000 t de terre fine par hectare) sur 13 694 échantillons. Régression : y = 51,4 + 23,4 x, R² = 0,23. Source : Celesta-lab.|485x485px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un exemple théorique en Beauce : la minéralisation jour par jour à deux taux de matière organique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.47.07.png|vignette|centre|Cinétique de minéralisation nette de l’azote humifié en climat tempéré (contexte Beauce), simulée jour par jour pour un sol à 1,8 % de MO (vert clair) et un sol à 4,0 % de MO (vert foncé), couche 0-30 cm, 170 jours normalisés par an. En haut : minéralisation journalière. En bas : azote minéralisé cumulé. Formalisme LIXIM/COMIFER. |768x768px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sol à 1,8 % de MO contient environ 4,5 t d’azote organique/ha et présente une Vp de 0,41 kg N/ha/JN, soit un cumul annuel de 70 kg N/ha. Le sol à 4,0 % de MO contient 10,1 t N org/ha, une Vp de 0,91 kg N/ha/JN, et un cumul de 155 kg N/ha. L’écart annuel est de +85 kg N/ha, ce qui représente, à 1,20 €/unité, environ 100 €/ha/an d’azote minéral non acheté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de la température : un facteur 3 pour 10 °C ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.23.26.png|vignette|centre|Effet multiplicateur de la température sur la vitesse de minéralisation, avec la référence 1 à 15 °C. Passer de 15 à 25 °C multiplie la vitesse par environ 3,1. Source : M. Valé, Auréa, Ardon 2009.|690x690px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.24.34.png|vignette|centre|Traduction de la fonction de température en minéralisation journalière, sur la base d’une Vp de 0,91 kg N/ha/JN (sol de Beauce à 4 % de MO). La dernière colonne suppose une humidité non limitante — hypothèse rarement vérifiée aux températures les plus hautes en conditions non irriguées.|680x680px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dernière colonne du tableau ci-dessus explique pourquoi les décrochages estivaux observés sur la [[#Un exemple théorique en Beauce : la minéralisation jour par jour à deux taux de matière organique|cinétique beauceronne]] sont agronomiquement décisifs : si l’humidité était non limitante, un sol beauceron à 4 % de MO minéraliserait 2,8 kg N/ha/jour en juillet-août, soit 170 kg N/ha sur les deux mois d’été à eux seuls. C’est l’eau, et l’eau seule, qui empêche cela. Cette réserve d’azote potentiel est le levier de pilotage discuté plus bas, et le principal facteur de risque en cas d’été pluvieux sur sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de l’humidité : le second facteur, souvent limitant ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur les gammes réellement rencontrées au champ, la température module la minéralisation d’un facteur 3 à 10 et l’humidité d’un facteur 2 à 4 — l’effet thermique est donc le plus puissant en amplitude. Mais l’effet hydrique est le plus fréquemment limitant en pratique, parce qu’il intervient précisément quand la température est maximale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autrement dit : la température fixe le potentiel, l’eau décide s’il est réalisé. Et comme l’eau du sol est, elle, partiellement pilotable (irrigation, couverture du sol, travail du sol, résidus en surface), c’est par l’eau que la minéralisation devient un objet de conduite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.26.16.png|vignette|centre|Azote minéralisé en incubation du sol d’Auzeville (23 % argile, 28 % limon, 42 % sable, 1,2 % MO) à deux humidités : à gauche H1 = 30 % de l’humidité à la capacité au champ (potentiel 21,9 MPa, 0,065 g eau/g sol) ; à droite H4 = 90 % de la capacité au champ (0,07 MPa, 0,177 g eau/g sol), aux mêmes quatre températures. Source : Valé (2006).|699x699px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La comparaison des deux humidités isole l’effet de l’eau, à température identique. À 35,3 °C et 90 jours : 17 mg N/kg en H1 (sec) contre 32,5 mg N/kg en H4 (humide), soit un rapport de 1,9. À 20,9 °C et 90 jours : environ 4,5 contre 8 mg N/kg, rapport 1,8. En kg N/ha : 51 contre 98 kg N/ha dans le cas le plus chaud.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Peut-on piloter la minéralisation par l’eau ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur un sol de Beauce à 4 % de MO au mois de juillet (température du sol 22-24 °C), la minéralisation passe de moins de 0,10 kg N/ha/j en conditions sèches à 1,8-2,4 kg N/ha/j si l’humidité redevient non limitante. Un tour d’eau de 30 mm qui maintient le sol au-dessus de 60 % de la réserve utile pendant 12 à 15 jours produit donc de l’ordre de +20 à +30 kg N/ha de minéralisation supplémentaire par rapport au même sol laissé sec. Sur un maïs irrigué recevant 150 à 250 mm entre juin et août, le supplément cumulé de minéralisation attribuable à l’irrigation atteint couramment 30 à 60 kg N/ha, dont une part significative est effectivement absorbée puisque le maïs est en pleine phase d’absorption.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un point rarement explicité dans les calculs de dose : le maïs irrigué bénéficie d’une fourniture du sol nettement supérieure à celle du maïs sec, et pas seulement d’une meilleure valorisation de l’azote apporté. Les grilles de calcul qui appliquent la même minéralisation aux deux conduites surfertilisent l’irrigué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les limites et les contre-indications ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;On n’irrigue pas pour minéraliser.&#039;&#039;&#039; Le coût de l’eau, les restrictions d’usage, la disponibilité du matériel et la priorité hydrique de la culture font que l’irrigation est pilotée sur le bilan hydrique, jamais sur le bilan azoté. Le supplément de minéralisation est un effet secondaire à comptabiliser, non un levier à actionner.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Sur culture non irriguée, le levier n’existe pas.&#039;&#039;&#039; Le seul pilotage disponible est indirect : conserver l’humidité de surface par un mulch de résidus, éviter le travail du sol en été (qui assèche et aère, avec un effet net souvent positif à très court terme par éclatement d’agrégats, puis négatif par dessèchement), maintenir une couverture. Ces leviers modifient la minéralisation de quelques kg N/ha, pas de dizaines.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;L’azote minéralisé n’arrive pas forcément au bon moment.&#039;&#039;&#039; Une irrigation d’août sur un tournesol en fin de cycle ou sur un sol nu après moisson produit de l’azote minéral qui ne sera pas absorbé : elle augmente l’azote potentiellement lessivable au lieu de nourrir une culture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les itinéraires « bas azote » et le risque sec : une mise en garde ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La logique consistant à réduire fortement la dose d’azote minéral en s’appuyant sur la fourniture du sol — enrichi par des années d’apports organiques — est agronomiquement fondée et économiquement attractive. Elle repose cependant sur une fourniture qui est précisément la plus incertaine en conditions sèches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le scénario défavorable est bien identifié : un printemps sec (mai-juin) fait chuter f(θ) au moment où le blé ou le colza absorbent 3 à 4 kg N/ha/jour. La minéralisation attendue de 0,6-0,8 kg N/ha/j tombe à 0,1-0,2. Sur six semaines critiques, le déficit atteint 20 à 30 kg N/ha, et il survient au stade où le nombre de grains et la teneur en protéines se déterminent. L’itinéraire bas azote se solde alors par une perte de rendement, ou plus souvent par un déclassement en protéines — pénalité de 10 à 25 €/t sur un blé meunier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le scénario symétrique est tout aussi problématique : la minéralisation « manquée » du printemps sec ne disparaît pas, elle est reportée sur les pluies d’automne, où elle alimente le reliquat d’entrée hiver et l’azote lessivable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le surplus de minéralisation dû aux apports répétés : essais de longue durée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout ce qui précède permet maintenant d’aborder frontalement la question posée : de combien la minéralisation d’un sol augmente-t-elle quand on lui apporte de la matière organique tous les ans ou tous les deux ans, pendant des décennies ? Trois essais de longue durée apportent des réponses partiellement divergentes — et cette divergence est instructive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.29.24.png|vignette|centre|Surplus de fourniture d’azote par rapport au témoin fertilisé en azote minéral, dans l’essai QualiAgro, de 1999 à 2013. Épandage de trois composts urbains (DVB = compost de déchets verts + boues, BIO = compost de biodéchets, OMR = compost d’ordures ménagères résiduelles) et d’un fumier bovin (FUM), tous les deux ans, à raison de 4 t C/ha (soit 20 à 35 t/ha de produit brut). Rotation maïs-blé. Source : dispositif QualiAgro (INRAE / Veolia), membre du réseau SOERE PRO. |850x850px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dispositif QualiAgro est le dispositif expérimental français de référence sur la valorisation agricole des composts urbains. Implanté à Feucherolles (Yvelines) sur un sol limoneux, mis en place en 1998, il compare quatre produits organiques et un témoin fertilisé minéralement, avec deux niveaux de fertilisation azotée minérale complémentaire, en rotation blé-maïs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La figure porte le surplus de fourniture d’azote de chaque traitement organique par rapport au témoin minéral, année par année. Deux structures se superposent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Une alternance biennale.&#039;&#039;&#039; Les apports ont lieu avant maïs, tous les deux ans. Les années de maïs (1999, 2001, 2003, 2005, 2008, 2010, 2012) portent donc l’effet direct de l’apport plus l’arrière-effet cumulé ; les années de blé (2000, 2002, 2004, 2006, 2009, 2011, 2013) ne portent que l’arrière-effet. On lit clairement cette alternance : maïs 2010 à 74-105 kg N/ha contre blé 2011 à 25-33 ; maïs 2012 à 100-113 contre blé 2013 à 21-52.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Une tendance croissante nette.&#039;&#039;&#039; En ne retenant que les années de blé, c’est-à-dire l’arrière-effet pur :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.30.43.png|vignette|centre|Arrière-effet azoté seul (années de blé, sans apport) dans l’essai QualiAgro. Valeurs lues graphiquement sur la figure|864x864px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La progression est claire : de 5-15 kg N/ha après 2 ans à 25-50 kg N/ha après 15 ans, soit un gain moyen de l’ordre de +2 à +3 kg N/ha par année de dispositif. Les années d’apport (maïs) cumulent effet direct et arrière-effet et atteignent 90 à 113 kg N/ha en fin de série, contre 5 à 26 kg N/ha en début — l’effet direct lui-même s’améliore, ce qui suggère que le sol enrichi valorise mieux les apports (meilleure structure, meilleure activité biologique, moindre immobilisation nette puisque la biomasse microbienne n’est plus « affamée »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La seule méthode fiable : la bande témoin zéro azote ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune grille, aucun modèle ne remplace la mesure directe. La technique est simple et coûte peu : laisser chaque année, sur la même parcelle et au même endroit, une bande non fertilisée en azote (largeur d’un ou deux passages de rampe, longueur suffisante pour une récolte séparable), et mesurer sur cette bande le rendement et la teneur en azote de la récolte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’azote absorbé par la bande zéro est la fourniture du sol, tous postes confondus (minéralisation de l’humus + arrière-effets + reliquat). En la comparant à ce que prédit le référentiel régional, on mesure directement le surplus lié à l’historique organique de la parcelle. En la suivant sur 5 à 10 ans, on voit le surplus progresser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Complément indispensable : le reliquat azoté de sortie d’hiver sur 3 horizons, et si possible le reliquat d’entrée d’hiver sur les parcelles à historique organique — c’est ce dernier qui révèle si le surplus part dans la nappe plutôt que dans la plante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ESCO MAFOR (2014). Valorisation des matières fertilisantes d’origine résiduaire sur les sols à usage agricole ou forestier : impacts agronomiques, environnementaux, socio-économiques. Expertise scientifique collective, INRA – CNRS – Irstea, rapport final. &lt;br /&gt;
* CRAGE (2019). Référentiel régional sur les produits résiduaires organiques. Chambre régionale d’agriculture du Grand Est.&lt;br /&gt;
* ARVALIS – Institut du végétal / INRA (2008). Classes de cinétique de minéralisation de l’azote organique des produits organiques. Repris dans les guides ARVALIS « Fertilisation organique » et dans Perspectives Agricoles.&lt;br /&gt;
* Levavasseur, F., Mary, B., Houot, S. et coll. (2020). Coefficient d’équivalence engrais azoté des produits résiduaires organiques et relation avec la part d’azote minéral. (travaux INRAE UMR ECOSYS)&lt;br /&gt;
* Levavasseur, F., Lashermes, G., Mary, B., Morvan, T., Nicolardot, B., Parnaudeau, V., Thuriès, L., Houot, S. (2021/2022). Quantification et modélisation de la minéralisation du carbone et de l’azote de matières organiques exogènes diverses ; constitution d’une base de données d’incubations. Nutrient Cycling in Agroecosystems / Soil Use and Management. &lt;br /&gt;
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		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fertilisation_organique_et_effet_azote&amp;diff=197516</id>
		<title>Fertilisation organique et effet azote</title>
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		<updated>2026-08-26T21:48:26Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.16.02.png|vignette|537x537px|centré]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les observations de terrain et les expérimentations menées dans le cadre du projet Transition Ferme, en partenariat avec Bureau Vallée, mettent en évidence des situations où des agriculteurs, après plusieurs années d’apports réguliers de matières organiques, parviennent à élaborer des plans de fumure avec des doses d’azote minéral très réduites. Dans certains cas, les apports se limitent à environ 100 kg d’azote par hectare pour atteindre des rendements de 80 à 90 quintaux de blé tendre améliorant, conformes aux exigences de qualité, alors que les recommandations habituelles se situent plutôt entre 180 et 190 kg d’azote par hectare. Ces résultats soulèvent une question essentielle : si les cultures maintiennent de telles performances avec des apports aussi faibles, c’est que l’azote est fourni par d’autres mécanismes. Il n’existe en effet aucun « azote miracle » ; cet élément provient nécessairement de la minéralisation des matières organiques présentes dans le sol et du recyclage de l’azote déjà stocké dans les systèmes de production. Une meilleure compréhension de ces processus de minéralisation permet ainsi d’optimiser la valorisation de l’azote contenu dans les produits organiques, de réduire le recours aux engrais minéraux et, par conséquent, de diminuer les émissions de gaz à effet de serre associées à leur fabrication et à leur utilisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Caractériser un produit résiduaire organique et son efficacité. ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On connaît relativement bien l’efficacité des produits organiques au cours de l’année de leur apport. Celle-ci est estimée à partir de leur teneur en azote, de leur degré de récalcitrance à la dégradation, ainsi que de la date d’application et de la culture concernée. Ces paramètres permettent de prédire la quantité d’azote disponible pour la culture au cours de la campagne suivante, une valeur ensuite intégrée dans le calcul du bilan azoté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout raisonnement sur la fertilisation organique commence par la décomposition de l’azote total du produit :&lt;br /&gt;
•   N-NH₄⁺ (azote ammoniacal) — azote minéral, immédiatement disponible pour la plante… mais aussi immédiatement volatilisable sous forme d’ammoniac (NH₃) si le produit reste en surface. C’est la fraction « engrais » du PRO.&lt;br /&gt;
•   N organique minéralisable — azote lié aux molécules organiques peu polymérisées (protéines, acides aminés, azote de la biomasse microbienne du produit), qui se minéralise en quelques semaines à quelques mois.&lt;br /&gt;
•   N organique récalcitrant — azote associé aux structures lignifiées ou déjà fortement humifiées. Il ne participe pratiquement pas à la nutrition de l’année et alimente le stock organique du sol.&lt;br /&gt;
Une fraction, souvent oubliée, est l’azote uréique et l’azote nitrique de certains produits (urines, digestats très nitrifiés, vinasses) : le laboratoire les range parfois dans « N minéral » sans les distinguer. Sur un digestat, la part N-NH₄⁺/N total est le meilleur prédicteur unique de la valeur fertilisante à court terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.24.50.png|vignette|centre|Teneurs en azote ammoniacal (vert clair) et en azote organique (vert foncé) de 22 familles de PRO, exprimées en kg N par tonne de matière brute. On lit directement l’opposition entre les produits « engrais » (lisiers, fientes, digestats, urines : forte part NH₄⁺, faible teneur totale par tonne) et les produits « amendements » (composts, fumiers compostés : azote presque exclusivement organique). Sources : ESCO MAFOR (2014), CRAGE (2019), données internes INRAE. |545x545px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois lectures s’imposent sur cette figure. D’abord la teneur totale par tonne de produit brut est très variable : 1,5 kg N/t pour un lisier dilué contre plus de 40 kg N/t pour des fientes séchées, soit un facteur 25. C’est la teneur en matière sèche qui commande : à sec, on transporte de l’azote ; en dilué, on transporte de l’eau. Ensuite, la part NH₄⁺ est le déterminant de la valeur immédiate : elle dépasse 70 % du total pour les lisiers de porc et les digestats bruts, tombe sous 10 % pour les composts. Enfin, le compostage déplace systématiquement le curseur vers l’azote organique : il concentre le produit (perte de masse par minéralisation du carbone) mais volatilise une grande partie de l’ammonium, si bien que le compost de fumier pailleux apparaît plus riche en N total par tonne que le fumier frais tout en étant beaucoup moins « fertilisant ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.26.13.png|vignette|centre|Variabilité de la teneur en azote total de quatre PRO (minimum, moyenne, maximum), en kg N par tonne de matière brute. Sources : ESCO MAFOR (2014), données internes INRAE.|592x592px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lisier bovin varie de 1,0 à 5,4 kg N/t pour une moyenne à 2,3 : le maximum vaut plus du double de la moyenne, et 5 fois le minimum. Le lisier porcin s’étend de 1,5 à 9,6 kg N/t (moyenne 4,5), soit un facteur 6,4 entre les extrêmes. À 40 t/ha, cet intervalle représente 60 à 384 kg N/ha apportés — l’écart couvre à lui seul la totalité de la dose azotée d’un blé. Les produits solides sont plus stables (fumier bovin 4,6 à 6,9 ; digestat de CIVE 3,6 à 6,3) parce que leur teneur en matière sèche varie moins. . L’analyse du produit n’est pas une formalité administrative : c’est la seule façon de savoir ce que l’on épand.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux ARVALIS/INRA ont produit un classement quantitatif en six classes de cinétique, exprimées en pourcentage de l’azote organique apporté minéralisé en fonction du temps normalisé à 15 °C.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.28.35.png|vignette|centre|Cinétiques de minéralisation nette de l’azote organique de six classes de PRO, exprimées en % de l’azote organique apporté, en fonction du temps normalisé à 15 °C. Environ 210 jours normalisés correspondent à une année calendaire en climat tempéré. Source : ARVALIS/INRA, 2008.|865x865px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.29.24.png|vignette|centre|Positionnement des PRO selon leur valeur fertilisante (effet court terme) et leur valeur amendante (effet long terme). D’après une figure ARVALIS reprise par S. Houot (INRAE). Le trait discontinu supérieur matérialise le plafond des 100 % d’équivalent engrais azoté.|647x647px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quatre familles se dégagent, et chacune appelle une stratégie distincte.&lt;br /&gt;
Les produits à dominante fertilisante (en haut à gauche)&lt;br /&gt;
Phases liquides de lisiers et de digestats, lisiers et fientes de volailles, vinasses. Leur azote est majoritairement ammoniacal, leur matière sèche faible, leur contribution au stock organique négligeable. Ce sont des engrais azotés à part entière, à raisonner comme tels : dose calculée au bilan, positionnement au plus près du besoin (sortie hiver sur céréales, pré-semis ou stade 6 feuilles sur maïs), et surtout enfouissement ou infiltration immédiate puisque l’essentiel de la valeur est volatilisable. On ne construit rien de durable avec ces produits ; ils ne génèrent pratiquement pas de surplus de minéralisation dans le temps.&lt;br /&gt;
Les produits à dominante amendante (en bas à droite)&lt;br /&gt;
Composts de déchets verts, composts d’effluents d’élevage, phases solides de digestats. Leur valeur fertilisante de l’année est proche de zéro, parfois négative. En revanche, ce sont eux qui construisent le stock, avec des coefficients isohumiques de 0,50 à 0,70. Leur intérêt se lit sur les autres fonctions : reconstitution du taux de matière organique, stabilité structurale, réserve utile, activité biologique, apport de phosphore, de potasse, de magnésium et de calcium. Leur azote se rembourse sur 20 à 50 ans, précisément sous la forme du surplus de minéralisation traité au chapitre 7.&lt;br /&gt;
Les produits mixtes (au centre et en haut à droite)&lt;br /&gt;
Digestats bruts, farines de plumes, de sang, de viandes, PAT, farines d’os, lisiers de bovins et de porcins. Ils combinent un effet direct significatif (30 à 70 %) et une contribution mesurable au stock. Les digestats bruts occupent la position la plus favorable du graphique : la digestion anaérobie a minéralisé la fraction labile du carbone (ce qui augmente la part NH₄⁺, d’où une bonne valeur fertilisante) tout en concentrant la fraction récalcitrante (d’où une valeur amendante conservée, voire supérieure à celle de l’intrant). C’est un point souvent mal compris : la méthanisation ne détruit pas la valeur amendante d’un effluent, elle la relativise en augmentant sa valeur fertilisante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fumiers, au centre&lt;br /&gt;
Les fumiers occupent une position intermédiaire basse : effet court terme faible (10 à 20 %), valeur amendante moyenne. Cette position médiocre sur les deux axes explique le paradoxe des exploitations d’élevage : elles apportent des quantités massives d’azote total sans que cela se traduise par une économie d’engrais visible l’année de l’apport — l’effet ne devient perceptible qu’au bout d’une à deux décennies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.30.52.png|vignette|centre|Comparaison des doses classiques de PRO, des teneurs en azote total, ammoniacal et organique, et de l’azote finalement disponible la première année. D’après le diaporama source (diapositive 2), établi à partir d’ESCO MAFOR (2014) et de données internes INRAE. Les valeurs négatives de minéralisation traduisent une immobilisation nette. |869x869px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le compost de déchets verts apporte 167 kg N/ha et n’en rend que 8. Le digestat brut de CIVE apporte à peine plus d’azote total (196 kg/ha) et en rend 120, soit quinze fois plus. Autrement dit : &#039;&#039;la quantité d’azote apportée ne dit rien de la quantité d’azote fertilisant&#039;&#039;. Deux apports rigoureusement identiques en azote total peuvent différer d’un facteur 15 sur l’effet agronomique de l’année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuxième enseignement : les deux voies d’accès à l’azote disponible sont indépendantes. Le lisier bovin non dilué atteint 69 kg N/ha disponibles alors que son azote organique n’en fournit rien (−1 %) : tout vient de l’ammonium. À l’inverse, les boues urbaines chaulées et l’engrais organique du commerce n’ont pratiquement pas d’ammonium et atteignent 31 et 72 kg N/ha uniquement par une minéralisation rapide (32 et 60 %). Un produit peut donc être fertilisant « par son ammonium » ou « par sa minéralisation », et le raisonnement agronomique n’est pas le même : dans le premier cas la priorité absolue est de limiter la volatilisation (enfouissement immédiat, pendillards, injection) ; dans le second, la priorité est de placer l’apport au bon moment thermique, car la minéralisation est pilotée par la température et l’humidité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Troisième enseignement, essentiel pour la suite : l’azote non disponible n’est pas de l’azote perdu. Sur les 167 kg N/ha du compost de déchets verts, 8 servent à la culture, quelques kilos sont volatilisés ou lessivés, et environ 140 à 150 kg N/ha entrent dans le stock organique du sol. C’est cette masse qui, apport après apport, construit le surplus de minéralisation décrit au chapitre 7. Le compost de déchets verts, mauvais engrais, est un excellent constructeur de fertilité azotée à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les coefficients d’équivalence engrais : KEQ azote ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le coefficient d’équivalence engrais minéral (KEQ, aussi appelé coefficient de contribution, coefficient d’équivalence engrais azoté) est défini expérimentalement : c’est le rapport entre la quantité d’azote minéral qui produirait le même effet sur la culture et la quantité d’azote total apportée par le produit organique.Le KEQ n’est pas un taux de minéralisation. Il intègre, en un seul chiffre issu d’essais au champ : la minéralisation de l’azote organique, la disponibilité de l’ammonium, les pertes par volatilisation ammoniacale, les pertes par lessivage entre l’apport et l’absorption, l’organisation microbienne, et le synchronisme avec la culture. C’est pourquoi un même produit a des KEQ différents selon la culture et la date d’apport : ce n’est pas le produit qui change, c’est la fraction de son azote que la culture parvient à intercepter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.38.54.png|vignette|centre|Ordres de grandeur indicatifs de teneurs et de KEQ azote par famille de PRO. Valeurs de synthèse, à recaler sur le référentiel régional (arrêté GREN) et sur les analyses de l’exploitation. Ces intervalles reflètent l’état de la littérature technique (COMIFER, chambres d’agriculture, ARVALIS, ITAVI, IFIP) |867x867px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’utilisation du coefficient d’équivalent engrais est relativement simple. Prenons l’exemple d’un apport de 20 t/ha de compost de fumier bovin âgé de plus de six mois, réalisé avant une culture d’automne comme le blé. Pour ce type de produit, le coefficient d’équivalent engrais retenu dans le bilan azoté est de 5 %. Autrement dit, seuls 5 % de l’azote total contenu dans le compost sont considérés comme disponibles pour la culture au cours de l’année de l’apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre exemple, un compost contenant 6 kg d’azote par tonne apporte au total 120 kg d’azote par hectare (20 × 6). Avec un coefficient de 5 %, la quantité d’azote effectivement prise en compte dans le bilan de la culture n’est donc que de 6 kg d’azote par hectare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À première vue, l’efficacité agronomique de l’apport peut sembler faible. Cependant, cette approche ne considère que l’effet direct de l’année d’application. En pratique, les apports organiques sont souvent répétés au fil des années. Une part importante de l’azote est progressivement stockée dans la matière organique du sol avant d’être restituée par minéralisation. C’est précisément cet effet cumulatif, ou effet pluriannuel, des apports organiques successifs qu’il convient désormais d’examiner.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Dans quel quel compartiment la matière organique nouvelle ajoutée se loge-t-elle ? Labile ou stable ? =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l’illustrent les données ci-dessous, deux ans après l’épandage, la fraction d’azote qui n’a été ni absorbée par les cultures ni perdue vers l’environnement n’est plus directement disponible pour les cultures. Elle est alors intégrée aux matières organiques du sol et suit leur dynamique de minéralisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question devient donc la suivante : dans quelle mesure cet azote organique, incorporé au stock de matière organique du sol, contribue-t-il à la minéralisation de l’azote à moyen terme ? Autrement dit, il s’agit de déterminer si les apports organiques répétés augmentent durablement la fourniture d’azote par le sol, à quelle vitesse cet effet apparaît et quelle quantité d’azote est ainsi restituée aux cultures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.41.20.png|vignette|Quantités d’azote absorbées par le blé en 1996 sur des parcelles de Bignan (56) ayant reçu (bleu : 5 apports de fumier sur les précédents maïs, soit 926 kg N/ha en 10 ans) ou non reçu (rouge) des apports de fumier depuis 10 ans, en fonction de la dose d’azote minéral apportée au blé. Source : ARVALIS / Perspectives Agricoles.|638x638px|centré]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le devenir se décide dans les 6 à 18 premiers mois, selon un partage à trois voies dont les proportions dépendent presque entièrement de la stabilité biochimique du produit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 1 — minéralisation immédiate. L’ammonium et l’azote organique très labile passent dans la solution du sol. C’est l’effet direct, mesuré par le KEQ. De 0-5 % (compost de déchets verts) à 70-85 % (phase liquide de digestat).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 2 — immobilisation microbienne puis compartiment labile. L’azote est assimilé par la biomasse microbienne stimulée par le carbone apporté. Il transitera dans le compartiment labile pendant 1 à 10 ans. C’est cette voie qui produit l’arrière-effet à court et moyen terme, celui que l’on constate 1 à 5 ans après un apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 3 — humification et stabilisation minérale. Les produits microbiens et les résidus récalcitrants s’associent aux argiles et aux oxydes pour former de la MAOM. C’est le compartiment stable, avec un k₂ de 1 à 4 % par an. C’est cette voie qui produit le surplus permanent de minéralisation décrit au chapitre 7.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le paramètre qui gouverne la répartition entre voies 2-3 et voie 1 est le coefficient isohumique K1 (part du carbone apporté encore présente dans le sol un an après l’apport) et son homologue normalisé, l’ISMO (Indice de Stabilité de la Matière Organique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.44.36.png|vignette|centre | Stabilité des PRO et compartiment de destination. Valeurs indicatives de synthèse, à confronter aux analyses ISMO des produits utilisés. L’ISMO n’est déterminé en routine que sur les matières fertilisantes normalisées ; il est rarement disponible sur un effluent d’élevage. |752x752px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le potentiel de libération de l’azote par minéralisation dépend de nombreux facteurs. Il est notamment influencé par la nature des matières organiques apportées, la quantité totale de matière organique présente dans le sol, ainsi que par les conditions pédoclimatiques qui régulent l’activité biologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À lui seul, le taux de matière organique d’un sol constitue toutefois un indicateur insuffisant pour prédire la quantité d’azote qui sera minéralisée au cours de l’année suivante. Comme l’illustre la compilation de données réalisée par Celesta Lab ci-dessous, des sols présentant des teneurs similaires en matière organique peuvent avoir des potentiels de minéralisation azotée très différents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.45.32.png|vignette|centre|Relation entre la teneur en matière organique totale du sol (% ) et l’azote minéralisé (kg N/ha, extrapolation sur 8 mois plein champ, base 3 000 t de terre fine par hectare) sur 13 694 échantillons. Régression : y = 51,4 + 23,4 x, R² = 0,23. Source : Celesta-lab.|485x485px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un exemple théorique en Beauce : la minéralisation jour par jour à deux taux de matière organique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.47.07.png|vignette|centre|Cinétique de minéralisation nette de l’azote humifié en climat tempéré (contexte Beauce), simulée jour par jour pour un sol à 1,8 % de MO (vert clair) et un sol à 4,0 % de MO (vert foncé), couche 0-30 cm, 170 jours normalisés par an. En haut : minéralisation journalière. En bas : azote minéralisé cumulé. Formalisme LIXIM/COMIFER. |768x768px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sol à 1,8 % de MO contient environ 4,5 t d’azote organique/ha et présente une Vp de 0,41 kg N/ha/JN, soit un cumul annuel de 70 kg N/ha. Le sol à 4,0 % de MO contient 10,1 t N org/ha, une Vp de 0,91 kg N/ha/JN, et un cumul de 155 kg N/ha. L’écart annuel est de +85 kg N/ha, ce qui représente, à 1,20 €/unité, environ 100 €/ha/an d’azote minéral non acheté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de la température : un facteur 3 pour 10 °C ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.23.26.png|vignette|centre|Effet multiplicateur de la température sur la vitesse de minéralisation, avec la référence 1 à 15 °C. Passer de 15 à 25 °C multiplie la vitesse par environ 3,1. Source : M. Valé, Auréa, Ardon 2009.|690x690px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dernière colonne du tableau explique pourquoi les décrochages estivaux de la figure 13 sont agronomiquement décisifs : si l’humidité était non limitante, un sol beauceron à 4 % de MO minéraliserait 2,8 kg N/ha/jour en juillet-août, soit 170 kg N/ha sur les deux mois d’été à eux seuls. C’est l’eau, et l’eau seule, qui empêche cela. Cette réserve d’azote potentiel est le levier de pilotage discuté au § 6.5, et le principal facteur de risque en cas d’été pluvieux sur sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.24.34.png|vignette|centre|Traduction de la fonction de température en minéralisation journalière, sur la base d’une Vp de 0,91 kg N/ha/JN (sol de Beauce à 4 % de MO). La dernière colonne suppose une humidité non limitante — hypothèse rarement vérifiée aux températures les plus hautes en conditions non irriguées.|680x680px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de l’humidité : le second facteur, souvent limitant  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur les gammes réellement rencontrées au champ, la température module la minéralisation d’un facteur 3 à 10 et l’humidité d’un facteur 2 à 4 — l’effet thermique est donc le plus puissant en amplitude. Mais l’effet hydrique est le plus fréquemment limitant en pratique, parce qu’il intervient précisément quand la température est maximale.&lt;br /&gt;
Autrement dit : la température fixe le potentiel, l’eau décide s’il est réalisé. Et comme l’eau du sol est, elle, partiellement pilotable (irrigation, couverture du sol, travail du sol, résidus en surface), c’est par l’eau que la minéralisation devient un objet de conduite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.26.16.png|vignette|centre|Azote minéralisé en incubation du sol d’Auzeville (23 % argile, 28 % limon, 42 % sable, 1,2 % MO) à deux humidités : à gauche H1 = 30 % de l’humidité à la capacité au champ (potentiel 21,9 MPa, 0,065 g eau/g sol) ; à droite H4 = 90 % de la capacité au champ (0,07 MPa, 0,177 g eau/g sol), aux mêmes quatre températures. Source : Valé (2006).|699x699px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La comparaison des deux humidités isole l’effet de l’eau, à température identique. À 35,3 °C et 90 jours : 17 mg N/kg en H1 (sec) contre 32,5 mg N/kg en H4 (humide), soit un rapport de 1,9. À 20,9 °C et 90 jours : environ 4,5 contre 8 mg N/kg, rapport 1,8. En kg N/ha : 51 contre 98 kg N/ha dans le cas le plus chaud.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Peut-on piloter la minéralisation par l’eau ?  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur un sol de Beauce à 4 % de MO au mois de juillet (température du sol 22-24 °C), la minéralisation passe de moins de 0,10 kg N/ha/j en conditions sèches à 1,8-2,4 kg N/ha/j si l’humidité redevient non limitante. Un tour d’eau de 30 mm qui maintient le sol au-dessus de 60 % de la réserve utile pendant 12 à 15 jours produit donc de l’ordre de +20 à +30 kg N/ha de minéralisation supplémentaire par rapport au même sol laissé sec. Sur un maïs irrigué recevant 150 à 250 mm entre juin et août, le supplément cumulé de minéralisation attribuable à l’irrigation atteint couramment 30 à 60 kg N/ha, dont une part significative est effectivement absorbée puisque le maïs est en pleine phase d’absorption.&lt;br /&gt;
C’est un point rarement explicité dans les calculs de dose : le maïs irrigué bénéficie d’une fourniture du sol nettement supérieure à celle du maïs sec, et pas seulement d’une meilleure valorisation de l’azote apporté. Les grilles de calcul qui appliquent la même minéralisation aux deux conduites surfertilisent l’irrigué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les limites et les contre-indications ===&lt;br /&gt;
•   On n’irrigue pas pour minéraliser. Le coût de l’eau, les restrictions d’usage, la disponibilité du matériel et la priorité hydrique de la culture font que l’irrigation est pilotée sur le bilan hydrique, jamais sur le bilan azoté. Le supplément de minéralisation est un effet secondaire à comptabiliser, non un levier à actionner.&lt;br /&gt;
•   Sur culture non irriguée, le levier n’existe pas. Le seul pilotage disponible est indirect : conserver l’humidité de surface par un mulch de résidus, éviter le travail du sol en été (qui assèche et aère, avec un effet net souvent positif à très court terme par éclatement d’agrégats, puis négatif par dessèchement), maintenir une couverture. Ces leviers modifient la minéralisation de quelques kg N/ha, pas de dizaines.&lt;br /&gt;
•   L’azote minéralisé n’arrive pas forcément au bon moment. Une irrigation d’août sur un tournesol en fin de cycle ou sur un sol nu après moisson produit de l’azote minéral qui ne sera pas absorbé : elle augmente l’azote potentiellement lessivable au lieu de nourrir une culture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les itinéraires « bas azote » et le risque sec : une mise en garde ===&lt;br /&gt;
La logique consistant à réduire fortement la dose d’azote minéral en s’appuyant sur la fourniture du sol — enrichi par des années d’apports organiques — est agronomiquement fondée et économiquement attractive. Elle repose cependant sur une fourniture qui est précisément la plus incertaine en conditions sèches.&lt;br /&gt;
Le scénario défavorable est bien identifié : un printemps sec (mai-juin) fait chuter f(θ) au moment où le blé ou le colza absorbent 3 à 4 kg N/ha/jour. La minéralisation attendue de 0,6-0,8 kg N/ha/j tombe à 0,1-0,2. Sur six semaines critiques, le déficit atteint 20 à 30 kg N/ha, et il survient au stade où le nombre de grains et la teneur en protéines se déterminent. L’itinéraire bas azote se solde alors par une perte de rendement, ou plus souvent par un déclassement en protéines — pénalité de 10 à 25 €/t sur un blé meunier.&lt;br /&gt;
Le scénario symétrique est tout aussi problématique : la minéralisation « manquée » du printemps sec ne disparaît pas, elle est reportée sur les pluies d’automne, où elle alimente le reliquat d’entrée hiver et l’azote lessivable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le surplus de minéralisation dû aux apports répétés : essais de longue durée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout ce qui précède permet maintenant d’aborder frontalement la question posée : de combien la minéralisation d’un sol augmente-t-elle quand on lui apporte de la matière organique tous les ans ou tous les deux ans, pendant des décennies ? Trois essais de longue durée, apportent des réponses partiellement divergentes — et cette divergence est instructive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.29.24.png|vignette|centre|Surplus de fourniture d’azote par rapport au témoin fertilisé en azote minéral, dans l’essai QualiAgro, de 1999 à 2013. Épandage de trois composts urbains (DVB = compost de déchets verts + boues, BIO = compost de biodéchets, OMR = compost d’ordures ménagères résiduelles) et d’un fumier bovin (FUM), tous les deux ans, à raison de 4 t C/ha (soit 20 à 35 t/ha de produit brut). Rotation maïs-blé. Source : dispositif QualiAgro (INRAE / Veolia), membre du réseau SOERE PRO. |850x850px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dispositif QualiAgro est le dispositif expérimental français de référence sur la valorisation agricole des composts urbains. Implanté à Feucherolles (Yvelines) sur un sol limoneux, mis en place en 1998, il compare quatre produits organiques et un témoin fertilisé minéralement, avec deux niveaux de fertilisation azotée minérale complémentaire, en rotation blé-maïs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La figure porte le surplus de fourniture d’azote de chaque traitement organique par rapport au témoin minéral, année par année. Deux structures se superposent.&lt;br /&gt;
Une alternance biennale. Les apports ont lieu avant maïs, tous les deux ans. Les années de maïs (1999, 2001, 2003, 2005, 2008, 2010, 2012) portent donc l’effet direct de l’apport plus l’arrière-effet cumulé ; les années de blé (2000, 2002, 2004, 2006, 2009, 2011, 2013) ne portent que l’arrière-effet. On lit clairement cette alternance : maïs 2010 à 74-105 kg N/ha contre blé 2011 à 25-33 ; maïs 2012 à 100-113 contre blé 2013 à 21-52.&lt;br /&gt;
Une tendance croissante nette. En ne retenant que les années de blé, c’est-à-dire l’arrière-effet pur :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.30.43.png|vignette|centre|Arrière-effet azoté seul (années de blé, sans apport) dans l’essai QualiAgro. Valeurs lues graphiquement sur la figure|864x864px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La progression est claire : de 5-15 kg N/ha après 2 ans à 25-50 kg N/ha après 15 ans, soit un gain moyen de l’ordre de +2 à +3 kg N/ha par année de dispositif. Les années d’apport (maïs) cumulent effet direct et arrière-effet et atteignent 90 à 113 kg N/ha en fin de série, contre 5 à 26 kg N/ha en début — l’effet direct lui-même s’améliore, ce qui suggère que le sol enrichi valorise mieux les apports (meilleure structure, meilleure activité biologique, moindre immobilisation nette puisque la biomasse microbienne n’est plus « affamée »).&lt;br /&gt;
La seule méthode fiable : la bande témoin zéro azote&lt;br /&gt;
Aucune grille, aucun modèle ne remplace la mesure directe. La technique est simple et coûte peu : laisser chaque année, sur la même parcelle et au même endroit, une bande non fertilisée en azote (largeur d’un ou deux passages de rampe, longueur suffisante pour une récolte séparable), et mesurer sur cette bande le rendement et la teneur en azote de la récolte.&lt;br /&gt;
L’azote absorbé par la bande zéro est la fourniture du sol, tous postes confondus (minéralisation de l’humus + arrière-effets + reliquat). En la comparant à ce que prédit le référentiel régional, on mesure directement le surplus lié à l’historique organique de la parcelle. En la suivant sur 5 à 10 ans, on voit le surplus progresser.&lt;br /&gt;
Complément indispensable : le reliquat azoté de sortie d’hiver sur 3 horizons, et si possible le reliquat d’entrée d’hiver sur les parcelles à historique organique — c’est ce dernier qui révèle si le surplus part dans la nappe plutôt que dans la plante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources :  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ESCO MAFOR (2014). Valorisation des matières fertilisantes d’origine résiduaire sur les sols à usage agricole ou forestier : impacts agronomiques, environnementaux, socio-économiques. Expertise scientifique collective, INRA – CNRS – Irstea, rapport final. &lt;br /&gt;
* CRAGE (2019). Référentiel régional sur les produits résiduaires organiques. Chambre régionale d’agriculture du Grand Est.&lt;br /&gt;
* ARVALIS – Institut du végétal / INRA (2008). Classes de cinétique de minéralisation de l’azote organique des produits organiques. Repris dans les guides ARVALIS « Fertilisation organique » et dans Perspectives Agricoles.&lt;br /&gt;
* Levavasseur, F., Mary, B., Houot, S. et coll. (2020). Coefficient d’équivalence engrais azoté des produits résiduaires organiques et relation avec la part d’azote minéral. (travaux INRAE UMR ECOSYS)&lt;br /&gt;
* Levavasseur, F., Lashermes, G., Mary, B., Morvan, T., Nicolardot, B., Parnaudeau, V., Thuriès, L., Houot, S. (2021/2022). Quantification et modélisation de la minéralisation du carbone et de l’azote de matières organiques exogènes diverses ; constitution d’une base de données d’incubations. Nutrient Cycling in Agroecosystems / Soil Use and Management. &lt;br /&gt;
* Valé, M. (2006). Quantification et prédiction de la minéralisation nette de l’azote du sol in situ, sous divers pédoclimats et systèmes de culture français. Thèse de doctorat, Institut National Polytechnique de Toulouse / ENSAT. &lt;br /&gt;
* Valé, M. (2009). Effet de la température sur la minéralisation. Communication, Auréa AgroSciences, Ardon. &lt;br /&gt;
* Houot, S. (INRAE, UMR ECOSYS). Figure de positionnement valeur fertilisante / valeur amendante, d’après ARVALIS. &lt;br /&gt;
* ARVALIS – Institut du végétal. Perspectives Agricoles. Essais de Bignan (56) et de La Jaillière (44) sur la valeur azotée des fumiers de bovins. &lt;br /&gt;
* QualiAgro (INRAE / Veolia). Dispositif expérimental de longue durée de Feucherolles (78) sur la valorisation agricole des composts urbains, mis en place en 1998. Membre du réseau SOERE PRO. &lt;br /&gt;
* Celesta-lab. Base de données de 13 694 analyses de minéralisation potentielle de l’azote et de matière organique totale. &lt;br /&gt;
* COMIFER (2013). Calcul de la fertilisation azotée — Guide méthodologique pour l’établissement des prescriptions locales : cultures annuelles et prairies. Comité français d’étude et de développement de la fertilisation raisonnée. &lt;br /&gt;
* Mary, B., Beaudoin, N., Justes, E., Machet, J.-M. (1999). Calculation of nitrogen mineralization and leaching in fallow soil using a simple dynamic model. European Journal of Soil Science, 50, 549-566. — Origine du modèle LIXIM.&lt;br /&gt;
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* Noirot-Cosson, P.-E., Vaudour, E., Gilliot, J.-M., Gabrielle, B., Houot, S. (2016). Modelling the long-term effect of urban waste compost applications on carbon and nitrogen dynamics in temperate cropland. Soil Biology &amp;amp; Biochemistry, 94, 138-153.&lt;br /&gt;
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* Lavallee, J. M., Soong, J. L., Cotrufo, M. F. (2020). Conceptualizing soil organic matter into particulate and mineral-associated forms to address global change in the 21st century. Global Change Biology, 26, 261-273. &lt;br /&gt;
* Lessivage, couverts, azote potentiellement lessivable Beaudoin, N., Saad, J. K., Van Laethem, C., Machet, J.-M., Maucorps, J., Mary, B. (2005). Nitrate leaching in intensive agriculture in Northern France: effect of farming practices, soils and crop rotations. Agriculture, Ecosystems &amp;amp; Environment, 111, 292-310.&lt;br /&gt;
* Constantin, J., Mary, B., Laurent, F., Aubrion, G., Fontaine, A., Kerveillant, P., Beaudoin, N. (2010). Effects of catch crops, no till and reduced nitrogen fertilization on nitrogen leaching and balance in three long-term experiments. Agriculture, Ecosystems &amp;amp; Environment, 135, 268-278.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fertilisation_organique_et_effet_azote&amp;diff=197515</id>
		<title>Fertilisation organique et effet azote</title>
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		<updated>2026-08-26T21:47:26Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.16.02.png|vignette|537x537px|centré]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les observations de terrain et les expérimentations menées dans le cadre du projet Transition Ferme, en partenariat avec Bureau Vallée, mettent en évidence des situations où des agriculteurs, après plusieurs années d’apports réguliers de matières organiques, parviennent à élaborer des plans de fumure avec des doses d’azote minéral très réduites. Dans certains cas, les apports se limitent à environ 100 kg d’azote par hectare pour atteindre des rendements de 80 à 90 quintaux de blé tendre améliorant, conformes aux exigences de qualité, alors que les recommandations habituelles se situent plutôt entre 180 et 190 kg d’azote par hectare. Ces résultats soulèvent une question essentielle : si les cultures maintiennent de telles performances avec des apports aussi faibles, c’est que l’azote est fourni par d’autres mécanismes. Il n’existe en effet aucun « azote miracle » ; cet élément provient nécessairement de la minéralisation des matières organiques présentes dans le sol et du recyclage de l’azote déjà stocké dans les systèmes de production. Une meilleure compréhension de ces processus de minéralisation permet ainsi d’optimiser la valorisation de l’azote contenu dans les produits organiques, de réduire le recours aux engrais minéraux et, par conséquent, de diminuer les émissions de gaz à effet de serre associées à leur fabrication et à leur utilisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Caractériser un produit résiduaire organique et son efficacité. ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On connaît relativement bien l’efficacité des produits organiques au cours de l’année de leur apport. Celle-ci est estimée à partir de leur teneur en azote, de leur degré de récalcitrance à la dégradation, ainsi que de la date d’application et de la culture concernée. Ces paramètres permettent de prédire la quantité d’azote disponible pour la culture au cours de la campagne suivante, une valeur ensuite intégrée dans le calcul du bilan azoté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout raisonnement sur la fertilisation organique commence par la décomposition de l’azote total du produit :&lt;br /&gt;
•   N-NH₄⁺ (azote ammoniacal) — azote minéral, immédiatement disponible pour la plante… mais aussi immédiatement volatilisable sous forme d’ammoniac (NH₃) si le produit reste en surface. C’est la fraction « engrais » du PRO.&lt;br /&gt;
•   N organique minéralisable — azote lié aux molécules organiques peu polymérisées (protéines, acides aminés, azote de la biomasse microbienne du produit), qui se minéralise en quelques semaines à quelques mois.&lt;br /&gt;
•   N organique récalcitrant — azote associé aux structures lignifiées ou déjà fortement humifiées. Il ne participe pratiquement pas à la nutrition de l’année et alimente le stock organique du sol.&lt;br /&gt;
Une fraction, souvent oubliée, est l’azote uréique et l’azote nitrique de certains produits (urines, digestats très nitrifiés, vinasses) : le laboratoire les range parfois dans « N minéral » sans les distinguer. Sur un digestat, la part N-NH₄⁺/N total est le meilleur prédicteur unique de la valeur fertilisante à court terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.24.50.png|vignette|centre|Teneurs en azote ammoniacal (vert clair) et en azote organique (vert foncé) de 22 familles de PRO, exprimées en kg N par tonne de matière brute. On lit directement l’opposition entre les produits « engrais » (lisiers, fientes, digestats, urines : forte part NH₄⁺, faible teneur totale par tonne) et les produits « amendements » (composts, fumiers compostés : azote presque exclusivement organique). Sources : ESCO MAFOR (2014), CRAGE (2019), données internes INRAE. |545x545px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois lectures s’imposent sur cette figure. D’abord la teneur totale par tonne de produit brut est très variable : 1,5 kg N/t pour un lisier dilué contre plus de 40 kg N/t pour des fientes séchées, soit un facteur 25. C’est la teneur en matière sèche qui commande : à sec, on transporte de l’azote ; en dilué, on transporte de l’eau. Ensuite, la part NH₄⁺ est le déterminant de la valeur immédiate : elle dépasse 70 % du total pour les lisiers de porc et les digestats bruts, tombe sous 10 % pour les composts. Enfin, le compostage déplace systématiquement le curseur vers l’azote organique : il concentre le produit (perte de masse par minéralisation du carbone) mais volatilise une grande partie de l’ammonium, si bien que le compost de fumier pailleux apparaît plus riche en N total par tonne que le fumier frais tout en étant beaucoup moins « fertilisant ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.26.13.png|vignette|centre|Variabilité de la teneur en azote total de quatre PRO (minimum, moyenne, maximum), en kg N par tonne de matière brute. Sources : ESCO MAFOR (2014), données internes INRAE.|592x592px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lisier bovin varie de 1,0 à 5,4 kg N/t pour une moyenne à 2,3 : le maximum vaut plus du double de la moyenne, et 5 fois le minimum. Le lisier porcin s’étend de 1,5 à 9,6 kg N/t (moyenne 4,5), soit un facteur 6,4 entre les extrêmes. À 40 t/ha, cet intervalle représente 60 à 384 kg N/ha apportés — l’écart couvre à lui seul la totalité de la dose azotée d’un blé. Les produits solides sont plus stables (fumier bovin 4,6 à 6,9 ; digestat de CIVE 3,6 à 6,3) parce que leur teneur en matière sèche varie moins. . L’analyse du produit n’est pas une formalité administrative : c’est la seule façon de savoir ce que l’on épand.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux ARVALIS/INRA ont produit un classement quantitatif en six classes de cinétique, exprimées en pourcentage de l’azote organique apporté minéralisé en fonction du temps normalisé à 15 °C.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.28.35.png|vignette|centre|Cinétiques de minéralisation nette de l’azote organique de six classes de PRO, exprimées en % de l’azote organique apporté, en fonction du temps normalisé à 15 °C. Environ 210 jours normalisés correspondent à une année calendaire en climat tempéré. Source : ARVALIS/INRA, 2008.|865x865px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.29.24.png|vignette|centre|Positionnement des PRO selon leur valeur fertilisante (effet court terme) et leur valeur amendante (effet long terme). D’après une figure ARVALIS reprise par S. Houot (INRAE). Le trait discontinu supérieur matérialise le plafond des 100 % d’équivalent engrais azoté.|647x647px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quatre familles se dégagent, et chacune appelle une stratégie distincte.&lt;br /&gt;
Les produits à dominante fertilisante (en haut à gauche)&lt;br /&gt;
Phases liquides de lisiers et de digestats, lisiers et fientes de volailles, vinasses. Leur azote est majoritairement ammoniacal, leur matière sèche faible, leur contribution au stock organique négligeable. Ce sont des engrais azotés à part entière, à raisonner comme tels : dose calculée au bilan, positionnement au plus près du besoin (sortie hiver sur céréales, pré-semis ou stade 6 feuilles sur maïs), et surtout enfouissement ou infiltration immédiate puisque l’essentiel de la valeur est volatilisable. On ne construit rien de durable avec ces produits ; ils ne génèrent pratiquement pas de surplus de minéralisation dans le temps.&lt;br /&gt;
Les produits à dominante amendante (en bas à droite)&lt;br /&gt;
Composts de déchets verts, composts d’effluents d’élevage, phases solides de digestats. Leur valeur fertilisante de l’année est proche de zéro, parfois négative. En revanche, ce sont eux qui construisent le stock, avec des coefficients isohumiques de 0,50 à 0,70. Leur intérêt se lit sur les autres fonctions : reconstitution du taux de matière organique, stabilité structurale, réserve utile, activité biologique, apport de phosphore, de potasse, de magnésium et de calcium. Leur azote se rembourse sur 20 à 50 ans, précisément sous la forme du surplus de minéralisation traité au chapitre 7.&lt;br /&gt;
Les produits mixtes (au centre et en haut à droite)&lt;br /&gt;
Digestats bruts, farines de plumes, de sang, de viandes, PAT, farines d’os, lisiers de bovins et de porcins. Ils combinent un effet direct significatif (30 à 70 %) et une contribution mesurable au stock. Les digestats bruts occupent la position la plus favorable du graphique : la digestion anaérobie a minéralisé la fraction labile du carbone (ce qui augmente la part NH₄⁺, d’où une bonne valeur fertilisante) tout en concentrant la fraction récalcitrante (d’où une valeur amendante conservée, voire supérieure à celle de l’intrant). C’est un point souvent mal compris : la méthanisation ne détruit pas la valeur amendante d’un effluent, elle la relativise en augmentant sa valeur fertilisante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fumiers, au centre&lt;br /&gt;
Les fumiers occupent une position intermédiaire basse : effet court terme faible (10 à 20 %), valeur amendante moyenne. Cette position médiocre sur les deux axes explique le paradoxe des exploitations d’élevage : elles apportent des quantités massives d’azote total sans que cela se traduise par une économie d’engrais visible l’année de l’apport — l’effet ne devient perceptible qu’au bout d’une à deux décennies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.30.52.png|vignette|centre|Comparaison des doses classiques de PRO, des teneurs en azote total, ammoniacal et organique, et de l’azote finalement disponible la première année. D’après le diaporama source (diapositive 2), établi à partir d’ESCO MAFOR (2014) et de données internes INRAE. Les valeurs négatives de minéralisation traduisent une immobilisation nette. |869x869px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le compost de déchets verts apporte 167 kg N/ha et n’en rend que 8. Le digestat brut de CIVE apporte à peine plus d’azote total (196 kg/ha) et en rend 120, soit quinze fois plus. Autrement dit : &#039;&#039;la quantité d’azote apportée ne dit rien de la quantité d’azote fertilisant&#039;&#039;. Deux apports rigoureusement identiques en azote total peuvent différer d’un facteur 15 sur l’effet agronomique de l’année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuxième enseignement : les deux voies d’accès à l’azote disponible sont indépendantes. Le lisier bovin non dilué atteint 69 kg N/ha disponibles alors que son azote organique n’en fournit rien (−1 %) : tout vient de l’ammonium. À l’inverse, les boues urbaines chaulées et l’engrais organique du commerce n’ont pratiquement pas d’ammonium et atteignent 31 et 72 kg N/ha uniquement par une minéralisation rapide (32 et 60 %). Un produit peut donc être fertilisant « par son ammonium » ou « par sa minéralisation », et le raisonnement agronomique n’est pas le même : dans le premier cas la priorité absolue est de limiter la volatilisation (enfouissement immédiat, pendillards, injection) ; dans le second, la priorité est de placer l’apport au bon moment thermique, car la minéralisation est pilotée par la température et l’humidité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Troisième enseignement, essentiel pour la suite : l’azote non disponible n’est pas de l’azote perdu. Sur les 167 kg N/ha du compost de déchets verts, 8 servent à la culture, quelques kilos sont volatilisés ou lessivés, et environ 140 à 150 kg N/ha entrent dans le stock organique du sol. C’est cette masse qui, apport après apport, construit le surplus de minéralisation décrit au chapitre 7. Le compost de déchets verts, mauvais engrais, est un excellent constructeur de fertilité azotée à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les coefficients d’équivalence engrais : KEQ azote ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le coefficient d’équivalence engrais minéral (KEQ, aussi appelé coefficient de contribution, coefficient d’équivalence engrais azoté) est défini expérimentalement : c’est le rapport entre la quantité d’azote minéral qui produirait le même effet sur la culture et la quantité d’azote total apportée par le produit organique.Le KEQ n’est pas un taux de minéralisation. Il intègre, en un seul chiffre issu d’essais au champ : la minéralisation de l’azote organique, la disponibilité de l’ammonium, les pertes par volatilisation ammoniacale, les pertes par lessivage entre l’apport et l’absorption, l’organisation microbienne, et le synchronisme avec la culture. C’est pourquoi un même produit a des KEQ différents selon la culture et la date d’apport : ce n’est pas le produit qui change, c’est la fraction de son azote que la culture parvient à intercepter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.38.54.png|vignette|centre|Ordres de grandeur indicatifs de teneurs et de KEQ azote par famille de PRO. Valeurs de synthèse, à recaler sur le référentiel régional (arrêté GREN) et sur les analyses de l’exploitation. Ces intervalles reflètent l’état de la littérature technique (COMIFER, chambres d’agriculture, ARVALIS, ITAVI, IFIP) |867x867px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’utilisation du coefficient d’équivalent engrais est relativement simple. Prenons l’exemple d’un apport de 20 t/ha de compost de fumier bovin âgé de plus de six mois, réalisé avant une culture d’automne comme le blé. Pour ce type de produit, le coefficient d’équivalent engrais retenu dans le bilan azoté est de 5 %. Autrement dit, seuls 5 % de l’azote total contenu dans le compost sont considérés comme disponibles pour la culture au cours de l’année de l’apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre exemple, un compost contenant 6 kg d’azote par tonne apporte au total 120 kg d’azote par hectare (20 × 6). Avec un coefficient de 5 %, la quantité d’azote effectivement prise en compte dans le bilan de la culture n’est donc que de 6 kg d’azote par hectare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À première vue, l’efficacité agronomique de l’apport peut sembler faible. Cependant, cette approche ne considère que l’effet direct de l’année d’application. En pratique, les apports organiques sont souvent répétés au fil des années. Une part importante de l’azote est progressivement stockée dans la matière organique du sol avant d’être restituée par minéralisation. C’est précisément cet effet cumulatif, ou effet pluriannuel, des apports organiques successifs qu’il convient désormais d’examiner.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Dans quel quel compartiment la matière organique nouvelle ajoutée se loge-t-elle ? Labile ou stable ? =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l’illustrent les données ci-dessous, deux ans après l’épandage, la fraction d’azote qui n’a été ni absorbée par les cultures ni perdue vers l’environnement n’est plus directement disponible pour les cultures. Elle est alors intégrée aux matières organiques du sol et suit leur dynamique de minéralisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question devient donc la suivante : dans quelle mesure cet azote organique, incorporé au stock de matière organique du sol, contribue-t-il à la minéralisation de l’azote à moyen terme ? Autrement dit, il s’agit de déterminer si les apports organiques répétés augmentent durablement la fourniture d’azote par le sol, à quelle vitesse cet effet apparaît et quelle quantité d’azote est ainsi restituée aux cultures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.41.20.png|vignette|Quantités d’azote absorbées par le blé en 1996 sur des parcelles de Bignan (56) ayant reçu (bleu : 5 apports de fumier sur les précédents maïs, soit 926 kg N/ha en 10 ans) ou non reçu (rouge) des apports de fumier depuis 10 ans, en fonction de la dose d’azote minéral apportée au blé. Source : ARVALIS / Perspectives Agricoles.|497x497px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le devenir se décide dans les 6 à 18 premiers mois, selon un partage à trois voies dont les proportions dépendent presque entièrement de la stabilité biochimique du produit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 1 — minéralisation immédiate. L’ammonium et l’azote organique très labile passent dans la solution du sol. C’est l’effet direct, mesuré par le KEQ. De 0-5 % (compost de déchets verts) à 70-85 % (phase liquide de digestat).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 2 — immobilisation microbienne puis compartiment labile. L’azote est assimilé par la biomasse microbienne stimulée par le carbone apporté. Il transitera dans le compartiment labile pendant 1 à 10 ans. C’est cette voie qui produit l’arrière-effet à court et moyen terme, celui que l’on constate 1 à 5 ans après un apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 3 — humification et stabilisation minérale. Les produits microbiens et les résidus récalcitrants s’associent aux argiles et aux oxydes pour former de la MAOM. C’est le compartiment stable, avec un k₂ de 1 à 4 % par an. C’est cette voie qui produit le surplus permanent de minéralisation décrit au chapitre 7.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le paramètre qui gouverne la répartition entre voies 2-3 et voie 1 est le coefficient isohumique K1 (part du carbone apporté encore présente dans le sol un an après l’apport) et son homologue normalisé, l’ISMO (Indice de Stabilité de la Matière Organique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.44.36.png|vignette|centre | Stabilité des PRO et compartiment de destination. Valeurs indicatives de synthèse, à confronter aux analyses ISMO des produits utilisés. L’ISMO n’est déterminé en routine que sur les matières fertilisantes normalisées ; il est rarement disponible sur un effluent d’élevage. |752x752px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le potentiel de libération de l’azote par minéralisation dépend de nombreux facteurs. Il est notamment influencé par la nature des matières organiques apportées, la quantité totale de matière organique présente dans le sol, ainsi que par les conditions pédoclimatiques qui régulent l’activité biologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À lui seul, le taux de matière organique d’un sol constitue toutefois un indicateur insuffisant pour prédire la quantité d’azote qui sera minéralisée au cours de l’année suivante. Comme l’illustre la compilation de données réalisée par Celesta Lab ci-dessous, des sols présentant des teneurs similaires en matière organique peuvent avoir des potentiels de minéralisation azotée très différents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.45.32.png|vignette|centre|Relation entre la teneur en matière organique totale du sol (% ) et l’azote minéralisé (kg N/ha, extrapolation sur 8 mois plein champ, base 3 000 t de terre fine par hectare) sur 13 694 échantillons. Régression : y = 51,4 + 23,4 x, R² = 0,23. Source : Celesta-lab.|485x485px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un exemple théorique en Beauce : la minéralisation jour par jour à deux taux de matière organique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.47.07.png|vignette|centre|Cinétique de minéralisation nette de l’azote humifié en climat tempéré (contexte Beauce), simulée jour par jour pour un sol à 1,8 % de MO (vert clair) et un sol à 4,0 % de MO (vert foncé), couche 0-30 cm, 170 jours normalisés par an. En haut : minéralisation journalière. En bas : azote minéralisé cumulé. Formalisme LIXIM/COMIFER. |768x768px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sol à 1,8 % de MO contient environ 4,5 t d’azote organique/ha et présente une Vp de 0,41 kg N/ha/JN, soit un cumul annuel de 70 kg N/ha. Le sol à 4,0 % de MO contient 10,1 t N org/ha, une Vp de 0,91 kg N/ha/JN, et un cumul de 155 kg N/ha. L’écart annuel est de +85 kg N/ha, ce qui représente, à 1,20 €/unité, environ 100 €/ha/an d’azote minéral non acheté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de la température : un facteur 3 pour 10 °C ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.23.26.png|vignette|centre|Effet multiplicateur de la température sur la vitesse de minéralisation, avec la référence 1 à 15 °C. Passer de 15 à 25 °C multiplie la vitesse par environ 3,1. Source : M. Valé, Auréa, Ardon 2009.|690x690px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dernière colonne du tableau explique pourquoi les décrochages estivaux de la figure 13 sont agronomiquement décisifs : si l’humidité était non limitante, un sol beauceron à 4 % de MO minéraliserait 2,8 kg N/ha/jour en juillet-août, soit 170 kg N/ha sur les deux mois d’été à eux seuls. C’est l’eau, et l’eau seule, qui empêche cela. Cette réserve d’azote potentiel est le levier de pilotage discuté au § 6.5, et le principal facteur de risque en cas d’été pluvieux sur sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.24.34.png|vignette|centre|Traduction de la fonction de température en minéralisation journalière, sur la base d’une Vp de 0,91 kg N/ha/JN (sol de Beauce à 4 % de MO). La dernière colonne suppose une humidité non limitante — hypothèse rarement vérifiée aux températures les plus hautes en conditions non irriguées.|680x680px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de l’humidité : le second facteur, souvent limitant  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur les gammes réellement rencontrées au champ, la température module la minéralisation d’un facteur 3 à 10 et l’humidité d’un facteur 2 à 4 — l’effet thermique est donc le plus puissant en amplitude. Mais l’effet hydrique est le plus fréquemment limitant en pratique, parce qu’il intervient précisément quand la température est maximale.&lt;br /&gt;
Autrement dit : la température fixe le potentiel, l’eau décide s’il est réalisé. Et comme l’eau du sol est, elle, partiellement pilotable (irrigation, couverture du sol, travail du sol, résidus en surface), c’est par l’eau que la minéralisation devient un objet de conduite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.26.16.png|vignette|centre|Azote minéralisé en incubation du sol d’Auzeville (23 % argile, 28 % limon, 42 % sable, 1,2 % MO) à deux humidités : à gauche H1 = 30 % de l’humidité à la capacité au champ (potentiel 21,9 MPa, 0,065 g eau/g sol) ; à droite H4 = 90 % de la capacité au champ (0,07 MPa, 0,177 g eau/g sol), aux mêmes quatre températures. Source : Valé (2006).|699x699px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La comparaison des deux humidités isole l’effet de l’eau, à température identique. À 35,3 °C et 90 jours : 17 mg N/kg en H1 (sec) contre 32,5 mg N/kg en H4 (humide), soit un rapport de 1,9. À 20,9 °C et 90 jours : environ 4,5 contre 8 mg N/kg, rapport 1,8. En kg N/ha : 51 contre 98 kg N/ha dans le cas le plus chaud.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Peut-on piloter la minéralisation par l’eau ?  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur un sol de Beauce à 4 % de MO au mois de juillet (température du sol 22-24 °C), la minéralisation passe de moins de 0,10 kg N/ha/j en conditions sèches à 1,8-2,4 kg N/ha/j si l’humidité redevient non limitante. Un tour d’eau de 30 mm qui maintient le sol au-dessus de 60 % de la réserve utile pendant 12 à 15 jours produit donc de l’ordre de +20 à +30 kg N/ha de minéralisation supplémentaire par rapport au même sol laissé sec. Sur un maïs irrigué recevant 150 à 250 mm entre juin et août, le supplément cumulé de minéralisation attribuable à l’irrigation atteint couramment 30 à 60 kg N/ha, dont une part significative est effectivement absorbée puisque le maïs est en pleine phase d’absorption.&lt;br /&gt;
C’est un point rarement explicité dans les calculs de dose : le maïs irrigué bénéficie d’une fourniture du sol nettement supérieure à celle du maïs sec, et pas seulement d’une meilleure valorisation de l’azote apporté. Les grilles de calcul qui appliquent la même minéralisation aux deux conduites surfertilisent l’irrigué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les limites et les contre-indications ===&lt;br /&gt;
•   On n’irrigue pas pour minéraliser. Le coût de l’eau, les restrictions d’usage, la disponibilité du matériel et la priorité hydrique de la culture font que l’irrigation est pilotée sur le bilan hydrique, jamais sur le bilan azoté. Le supplément de minéralisation est un effet secondaire à comptabiliser, non un levier à actionner.&lt;br /&gt;
•   Sur culture non irriguée, le levier n’existe pas. Le seul pilotage disponible est indirect : conserver l’humidité de surface par un mulch de résidus, éviter le travail du sol en été (qui assèche et aère, avec un effet net souvent positif à très court terme par éclatement d’agrégats, puis négatif par dessèchement), maintenir une couverture. Ces leviers modifient la minéralisation de quelques kg N/ha, pas de dizaines.&lt;br /&gt;
•   L’azote minéralisé n’arrive pas forcément au bon moment. Une irrigation d’août sur un tournesol en fin de cycle ou sur un sol nu après moisson produit de l’azote minéral qui ne sera pas absorbé : elle augmente l’azote potentiellement lessivable au lieu de nourrir une culture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les itinéraires « bas azote » et le risque sec : une mise en garde ===&lt;br /&gt;
La logique consistant à réduire fortement la dose d’azote minéral en s’appuyant sur la fourniture du sol — enrichi par des années d’apports organiques — est agronomiquement fondée et économiquement attractive. Elle repose cependant sur une fourniture qui est précisément la plus incertaine en conditions sèches.&lt;br /&gt;
Le scénario défavorable est bien identifié : un printemps sec (mai-juin) fait chuter f(θ) au moment où le blé ou le colza absorbent 3 à 4 kg N/ha/jour. La minéralisation attendue de 0,6-0,8 kg N/ha/j tombe à 0,1-0,2. Sur six semaines critiques, le déficit atteint 20 à 30 kg N/ha, et il survient au stade où le nombre de grains et la teneur en protéines se déterminent. L’itinéraire bas azote se solde alors par une perte de rendement, ou plus souvent par un déclassement en protéines — pénalité de 10 à 25 €/t sur un blé meunier.&lt;br /&gt;
Le scénario symétrique est tout aussi problématique : la minéralisation « manquée » du printemps sec ne disparaît pas, elle est reportée sur les pluies d’automne, où elle alimente le reliquat d’entrée hiver et l’azote lessivable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le surplus de minéralisation dû aux apports répétés : essais de longue durée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout ce qui précède permet maintenant d’aborder frontalement la question posée : de combien la minéralisation d’un sol augmente-t-elle quand on lui apporte de la matière organique tous les ans ou tous les deux ans, pendant des décennies ? Trois essais de longue durée, apportent des réponses partiellement divergentes — et cette divergence est instructive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.29.24.png|vignette|centre|Surplus de fourniture d’azote par rapport au témoin fertilisé en azote minéral, dans l’essai QualiAgro, de 1999 à 2013. Épandage de trois composts urbains (DVB = compost de déchets verts + boues, BIO = compost de biodéchets, OMR = compost d’ordures ménagères résiduelles) et d’un fumier bovin (FUM), tous les deux ans, à raison de 4 t C/ha (soit 20 à 35 t/ha de produit brut). Rotation maïs-blé. Source : dispositif QualiAgro (INRAE / Veolia), membre du réseau SOERE PRO. |850x850px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dispositif QualiAgro est le dispositif expérimental français de référence sur la valorisation agricole des composts urbains. Implanté à Feucherolles (Yvelines) sur un sol limoneux, mis en place en 1998, il compare quatre produits organiques et un témoin fertilisé minéralement, avec deux niveaux de fertilisation azotée minérale complémentaire, en rotation blé-maïs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La figure porte le surplus de fourniture d’azote de chaque traitement organique par rapport au témoin minéral, année par année. Deux structures se superposent.&lt;br /&gt;
Une alternance biennale. Les apports ont lieu avant maïs, tous les deux ans. Les années de maïs (1999, 2001, 2003, 2005, 2008, 2010, 2012) portent donc l’effet direct de l’apport plus l’arrière-effet cumulé ; les années de blé (2000, 2002, 2004, 2006, 2009, 2011, 2013) ne portent que l’arrière-effet. On lit clairement cette alternance : maïs 2010 à 74-105 kg N/ha contre blé 2011 à 25-33 ; maïs 2012 à 100-113 contre blé 2013 à 21-52.&lt;br /&gt;
Une tendance croissante nette. En ne retenant que les années de blé, c’est-à-dire l’arrière-effet pur :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.30.43.png|vignette|centre|Arrière-effet azoté seul (années de blé, sans apport) dans l’essai QualiAgro. Valeurs lues graphiquement sur la figure|864x864px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La progression est claire : de 5-15 kg N/ha après 2 ans à 25-50 kg N/ha après 15 ans, soit un gain moyen de l’ordre de +2 à +3 kg N/ha par année de dispositif. Les années d’apport (maïs) cumulent effet direct et arrière-effet et atteignent 90 à 113 kg N/ha en fin de série, contre 5 à 26 kg N/ha en début — l’effet direct lui-même s’améliore, ce qui suggère que le sol enrichi valorise mieux les apports (meilleure structure, meilleure activité biologique, moindre immobilisation nette puisque la biomasse microbienne n’est plus « affamée »).&lt;br /&gt;
La seule méthode fiable : la bande témoin zéro azote&lt;br /&gt;
Aucune grille, aucun modèle ne remplace la mesure directe. La technique est simple et coûte peu : laisser chaque année, sur la même parcelle et au même endroit, une bande non fertilisée en azote (largeur d’un ou deux passages de rampe, longueur suffisante pour une récolte séparable), et mesurer sur cette bande le rendement et la teneur en azote de la récolte.&lt;br /&gt;
L’azote absorbé par la bande zéro est la fourniture du sol, tous postes confondus (minéralisation de l’humus + arrière-effets + reliquat). En la comparant à ce que prédit le référentiel régional, on mesure directement le surplus lié à l’historique organique de la parcelle. En la suivant sur 5 à 10 ans, on voit le surplus progresser.&lt;br /&gt;
Complément indispensable : le reliquat azoté de sortie d’hiver sur 3 horizons, et si possible le reliquat d’entrée d’hiver sur les parcelles à historique organique — c’est ce dernier qui révèle si le surplus part dans la nappe plutôt que dans la plante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources :  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ESCO MAFOR (2014). Valorisation des matières fertilisantes d’origine résiduaire sur les sols à usage agricole ou forestier : impacts agronomiques, environnementaux, socio-économiques. Expertise scientifique collective, INRA – CNRS – Irstea, rapport final. &lt;br /&gt;
* CRAGE (2019). Référentiel régional sur les produits résiduaires organiques. Chambre régionale d’agriculture du Grand Est.&lt;br /&gt;
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		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fertilisation_organique_et_effet_azote&amp;diff=197514</id>
		<title>Fertilisation organique et effet azote</title>
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		<updated>2026-08-26T21:40:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.16.02.png|vignette|537x537px|centré]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les observations de terrain et les expérimentations menées dans le cadre du projet Transition Ferme, en partenariat avec Bureau Vallée, mettent en évidence des situations où des agriculteurs, après plusieurs années d’apports réguliers de matières organiques, parviennent à élaborer des plans de fumure avec des doses d’azote minéral très réduites. Dans certains cas, les apports se limitent à environ 100 kg d’azote par hectare pour atteindre des rendements de 80 à 90 quintaux de blé tendre améliorant, conformes aux exigences de qualité, alors que les recommandations habituelles se situent plutôt entre 180 et 190 kg d’azote par hectare.&lt;br /&gt;
Ces résultats soulèvent une question essentielle : si les cultures maintiennent de telles performances avec des apports aussi faibles, c’est que l’azote est fourni par d’autres mécanismes. Il n’existe en effet aucun « azote miracle » ; cet élément provient nécessairement de la minéralisation des matières organiques présentes dans le sol et du recyclage de l’azote déjà stocké dans les systèmes de production.&lt;br /&gt;
Une meilleure compréhension de ces processus de minéralisation permet ainsi d’optimiser la valorisation de l’azote contenu dans les produits organiques, de réduire le recours aux engrais minéraux et, par conséquent, de diminuer les émissions de gaz à effet de serre associées à leur fabrication et à leur utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Caractériser un produit résiduaire organique et son efficacité. ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On connaît relativement bien l’efficacité des produits organiques au cours de l’année de leur apport. Celle-ci est estimée à partir de leur teneur en azote, de leur degré de récalcitrance à la dégradation, ainsi que de la date d’application et de la culture concernée. Ces paramètres permettent de prédire la quantité d’azote disponible pour la culture au cours de la campagne suivante, une valeur ensuite intégrée dans le calcul du bilan azoté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout raisonnement sur la fertilisation organique commence par la décomposition de l’azote total du produit :&lt;br /&gt;
•   N-NH₄⁺ (azote ammoniacal) — azote minéral, immédiatement disponible pour la plante… mais aussi immédiatement volatilisable sous forme d’ammoniac (NH₃) si le produit reste en surface. C’est la fraction « engrais » du PRO.&lt;br /&gt;
•   N organique minéralisable — azote lié aux molécules organiques peu polymérisées (protéines, acides aminés, azote de la biomasse microbienne du produit), qui se minéralise en quelques semaines à quelques mois.&lt;br /&gt;
•   N organique récalcitrant — azote associé aux structures lignifiées ou déjà fortement humifiées. Il ne participe pratiquement pas à la nutrition de l’année et alimente le stock organique du sol.&lt;br /&gt;
Une fraction, souvent oubliée, est l’azote uréique et l’azote nitrique de certains produits (urines, digestats très nitrifiés, vinasses) : le laboratoire les range parfois dans « N minéral » sans les distinguer. Sur un digestat, la part N-NH₄⁺/N total est le meilleur prédicteur unique de la valeur fertilisante à court terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.24.50.png|vignette|centre|Teneurs en azote ammoniacal (vert clair) et en azote organique (vert foncé) de 22 familles de PRO, exprimées en kg N par tonne de matière brute. On lit directement l’opposition entre les produits « engrais » (lisiers, fientes, digestats, urines : forte part NH₄⁺, faible teneur totale par tonne) et les produits « amendements » (composts, fumiers compostés : azote presque exclusivement organique). Sources : ESCO MAFOR (2014), CRAGE (2019), données internes INRAE. |545x545px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois lectures s’imposent sur cette figure. D’abord la teneur totale par tonne de produit brut est très variable : 1,5 kg N/t pour un lisier dilué contre plus de 40 kg N/t pour des fientes séchées, soit un facteur 25. C’est la teneur en matière sèche qui commande : à sec, on transporte de l’azote ; en dilué, on transporte de l’eau. Ensuite, la part NH₄⁺ est le déterminant de la valeur immédiate : elle dépasse 70 % du total pour les lisiers de porc et les digestats bruts, tombe sous 10 % pour les composts. Enfin, le compostage déplace systématiquement le curseur vers l’azote organique : il concentre le produit (perte de masse par minéralisation du carbone) mais volatilise une grande partie de l’ammonium, si bien que le compost de fumier pailleux apparaît plus riche en N total par tonne que le fumier frais tout en étant beaucoup moins « fertilisant ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.26.13.png|vignette|centre|Variabilité de la teneur en azote total de quatre PRO (minimum, moyenne, maximum), en kg N par tonne de matière brute. Sources : ESCO MAFOR (2014), données internes INRAE.|592x592px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lisier bovin varie de 1,0 à 5,4 kg N/t pour une moyenne à 2,3 : le maximum vaut plus du double de la moyenne, et 5 fois le minimum. Le lisier porcin s’étend de 1,5 à 9,6 kg N/t (moyenne 4,5), soit un facteur 6,4 entre les extrêmes. À 40 t/ha, cet intervalle représente 60 à 384 kg N/ha apportés — l’écart couvre à lui seul la totalité de la dose azotée d’un blé. Les produits solides sont plus stables (fumier bovin 4,6 à 6,9 ; digestat de CIVE 3,6 à 6,3) parce que leur teneur en matière sèche varie moins. . L’analyse du produit n’est pas une formalité administrative : c’est la seule façon de savoir ce que l’on épand.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux ARVALIS/INRA ont produit un classement quantitatif en six classes de cinétique, exprimées en pourcentage de l’azote organique apporté minéralisé en fonction du temps normalisé à 15 °C.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.28.35.png|vignette|centre|Cinétiques de minéralisation nette de l’azote organique de six classes de PRO, exprimées en % de l’azote organique apporté, en fonction du temps normalisé à 15 °C. Environ 210 jours normalisés correspondent à une année calendaire en climat tempéré. Source : ARVALIS/INRA, 2008.|865x865px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.29.24.png|vignette|centre|Positionnement des PRO selon leur valeur fertilisante (effet court terme) et leur valeur amendante (effet long terme). D’après une figure ARVALIS reprise par S. Houot (INRAE). Le trait discontinu supérieur matérialise le plafond des 100 % d’équivalent engrais azoté.|647x647px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quatre familles se dégagent, et chacune appelle une stratégie distincte.&lt;br /&gt;
Les produits à dominante fertilisante (en haut à gauche)&lt;br /&gt;
Phases liquides de lisiers et de digestats, lisiers et fientes de volailles, vinasses. Leur azote est majoritairement ammoniacal, leur matière sèche faible, leur contribution au stock organique négligeable. Ce sont des engrais azotés à part entière, à raisonner comme tels : dose calculée au bilan, positionnement au plus près du besoin (sortie hiver sur céréales, pré-semis ou stade 6 feuilles sur maïs), et surtout enfouissement ou infiltration immédiate puisque l’essentiel de la valeur est volatilisable. On ne construit rien de durable avec ces produits ; ils ne génèrent pratiquement pas de surplus de minéralisation dans le temps.&lt;br /&gt;
Les produits à dominante amendante (en bas à droite)&lt;br /&gt;
Composts de déchets verts, composts d’effluents d’élevage, phases solides de digestats. Leur valeur fertilisante de l’année est proche de zéro, parfois négative. En revanche, ce sont eux qui construisent le stock, avec des coefficients isohumiques de 0,50 à 0,70. Leur intérêt se lit sur les autres fonctions : reconstitution du taux de matière organique, stabilité structurale, réserve utile, activité biologique, apport de phosphore, de potasse, de magnésium et de calcium. Leur azote se rembourse sur 20 à 50 ans, précisément sous la forme du surplus de minéralisation traité au chapitre 7.&lt;br /&gt;
Les produits mixtes (au centre et en haut à droite)&lt;br /&gt;
Digestats bruts, farines de plumes, de sang, de viandes, PAT, farines d’os, lisiers de bovins et de porcins. Ils combinent un effet direct significatif (30 à 70 %) et une contribution mesurable au stock. Les digestats bruts occupent la position la plus favorable du graphique : la digestion anaérobie a minéralisé la fraction labile du carbone (ce qui augmente la part NH₄⁺, d’où une bonne valeur fertilisante) tout en concentrant la fraction récalcitrante (d’où une valeur amendante conservée, voire supérieure à celle de l’intrant). C’est un point souvent mal compris : la méthanisation ne détruit pas la valeur amendante d’un effluent, elle la relativise en augmentant sa valeur fertilisante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fumiers, au centre&lt;br /&gt;
Les fumiers occupent une position intermédiaire basse : effet court terme faible (10 à 20 %), valeur amendante moyenne. Cette position médiocre sur les deux axes explique le paradoxe des exploitations d’élevage : elles apportent des quantités massives d’azote total sans que cela se traduise par une économie d’engrais visible l’année de l’apport — l’effet ne devient perceptible qu’au bout d’une à deux décennies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.30.52.png|vignette|centre|Comparaison des doses classiques de PRO, des teneurs en azote total, ammoniacal et organique, et de l’azote finalement disponible la première année. D’après le diaporama source (diapositive 2), établi à partir d’ESCO MAFOR (2014) et de données internes INRAE. Les valeurs négatives de minéralisation traduisent une immobilisation nette. |869x869px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le compost de déchets verts apporte 167 kg N/ha et n’en rend que 8. Le digestat brut de CIVE apporte à peine plus d’azote total (196 kg/ha) et en rend 120, soit quinze fois plus. Autrement dit : &#039;&#039;la quantité d’azote apportée ne dit rien de la quantité d’azote fertilisant&#039;&#039;. Deux apports rigoureusement identiques en azote total peuvent différer d’un facteur 15 sur l’effet agronomique de l’année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuxième enseignement : les deux voies d’accès à l’azote disponible sont indépendantes. Le lisier bovin non dilué atteint 69 kg N/ha disponibles alors que son azote organique n’en fournit rien (−1 %) : tout vient de l’ammonium. À l’inverse, les boues urbaines chaulées et l’engrais organique du commerce n’ont pratiquement pas d’ammonium et atteignent 31 et 72 kg N/ha uniquement par une minéralisation rapide (32 et 60 %). Un produit peut donc être fertilisant « par son ammonium » ou « par sa minéralisation », et le raisonnement agronomique n’est pas le même : dans le premier cas la priorité absolue est de limiter la volatilisation (enfouissement immédiat, pendillards, injection) ; dans le second, la priorité est de placer l’apport au bon moment thermique, car la minéralisation est pilotée par la température et l’humidité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Troisième enseignement, essentiel pour la suite : l’azote non disponible n’est pas de l’azote perdu. Sur les 167 kg N/ha du compost de déchets verts, 8 servent à la culture, quelques kilos sont volatilisés ou lessivés, et environ 140 à 150 kg N/ha entrent dans le stock organique du sol. C’est cette masse qui, apport après apport, construit le surplus de minéralisation décrit au chapitre 7. Le compost de déchets verts, mauvais engrais, est un excellent constructeur de fertilité azotée à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les coefficients d’équivalence engrais : KEQ azote ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le coefficient d’équivalence engrais minéral (KEQ, aussi appelé coefficient de contribution, coefficient d’équivalence engrais azoté) est défini expérimentalement : c’est le rapport entre la quantité d’azote minéral qui produirait le même effet sur la culture et la quantité d’azote total apportée par le produit organique.Le KEQ n’est pas un taux de minéralisation. Il intègre, en un seul chiffre issu d’essais au champ : la minéralisation de l’azote organique, la disponibilité de l’ammonium, les pertes par volatilisation ammoniacale, les pertes par lessivage entre l’apport et l’absorption, l’organisation microbienne, et le synchronisme avec la culture. C’est pourquoi un même produit a des KEQ différents selon la culture et la date d’apport : ce n’est pas le produit qui change, c’est la fraction de son azote que la culture parvient à intercepter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.38.54.png|vignette|centre|Ordres de grandeur indicatifs de teneurs et de KEQ azote par famille de PRO. Valeurs de synthèse, à recaler sur le référentiel régional (arrêté GREN) et sur les analyses de l’exploitation. Ces intervalles reflètent l’état de la littérature technique (COMIFER, chambres d’agriculture, ARVALIS, ITAVI, IFIP) |867x867px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’utilisation du coefficient d’équivalent engrais est relativement simple. Prenons l’exemple d’un apport de 20 t/ha de compost de fumier bovin âgé de plus de six mois, réalisé avant une culture d’automne comme le blé. Pour ce type de produit, le coefficient d’équivalent engrais retenu dans le bilan azoté est de 5 %. Autrement dit, seuls 5 % de l’azote total contenu dans le compost sont considérés comme disponibles pour la culture au cours de l’année de l’apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre exemple, un compost contenant 6 kg d’azote par tonne apporte au total 120 kg d’azote par hectare (20 × 6). Avec un coefficient de 5 %, la quantité d’azote effectivement prise en compte dans le bilan de la culture n’est donc que de 6 kg d’azote par hectare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À première vue, l’efficacité agronomique de l’apport peut sembler faible. Cependant, cette approche ne considère que l’effet direct de l’année d’application. En pratique, les apports organiques sont souvent répétés au fil des années. Une part importante de l’azote est progressivement stockée dans la matière organique du sol avant d’être restituée par minéralisation. C’est précisément cet effet cumulatif, ou effet pluriannuel, des apports organiques successifs qu’il convient désormais d’examiner.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Dans quel quel compartiment la matière organique nouvelle ajoutée se loge-t-elle ? Labile ou stable ? =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l’illustrent les données ci-dessous, deux ans après l’épandage, la fraction d’azote qui n’a été ni absorbée par les cultures ni perdue vers l’environnement n’est plus directement disponible pour les cultures. Elle est alors intégrée aux matières organiques du sol et suit leur dynamique de minéralisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question devient donc la suivante : dans quelle mesure cet azote organique, incorporé au stock de matière organique du sol, contribue-t-il à la minéralisation de l’azote à moyen terme ? Autrement dit, il s’agit de déterminer si les apports organiques répétés augmentent durablement la fourniture d’azote par le sol, à quelle vitesse cet effet apparaît et quelle quantité d’azote est ainsi restituée aux cultures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.41.20.png|vignette|Quantités d’azote absorbées par le blé en 1996 sur des parcelles de Bignan (56) ayant reçu (bleu : 5 apports de fumier sur les précédents maïs, soit 926 kg N/ha en 10 ans) ou non reçu (rouge) des apports de fumier depuis 10 ans, en fonction de la dose d’azote minéral apportée au blé. Source : ARVALIS / Perspectives Agricoles.|497x497px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le devenir se décide dans les 6 à 18 premiers mois, selon un partage à trois voies dont les proportions dépendent presque entièrement de la stabilité biochimique du produit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 1 — minéralisation immédiate. L’ammonium et l’azote organique très labile passent dans la solution du sol. C’est l’effet direct, mesuré par le KEQ. De 0-5 % (compost de déchets verts) à 70-85 % (phase liquide de digestat).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 2 — immobilisation microbienne puis compartiment labile. L’azote est assimilé par la biomasse microbienne stimulée par le carbone apporté. Il transitera dans le compartiment labile pendant 1 à 10 ans. C’est cette voie qui produit l’arrière-effet à court et moyen terme, celui que l’on constate 1 à 5 ans après un apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 3 — humification et stabilisation minérale. Les produits microbiens et les résidus récalcitrants s’associent aux argiles et aux oxydes pour former de la MAOM. C’est le compartiment stable, avec un k₂ de 1 à 4 % par an. C’est cette voie qui produit le surplus permanent de minéralisation décrit au chapitre 7.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le paramètre qui gouverne la répartition entre voies 2-3 et voie 1 est le coefficient isohumique K1 (part du carbone apporté encore présente dans le sol un an après l’apport) et son homologue normalisé, l’ISMO (Indice de Stabilité de la Matière Organique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.44.36.png|vignette|centre | Stabilité des PRO et compartiment de destination. Valeurs indicatives de synthèse, à confronter aux analyses ISMO des produits utilisés. L’ISMO n’est déterminé en routine que sur les matières fertilisantes normalisées ; il est rarement disponible sur un effluent d’élevage. |752x752px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le potentiel de libération de l’azote par minéralisation dépend de nombreux facteurs. Il est notamment influencé par la nature des matières organiques apportées, la quantité totale de matière organique présente dans le sol, ainsi que par les conditions pédoclimatiques qui régulent l’activité biologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À lui seul, le taux de matière organique d’un sol constitue toutefois un indicateur insuffisant pour prédire la quantité d’azote qui sera minéralisée au cours de l’année suivante. Comme l’illustre la compilation de données réalisée par Celesta Lab ci-dessous, des sols présentant des teneurs similaires en matière organique peuvent avoir des potentiels de minéralisation azotée très différents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.45.32.png|vignette|centre|Relation entre la teneur en matière organique totale du sol (% ) et l’azote minéralisé (kg N/ha, extrapolation sur 8 mois plein champ, base 3 000 t de terre fine par hectare) sur 13 694 échantillons. Régression : y = 51,4 + 23,4 x, R² = 0,23. Source : Celesta-lab.|485x485px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un exemple théorique en Beauce : la minéralisation jour par jour à deux taux de matière organique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.47.07.png|vignette|centre|Cinétique de minéralisation nette de l’azote humifié en climat tempéré (contexte Beauce), simulée jour par jour pour un sol à 1,8 % de MO (vert clair) et un sol à 4,0 % de MO (vert foncé), couche 0-30 cm, 170 jours normalisés par an. En haut : minéralisation journalière. En bas : azote minéralisé cumulé. Formalisme LIXIM/COMIFER. |768x768px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sol à 1,8 % de MO contient environ 4,5 t d’azote organique/ha et présente une Vp de 0,41 kg N/ha/JN, soit un cumul annuel de 70 kg N/ha. Le sol à 4,0 % de MO contient 10,1 t N org/ha, une Vp de 0,91 kg N/ha/JN, et un cumul de 155 kg N/ha. L’écart annuel est de +85 kg N/ha, ce qui représente, à 1,20 €/unité, environ 100 €/ha/an d’azote minéral non acheté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de la température : un facteur 3 pour 10 °C ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.23.26.png|vignette|centre|Effet multiplicateur de la température sur la vitesse de minéralisation, avec la référence 1 à 15 °C. Passer de 15 à 25 °C multiplie la vitesse par environ 3,1. Source : M. Valé, Auréa, Ardon 2009.|690x690px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dernière colonne du tableau explique pourquoi les décrochages estivaux de la figure 13 sont agronomiquement décisifs : si l’humidité était non limitante, un sol beauceron à 4 % de MO minéraliserait 2,8 kg N/ha/jour en juillet-août, soit 170 kg N/ha sur les deux mois d’été à eux seuls. C’est l’eau, et l’eau seule, qui empêche cela. Cette réserve d’azote potentiel est le levier de pilotage discuté au § 6.5, et le principal facteur de risque en cas d’été pluvieux sur sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.24.34.png|vignette|centre|Traduction de la fonction de température en minéralisation journalière, sur la base d’une Vp de 0,91 kg N/ha/JN (sol de Beauce à 4 % de MO). La dernière colonne suppose une humidité non limitante — hypothèse rarement vérifiée aux températures les plus hautes en conditions non irriguées.|680x680px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de l’humidité : le second facteur, souvent limitant  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur les gammes réellement rencontrées au champ, la température module la minéralisation d’un facteur 3 à 10 et l’humidité d’un facteur 2 à 4 — l’effet thermique est donc le plus puissant en amplitude. Mais l’effet hydrique est le plus fréquemment limitant en pratique, parce qu’il intervient précisément quand la température est maximale.&lt;br /&gt;
Autrement dit : la température fixe le potentiel, l’eau décide s’il est réalisé. Et comme l’eau du sol est, elle, partiellement pilotable (irrigation, couverture du sol, travail du sol, résidus en surface), c’est par l’eau que la minéralisation devient un objet de conduite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.26.16.png|vignette|centre|Azote minéralisé en incubation du sol d’Auzeville (23 % argile, 28 % limon, 42 % sable, 1,2 % MO) à deux humidités : à gauche H1 = 30 % de l’humidité à la capacité au champ (potentiel 21,9 MPa, 0,065 g eau/g sol) ; à droite H4 = 90 % de la capacité au champ (0,07 MPa, 0,177 g eau/g sol), aux mêmes quatre températures. Source : Valé (2006).|699x699px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La comparaison des deux humidités isole l’effet de l’eau, à température identique. À 35,3 °C et 90 jours : 17 mg N/kg en H1 (sec) contre 32,5 mg N/kg en H4 (humide), soit un rapport de 1,9. À 20,9 °C et 90 jours : environ 4,5 contre 8 mg N/kg, rapport 1,8. En kg N/ha : 51 contre 98 kg N/ha dans le cas le plus chaud.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Peut-on piloter la minéralisation par l’eau ?  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur un sol de Beauce à 4 % de MO au mois de juillet (température du sol 22-24 °C), la minéralisation passe de moins de 0,10 kg N/ha/j en conditions sèches à 1,8-2,4 kg N/ha/j si l’humidité redevient non limitante. Un tour d’eau de 30 mm qui maintient le sol au-dessus de 60 % de la réserve utile pendant 12 à 15 jours produit donc de l’ordre de +20 à +30 kg N/ha de minéralisation supplémentaire par rapport au même sol laissé sec. Sur un maïs irrigué recevant 150 à 250 mm entre juin et août, le supplément cumulé de minéralisation attribuable à l’irrigation atteint couramment 30 à 60 kg N/ha, dont une part significative est effectivement absorbée puisque le maïs est en pleine phase d’absorption.&lt;br /&gt;
C’est un point rarement explicité dans les calculs de dose : le maïs irrigué bénéficie d’une fourniture du sol nettement supérieure à celle du maïs sec, et pas seulement d’une meilleure valorisation de l’azote apporté. Les grilles de calcul qui appliquent la même minéralisation aux deux conduites surfertilisent l’irrigué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les limites et les contre-indications ===&lt;br /&gt;
•   On n’irrigue pas pour minéraliser. Le coût de l’eau, les restrictions d’usage, la disponibilité du matériel et la priorité hydrique de la culture font que l’irrigation est pilotée sur le bilan hydrique, jamais sur le bilan azoté. Le supplément de minéralisation est un effet secondaire à comptabiliser, non un levier à actionner.&lt;br /&gt;
•   Sur culture non irriguée, le levier n’existe pas. Le seul pilotage disponible est indirect : conserver l’humidité de surface par un mulch de résidus, éviter le travail du sol en été (qui assèche et aère, avec un effet net souvent positif à très court terme par éclatement d’agrégats, puis négatif par dessèchement), maintenir une couverture. Ces leviers modifient la minéralisation de quelques kg N/ha, pas de dizaines.&lt;br /&gt;
•   L’azote minéralisé n’arrive pas forcément au bon moment. Une irrigation d’août sur un tournesol en fin de cycle ou sur un sol nu après moisson produit de l’azote minéral qui ne sera pas absorbé : elle augmente l’azote potentiellement lessivable au lieu de nourrir une culture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les itinéraires « bas azote » et le risque sec : une mise en garde ===&lt;br /&gt;
La logique consistant à réduire fortement la dose d’azote minéral en s’appuyant sur la fourniture du sol — enrichi par des années d’apports organiques — est agronomiquement fondée et économiquement attractive. Elle repose cependant sur une fourniture qui est précisément la plus incertaine en conditions sèches.&lt;br /&gt;
Le scénario défavorable est bien identifié : un printemps sec (mai-juin) fait chuter f(θ) au moment où le blé ou le colza absorbent 3 à 4 kg N/ha/jour. La minéralisation attendue de 0,6-0,8 kg N/ha/j tombe à 0,1-0,2. Sur six semaines critiques, le déficit atteint 20 à 30 kg N/ha, et il survient au stade où le nombre de grains et la teneur en protéines se déterminent. L’itinéraire bas azote se solde alors par une perte de rendement, ou plus souvent par un déclassement en protéines — pénalité de 10 à 25 €/t sur un blé meunier.&lt;br /&gt;
Le scénario symétrique est tout aussi problématique : la minéralisation « manquée » du printemps sec ne disparaît pas, elle est reportée sur les pluies d’automne, où elle alimente le reliquat d’entrée hiver et l’azote lessivable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le surplus de minéralisation dû aux apports répétés : essais de longue durée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout ce qui précède permet maintenant d’aborder frontalement la question posée : de combien la minéralisation d’un sol augmente-t-elle quand on lui apporte de la matière organique tous les ans ou tous les deux ans, pendant des décennies ? Trois essais de longue durée, apportent des réponses partiellement divergentes — et cette divergence est instructive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.29.24.png|vignette|centre|Surplus de fourniture d’azote par rapport au témoin fertilisé en azote minéral, dans l’essai QualiAgro, de 1999 à 2013. Épandage de trois composts urbains (DVB = compost de déchets verts + boues, BIO = compost de biodéchets, OMR = compost d’ordures ménagères résiduelles) et d’un fumier bovin (FUM), tous les deux ans, à raison de 4 t C/ha (soit 20 à 35 t/ha de produit brut). Rotation maïs-blé. Source : dispositif QualiAgro (INRAE / Veolia), membre du réseau SOERE PRO. |850x850px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dispositif QualiAgro est le dispositif expérimental français de référence sur la valorisation agricole des composts urbains. Implanté à Feucherolles (Yvelines) sur un sol limoneux, mis en place en 1998, il compare quatre produits organiques et un témoin fertilisé minéralement, avec deux niveaux de fertilisation azotée minérale complémentaire, en rotation blé-maïs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La figure porte le surplus de fourniture d’azote de chaque traitement organique par rapport au témoin minéral, année par année. Deux structures se superposent.&lt;br /&gt;
Une alternance biennale. Les apports ont lieu avant maïs, tous les deux ans. Les années de maïs (1999, 2001, 2003, 2005, 2008, 2010, 2012) portent donc l’effet direct de l’apport plus l’arrière-effet cumulé ; les années de blé (2000, 2002, 2004, 2006, 2009, 2011, 2013) ne portent que l’arrière-effet. On lit clairement cette alternance : maïs 2010 à 74-105 kg N/ha contre blé 2011 à 25-33 ; maïs 2012 à 100-113 contre blé 2013 à 21-52.&lt;br /&gt;
Une tendance croissante nette. En ne retenant que les années de blé, c’est-à-dire l’arrière-effet pur :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.30.43.png|vignette|centre|Arrière-effet azoté seul (années de blé, sans apport) dans l’essai QualiAgro. Valeurs lues graphiquement sur la figure|864x864px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La progression est claire : de 5-15 kg N/ha après 2 ans à 25-50 kg N/ha après 15 ans, soit un gain moyen de l’ordre de +2 à +3 kg N/ha par année de dispositif. Les années d’apport (maïs) cumulent effet direct et arrière-effet et atteignent 90 à 113 kg N/ha en fin de série, contre 5 à 26 kg N/ha en début — l’effet direct lui-même s’améliore, ce qui suggère que le sol enrichi valorise mieux les apports (meilleure structure, meilleure activité biologique, moindre immobilisation nette puisque la biomasse microbienne n’est plus « affamée »).&lt;br /&gt;
La seule méthode fiable : la bande témoin zéro azote&lt;br /&gt;
Aucune grille, aucun modèle ne remplace la mesure directe. La technique est simple et coûte peu : laisser chaque année, sur la même parcelle et au même endroit, une bande non fertilisée en azote (largeur d’un ou deux passages de rampe, longueur suffisante pour une récolte séparable), et mesurer sur cette bande le rendement et la teneur en azote de la récolte.&lt;br /&gt;
L’azote absorbé par la bande zéro est la fourniture du sol, tous postes confondus (minéralisation de l’humus + arrière-effets + reliquat). En la comparant à ce que prédit le référentiel régional, on mesure directement le surplus lié à l’historique organique de la parcelle. En la suivant sur 5 à 10 ans, on voit le surplus progresser.&lt;br /&gt;
Complément indispensable : le reliquat azoté de sortie d’hiver sur 3 horizons, et si possible le reliquat d’entrée d’hiver sur les parcelles à historique organique — c’est ce dernier qui révèle si le surplus part dans la nappe plutôt que dans la plante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources :  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ESCO MAFOR (2014). Valorisation des matières fertilisantes d’origine résiduaire sur les sols à usage agricole ou forestier : impacts agronomiques, environnementaux, socio-économiques. Expertise scientifique collective, INRA – CNRS – Irstea, rapport final. — Source des teneurs et des doses des figures 1, 2 et du tableau 1.&lt;br /&gt;
CRAGE (2019). Référentiel régional sur les produits résiduaires organiques. Chambre régionale d’agriculture du Grand Est. (à vérifier — intitulé exact et année)&lt;br /&gt;
ARVALIS – Institut du végétal / INRA (2008). Classes de cinétique de minéralisation de l’azote organique des produits organiques. — Source de la figure 4. Repris dans les guides ARVALIS « Fertilisation organique » et dans Perspectives Agricoles. (à vérifier — référence de publication)&lt;br /&gt;
Levavasseur, F., Mary, B., Houot, S. et coll. (2020). Coefficient d’équivalence engrais azoté des produits résiduaires organiques et relation avec la part d’azote minéral. — Source de la figure 7. (à vérifier — revue et référence exacte ; travaux INRAE UMR ECOSYS)&lt;br /&gt;
Levavasseur, F., Lashermes, G., Mary, B., Morvan, T., Nicolardot, B., Parnaudeau, V., Thuriès, L., Houot, S. (2021/2022). Quantification et modélisation de la minéralisation du carbone et de l’azote de matières organiques exogènes diverses ; constitution d’une base de données d’incubations. Nutrient Cycling in Agroecosystems / Soil Use and Management. — Source de la figure 5. (à vérifier — deux publications proches, années et revues à confirmer)&lt;br /&gt;
Valé, M. (2006). Quantification et prédiction de la minéralisation nette de l’azote du sol in situ, sous divers pédoclimats et systèmes de culture français. Thèse de doctorat, Institut National Polytechnique de Toulouse / ENSAT. — Source des figures 15 et 16 (incubations Mons et Auzeville).&lt;br /&gt;
Valé, M. (2009). Effet de la température sur la minéralisation. Communication, Auréa AgroSciences, Ardon. — Source de la figure 14.&lt;br /&gt;
Houot, S. (INRAE, UMR ECOSYS). Figure de positionnement valeur fertilisante / valeur amendante, d’après ARVALIS. — Source de la figure 3.&lt;br /&gt;
Semenov, M. V. et coll. (2021). Survie des micro-organismes du fumier et activation de la flore tellurique après apport de fumier. — Source de la figure 9. (à vérifier — probablement dans Applied Soil Ecology ou Agriculture, Ecosystems &amp;amp; Environment)&lt;br /&gt;
ARVALIS – Institut du végétal. Perspectives Agricoles. Essais de Bignan (56) et de La Jaillière (44) sur la valeur azotée des fumiers de bovins. — Sources des figures 18 et 19. (à vérifier — numéros et années des articles)&lt;br /&gt;
QualiAgro (INRAE / Veolia). Dispositif expérimental de longue durée de Feucherolles (78) sur la valorisation agricole des composts urbains, mis en place en 1998. Membre du réseau SOERE PRO. — Source de la figure 17.&lt;br /&gt;
Chambres d’agriculture de Normandie (septembre 2025). Calendrier détaillé des périodes interdites d’épandage. — Source de la figure 20.&lt;br /&gt;
Préfecture de région Normandie. 7ᵉ programme d’actions régional en vue de la protection des eaux contre la pollution par les nitrates d’origine agricole. — Source de la figure 21.&lt;br /&gt;
Celesta-lab. Base de données de 13 694 analyses de minéralisation potentielle de l’azote et de matière organique totale. — Source de la figure 10.&lt;br /&gt;
Figure sur les indicateurs SOC/argile et O/T SOC (figure 11) : source non identifiée sur la diapositive. Se rattache aux travaux européens sur les indicateurs de carbone organique des sols, autour de 2021-2023. (à vérifier)&lt;br /&gt;
12.2 Méthode du bilan et référentiels de fertilisation&lt;br /&gt;
COMIFER (2013). Calcul de la fertilisation azotée — Guide méthodologique pour l’établissement des prescriptions locales : cultures annuelles et prairies. Comité français d’étude et de développement de la fertilisation raisonnée. — Référence de base du formalisme du bilan et de la notion de KEQ.&lt;br /&gt;
COMIFER (2019/2021). Guide de la fertilisation raisonnée — phosphore, potassium, magnésium. Éditions France Agricole. (à vérifier — édition)&lt;br /&gt;
Mary, B., Beaudoin, N., Justes, E., Machet, J.-M. (1999). Calculation of nitrogen mineralization and leaching in fallow soil using a simple dynamic model. European Journal of Soil Science, 50, 549-566. — Origine du modèle LIXIM.&lt;br /&gt;
Clivot, H., Mouny, J.-C., Duparque, A., Dinh, J.-L., Denoroy, P., Houot, S., Vertès, F., Trochard, R., Bouthier, A., Sagot, S., Mary, B. (2019). Modeling soil organic carbon evolution in long-term arable experiments with AMG model. Environmental Modelling &amp;amp; Software, 118, 99-113. — Modèle AMG, coefficients isohumiques.&lt;br /&gt;
Coleman, K., Jenkinson, D. S. (1996). RothC-26.3 — A model for the turnover of carbon in soil. In Evaluation of Soil Organic Matter Models, Springer, 237-246.&lt;br /&gt;
Justes, E., Mary, B., Nicolardot, B. (2009). Quantifying and modelling C and N mineralization kinetics of catch crop residues in soil. Plant and Soil, 325, 171-185.&lt;br /&gt;
AFNOR NF U44-162. Amendements organiques et supports de culture — Caractérisation de la matière organique par fractionnement biochimique et estimation de sa stabilité biologique (indicateur ISMO).&lt;br /&gt;
12.3 Valeur fertilisante des effluents et des PRO&lt;br /&gt;
Gutser, R., Ebertseder, T., Weber, A., Schraml, M., Schmidhalter, U. (2005). Short-term and residual availability of nitrogen after long-term application of organic fertilizers on arable land. Journal of Plant Nutrition and Soil Science, 168, 439-446. — Référence majeure sur l’arrière-effet des apports répétés.&lt;br /&gt;
Schröder, J. (2005). Revisiting the agronomic benefits of manure: a correct assessment and exploitation of its fertilizer value spares the environment. Bioresource Technology, 96, 253-261.&lt;br /&gt;
Webb, J., Sørensen, P., Velthof, G., Amon, B., Pinto, M., Rodhe, L., Salomon, E., Hutchings, N., Burczyk, P., Reid, J. (2013). An assessment of the variation of manure nitrogen efficiency throughout Europe and an appraisal of means to increase manure-N efficiency. Advances in Agronomy, 119, 371-442.&lt;br /&gt;
Sørensen, P., Amato, M. (2002). Remineralisation and residual effects of N after application of pig slurry to soil. European Journal of Agronomy, 16, 81-95.&lt;br /&gt;
Peltre, C., Christensen, B. T., Dragon, S., Icard, C., Kätterer, T., Houot, S. (2012). RothC simulation of carbon accumulation in soil after repeated application of widely different organic amendments. Soil Biology &amp;amp; Biochemistry, 52, 49-60. (à vérifier — revue et pagination)&lt;br /&gt;
Noirot-Cosson, P.-E., Vaudour, E., Gilliot, J.-M., Gabrielle, B., Houot, S. (2016). Modelling the long-term effect of urban waste compost applications on carbon and nitrogen dynamics in temperate cropland. Soil Biology &amp;amp; Biochemistry, 94, 138-153.&lt;br /&gt;
Nicolardot, B., Recous, S., Mary, B. (2001). Simulation of C and N mineralisation during crop residue decomposition: a simple dynamic model based on the C:N ratio of the residues. Plant and Soil, 228, 83-103. — Référence sur la faim d’azote.&lt;br /&gt;
Morvan, T., Nicolardot, B. (2009). Role of organic fractions on C decomposition and N mineralization of animal wastes in soil. Biology and Fertility of Soils, 45, 477-486. (à vérifier)&lt;br /&gt;
Thuriès, L., Pansu, M., Feller, C., Herrmann, P., Rémy, J.-C. (2001). Kinetics of added organic matter decomposition in a Mediterranean sandy soil. Soil Biology &amp;amp; Biochemistry, 33, 997-1010.&lt;br /&gt;
12.4 Minéralisation du sol, température, eau&lt;br /&gt;
Birch, H. F. (1958). The effect of soil drying on humus decomposition and nitrogen availability. Plant and Soil, 10, 9-31. — Origine de l’« effet Birch ».&lt;br /&gt;
Linn, D. M., Doran, J. W. (1984). Effect of water-filled pore space on carbon dioxide and nitrous oxide production in tilled and nontilled soils. Soil Science Society of America Journal, 48, 1267-1272.&lt;br /&gt;
Rodrigo, A., Recous, S., Neel, C., Mary, B. (1997). Modelling temperature and moisture effects on C–N transformations in soils: comparison of nine models. Ecological Modelling, 102, 325-339.&lt;br /&gt;
Kätterer, T., Reichstein, M., Andrén, O., Lomander, A. (1998). Temperature dependence of organic matter decomposition: a critical review using literature data analyzed with different models. Biology and Fertility of Soils, 27, 258-262.&lt;br /&gt;
Lavallee, J. M., Soong, J. L., Cotrufo, M. F. (2020). Conceptualizing soil organic matter into particulate and mineral-associated forms to address global change in the 21st century. Global Change Biology, 26, 261-273. — Référence sur le découpage POM / MAOM du tableau 5.&lt;br /&gt;
Cotrufo, M. F., Ranalli, M. G., Haddix, M. L., Six, J., Lugato, E. (2019). Soil carbon storage informed by particulate and mineral-associated organic matter. Nature Geoscience, 12, 989-994.&lt;br /&gt;
Johannes, A., Matter, A., Schulin, R., Weisskopf, P., Baveye, P. C., Boivin, P. (2017). Optimal organic carbon values for soil structure quality of arable soils. Does clay content matter? Geoderma, 302, 14-21. — Origine de l’indice SOC/argile.&lt;br /&gt;
Prout, J. M., Shepherd, K. D., McGrath, S. P., Kirk, G. J. D., Haefele, S. M. (2021). What is a good level of soil organic matter? An index based on organic carbon to clay ratio. European Journal of Soil Science, 72, 2493-2503.&lt;br /&gt;
12.5 Lessivage, couverts, azote potentiellement lessivable&lt;br /&gt;
Beaudoin, N., Saad, J. K., Van Laethem, C., Machet, J.-M., Maucorps, J., Mary, B. (2005). Nitrate leaching in intensive agriculture in Northern France: effect of farming practices, soils and crop rotations. Agriculture, Ecosystems &amp;amp; Environment, 111, 292-310.&lt;br /&gt;
Constantin, J., Mary, B., Laurent, F., Aubrion, G., Fontaine, A., Kerveillant, P., Beaudoin, N. (2010). Effects of catch crops, no till and reduced nitrogen fertilization on nitrogen leaching and balance in three long-term experiments. Agriculture, Ecosystems &amp;amp; Environment, 135, 268-278.&lt;br /&gt;
Justes, E., Beaudoin, N., Bertuzzi, P., Charles, R., Constantin, J., Dürr, C., Hermon, C., Joannon, A., Le Bas, C., Mary, B., Mignolet, C., Montfort, F., Ruiz, L., Sarthou, J.-P., Souchère, V., Tournebize, J. (2012). Réduire les fuites de nitrate au moyen de cultures intermédiaires : conséquences sur les bilans d’eau et d’azote, autres services écosystémiques. Rapport d’étude, INRA, à la demande des ministères en charge de l’Écologie et de l’Agriculture.&lt;br /&gt;
Directive 91/676/CEE du Conseil du 12 décembre 1991 concernant la protection des eaux contre la pollution par les nitrates à partir de sources agricoles (« directive Nitrates »), annexe III — plafond de 170 kg N/ha/an issu des effluents d’élevage.&lt;br /&gt;
Arrêté du 19 décembre 2011 relatif au programme d’actions national à mettre en œuvre dans les zones vulnérables afin de réduire la pollution des eaux par les nitrates d’origine agricole, modifié. — Calendriers d’épandage, typologie des fertilisants (types I, II, III), plafonds.&lt;br /&gt;
Arrêté du 8 janvier 1998 fixant les prescriptions techniques applicables aux épandages de boues sur les sols agricoles. — Cadre des plans d’épandage de boues de STEP.&lt;br /&gt;
Norme NF U 44-051. Amendements organiques — Dénominations, spécifications et marquage. — Cadre de la mise sur le marché des composts.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
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		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fertilisation_organique_et_effet_azote&amp;diff=197513</id>
		<title>Fertilisation organique et effet azote</title>
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		<updated>2026-08-26T21:39:44Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.16.02.png|vignette|537x537px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les observations de terrain et les expérimentations menées dans le cadre du projet Transition Ferme, en partenariat avec Bureau Vallée, mettent en évidence des situations où des agriculteurs, après plusieurs années d’apports réguliers de matières organiques, parviennent à élaborer des plans de fumure avec des doses d’azote minéral très réduites. Dans certains cas, les apports se limitent à environ 100 kg d’azote par hectare pour atteindre des rendements de 80 à 90 quintaux de blé tendre améliorant, conformes aux exigences de qualité, alors que les recommandations habituelles se situent plutôt entre 180 et 190 kg d’azote par hectare.&lt;br /&gt;
Ces résultats soulèvent une question essentielle : si les cultures maintiennent de telles performances avec des apports aussi faibles, c’est que l’azote est fourni par d’autres mécanismes. Il n’existe en effet aucun « azote miracle » ; cet élément provient nécessairement de la minéralisation des matières organiques présentes dans le sol et du recyclage de l’azote déjà stocké dans les systèmes de production.&lt;br /&gt;
Une meilleure compréhension de ces processus de minéralisation permet ainsi d’optimiser la valorisation de l’azote contenu dans les produits organiques, de réduire le recours aux engrais minéraux et, par conséquent, de diminuer les émissions de gaz à effet de serre associées à leur fabrication et à leur utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Caractériser un produit résiduaire organique et son efficacité. ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On connaît relativement bien l’efficacité des produits organiques au cours de l’année de leur apport. Celle-ci est estimée à partir de leur teneur en azote, de leur degré de récalcitrance à la dégradation, ainsi que de la date d’application et de la culture concernée. Ces paramètres permettent de prédire la quantité d’azote disponible pour la culture au cours de la campagne suivante, une valeur ensuite intégrée dans le calcul du bilan azoté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout raisonnement sur la fertilisation organique commence par la décomposition de l’azote total du produit :&lt;br /&gt;
•   N-NH₄⁺ (azote ammoniacal) — azote minéral, immédiatement disponible pour la plante… mais aussi immédiatement volatilisable sous forme d’ammoniac (NH₃) si le produit reste en surface. C’est la fraction « engrais » du PRO.&lt;br /&gt;
•   N organique minéralisable — azote lié aux molécules organiques peu polymérisées (protéines, acides aminés, azote de la biomasse microbienne du produit), qui se minéralise en quelques semaines à quelques mois.&lt;br /&gt;
•   N organique récalcitrant — azote associé aux structures lignifiées ou déjà fortement humifiées. Il ne participe pratiquement pas à la nutrition de l’année et alimente le stock organique du sol.&lt;br /&gt;
Une fraction, souvent oubliée, est l’azote uréique et l’azote nitrique de certains produits (urines, digestats très nitrifiés, vinasses) : le laboratoire les range parfois dans « N minéral » sans les distinguer. Sur un digestat, la part N-NH₄⁺/N total est le meilleur prédicteur unique de la valeur fertilisante à court terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.24.50.png|vignette|centre|Teneurs en azote ammoniacal (vert clair) et en azote organique (vert foncé) de 22 familles de PRO, exprimées en kg N par tonne de matière brute. On lit directement l’opposition entre les produits « engrais » (lisiers, fientes, digestats, urines : forte part NH₄⁺, faible teneur totale par tonne) et les produits « amendements » (composts, fumiers compostés : azote presque exclusivement organique). Sources : ESCO MAFOR (2014), CRAGE (2019), données internes INRAE. |545x545px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois lectures s’imposent sur cette figure. D’abord la teneur totale par tonne de produit brut est très variable : 1,5 kg N/t pour un lisier dilué contre plus de 40 kg N/t pour des fientes séchées, soit un facteur 25. C’est la teneur en matière sèche qui commande : à sec, on transporte de l’azote ; en dilué, on transporte de l’eau. Ensuite, la part NH₄⁺ est le déterminant de la valeur immédiate : elle dépasse 70 % du total pour les lisiers de porc et les digestats bruts, tombe sous 10 % pour les composts. Enfin, le compostage déplace systématiquement le curseur vers l’azote organique : il concentre le produit (perte de masse par minéralisation du carbone) mais volatilise une grande partie de l’ammonium, si bien que le compost de fumier pailleux apparaît plus riche en N total par tonne que le fumier frais tout en étant beaucoup moins « fertilisant ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.26.13.png|vignette|centre|Variabilité de la teneur en azote total de quatre PRO (minimum, moyenne, maximum), en kg N par tonne de matière brute. Sources : ESCO MAFOR (2014), données internes INRAE.|592x592px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lisier bovin varie de 1,0 à 5,4 kg N/t pour une moyenne à 2,3 : le maximum vaut plus du double de la moyenne, et 5 fois le minimum. Le lisier porcin s’étend de 1,5 à 9,6 kg N/t (moyenne 4,5), soit un facteur 6,4 entre les extrêmes. À 40 t/ha, cet intervalle représente 60 à 384 kg N/ha apportés — l’écart couvre à lui seul la totalité de la dose azotée d’un blé. Les produits solides sont plus stables (fumier bovin 4,6 à 6,9 ; digestat de CIVE 3,6 à 6,3) parce que leur teneur en matière sèche varie moins. . L’analyse du produit n’est pas une formalité administrative : c’est la seule façon de savoir ce que l’on épand.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux ARVALIS/INRA ont produit un classement quantitatif en six classes de cinétique, exprimées en pourcentage de l’azote organique apporté minéralisé en fonction du temps normalisé à 15 °C.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.28.35.png|vignette|centre|Cinétiques de minéralisation nette de l’azote organique de six classes de PRO, exprimées en % de l’azote organique apporté, en fonction du temps normalisé à 15 °C. Environ 210 jours normalisés correspondent à une année calendaire en climat tempéré. Source : ARVALIS/INRA, 2008.|865x865px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.29.24.png|vignette|centre|Positionnement des PRO selon leur valeur fertilisante (effet court terme) et leur valeur amendante (effet long terme). D’après une figure ARVALIS reprise par S. Houot (INRAE). Le trait discontinu supérieur matérialise le plafond des 100 % d’équivalent engrais azoté.|647x647px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quatre familles se dégagent, et chacune appelle une stratégie distincte.&lt;br /&gt;
Les produits à dominante fertilisante (en haut à gauche)&lt;br /&gt;
Phases liquides de lisiers et de digestats, lisiers et fientes de volailles, vinasses. Leur azote est majoritairement ammoniacal, leur matière sèche faible, leur contribution au stock organique négligeable. Ce sont des engrais azotés à part entière, à raisonner comme tels : dose calculée au bilan, positionnement au plus près du besoin (sortie hiver sur céréales, pré-semis ou stade 6 feuilles sur maïs), et surtout enfouissement ou infiltration immédiate puisque l’essentiel de la valeur est volatilisable. On ne construit rien de durable avec ces produits ; ils ne génèrent pratiquement pas de surplus de minéralisation dans le temps.&lt;br /&gt;
Les produits à dominante amendante (en bas à droite)&lt;br /&gt;
Composts de déchets verts, composts d’effluents d’élevage, phases solides de digestats. Leur valeur fertilisante de l’année est proche de zéro, parfois négative. En revanche, ce sont eux qui construisent le stock, avec des coefficients isohumiques de 0,50 à 0,70. Leur intérêt se lit sur les autres fonctions : reconstitution du taux de matière organique, stabilité structurale, réserve utile, activité biologique, apport de phosphore, de potasse, de magnésium et de calcium. Leur azote se rembourse sur 20 à 50 ans, précisément sous la forme du surplus de minéralisation traité au chapitre 7.&lt;br /&gt;
Les produits mixtes (au centre et en haut à droite)&lt;br /&gt;
Digestats bruts, farines de plumes, de sang, de viandes, PAT, farines d’os, lisiers de bovins et de porcins. Ils combinent un effet direct significatif (30 à 70 %) et une contribution mesurable au stock. Les digestats bruts occupent la position la plus favorable du graphique : la digestion anaérobie a minéralisé la fraction labile du carbone (ce qui augmente la part NH₄⁺, d’où une bonne valeur fertilisante) tout en concentrant la fraction récalcitrante (d’où une valeur amendante conservée, voire supérieure à celle de l’intrant). C’est un point souvent mal compris : la méthanisation ne détruit pas la valeur amendante d’un effluent, elle la relativise en augmentant sa valeur fertilisante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fumiers, au centre&lt;br /&gt;
Les fumiers occupent une position intermédiaire basse : effet court terme faible (10 à 20 %), valeur amendante moyenne. Cette position médiocre sur les deux axes explique le paradoxe des exploitations d’élevage : elles apportent des quantités massives d’azote total sans que cela se traduise par une économie d’engrais visible l’année de l’apport — l’effet ne devient perceptible qu’au bout d’une à deux décennies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.30.52.png|vignette|centre|Comparaison des doses classiques de PRO, des teneurs en azote total, ammoniacal et organique, et de l’azote finalement disponible la première année. D’après le diaporama source (diapositive 2), établi à partir d’ESCO MAFOR (2014) et de données internes INRAE. Les valeurs négatives de minéralisation traduisent une immobilisation nette. |869x869px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le compost de déchets verts apporte 167 kg N/ha et n’en rend que 8. Le digestat brut de CIVE apporte à peine plus d’azote total (196 kg/ha) et en rend 120, soit quinze fois plus. Autrement dit : &#039;&#039;la quantité d’azote apportée ne dit rien de la quantité d’azote fertilisant&#039;&#039;. Deux apports rigoureusement identiques en azote total peuvent différer d’un facteur 15 sur l’effet agronomique de l’année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuxième enseignement : les deux voies d’accès à l’azote disponible sont indépendantes. Le lisier bovin non dilué atteint 69 kg N/ha disponibles alors que son azote organique n’en fournit rien (−1 %) : tout vient de l’ammonium. À l’inverse, les boues urbaines chaulées et l’engrais organique du commerce n’ont pratiquement pas d’ammonium et atteignent 31 et 72 kg N/ha uniquement par une minéralisation rapide (32 et 60 %). Un produit peut donc être fertilisant « par son ammonium » ou « par sa minéralisation », et le raisonnement agronomique n’est pas le même : dans le premier cas la priorité absolue est de limiter la volatilisation (enfouissement immédiat, pendillards, injection) ; dans le second, la priorité est de placer l’apport au bon moment thermique, car la minéralisation est pilotée par la température et l’humidité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Troisième enseignement, essentiel pour la suite : l’azote non disponible n’est pas de l’azote perdu. Sur les 167 kg N/ha du compost de déchets verts, 8 servent à la culture, quelques kilos sont volatilisés ou lessivés, et environ 140 à 150 kg N/ha entrent dans le stock organique du sol. C’est cette masse qui, apport après apport, construit le surplus de minéralisation décrit au chapitre 7. Le compost de déchets verts, mauvais engrais, est un excellent constructeur de fertilité azotée à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les coefficients d’équivalence engrais : KEQ azote ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le coefficient d’équivalence engrais minéral (KEQ, aussi appelé coefficient de contribution, coefficient d’équivalence engrais azoté) est défini expérimentalement : c’est le rapport entre la quantité d’azote minéral qui produirait le même effet sur la culture et la quantité d’azote total apportée par le produit organique.Le KEQ n’est pas un taux de minéralisation. Il intègre, en un seul chiffre issu d’essais au champ : la minéralisation de l’azote organique, la disponibilité de l’ammonium, les pertes par volatilisation ammoniacale, les pertes par lessivage entre l’apport et l’absorption, l’organisation microbienne, et le synchronisme avec la culture. C’est pourquoi un même produit a des KEQ différents selon la culture et la date d’apport : ce n’est pas le produit qui change, c’est la fraction de son azote que la culture parvient à intercepter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.38.54.png|vignette|centre|Ordres de grandeur indicatifs de teneurs et de KEQ azote par famille de PRO. Valeurs de synthèse, à recaler sur le référentiel régional (arrêté GREN) et sur les analyses de l’exploitation. Ces intervalles reflètent l’état de la littérature technique (COMIFER, chambres d’agriculture, ARVALIS, ITAVI, IFIP) |867x867px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’utilisation du coefficient d’équivalent engrais est relativement simple. Prenons l’exemple d’un apport de 20 t/ha de compost de fumier bovin âgé de plus de six mois, réalisé avant une culture d’automne comme le blé. Pour ce type de produit, le coefficient d’équivalent engrais retenu dans le bilan azoté est de 5 %. Autrement dit, seuls 5 % de l’azote total contenu dans le compost sont considérés comme disponibles pour la culture au cours de l’année de l’apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre exemple, un compost contenant 6 kg d’azote par tonne apporte au total 120 kg d’azote par hectare (20 × 6). Avec un coefficient de 5 %, la quantité d’azote effectivement prise en compte dans le bilan de la culture n’est donc que de 6 kg d’azote par hectare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À première vue, l’efficacité agronomique de l’apport peut sembler faible. Cependant, cette approche ne considère que l’effet direct de l’année d’application. En pratique, les apports organiques sont souvent répétés au fil des années. Une part importante de l’azote est progressivement stockée dans la matière organique du sol avant d’être restituée par minéralisation. C’est précisément cet effet cumulatif, ou effet pluriannuel, des apports organiques successifs qu’il convient désormais d’examiner.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Dans quel quel compartiment la matière organique nouvelle ajoutée se loge-t-elle ? Labile ou stable ? =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l’illustrent les données ci-dessous, deux ans après l’épandage, la fraction d’azote qui n’a été ni absorbée par les cultures ni perdue vers l’environnement n’est plus directement disponible pour les cultures. Elle est alors intégrée aux matières organiques du sol et suit leur dynamique de minéralisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question devient donc la suivante : dans quelle mesure cet azote organique, incorporé au stock de matière organique du sol, contribue-t-il à la minéralisation de l’azote à moyen terme ? Autrement dit, il s’agit de déterminer si les apports organiques répétés augmentent durablement la fourniture d’azote par le sol, à quelle vitesse cet effet apparaît et quelle quantité d’azote est ainsi restituée aux cultures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.41.20.png|vignette|Quantités d’azote absorbées par le blé en 1996 sur des parcelles de Bignan (56) ayant reçu (bleu : 5 apports de fumier sur les précédents maïs, soit 926 kg N/ha en 10 ans) ou non reçu (rouge) des apports de fumier depuis 10 ans, en fonction de la dose d’azote minéral apportée au blé. Source : ARVALIS / Perspectives Agricoles.|497x497px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le devenir se décide dans les 6 à 18 premiers mois, selon un partage à trois voies dont les proportions dépendent presque entièrement de la stabilité biochimique du produit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 1 — minéralisation immédiate. L’ammonium et l’azote organique très labile passent dans la solution du sol. C’est l’effet direct, mesuré par le KEQ. De 0-5 % (compost de déchets verts) à 70-85 % (phase liquide de digestat).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 2 — immobilisation microbienne puis compartiment labile. L’azote est assimilé par la biomasse microbienne stimulée par le carbone apporté. Il transitera dans le compartiment labile pendant 1 à 10 ans. C’est cette voie qui produit l’arrière-effet à court et moyen terme, celui que l’on constate 1 à 5 ans après un apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 3 — humification et stabilisation minérale. Les produits microbiens et les résidus récalcitrants s’associent aux argiles et aux oxydes pour former de la MAOM. C’est le compartiment stable, avec un k₂ de 1 à 4 % par an. C’est cette voie qui produit le surplus permanent de minéralisation décrit au chapitre 7.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le paramètre qui gouverne la répartition entre voies 2-3 et voie 1 est le coefficient isohumique K1 (part du carbone apporté encore présente dans le sol un an après l’apport) et son homologue normalisé, l’ISMO (Indice de Stabilité de la Matière Organique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.44.36.png|vignette|centre | Stabilité des PRO et compartiment de destination. Valeurs indicatives de synthèse, à confronter aux analyses ISMO des produits utilisés. L’ISMO n’est déterminé en routine que sur les matières fertilisantes normalisées ; il est rarement disponible sur un effluent d’élevage. |752x752px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le potentiel de libération de l’azote par minéralisation dépend de nombreux facteurs. Il est notamment influencé par la nature des matières organiques apportées, la quantité totale de matière organique présente dans le sol, ainsi que par les conditions pédoclimatiques qui régulent l’activité biologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À lui seul, le taux de matière organique d’un sol constitue toutefois un indicateur insuffisant pour prédire la quantité d’azote qui sera minéralisée au cours de l’année suivante. Comme l’illustre la compilation de données réalisée par Celesta Lab ci-dessous, des sols présentant des teneurs similaires en matière organique peuvent avoir des potentiels de minéralisation azotée très différents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.45.32.png|vignette|centre|Relation entre la teneur en matière organique totale du sol (% ) et l’azote minéralisé (kg N/ha, extrapolation sur 8 mois plein champ, base 3 000 t de terre fine par hectare) sur 13 694 échantillons. Régression : y = 51,4 + 23,4 x, R² = 0,23. Source : Celesta-lab.|485x485px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un exemple théorique en Beauce : la minéralisation jour par jour à deux taux de matière organique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.47.07.png|vignette|centre|Cinétique de minéralisation nette de l’azote humifié en climat tempéré (contexte Beauce), simulée jour par jour pour un sol à 1,8 % de MO (vert clair) et un sol à 4,0 % de MO (vert foncé), couche 0-30 cm, 170 jours normalisés par an. En haut : minéralisation journalière. En bas : azote minéralisé cumulé. Formalisme LIXIM/COMIFER. |768x768px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sol à 1,8 % de MO contient environ 4,5 t d’azote organique/ha et présente une Vp de 0,41 kg N/ha/JN, soit un cumul annuel de 70 kg N/ha. Le sol à 4,0 % de MO contient 10,1 t N org/ha, une Vp de 0,91 kg N/ha/JN, et un cumul de 155 kg N/ha. L’écart annuel est de +85 kg N/ha, ce qui représente, à 1,20 €/unité, environ 100 €/ha/an d’azote minéral non acheté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de la température : un facteur 3 pour 10 °C ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.23.26.png|vignette|centre|Effet multiplicateur de la température sur la vitesse de minéralisation, avec la référence 1 à 15 °C. Passer de 15 à 25 °C multiplie la vitesse par environ 3,1. Source : M. Valé, Auréa, Ardon 2009.|690x690px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dernière colonne du tableau explique pourquoi les décrochages estivaux de la figure 13 sont agronomiquement décisifs : si l’humidité était non limitante, un sol beauceron à 4 % de MO minéraliserait 2,8 kg N/ha/jour en juillet-août, soit 170 kg N/ha sur les deux mois d’été à eux seuls. C’est l’eau, et l’eau seule, qui empêche cela. Cette réserve d’azote potentiel est le levier de pilotage discuté au § 6.5, et le principal facteur de risque en cas d’été pluvieux sur sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.24.34.png|vignette|centre|Traduction de la fonction de température en minéralisation journalière, sur la base d’une Vp de 0,91 kg N/ha/JN (sol de Beauce à 4 % de MO). La dernière colonne suppose une humidité non limitante — hypothèse rarement vérifiée aux températures les plus hautes en conditions non irriguées.|680x680px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’effet de l’humidité : le second facteur, souvent limitant  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur les gammes réellement rencontrées au champ, la température module la minéralisation d’un facteur 3 à 10 et l’humidité d’un facteur 2 à 4 — l’effet thermique est donc le plus puissant en amplitude. Mais l’effet hydrique est le plus fréquemment limitant en pratique, parce qu’il intervient précisément quand la température est maximale.&lt;br /&gt;
Autrement dit : la température fixe le potentiel, l’eau décide s’il est réalisé. Et comme l’eau du sol est, elle, partiellement pilotable (irrigation, couverture du sol, travail du sol, résidus en surface), c’est par l’eau que la minéralisation devient un objet de conduite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.26.16.png|vignette|centre|Azote minéralisé en incubation du sol d’Auzeville (23 % argile, 28 % limon, 42 % sable, 1,2 % MO) à deux humidités : à gauche H1 = 30 % de l’humidité à la capacité au champ (potentiel 21,9 MPa, 0,065 g eau/g sol) ; à droite H4 = 90 % de la capacité au champ (0,07 MPa, 0,177 g eau/g sol), aux mêmes quatre températures. Source : Valé (2006).|699x699px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La comparaison des deux humidités isole l’effet de l’eau, à température identique. À 35,3 °C et 90 jours : 17 mg N/kg en H1 (sec) contre 32,5 mg N/kg en H4 (humide), soit un rapport de 1,9. À 20,9 °C et 90 jours : environ 4,5 contre 8 mg N/kg, rapport 1,8. En kg N/ha : 51 contre 98 kg N/ha dans le cas le plus chaud.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Peut-on piloter la minéralisation par l’eau ?  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur un sol de Beauce à 4 % de MO au mois de juillet (température du sol 22-24 °C), la minéralisation passe de moins de 0,10 kg N/ha/j en conditions sèches à 1,8-2,4 kg N/ha/j si l’humidité redevient non limitante. Un tour d’eau de 30 mm qui maintient le sol au-dessus de 60 % de la réserve utile pendant 12 à 15 jours produit donc de l’ordre de +20 à +30 kg N/ha de minéralisation supplémentaire par rapport au même sol laissé sec. Sur un maïs irrigué recevant 150 à 250 mm entre juin et août, le supplément cumulé de minéralisation attribuable à l’irrigation atteint couramment 30 à 60 kg N/ha, dont une part significative est effectivement absorbée puisque le maïs est en pleine phase d’absorption.&lt;br /&gt;
C’est un point rarement explicité dans les calculs de dose : le maïs irrigué bénéficie d’une fourniture du sol nettement supérieure à celle du maïs sec, et pas seulement d’une meilleure valorisation de l’azote apporté. Les grilles de calcul qui appliquent la même minéralisation aux deux conduites surfertilisent l’irrigué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les limites et les contre-indications ===&lt;br /&gt;
•   On n’irrigue pas pour minéraliser. Le coût de l’eau, les restrictions d’usage, la disponibilité du matériel et la priorité hydrique de la culture font que l’irrigation est pilotée sur le bilan hydrique, jamais sur le bilan azoté. Le supplément de minéralisation est un effet secondaire à comptabiliser, non un levier à actionner.&lt;br /&gt;
•   Sur culture non irriguée, le levier n’existe pas. Le seul pilotage disponible est indirect : conserver l’humidité de surface par un mulch de résidus, éviter le travail du sol en été (qui assèche et aère, avec un effet net souvent positif à très court terme par éclatement d’agrégats, puis négatif par dessèchement), maintenir une couverture. Ces leviers modifient la minéralisation de quelques kg N/ha, pas de dizaines.&lt;br /&gt;
•   L’azote minéralisé n’arrive pas forcément au bon moment. Une irrigation d’août sur un tournesol en fin de cycle ou sur un sol nu après moisson produit de l’azote minéral qui ne sera pas absorbé : elle augmente l’azote potentiellement lessivable au lieu de nourrir une culture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les itinéraires « bas azote » et le risque sec : une mise en garde ===&lt;br /&gt;
La logique consistant à réduire fortement la dose d’azote minéral en s’appuyant sur la fourniture du sol — enrichi par des années d’apports organiques — est agronomiquement fondée et économiquement attractive. Elle repose cependant sur une fourniture qui est précisément la plus incertaine en conditions sèches.&lt;br /&gt;
Le scénario défavorable est bien identifié : un printemps sec (mai-juin) fait chuter f(θ) au moment où le blé ou le colza absorbent 3 à 4 kg N/ha/jour. La minéralisation attendue de 0,6-0,8 kg N/ha/j tombe à 0,1-0,2. Sur six semaines critiques, le déficit atteint 20 à 30 kg N/ha, et il survient au stade où le nombre de grains et la teneur en protéines se déterminent. L’itinéraire bas azote se solde alors par une perte de rendement, ou plus souvent par un déclassement en protéines — pénalité de 10 à 25 €/t sur un blé meunier.&lt;br /&gt;
Le scénario symétrique est tout aussi problématique : la minéralisation « manquée » du printemps sec ne disparaît pas, elle est reportée sur les pluies d’automne, où elle alimente le reliquat d’entrée hiver et l’azote lessivable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le surplus de minéralisation dû aux apports répétés : essais de longue durée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout ce qui précède permet maintenant d’aborder frontalement la question posée : de combien la minéralisation d’un sol augmente-t-elle quand on lui apporte de la matière organique tous les ans ou tous les deux ans, pendant des décennies ? Trois essais de longue durée, apportent des réponses partiellement divergentes — et cette divergence est instructive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.29.24.png|vignette|centre|Surplus de fourniture d’azote par rapport au témoin fertilisé en azote minéral, dans l’essai QualiAgro, de 1999 à 2013. Épandage de trois composts urbains (DVB = compost de déchets verts + boues, BIO = compost de biodéchets, OMR = compost d’ordures ménagères résiduelles) et d’un fumier bovin (FUM), tous les deux ans, à raison de 4 t C/ha (soit 20 à 35 t/ha de produit brut). Rotation maïs-blé. Source : dispositif QualiAgro (INRAE / Veolia), membre du réseau SOERE PRO. |850x850px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dispositif QualiAgro est le dispositif expérimental français de référence sur la valorisation agricole des composts urbains. Implanté à Feucherolles (Yvelines) sur un sol limoneux, mis en place en 1998, il compare quatre produits organiques et un témoin fertilisé minéralement, avec deux niveaux de fertilisation azotée minérale complémentaire, en rotation blé-maïs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La figure porte le surplus de fourniture d’azote de chaque traitement organique par rapport au témoin minéral, année par année. Deux structures se superposent.&lt;br /&gt;
Une alternance biennale. Les apports ont lieu avant maïs, tous les deux ans. Les années de maïs (1999, 2001, 2003, 2005, 2008, 2010, 2012) portent donc l’effet direct de l’apport plus l’arrière-effet cumulé ; les années de blé (2000, 2002, 2004, 2006, 2009, 2011, 2013) ne portent que l’arrière-effet. On lit clairement cette alternance : maïs 2010 à 74-105 kg N/ha contre blé 2011 à 25-33 ; maïs 2012 à 100-113 contre blé 2013 à 21-52.&lt;br /&gt;
Une tendance croissante nette. En ne retenant que les années de blé, c’est-à-dire l’arrière-effet pur :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.30.43.png|vignette|centre|Arrière-effet azoté seul (années de blé, sans apport) dans l’essai QualiAgro. Valeurs lues graphiquement sur la figure|864x864px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La progression est claire : de 5-15 kg N/ha après 2 ans à 25-50 kg N/ha après 15 ans, soit un gain moyen de l’ordre de +2 à +3 kg N/ha par année de dispositif. Les années d’apport (maïs) cumulent effet direct et arrière-effet et atteignent 90 à 113 kg N/ha en fin de série, contre 5 à 26 kg N/ha en début — l’effet direct lui-même s’améliore, ce qui suggère que le sol enrichi valorise mieux les apports (meilleure structure, meilleure activité biologique, moindre immobilisation nette puisque la biomasse microbienne n’est plus « affamée »).&lt;br /&gt;
La seule méthode fiable : la bande témoin zéro azote&lt;br /&gt;
Aucune grille, aucun modèle ne remplace la mesure directe. La technique est simple et coûte peu : laisser chaque année, sur la même parcelle et au même endroit, une bande non fertilisée en azote (largeur d’un ou deux passages de rampe, longueur suffisante pour une récolte séparable), et mesurer sur cette bande le rendement et la teneur en azote de la récolte.&lt;br /&gt;
L’azote absorbé par la bande zéro est la fourniture du sol, tous postes confondus (minéralisation de l’humus + arrière-effets + reliquat). En la comparant à ce que prédit le référentiel régional, on mesure directement le surplus lié à l’historique organique de la parcelle. En la suivant sur 5 à 10 ans, on voit le surplus progresser.&lt;br /&gt;
Complément indispensable : le reliquat azoté de sortie d’hiver sur 3 horizons, et si possible le reliquat d’entrée d’hiver sur les parcelles à historique organique — c’est ce dernier qui révèle si le surplus part dans la nappe plutôt que dans la plante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources :  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ESCO MAFOR (2014). Valorisation des matières fertilisantes d’origine résiduaire sur les sols à usage agricole ou forestier : impacts agronomiques, environnementaux, socio-économiques. Expertise scientifique collective, INRA – CNRS – Irstea, rapport final. — Source des teneurs et des doses des figures 1, 2 et du tableau 1.&lt;br /&gt;
CRAGE (2019). Référentiel régional sur les produits résiduaires organiques. Chambre régionale d’agriculture du Grand Est. (à vérifier — intitulé exact et année)&lt;br /&gt;
ARVALIS – Institut du végétal / INRA (2008). Classes de cinétique de minéralisation de l’azote organique des produits organiques. — Source de la figure 4. Repris dans les guides ARVALIS « Fertilisation organique » et dans Perspectives Agricoles. (à vérifier — référence de publication)&lt;br /&gt;
Levavasseur, F., Mary, B., Houot, S. et coll. (2020). Coefficient d’équivalence engrais azoté des produits résiduaires organiques et relation avec la part d’azote minéral. — Source de la figure 7. (à vérifier — revue et référence exacte ; travaux INRAE UMR ECOSYS)&lt;br /&gt;
Levavasseur, F., Lashermes, G., Mary, B., Morvan, T., Nicolardot, B., Parnaudeau, V., Thuriès, L., Houot, S. (2021/2022). Quantification et modélisation de la minéralisation du carbone et de l’azote de matières organiques exogènes diverses ; constitution d’une base de données d’incubations. Nutrient Cycling in Agroecosystems / Soil Use and Management. — Source de la figure 5. (à vérifier — deux publications proches, années et revues à confirmer)&lt;br /&gt;
Valé, M. (2006). Quantification et prédiction de la minéralisation nette de l’azote du sol in situ, sous divers pédoclimats et systèmes de culture français. Thèse de doctorat, Institut National Polytechnique de Toulouse / ENSAT. — Source des figures 15 et 16 (incubations Mons et Auzeville).&lt;br /&gt;
Valé, M. (2009). Effet de la température sur la minéralisation. Communication, Auréa AgroSciences, Ardon. — Source de la figure 14.&lt;br /&gt;
Houot, S. (INRAE, UMR ECOSYS). Figure de positionnement valeur fertilisante / valeur amendante, d’après ARVALIS. — Source de la figure 3.&lt;br /&gt;
Semenov, M. V. et coll. (2021). Survie des micro-organismes du fumier et activation de la flore tellurique après apport de fumier. — Source de la figure 9. (à vérifier — probablement dans Applied Soil Ecology ou Agriculture, Ecosystems &amp;amp; Environment)&lt;br /&gt;
ARVALIS – Institut du végétal. Perspectives Agricoles. Essais de Bignan (56) et de La Jaillière (44) sur la valeur azotée des fumiers de bovins. — Sources des figures 18 et 19. (à vérifier — numéros et années des articles)&lt;br /&gt;
QualiAgro (INRAE / Veolia). Dispositif expérimental de longue durée de Feucherolles (78) sur la valorisation agricole des composts urbains, mis en place en 1998. Membre du réseau SOERE PRO. — Source de la figure 17.&lt;br /&gt;
Chambres d’agriculture de Normandie (septembre 2025). Calendrier détaillé des périodes interdites d’épandage. — Source de la figure 20.&lt;br /&gt;
Préfecture de région Normandie. 7ᵉ programme d’actions régional en vue de la protection des eaux contre la pollution par les nitrates d’origine agricole. — Source de la figure 21.&lt;br /&gt;
Celesta-lab. Base de données de 13 694 analyses de minéralisation potentielle de l’azote et de matière organique totale. — Source de la figure 10.&lt;br /&gt;
Figure sur les indicateurs SOC/argile et O/T SOC (figure 11) : source non identifiée sur la diapositive. Se rattache aux travaux européens sur les indicateurs de carbone organique des sols, autour de 2021-2023. (à vérifier)&lt;br /&gt;
12.2 Méthode du bilan et référentiels de fertilisation&lt;br /&gt;
COMIFER (2013). Calcul de la fertilisation azotée — Guide méthodologique pour l’établissement des prescriptions locales : cultures annuelles et prairies. Comité français d’étude et de développement de la fertilisation raisonnée. — Référence de base du formalisme du bilan et de la notion de KEQ.&lt;br /&gt;
COMIFER (2019/2021). Guide de la fertilisation raisonnée — phosphore, potassium, magnésium. Éditions France Agricole. (à vérifier — édition)&lt;br /&gt;
Mary, B., Beaudoin, N., Justes, E., Machet, J.-M. (1999). Calculation of nitrogen mineralization and leaching in fallow soil using a simple dynamic model. European Journal of Soil Science, 50, 549-566. — Origine du modèle LIXIM.&lt;br /&gt;
Clivot, H., Mouny, J.-C., Duparque, A., Dinh, J.-L., Denoroy, P., Houot, S., Vertès, F., Trochard, R., Bouthier, A., Sagot, S., Mary, B. (2019). Modeling soil organic carbon evolution in long-term arable experiments with AMG model. Environmental Modelling &amp;amp; Software, 118, 99-113. — Modèle AMG, coefficients isohumiques.&lt;br /&gt;
Coleman, K., Jenkinson, D. S. (1996). RothC-26.3 — A model for the turnover of carbon in soil. In Evaluation of Soil Organic Matter Models, Springer, 237-246.&lt;br /&gt;
Justes, E., Mary, B., Nicolardot, B. (2009). Quantifying and modelling C and N mineralization kinetics of catch crop residues in soil. Plant and Soil, 325, 171-185.&lt;br /&gt;
AFNOR NF U44-162. Amendements organiques et supports de culture — Caractérisation de la matière organique par fractionnement biochimique et estimation de sa stabilité biologique (indicateur ISMO).&lt;br /&gt;
12.3 Valeur fertilisante des effluents et des PRO&lt;br /&gt;
Gutser, R., Ebertseder, T., Weber, A., Schraml, M., Schmidhalter, U. (2005). Short-term and residual availability of nitrogen after long-term application of organic fertilizers on arable land. Journal of Plant Nutrition and Soil Science, 168, 439-446. — Référence majeure sur l’arrière-effet des apports répétés.&lt;br /&gt;
Schröder, J. (2005). Revisiting the agronomic benefits of manure: a correct assessment and exploitation of its fertilizer value spares the environment. Bioresource Technology, 96, 253-261.&lt;br /&gt;
Webb, J., Sørensen, P., Velthof, G., Amon, B., Pinto, M., Rodhe, L., Salomon, E., Hutchings, N., Burczyk, P., Reid, J. (2013). An assessment of the variation of manure nitrogen efficiency throughout Europe and an appraisal of means to increase manure-N efficiency. Advances in Agronomy, 119, 371-442.&lt;br /&gt;
Sørensen, P., Amato, M. (2002). Remineralisation and residual effects of N after application of pig slurry to soil. European Journal of Agronomy, 16, 81-95.&lt;br /&gt;
Peltre, C., Christensen, B. T., Dragon, S., Icard, C., Kätterer, T., Houot, S. (2012). RothC simulation of carbon accumulation in soil after repeated application of widely different organic amendments. Soil Biology &amp;amp; Biochemistry, 52, 49-60. (à vérifier — revue et pagination)&lt;br /&gt;
Noirot-Cosson, P.-E., Vaudour, E., Gilliot, J.-M., Gabrielle, B., Houot, S. (2016). Modelling the long-term effect of urban waste compost applications on carbon and nitrogen dynamics in temperate cropland. Soil Biology &amp;amp; Biochemistry, 94, 138-153.&lt;br /&gt;
Nicolardot, B., Recous, S., Mary, B. (2001). Simulation of C and N mineralisation during crop residue decomposition: a simple dynamic model based on the C:N ratio of the residues. Plant and Soil, 228, 83-103. — Référence sur la faim d’azote.&lt;br /&gt;
Morvan, T., Nicolardot, B. (2009). Role of organic fractions on C decomposition and N mineralization of animal wastes in soil. Biology and Fertility of Soils, 45, 477-486. (à vérifier)&lt;br /&gt;
Thuriès, L., Pansu, M., Feller, C., Herrmann, P., Rémy, J.-C. (2001). Kinetics of added organic matter decomposition in a Mediterranean sandy soil. Soil Biology &amp;amp; Biochemistry, 33, 997-1010.&lt;br /&gt;
12.4 Minéralisation du sol, température, eau&lt;br /&gt;
Birch, H. F. (1958). The effect of soil drying on humus decomposition and nitrogen availability. Plant and Soil, 10, 9-31. — Origine de l’« effet Birch ».&lt;br /&gt;
Linn, D. M., Doran, J. W. (1984). Effect of water-filled pore space on carbon dioxide and nitrous oxide production in tilled and nontilled soils. Soil Science Society of America Journal, 48, 1267-1272.&lt;br /&gt;
Rodrigo, A., Recous, S., Neel, C., Mary, B. (1997). Modelling temperature and moisture effects on C–N transformations in soils: comparison of nine models. Ecological Modelling, 102, 325-339.&lt;br /&gt;
Kätterer, T., Reichstein, M., Andrén, O., Lomander, A. (1998). Temperature dependence of organic matter decomposition: a critical review using literature data analyzed with different models. Biology and Fertility of Soils, 27, 258-262.&lt;br /&gt;
Lavallee, J. M., Soong, J. L., Cotrufo, M. F. (2020). Conceptualizing soil organic matter into particulate and mineral-associated forms to address global change in the 21st century. Global Change Biology, 26, 261-273. — Référence sur le découpage POM / MAOM du tableau 5.&lt;br /&gt;
Cotrufo, M. F., Ranalli, M. G., Haddix, M. L., Six, J., Lugato, E. (2019). Soil carbon storage informed by particulate and mineral-associated organic matter. Nature Geoscience, 12, 989-994.&lt;br /&gt;
Johannes, A., Matter, A., Schulin, R., Weisskopf, P., Baveye, P. C., Boivin, P. (2017). Optimal organic carbon values for soil structure quality of arable soils. Does clay content matter? Geoderma, 302, 14-21. — Origine de l’indice SOC/argile.&lt;br /&gt;
Prout, J. M., Shepherd, K. D., McGrath, S. P., Kirk, G. J. D., Haefele, S. M. (2021). What is a good level of soil organic matter? An index based on organic carbon to clay ratio. European Journal of Soil Science, 72, 2493-2503.&lt;br /&gt;
12.5 Lessivage, couverts, azote potentiellement lessivable&lt;br /&gt;
Beaudoin, N., Saad, J. K., Van Laethem, C., Machet, J.-M., Maucorps, J., Mary, B. (2005). Nitrate leaching in intensive agriculture in Northern France: effect of farming practices, soils and crop rotations. Agriculture, Ecosystems &amp;amp; Environment, 111, 292-310.&lt;br /&gt;
Constantin, J., Mary, B., Laurent, F., Aubrion, G., Fontaine, A., Kerveillant, P., Beaudoin, N. (2010). Effects of catch crops, no till and reduced nitrogen fertilization on nitrogen leaching and balance in three long-term experiments. Agriculture, Ecosystems &amp;amp; Environment, 135, 268-278.&lt;br /&gt;
Justes, E., Beaudoin, N., Bertuzzi, P., Charles, R., Constantin, J., Dürr, C., Hermon, C., Joannon, A., Le Bas, C., Mary, B., Mignolet, C., Montfort, F., Ruiz, L., Sarthou, J.-P., Souchère, V., Tournebize, J. (2012). Réduire les fuites de nitrate au moyen de cultures intermédiaires : conséquences sur les bilans d’eau et d’azote, autres services écosystémiques. Rapport d’étude, INRA, à la demande des ministères en charge de l’Écologie et de l’Agriculture.&lt;br /&gt;
Directive 91/676/CEE du Conseil du 12 décembre 1991 concernant la protection des eaux contre la pollution par les nitrates à partir de sources agricoles (« directive Nitrates »), annexe III — plafond de 170 kg N/ha/an issu des effluents d’élevage.&lt;br /&gt;
Arrêté du 19 décembre 2011 relatif au programme d’actions national à mettre en œuvre dans les zones vulnérables afin de réduire la pollution des eaux par les nitrates d’origine agricole, modifié. — Calendriers d’épandage, typologie des fertilisants (types I, II, III), plafonds.&lt;br /&gt;
Arrêté du 8 janvier 1998 fixant les prescriptions techniques applicables aux épandages de boues sur les sols agricoles. — Cadre des plans d’épandage de boues de STEP.&lt;br /&gt;
Norme NF U 44-051. Amendements organiques — Dénominations, spécifications et marquage. — Cadre de la mise sur le marché des composts.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
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		<updated>2026-08-26T21:31:09Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;fourniture azote&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
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		<updated>2026-08-26T21:29:46Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Surplus de fourniture d’azote par rapport au témoin fertilisé en azote minéral, dans l’essai QualiAgro, de 1999 à 2013. Épandage de trois composts urbains (DVB = compost de déchets verts + boues, BIO = compost de biodéchets, OMR = compost d’ordures ménagères résiduelles) et d’un fumier bovin (FUM), tous les deux ans, à raison de 4 t C/ha (soit 20 à 35 t/ha de produit brut). Rotation maïs-blé. Source : dispositif QualiAgro (INRAE / Veolia), membre du réseau SOERE PRO.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
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		<updated>2026-08-26T21:26:38Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Azote minéralisé en incubation du sol d’Auzeville (23 % argile, 28 % limon, 42 % sable, 1,2 % MO) à deux humidités : à gauche H1 = 30 % de l’humidité à la capacité au champ (potentiel 21,9 MPa, 0,065 g eau/g sol) ; à droite H4 = 90 % de la capacité au champ (0,07 MPa, 0,177 g eau/g sol), aux mêmes quatre températures. Source : Valé (2006).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
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		<updated>2026-08-26T21:25:02Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;tableau minéralisation température&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Capture_d%E2%80%99%C3%A9cran_2026-08-26_%C3%A0_23.23.26.png&amp;diff=197508</id>
		<title>Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 23.23.26.png</title>
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		<updated>2026-08-26T21:23:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Effet multiplicateur de la température sur la vitesse de minéralisation, avec la référence 1 à 15 °C. Passer de 15 à 25 °C multiplie la vitesse par environ 3,1. Source : M. Valé, Auréa, Ardon 2009.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fertilisation_organique_et_effet_azote&amp;diff=197507</id>
		<title>Fertilisation organique et effet azote</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fertilisation_organique_et_effet_azote&amp;diff=197507"/>
		<updated>2026-08-26T20:47:46Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.16.02.png|vignette|322x322px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les observations de terrain et les expérimentations menées dans le cadre du projet Transition Ferme, en partenariat avec Bureau Vallée, mettent en évidence des situations où des agriculteurs, après plusieurs années d’apports réguliers de matières organiques, parviennent à élaborer des plans de fumure avec des doses d’azote minéral très réduites. Dans certains cas, les apports se limitent à environ 100 kg d’azote par hectare pour atteindre des rendements de 80 à 90 quintaux de blé tendre améliorant, conformes aux exigences de qualité, alors que les recommandations habituelles se situent plutôt entre 180 et 190 kg d’azote par hectare.&lt;br /&gt;
Ces résultats soulèvent une question essentielle : si les cultures maintiennent de telles performances avec des apports aussi faibles, c’est que l’azote est fourni par d’autres mécanismes. Il n’existe en effet aucun « azote miracle » ; cet élément provient nécessairement de la minéralisation des matières organiques présentes dans le sol et du recyclage de l’azote déjà stocké dans les systèmes de production.&lt;br /&gt;
Une meilleure compréhension de ces processus de minéralisation permet ainsi d’optimiser la valorisation de l’azote contenu dans les produits organiques, de réduire le recours aux engrais minéraux et, par conséquent, de diminuer les émissions de gaz à effet de serre associées à leur fabrication et à leur utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Caractériser un produit résiduaire organique et son efficacité. ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On connaît relativement bien l’efficacité des produits organiques au cours de l’année de leur apport. Celle-ci est estimée à partir de leur teneur en azote, de leur degré de récalcitrance à la dégradation, ainsi que de la date d’application et de la culture concernée. Ces paramètres permettent de prédire la quantité d’azote disponible pour la culture au cours de la campagne suivante, une valeur ensuite intégrée dans le calcul du bilan azoté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout raisonnement sur la fertilisation organique commence par la décomposition de l’azote total du produit :&lt;br /&gt;
•   N-NH₄⁺ (azote ammoniacal) — azote minéral, immédiatement disponible pour la plante… mais aussi immédiatement volatilisable sous forme d’ammoniac (NH₃) si le produit reste en surface. C’est la fraction « engrais » du PRO.&lt;br /&gt;
•   N organique minéralisable — azote lié aux molécules organiques peu polymérisées (protéines, acides aminés, azote de la biomasse microbienne du produit), qui se minéralise en quelques semaines à quelques mois.&lt;br /&gt;
•   N organique récalcitrant — azote associé aux structures lignifiées ou déjà fortement humifiées. Il ne participe pratiquement pas à la nutrition de l’année et alimente le stock organique du sol.&lt;br /&gt;
Une fraction, souvent oubliée, est l’azote uréique et l’azote nitrique de certains produits (urines, digestats très nitrifiés, vinasses) : le laboratoire les range parfois dans « N minéral » sans les distinguer. Sur un digestat, la part N-NH₄⁺/N total est le meilleur prédicteur unique de la valeur fertilisante à court terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.24.50.png|vignette|Teneurs en azote ammoniacal (vert clair) et en azote organique (vert foncé) de 22 familles de PRO, exprimées en kg N par tonne de matière brute. On lit directement l’opposition entre les produits « engrais » (lisiers, fientes, digestats, urines : forte part NH₄⁺, faible teneur totale par tonne) et les produits « amendements » (composts, fumiers compostés : azote presque exclusivement organique). Sources : ESCO MAFOR (2014), CRAGE (2019), données internes INRAE. ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois lectures s’imposent sur cette figure. D’abord la teneur totale par tonne de produit brut est très variable : 1,5 kg N/t pour un lisier dilué contre plus de 40 kg N/t pour des fientes séchées, soit un facteur 25. C’est la teneur en matière sèche qui commande : à sec, on transporte de l’azote ; en dilué, on transporte de l’eau. Ensuite, la part NH₄⁺ est le déterminant de la valeur immédiate : elle dépasse 70 % du total pour les lisiers de porc et les digestats bruts, tombe sous 10 % pour les composts. Enfin, le compostage déplace systématiquement le curseur vers l’azote organique : il concentre le produit (perte de masse par minéralisation du carbone) mais volatilise une grande partie de l’ammonium, si bien que le compost de fumier pailleux apparaît plus riche en N total par tonne que le fumier frais tout en étant beaucoup moins « fertilisant ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.26.13.png|vignette|Variabilité de la teneur en azote total de quatre PRO (minimum, moyenne, maximum), en kg N par tonne de matière brute. Sources : ESCO MAFOR (2014), données internes INRAE.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lisier bovin varie de 1,0 à 5,4 kg N/t pour une moyenne à 2,3 : le maximum vaut plus du double de la moyenne, et 5 fois le minimum. Le lisier porcin s’étend de 1,5 à 9,6 kg N/t (moyenne 4,5), soit un facteur 6,4 entre les extrêmes. À 40 t/ha, cet intervalle représente 60 à 384 kg N/ha apportés — l’écart couvre à lui seul la totalité de la dose azotée d’un blé. Les produits solides sont plus stables (fumier bovin 4,6 à 6,9 ; digestat de CIVE 3,6 à 6,3) parce que leur teneur en matière sèche varie moins. . L’analyse du produit n’est pas une formalité administrative : c’est la seule façon de savoir ce que l’on épand.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux ARVALIS/INRA ont produit un classement quantitatif en six classes de cinétique, exprimées en pourcentage de l’azote organique apporté minéralisé en fonction du temps normalisé à 15 °C.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.28.35.png|vignette|Cinétiques de minéralisation nette de l’azote organique de six classes de PRO, exprimées en % de l’azote organique apporté, en fonction du temps normalisé à 15 °C. Environ 210 jours normalisés correspondent à une année calendaire en climat tempéré. Source : ARVALIS/INRA, 2008.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.29.24.png|vignette|Positionnement des PRO selon leur valeur fertilisante (effet court terme) et leur valeur amendante (effet long terme). D’après une figure ARVALIS reprise par S. Houot (INRAE). Le trait discontinu supérieur matérialise le plafond des 100 % d’équivalent engrais azoté.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quatre familles se dégagent, et chacune appelle une stratégie distincte.&lt;br /&gt;
Les produits à dominante fertilisante (en haut à gauche)&lt;br /&gt;
Phases liquides de lisiers et de digestats, lisiers et fientes de volailles, vinasses. Leur azote est majoritairement ammoniacal, leur matière sèche faible, leur contribution au stock organique négligeable. Ce sont des engrais azotés à part entière, à raisonner comme tels : dose calculée au bilan, positionnement au plus près du besoin (sortie hiver sur céréales, pré-semis ou stade 6 feuilles sur maïs), et surtout enfouissement ou infiltration immédiate puisque l’essentiel de la valeur est volatilisable. On ne construit rien de durable avec ces produits ; ils ne génèrent pratiquement pas de surplus de minéralisation dans le temps.&lt;br /&gt;
Les produits à dominante amendante (en bas à droite)&lt;br /&gt;
Composts de déchets verts, composts d’effluents d’élevage, phases solides de digestats. Leur valeur fertilisante de l’année est proche de zéro, parfois négative. En revanche, ce sont eux qui construisent le stock, avec des coefficients isohumiques de 0,50 à 0,70. Leur intérêt se lit sur les autres fonctions : reconstitution du taux de matière organique, stabilité structurale, réserve utile, activité biologique, apport de phosphore, de potasse, de magnésium et de calcium. Leur azote se rembourse sur 20 à 50 ans, précisément sous la forme du surplus de minéralisation traité au chapitre 7.&lt;br /&gt;
Les produits mixtes (au centre et en haut à droite)&lt;br /&gt;
Digestats bruts, farines de plumes, de sang, de viandes, PAT, farines d’os, lisiers de bovins et de porcins. Ils combinent un effet direct significatif (30 à 70 %) et une contribution mesurable au stock. Les digestats bruts occupent la position la plus favorable du graphique : la digestion anaérobie a minéralisé la fraction labile du carbone (ce qui augmente la part NH₄⁺, d’où une bonne valeur fertilisante) tout en concentrant la fraction récalcitrante (d’où une valeur amendante conservée, voire supérieure à celle de l’intrant). C’est un point souvent mal compris : la méthanisation ne détruit pas la valeur amendante d’un effluent, elle la relativise en augmentant sa valeur fertilisante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fumiers, au centre&lt;br /&gt;
Les fumiers occupent une position intermédiaire basse : effet court terme faible (10 à 20 %), valeur amendante moyenne. Cette position médiocre sur les deux axes explique le paradoxe des exploitations d’élevage : elles apportent des quantités massives d’azote total sans que cela se traduise par une économie d’engrais visible l’année de l’apport — l’effet ne devient perceptible qu’au bout d’une à deux décennies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le compost de déchets verts apporte 167 kg N/ha et n’en rend que 8. Le digestat brut de CIVE apporte à peine plus d’azote total (196 kg/ha) et en rend 120, soit quinze fois plus. Autrement dit : &#039;&#039;la quantité d’azote apportée ne dit rien de la quantité d’azote fertilisant&#039;&#039;. Deux apports rigoureusement identiques en azote total peuvent différer d’un facteur 15 sur l’effet agronomique de l’année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuxième enseignement : les deux voies d’accès à l’azote disponible sont indépendantes. Le lisier bovin non dilué atteint 69 kg N/ha disponibles alors que son azote organique n’en fournit rien (−1 %) : tout vient de l’ammonium. À l’inverse, les boues urbaines chaulées et l’engrais organique du commerce n’ont pratiquement pas d’ammonium et atteignent 31 et 72 kg N/ha uniquement par une minéralisation rapide (32 et 60 %). Un produit peut donc être fertilisant « par son ammonium » ou « par sa minéralisation », et le raisonnement agronomique n’est pas le même : dans le premier cas la priorité absolue est de limiter la volatilisation (enfouissement immédiat, pendillards, injection) ; dans le second, la priorité est de placer l’apport au bon moment thermique, car la minéralisation est pilotée par la température et l’humidité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Troisième enseignement, essentiel pour la suite : l’azote non disponible n’est pas de l’azote perdu. Sur les 167 kg N/ha du compost de déchets verts, 8 servent à la culture, quelques kilos sont volatilisés ou lessivés, et environ 140 à 150 kg N/ha entrent dans le stock organique du sol. C’est cette masse qui, apport après apport, construit le surplus de minéralisation décrit au chapitre 7. Le compost de déchets verts, mauvais engrais, est un excellent constructeur de fertilité azotée à long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les coefficients d’équivalence engrais : KEQ azote ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.30.52.png|vignette|Comparaison des doses classiques de PRO, des teneurs en azote total, ammoniacal et organique, et de l’azote finalement disponible la première année. D’après le diaporama source (diapositive 2), établi à partir d’ESCO MAFOR (2014) et de données internes INRAE. Les valeurs négatives de minéralisation traduisent une immobilisation nette. ]]Le coefficient d’équivalence engrais minéral (KEQ, aussi appelé coefficient de contribution, coefficient d’équivalence engrais azoté) est défini expérimentalement : c’est le rapport entre la quantité d’azote minéral qui produirait le même effet sur la culture et la quantité d’azote total apportée par le produit organique.Le KEQ n’est pas un taux de minéralisation. Il intègre, en un seul chiffre issu d’essais au champ : la minéralisation de l’azote organique, la disponibilité de l’ammonium, les pertes par volatilisation ammoniacale, les pertes par lessivage entre l’apport et l’absorption, l’organisation microbienne, et le synchronisme avec la culture. C’est pourquoi un même produit a des KEQ différents selon la culture et la date d’apport : ce n’est pas le produit qui change, c’est la fraction de son azote que la culture parvient à intercepter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’utilisation du coefficient d’équivalent engrais est relativement simple. Prenons l’exemple d’un apport de 20 t/ha de compost de fumier bovin âgé de plus de six mois, réalisé avant une culture d’automne comme le blé. Pour ce type de produit, le coefficient d’équivalent engrais retenu dans le bilan azoté est de 5 %. Autrement dit, seuls 5 % de l’azote total contenu dans le compost sont considérés comme disponibles pour la culture au cours de l’année de l’apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre exemple, un compost contenant 6 kg d’azote par tonne apporte au total 120 kg d’azote par hectare (20 × 6). Avec un coefficient de 5 %, la quantité d’azote effectivement prise en compte dans le bilan de la culture n’est donc que de 6 kg d’azote par hectare.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À première vue, l’efficacité agronomique de l’apport peut sembler faible. Cependant, cette approche ne considère que l’effet direct de l’année d’application. En pratique, les apports organiques sont souvent répétés au fil des années. Une part importante de l’azote est progressivement stockée dans la matière organique du sol avant d’être restituée par minéralisation. C’est précisément cet effet cumulatif, ou effet pluriannuel, des apports organiques successifs qu’il convient désormais d’examiner.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Dans quel quel compartiment la matière organique nouvelle ajoutée se loge-t-elle ? Labile ou stable ? ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.38.54.png|vignette|Ordres de grandeur indicatifs de teneurs et de KEQ azote par famille de PRO. Valeurs de synthèse, à recaler sur le référentiel régional (arrêté GREN) et sur les analyses de l’exploitation. Ces intervalles reflètent l’état de la littérature technique (COMIFER, chambres d’agriculture, ARVALIS, ITAVI, IFIP) ]]&lt;br /&gt;
Comme l’illustrent les données ci-dessous, deux ans après l’épandage, la fraction d’azote qui n’a été ni absorbée par les cultures ni perdue vers l’environnement n’est plus directement disponible pour les cultures. Elle est alors intégrée aux matières organiques du sol et suit leur dynamique de minéralisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question devient donc la suivante : dans quelle mesure cet azote organique, incorporé au stock de matière organique du sol, contribue-t-il à la minéralisation de l’azote à moyen terme ? Autrement dit, il s’agit de déterminer si les apports organiques répétés augmentent durablement la fourniture d’azote par le sol, à quelle vitesse cet effet apparaît et quelle quantité d’azote est ainsi restituée aux cultures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le devenir se décide dans les 6 à 18 premiers mois, selon un partage à trois voies dont les proportions dépendent presque entièrement de la stabilité biochimique du produit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 1 — minéralisation immédiate. L’ammonium et l’azote organique très labile passent dans la solution du sol. C’est l’effet direct, mesuré par le KEQ. De 0-5 % (compost de déchets verts) à 70-85 % (phase liquide de digestat).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 2 — immobilisation microbienne puis compartiment labile. L’azote est assimilé par la biomasse microbienne stimulée par le carbone apporté. Il transitera dans le compartiment labile pendant 1 à 10 ans. C’est cette voie qui produit l’arrière-effet à court et moyen terme, celui que l’on constate 1 à 5 ans après un apport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
•   Voie 3 — humification et stabilisation minérale. Les produits microbiens et les résidus récalcitrants s’associent aux argiles et aux oxydes pour former de la MAOM. C’est le compartiment stable, avec un k₂ de 1 à 4 % par an. C’est cette voie qui produit le surplus permanent de minéralisation décrit au chapitre 7.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le paramètre qui gouverne la répartition entre voies 2-3 et voie 1 est le coefficient isohumique K1 (part du carbone apporté encore présente dans le sol un an après l’apport) et son homologue normalisé, l’ISMO (Indice de Stabilité de la Matière Organique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le potentiel de libération de l’azote par minéralisation dépend de nombreux facteurs. Il est notamment influencé par la nature des matières organiques apportées, la quantité totale de matière organique présente dans le sol, ainsi que par les conditions pédoclimatiques qui régulent l’activité biologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À lui seul, le taux de matière organique d’un sol constitue toutefois un indicateur insuffisant pour prédire la quantité d’azote qui sera minéralisée au cours de l’année suivante. Comme l’illustre la compilation de données réalisée par Celesta Lab ci-dessous, des sols présentant des teneurs similaires en matière organique peuvent avoir des potentiels de minéralisation azotée très différents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un exemple théorique en Beauce : la minéralisation jour par jour à deux taux de matière organique ==&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.47.07.png|vignette|Cinétique de minéralisation nette de l’azote humifié en climat tempéré (contexte Beauce), simulée jour par jour pour un sol à 1,8 % de MO (vert clair) et un sol à 4,0 % de MO (vert foncé), couche 0-30 cm, 170 jours normalisés par an. En haut : minéralisation journalière. En bas : azote minéralisé cumulé. Formalisme LIXIM/COMIFER. ]]&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.45.32.png|vignette|Relation entre la teneur en matière organique totale du sol (% ) et l’azote minéralisé (kg N/ha, extrapolation sur 8 mois plein champ, base 3 000 t de terre fine par hectare) sur 13 694 échantillons. Régression : y = 51,4 + 23,4 x, R² = 0,23. Source : Celesta-lab.]]&lt;br /&gt;
Le sol à 1,8 % de MO contient environ 4,5 t d’azote organique/ha et présente une Vp de 0,41 kg N/ha/JN, soit un cumul annuel de 70 kg N/ha. Le sol à 4,0 % de MO contient 10,1 t N org/ha, une Vp de 0,91 kg N/ha/JN, et un cumul de 155 kg N/ha. L’écart annuel est de +85 kg N/ha, ce qui représente, à 1,20 €/unité, environ 100 €/ha/an d’azote minéral non acheté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.44.36.png|vignette|Stabilité des PRO et compartiment de destination. Valeurs indicatives de synthèse, à confronter aux analyses ISMO des produits utilisés. L’ISMO n’est déterminé en routine que sur les matières fertilisantes normalisées ; il est rarement disponible sur un effluent d’élevage. ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.41.20.png|vignette|Quantités d’azote absorbées par le blé en 1996 sur des parcelles de Bignan (56) ayant reçu (bleu : 5 apports de fumier sur les précédents maïs, soit 926 kg N/ha en 10 ans) ou non reçu (rouge) des apports de fumier depuis 10 ans, en fonction de la dose d’azote minéral apportée au blé. Source : ARVALIS / Perspectives Agricoles.]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Capture_d%E2%80%99%C3%A9cran_2026-08-26_%C3%A0_22.47.07.png&amp;diff=197506</id>
		<title>Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.47.07.png</title>
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		<updated>2026-08-26T20:47:24Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Cinétique de minéralisation nette de l’azote humifié en climat tempéré (contexte Beauce), simulée jour par jour pour un sol à 1,8 % de MO (vert clair) et un sol à 4,0 % de MO (vert foncé), couche 0-30 cm, 170 jours normalisés par an. En haut : minéralisation journalière. En bas : azote minéralisé cumulé. Formalisme LIXIM/COMIFER.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Capture_d%E2%80%99%C3%A9cran_2026-08-26_%C3%A0_22.45.32.png&amp;diff=197505</id>
		<title>Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.45.32.png</title>
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		<updated>2026-08-26T20:46:22Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Relation entre la teneur en matière organique totale du sol (% ) et l’azote minéralisé (kg N/ha, extrapolation sur 8 mois plein champ, base 3 000 t de terre fine par hectare) sur 13 694 échantillons. Régression : y = 51,4 + 23,4 x, R² = 0,23. Source : Celesta-lab.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Capture_d%E2%80%99%C3%A9cran_2026-08-26_%C3%A0_22.44.36.png&amp;diff=197504</id>
		<title>Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.44.36.png</title>
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		<updated>2026-08-26T20:44:57Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Stabilité des PRO et compartiment de destination. Valeurs indicatives de synthèse, à confronter aux analyses ISMO des produits utilisés. L’ISMO n’est déterminé en routine que sur les matières fertilisantes normalisées ; il est rarement disponible sur un effluent d’élevage.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Capture_d%E2%80%99%C3%A9cran_2026-08-26_%C3%A0_22.41.20.png&amp;diff=197503</id>
		<title>Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.41.20.png</title>
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		<updated>2026-08-26T20:41:44Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Quantités d’azote absorbées par le blé en 1996 sur des parcelles de Bignan (56) ayant reçu (bleu : 5 apports de fumier sur les précédents maïs, soit 926 kg N/ha en 10 ans) ou non reçu (rouge) des apports de fumier depuis 10 ans, en fonction de la dose d’azote minéral apportée au blé. Source : ARVALIS / Perspectives Agricoles.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Capture_d%E2%80%99%C3%A9cran_2026-08-26_%C3%A0_22.38.54.png&amp;diff=197502</id>
		<title>Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.38.54.png</title>
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		<updated>2026-08-26T20:39:18Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Ordres de grandeur indicatifs de teneurs et de KEQ azote par famille de PRO. Valeurs de synthèse, à recaler sur le référentiel régional (arrêté GREN) et sur les analyses de l’exploitation. Ces intervalles reflètent l’état de la littérature technique (COMIFER, chambres d’agriculture, ARVALIS, ITAVI, IFIP)&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
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		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fertilisation_organique_et_effet_azote&amp;diff=197501</id>
		<title>Fertilisation organique et effet azote</title>
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		<updated>2026-08-26T20:34:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.16.02.png|vignette|322x322px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les observations de terrain et les expérimentations menées dans le cadre du projet Transition Ferme, en partenariat avec Bureau Vallée, mettent en évidence des situations où des agriculteurs, après plusieurs années d’apports réguliers de matières organiques, parviennent à élaborer des plans de fumure avec des doses d’azote minéral très réduites. Dans certains cas, les apports se limitent à environ 100 kg d’azote par hectare pour atteindre des rendements de 80 à 90 quintaux de blé tendre améliorant, conformes aux exigences de qualité, alors que les recommandations habituelles se situent plutôt entre 180 et 190 kg d’azote par hectare.&lt;br /&gt;
Ces résultats soulèvent une question essentielle : si les cultures maintiennent de telles performances avec des apports aussi faibles, c’est que l’azote est fourni par d’autres mécanismes. Il n’existe en effet aucun « azote miracle » ; cet élément provient nécessairement de la minéralisation des matières organiques présentes dans le sol et du recyclage de l’azote déjà stocké dans les systèmes de production.&lt;br /&gt;
Une meilleure compréhension de ces processus de minéralisation permet ainsi d’optimiser la valorisation de l’azote contenu dans les produits organiques, de réduire le recours aux engrais minéraux et, par conséquent, de diminuer les émissions de gaz à effet de serre associées à leur fabrication et à leur utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Caractériser un produit résiduaire organique et son efficacité. ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On connaît relativement bien l’efficacité des produits organiques au cours de l’année de leur apport. Celle-ci est estimée à partir de leur teneur en azote, de leur degré de récalcitrance à la dégradation, ainsi que de la date d’application et de la culture concernée. Ces paramètres permettent de prédire la quantité d’azote disponible pour la culture au cours de la campagne suivante, une valeur ensuite intégrée dans le calcul du bilan azoté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout raisonnement sur la fertilisation organique commence par la décomposition de l’azote total du produit :&lt;br /&gt;
•   N-NH₄⁺ (azote ammoniacal) — azote minéral, immédiatement disponible pour la plante… mais aussi immédiatement volatilisable sous forme d’ammoniac (NH₃) si le produit reste en surface. C’est la fraction « engrais » du PRO.&lt;br /&gt;
•   N organique minéralisable — azote lié aux molécules organiques peu polymérisées (protéines, acides aminés, azote de la biomasse microbienne du produit), qui se minéralise en quelques semaines à quelques mois.&lt;br /&gt;
•   N organique récalcitrant — azote associé aux structures lignifiées ou déjà fortement humifiées. Il ne participe pratiquement pas à la nutrition de l’année et alimente le stock organique du sol.&lt;br /&gt;
Une fraction, souvent oubliée, est l’azote uréique et l’azote nitrique de certains produits (urines, digestats très nitrifiés, vinasses) : le laboratoire les range parfois dans « N minéral » sans les distinguer. Sur un digestat, la part N-NH₄⁺/N total est le meilleur prédicteur unique de la valeur fertilisante à court terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.24.50.png|vignette|Teneurs en azote ammoniacal (vert clair) et en azote organique (vert foncé) de 22 familles de PRO, exprimées en kg N par tonne de matière brute. On lit directement l’opposition entre les produits « engrais » (lisiers, fientes, digestats, urines : forte part NH₄⁺, faible teneur totale par tonne) et les produits « amendements » (composts, fumiers compostés : azote presque exclusivement organique). Sources : ESCO MAFOR (2014), CRAGE (2019), données internes INRAE. ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois lectures s’imposent sur cette figure. D’abord la teneur totale par tonne de produit brut est très variable : 1,5 kg N/t pour un lisier dilué contre plus de 40 kg N/t pour des fientes séchées, soit un facteur 25. C’est la teneur en matière sèche qui commande : à sec, on transporte de l’azote ; en dilué, on transporte de l’eau. Ensuite, la part NH₄⁺ est le déterminant de la valeur immédiate : elle dépasse 70 % du total pour les lisiers de porc et les digestats bruts, tombe sous 10 % pour les composts. Enfin, le compostage déplace systématiquement le curseur vers l’azote organique : il concentre le produit (perte de masse par minéralisation du carbone) mais volatilise une grande partie de l’ammonium, si bien que le compost de fumier pailleux apparaît plus riche en N total par tonne que le fumier frais tout en étant beaucoup moins « fertilisant ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.26.13.png|vignette|Variabilité de la teneur en azote total de quatre PRO (minimum, moyenne, maximum), en kg N par tonne de matière brute. Sources : ESCO MAFOR (2014), données internes INRAE.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lisier bovin varie de 1,0 à 5,4 kg N/t pour une moyenne à 2,3 : le maximum vaut plus du double de la moyenne, et 5 fois le minimum. Le lisier porcin s’étend de 1,5 à 9,6 kg N/t (moyenne 4,5), soit un facteur 6,4 entre les extrêmes. À 40 t/ha, cet intervalle représente 60 à 384 kg N/ha apportés — l’écart couvre à lui seul la totalité de la dose azotée d’un blé. Les produits solides sont plus stables (fumier bovin 4,6 à 6,9 ; digestat de CIVE 3,6 à 6,3) parce que leur teneur en matière sèche varie moins. . L’analyse du produit n’est pas une formalité administrative : c’est la seule façon de savoir ce que l’on épand.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux ARVALIS/INRA ont produit un classement quantitatif en six classes de cinétique, exprimées en pourcentage de l’azote organique apporté minéralisé en fonction du temps normalisé à 15 °C.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.28.35.png|vignette|Cinétiques de minéralisation nette de l’azote organique de six classes de PRO, exprimées en % de l’azote organique apporté, en fonction du temps normalisé à 15 °C. Environ 210 jours normalisés correspondent à une année calendaire en climat tempéré. Source : ARVALIS/INRA, 2008.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.29.24.png|vignette|Positionnement des PRO selon leur valeur fertilisante (effet court terme) et leur valeur amendante (effet long terme). D’après une figure ARVALIS reprise par S. Houot (INRAE). Le trait discontinu supérieur matérialise le plafond des 100 % d’équivalent engrais azoté.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quatre familles se dégagent, et chacune appelle une stratégie distincte.&lt;br /&gt;
Les produits à dominante fertilisante (en haut à gauche)&lt;br /&gt;
Phases liquides de lisiers et de digestats, lisiers et fientes de volailles, vinasses. Leur azote est majoritairement ammoniacal, leur matière sèche faible, leur contribution au stock organique négligeable. Ce sont des engrais azotés à part entière, à raisonner comme tels : dose calculée au bilan, positionnement au plus près du besoin (sortie hiver sur céréales, pré-semis ou stade 6 feuilles sur maïs), et surtout enfouissement ou infiltration immédiate puisque l’essentiel de la valeur est volatilisable. On ne construit rien de durable avec ces produits ; ils ne génèrent pratiquement pas de surplus de minéralisation dans le temps.&lt;br /&gt;
Les produits à dominante amendante (en bas à droite)&lt;br /&gt;
Composts de déchets verts, composts d’effluents d’élevage, phases solides de digestats. Leur valeur fertilisante de l’année est proche de zéro, parfois négative. En revanche, ce sont eux qui construisent le stock, avec des coefficients isohumiques de 0,50 à 0,70. Leur intérêt se lit sur les autres fonctions : reconstitution du taux de matière organique, stabilité structurale, réserve utile, activité biologique, apport de phosphore, de potasse, de magnésium et de calcium. Leur azote se rembourse sur 20 à 50 ans, précisément sous la forme du surplus de minéralisation traité au chapitre 7.&lt;br /&gt;
Les produits mixtes (au centre et en haut à droite)&lt;br /&gt;
Digestats bruts, farines de plumes, de sang, de viandes, PAT, farines d’os, lisiers de bovins et de porcins. Ils combinent un effet direct significatif (30 à 70 %) et une contribution mesurable au stock. Les digestats bruts occupent la position la plus favorable du graphique : la digestion anaérobie a minéralisé la fraction labile du carbone (ce qui augmente la part NH₄⁺, d’où une bonne valeur fertilisante) tout en concentrant la fraction récalcitrante (d’où une valeur amendante conservée, voire supérieure à celle de l’intrant). C’est un point souvent mal compris : la méthanisation ne détruit pas la valeur amendante d’un effluent, elle la relativise en augmentant sa valeur fertilisante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fumiers, au centre&lt;br /&gt;
Les fumiers occupent une position intermédiaire basse : effet court terme faible (10 à 20 %), valeur amendante moyenne. Cette position médiocre sur les deux axes explique le paradoxe des exploitations d’élevage : elles apportent des quantités massives d’azote total sans que cela se traduise par une économie d’engrais visible l’année de l’apport — l’effet ne devient perceptible qu’au bout d’une à deux décennies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.30.52.png|vignette|Comparaison des doses classiques de PRO, des teneurs en azote total, ammoniacal et organique, et de l’azote finalement disponible la première année. D’après le diaporama source (diapositive 2), établi à partir d’ESCO MAFOR (2014) et de données internes INRAE. Les valeurs négatives de minéralisation traduisent une immobilisation nette. ]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fertilisation_organique_et_effet_azote&amp;diff=197500</id>
		<title>Fertilisation organique et effet azote</title>
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		<updated>2026-08-26T20:33:18Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : /* Caractériser un produit résiduaire organique et son efficacité. */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.16.02.png|vignette]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les observations de terrain et les expérimentations menées dans le cadre du projet Transition Ferme, en partenariat avec Bureau Vallée, mettent en évidence des situations où des agriculteurs, après plusieurs années d’apports réguliers de matières organiques, parviennent à élaborer des plans de fumure avec des doses d’azote minéral très réduites. Dans certains cas, les apports se limitent à environ 100 kg d’azote par hectare pour atteindre des rendements de 80 à 90 quintaux de blé tendre améliorant, conformes aux exigences de qualité, alors que les recommandations habituelles se situent plutôt entre 180 et 190 kg d’azote par hectare.&lt;br /&gt;
Ces résultats soulèvent une question essentielle : si les cultures maintiennent de telles performances avec des apports aussi faibles, c’est que l’azote est fourni par d’autres mécanismes. Il n’existe en effet aucun « azote miracle » ; cet élément provient nécessairement de la minéralisation des matières organiques présentes dans le sol et du recyclage de l’azote déjà stocké dans les systèmes de production.&lt;br /&gt;
Une meilleure compréhension de ces processus de minéralisation permet ainsi d’optimiser la valorisation de l’azote contenu dans les produits organiques, de réduire le recours aux engrais minéraux et, par conséquent, de diminuer les émissions de gaz à effet de serre associées à leur fabrication et à leur utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Caractériser un produit résiduaire organique et son efficacité. ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On connaît relativement bien l’efficacité des produits organiques au cours de l’année de leur apport. Celle-ci est estimée à partir de leur teneur en azote, de leur degré de récalcitrance à la dégradation, ainsi que de la date d’application et de la culture concernée. Ces paramètres permettent de prédire la quantité d’azote disponible pour la culture au cours de la campagne suivante, une valeur ensuite intégrée dans le calcul du bilan azoté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout raisonnement sur la fertilisation organique commence par la décomposition de l’azote total du produit :&lt;br /&gt;
•   N-NH₄⁺ (azote ammoniacal) — azote minéral, immédiatement disponible pour la plante… mais aussi immédiatement volatilisable sous forme d’ammoniac (NH₃) si le produit reste en surface. C’est la fraction « engrais » du PRO.&lt;br /&gt;
•   N organique minéralisable — azote lié aux molécules organiques peu polymérisées (protéines, acides aminés, azote de la biomasse microbienne du produit), qui se minéralise en quelques semaines à quelques mois.&lt;br /&gt;
•   N organique récalcitrant — azote associé aux structures lignifiées ou déjà fortement humifiées. Il ne participe pratiquement pas à la nutrition de l’année et alimente le stock organique du sol.&lt;br /&gt;
Une fraction, souvent oubliée, est l’azote uréique et l’azote nitrique de certains produits (urines, digestats très nitrifiés, vinasses) : le laboratoire les range parfois dans « N minéral » sans les distinguer. Sur un digestat, la part N-NH₄⁺/N total est le meilleur prédicteur unique de la valeur fertilisante à court terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.24.50.png|vignette|Teneurs en azote ammoniacal (vert clair) et en azote organique (vert foncé) de 22 familles de PRO, exprimées en kg N par tonne de matière brute. On lit directement l’opposition entre les produits « engrais » (lisiers, fientes, digestats, urines : forte part NH₄⁺, faible teneur totale par tonne) et les produits « amendements » (composts, fumiers compostés : azote presque exclusivement organique). Sources : ESCO MAFOR (2014), CRAGE (2019), données internes INRAE. ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois lectures s’imposent sur cette figure. D’abord la teneur totale par tonne de produit brut est très variable : 1,5 kg N/t pour un lisier dilué contre plus de 40 kg N/t pour des fientes séchées, soit un facteur 25. C’est la teneur en matière sèche qui commande : à sec, on transporte de l’azote ; en dilué, on transporte de l’eau. Ensuite, la part NH₄⁺ est le déterminant de la valeur immédiate : elle dépasse 70 % du total pour les lisiers de porc et les digestats bruts, tombe sous 10 % pour les composts. Enfin, le compostage déplace systématiquement le curseur vers l’azote organique : il concentre le produit (perte de masse par minéralisation du carbone) mais volatilise une grande partie de l’ammonium, si bien que le compost de fumier pailleux apparaît plus riche en N total par tonne que le fumier frais tout en étant beaucoup moins « fertilisant ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.26.13.png|vignette|Variabilité de la teneur en azote total de quatre PRO (minimum, moyenne, maximum), en kg N par tonne de matière brute. Sources : ESCO MAFOR (2014), données internes INRAE.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le lisier bovin varie de 1,0 à 5,4 kg N/t pour une moyenne à 2,3 : le maximum vaut plus du double de la moyenne, et 5 fois le minimum. Le lisier porcin s’étend de 1,5 à 9,6 kg N/t (moyenne 4,5), soit un facteur 6,4 entre les extrêmes. À 40 t/ha, cet intervalle représente 60 à 384 kg N/ha apportés — l’écart couvre à lui seul la totalité de la dose azotée d’un blé. Les produits solides sont plus stables (fumier bovin 4,6 à 6,9 ; digestat de CIVE 3,6 à 6,3) parce que leur teneur en matière sèche varie moins. . L’analyse du produit n’est pas une formalité administrative : c’est la seule façon de savoir ce que l’on épand.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux ARVALIS/INRA ont produit un classement quantitatif en six classes de cinétique, exprimées en pourcentage de l’azote organique apporté minéralisé en fonction du temps normalisé à 15 °C.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.28.35.png|vignette|Cinétiques de minéralisation nette de l’azote organique de six classes de PRO, exprimées en % de l’azote organique apporté, en fonction du temps normalisé à 15 °C. Environ 210 jours normalisés correspondent à une année calendaire en climat tempéré. Source : ARVALIS/INRA, 2008.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.29.24.png|vignette|Positionnement des PRO selon leur valeur fertilisante (effet court terme) et leur valeur amendante (effet long terme). D’après une figure ARVALIS reprise par S. Houot (INRAE). Le trait discontinu supérieur matérialise le plafond des 100 % d’équivalent engrais azoté.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quatre familles se dégagent, et chacune appelle une stratégie distincte.&lt;br /&gt;
Les produits à dominante fertilisante (en haut à gauche)&lt;br /&gt;
Phases liquides de lisiers et de digestats, lisiers et fientes de volailles, vinasses. Leur azote est majoritairement ammoniacal, leur matière sèche faible, leur contribution au stock organique négligeable. Ce sont des engrais azotés à part entière, à raisonner comme tels : dose calculée au bilan, positionnement au plus près du besoin (sortie hiver sur céréales, pré-semis ou stade 6 feuilles sur maïs), et surtout enfouissement ou infiltration immédiate puisque l’essentiel de la valeur est volatilisable. On ne construit rien de durable avec ces produits ; ils ne génèrent pratiquement pas de surplus de minéralisation dans le temps.&lt;br /&gt;
Les produits à dominante amendante (en bas à droite)&lt;br /&gt;
Composts de déchets verts, composts d’effluents d’élevage, phases solides de digestats. Leur valeur fertilisante de l’année est proche de zéro, parfois négative. En revanche, ce sont eux qui construisent le stock, avec des coefficients isohumiques de 0,50 à 0,70. Leur intérêt se lit sur les autres fonctions : reconstitution du taux de matière organique, stabilité structurale, réserve utile, activité biologique, apport de phosphore, de potasse, de magnésium et de calcium. Leur azote se rembourse sur 20 à 50 ans, précisément sous la forme du surplus de minéralisation traité au chapitre 7.&lt;br /&gt;
Les produits mixtes (au centre et en haut à droite)&lt;br /&gt;
Digestats bruts, farines de plumes, de sang, de viandes, PAT, farines d’os, lisiers de bovins et de porcins. Ils combinent un effet direct significatif (30 à 70 %) et une contribution mesurable au stock. Les digestats bruts occupent la position la plus favorable du graphique : la digestion anaérobie a minéralisé la fraction labile du carbone (ce qui augmente la part NH₄⁺, d’où une bonne valeur fertilisante) tout en concentrant la fraction récalcitrante (d’où une valeur amendante conservée, voire supérieure à celle de l’intrant). C’est un point souvent mal compris : la méthanisation ne détruit pas la valeur amendante d’un effluent, elle la relativise en augmentant sa valeur fertilisante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fumiers, au centre&lt;br /&gt;
Les fumiers occupent une position intermédiaire basse : effet court terme faible (10 à 20 %), valeur amendante moyenne. Cette position médiocre sur les deux axes explique le paradoxe des exploitations d’élevage : elles apportent des quantités massives d’azote total sans que cela se traduise par une économie d’engrais visible l’année de l’apport — l’effet ne devient perceptible qu’au bout d’une à deux décennies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.30.52.png|vignette|Comparaison des doses classiques de PRO, des teneurs en azote total, ammoniacal et organique, et de l’azote finalement disponible la première année. D’après le diaporama source (diapositive 2), établi à partir d’ESCO MAFOR (2014) et de données internes INRAE. Les valeurs négatives de minéralisation traduisent une immobilisation nette. ]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
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		<title>Fichier:Capture d’écran 2026-08-26 à 22.30.52.png</title>
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&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Comparaison des doses classiques de PRO, des teneurs en azote total, ammoniacal et organique, et de l’azote finalement disponible la première année. D’après le diaporama source (diapositive 2), établi à partir d’ESCO MAFOR (2014) et de données internes INRAE. Les valeurs négatives de minéralisation traduisent une immobilisation nette.&lt;/div&gt;</summary>
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		<updated>2026-08-26T20:25:26Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Teneurs en azote ammoniacal (vert clair) et en azote organique (vert foncé) de 22 familles de PRO, exprimées en kg N par tonne de matière brute. On lit directement l’opposition entre les produits « engrais » (lisiers, fientes, digestats, urines : forte part NH₄⁺, faible teneur totale par tonne) et les produits « amendements » (composts, fumiers compostés : azote presque exclusivement organique). Sources : ESCO MAFOR (2014), CRAGE (2019), données internes INRAE.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
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		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Qualit%C3%A9_nutritive_des_bl%C3%A9s_et_travail_du_sol&amp;diff=174636</id>
		<title>Qualité nutritive des blés et travail du sol</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : /* Qualité nutritive des blés en conservation des sols, le bilan ! */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Culture&lt;br /&gt;
|Nom=dezd&lt;br /&gt;
|Sous-categorie=Grandes cultures&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Qualité nutritive des blés en conservation des sols, le bilan ! =&lt;br /&gt;
Veiller à la santé des sols par la réduction du brassage de terre et les apports organiques a prouvé son intérêt agronomique, mais est-ce que cela a un impact sur la qualité nutritive des blés moissonnés ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= 1- Une baisse de la qualité nutritionnelle du blé depuis 160 ans =&lt;br /&gt;
Les essais de longue durée de Broadbalk, en Angleterre (Rothamsted, depuis 1843), ont permis d’analyser l’évolution de la concentration en minéraux du blé au fil du temps.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Blé rothamsted.png|vignette|663x663px|centré]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(photographie aérienne des essais de Rothamsted, Royaume-Uni)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur ces parcelles au sol travaillé de manière classique, les analyses montrent que les teneurs en zinc, fer, cuivre et magnésium sont restées stables jusqu’au milieu des années 1960, avant de chuter significativement. Cette baisse coïncide avec l’introduction de variétés semi-naines à haut rendement, sélectionnées pour leur faible hauteur de paille afin de limiter la verse et augmenter les rendements.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Essais fan.png|vignette|479x479px|centré]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Source : Fan, 2008&amp;lt;ref&amp;gt;Evidence of decreasing mineral density in wheat grain over the last 160 years&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19013359/&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce phénomène s’explique principalement par un effet de dilution : plus le rendement est élevé, plus les minéraux sont dilués dans une masse de grain accrue, sans que la plante n’absorbe davantage de nutriments.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= 2- Une baisse sans appauvrissement du sol =&lt;br /&gt;
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la baisse de concentration minérale dans le grain ne provient pas d’un appauvrissement des sols. Les concentrations de minéraux dans les sols sont restées stables, voire en augmentation, grâce aux apports réguliers en engrais minéraux, matières organiques ou dépôts atmosphériques. Les effets observés sont similaires, quel que soit le type de fertilisation (minérale, organique ou absence de fertilisation).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’analyse statistique confirme que ce sont bien des facteurs liés à la plante – principalement l’augmentation des rendements grâce à l’innovation variétale – qui expliquent la baisse de concentration en minéraux dans les grains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Garvin.png|vignette|495x495px|centré]]&lt;br /&gt;
Source : Garvin et al., 2006&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;ref&amp;gt;Historical shifts in the seed mineral micronutrient concentration of US hard red winter wheat germplasm&amp;lt;nowiki/&amp;gt;https://scijournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/jsfa.2601&amp;lt;/ref&amp;gt;Ces résultats rejoignent ceux d’autres études, notamment américaines (Garvin et al., 2006) ou chinoises (Xia et al., 2023&amp;lt;ref&amp;gt;Dissecting the relationship between yield and mineral nutriome of wheat grains in double cropping as affected by preceding crops and nitrogen application&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0378429023000382&amp;lt;/ref&amp;gt;), montrant que les variétés les plus récentes, souvent plus productives, présentent des teneurs plus faibles en micronutriments par effet de dilution.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= 3 - Travail du sol, semis direct et qualité nutritionnelle =&lt;br /&gt;
Les pratiques culturales influencent également la qualité nutritionnelle, en particulier lorsqu’elles modifient la biologie des sols. Par exemple, la mycorhization joue un rôle essentiel dans l’absorption du zinc. Les rotations intégrant des légumineuses, en remplacement d’une jachère, améliorent globalement les teneurs en protéines et en zinc des grains. Les systèmes diversifiés et pérennes favorisent aussi une meilleure santé des sols, ce qui peut se traduire par une meilleure qualité nutritionnelle du blé (Soil Health Institute, 2022&amp;lt;ref&amp;gt;Exploring the Relationship Between Soil Health and Food Nutritional Quality&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://soilhealthinstitute.org/app/uploads/2022/02/SHI-Food-Nutritional-Study-2022.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un point émergent est celui de l’ergothionéine (ERGO), un antioxydant produit par des champignons du sol et transmis aux plantes via les mycorhizes. Cet anti oxydant est utile an santé humaine car il réduit le risque inflammatoire, baisse le risque cardio-vasculaire, ainsi que le vieillissement cérébral. Une étude conduite sur un essai de longue durée (&amp;gt;40 ans) a montré que le labour intensif réduit de moitié la teneur en ERGO dans le grain de blé, tandis que le semis direct favorise à la fois la mycorhization et l’enrichissement du grain en ERGO, ainsi qu’en P, Mg, Cu et Zn.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, l’impact du travail réduit du sol sur la qualité nutritionnelle des cultures reste globalement limité. Une autre étude sur un essai comparatif (Pearsons et al., 2022&amp;lt;ref&amp;gt;Reducing Tillage Affects Long-Term Yields but Not Grain Quality of Maize, Soybeans, Oats, and Wheat Produced in Three Contrasting Farming Systems&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.mdpi.com/2071-1050/14/2/631&amp;lt;/ref&amp;gt;) a montré que le type de système de cultures (conventionnel ou biologique, avec ou sans fumure) avait plus d’impact sur la qualité des grains que le type de travail du sol. Dans cette étude, le travail du sol réduit était sans effet significatif sur la teneur en protéines ou minéraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, une comparaison récente menée dans le Grand Ouest sur 20 paires de parcelles (semis direct en agriculture de conservation des sols depuis 10 ans vs conventionnel, variétés égales) a confirmé ces observations : peu de différences sur la plupart des minéraux, mais une hausse significative du phosphore, du potassium et de l’ergothionéine dans les systèmes ACS (Lefèvre et al., 2024&amp;lt;ref&amp;gt;Agroecological drivers connecting soil management practices, soil health, plant health and nutritional and sanitary qualities of grain yield : the case of soft winter wheat to illustrate the “One Health” approach&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://theses.hal.science/tel-04959160/&amp;lt;/ref&amp;gt;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Lefevre.png|vignette|573x573px|centré]]&lt;br /&gt;
Source : Lefèvre et al., 2024&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion : ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# La baisse de concentration en minéraux dans le blé est avant tout liée à l’augmentation des rendements, par dilution, et non à un appauvrissement des sols.&lt;br /&gt;
# La fertilisation, qu’elle soit minérale ou organique, n’a pas permis d’enrayer cette tendance.&lt;br /&gt;
# Les systèmes favorisant la mycorhization (semis direct, rotations avec légumineuses) montrent un potentiel pour améliorer certains nutriments, dont l’ergothionéine.&lt;br /&gt;
# Le type de système de cultures influence davantage la qualité nutritionnelle que le mode de travail du sol à lui seul.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sources: {{Pages liées}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
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		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Qualit%C3%A9_nutritive_des_bl%C3%A9s_et_travail_du_sol&amp;diff=174635</id>
		<title>Qualité nutritive des blés et travail du sol</title>
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		<updated>2025-07-04T11:11:21Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : /* Qualité nutritive des blés en conservation des sols, le bilan ! */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Culture&lt;br /&gt;
|Nom=dezd&lt;br /&gt;
|Sous-categorie=Grandes cultures&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Qualité nutritive des blés en conservation des sols, le bilan ! =&lt;br /&gt;
Veiller à la santé des sols par la réduction du brassage de terre et les apports organiques a prouvé son intérêt agronomique, mais est-ce que cela a un impact sur la qualité nutritive des blés moissonnés ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= 1- Une baisse de la qualité nutritionnelle du blé depuis 160 ans =&lt;br /&gt;
Les essais de longue durée de Broadbalk, en Angleterre (Rothamsted, depuis 1843), ont permis d’analyser l’évolution de la concentration en minéraux du blé au fil du temps.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Blé rothamsted.png|vignette|663x663px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(photographie aérienne des essais de Rothamsted, Royaume-Uni)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur ces parcelles au sol travaillé de manière classique, les analyses montrent que les teneurs en zinc, fer, cuivre et magnésium sont restées stables jusqu’au milieu des années 1960, avant de chuter significativement. Cette baisse coïncide avec l’introduction de variétés semi-naines à haut rendement, sélectionnées pour leur faible hauteur de paille afin de limiter la verse et augmenter les rendements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Essais fan.png|vignette|479x479px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Source : Fan, 2008&amp;lt;ref&amp;gt;Evidence of decreasing mineral density in wheat grain over the last 160 years&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19013359/&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce phénomène s’explique principalement par un effet de dilution : plus le rendement est élevé, plus les minéraux sont dilués dans une masse de grain accrue, sans que la plante n’absorbe davantage de nutriments.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= 2- Une baisse sans appauvrissement du sol =&lt;br /&gt;
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la baisse de concentration minérale dans le grain ne provient pas d’un appauvrissement des sols. Les concentrations de minéraux dans les sols sont restées stables, voire en augmentation, grâce aux apports réguliers en engrais minéraux, matières organiques ou dépôts atmosphériques. Les effets observés sont similaires, quel que soit le type de fertilisation (minérale, organique ou absence de fertilisation).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’analyse statistique confirme que ce sont bien des facteurs liés à la plante – principalement l’augmentation des rendements grâce à l’innovation variétale – qui expliquent la baisse de concentration en minéraux dans les grains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Garvin.png|vignette|495x495px]]&lt;br /&gt;
Source : Garvin et al., 2006&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;ref&amp;gt;Historical shifts in the seed mineral micronutrient concentration of US hard red winter wheat germplasm&amp;lt;nowiki/&amp;gt;https://scijournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/jsfa.2601&amp;lt;/ref&amp;gt;Ces résultats rejoignent ceux d’autres études, notamment américaines (Garvin et al., 2006) ou chinoises (Xia et al., 2023&amp;lt;ref&amp;gt;Dissecting the relationship between yield and mineral nutriome of wheat grains in double cropping as affected by preceding crops and nitrogen application&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0378429023000382&amp;lt;/ref&amp;gt;), montrant que les variétés les plus récentes, souvent plus productives, présentent des teneurs plus faibles en micronutriments par effet de dilution.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= 3 - Travail du sol, semis direct et qualité nutritionnelle =&lt;br /&gt;
Les pratiques culturales influencent également la qualité nutritionnelle, en particulier lorsqu’elles modifient la biologie des sols. Par exemple, la mycorhization joue un rôle essentiel dans l’absorption du zinc. Les rotations intégrant des légumineuses, en remplacement d’une jachère, améliorent globalement les teneurs en protéines et en zinc des grains. Les systèmes diversifiés et pérennes favorisent aussi une meilleure santé des sols, ce qui peut se traduire par une meilleure qualité nutritionnelle du blé (Soil Health Institute, 2022&amp;lt;ref&amp;gt;Exploring the Relationship Between Soil Health and Food Nutritional Quality&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://soilhealthinstitute.org/app/uploads/2022/02/SHI-Food-Nutritional-Study-2022.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un point émergent est celui de l’ergothionéine (ERGO), un antioxydant produit par des champignons du sol et transmis aux plantes via les mycorhizes. Cet anti oxydant est utile an santé humaine car il réduit le risque inflammatoire, baisse le risque cardio-vasculaire, ainsi que le vieillissement cérébral. Une étude conduite sur un essai de longue durée (&amp;gt;40 ans) a montré que le labour intensif réduit de moitié la teneur en ERGO dans le grain de blé, tandis que le semis direct favorise à la fois la mycorhization et l’enrichissement du grain en ERGO, ainsi qu’en P, Mg, Cu et Zn.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, l’impact du travail réduit du sol sur la qualité nutritionnelle des cultures reste globalement limité. Une autre étude sur un essai comparatif (Pearsons et al., 2022&amp;lt;ref&amp;gt;Reducing Tillage Affects Long-Term Yields but Not Grain Quality of Maize, Soybeans, Oats, and Wheat Produced in Three Contrasting Farming Systems&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://www.mdpi.com/2071-1050/14/2/631&amp;lt;/ref&amp;gt;) a montré que le type de système de cultures (conventionnel ou biologique, avec ou sans fumure) avait plus d’impact sur la qualité des grains que le type de travail du sol. Dans cette étude, le travail du sol réduit était sans effet significatif sur la teneur en protéines ou minéraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, une comparaison récente menée dans le Grand Ouest sur 20 paires de parcelles (semis direct en agriculture de conservation des sols depuis 10 ans vs conventionnel, variétés égales) a confirmé ces observations : peu de différences sur la plupart des minéraux, mais une hausse significative du phosphore, du potassium et de l’ergothionéine dans les systèmes ACS (Lefèvre et al., 2024&amp;lt;ref&amp;gt;Agroecological drivers connecting soil management practices, soil health, plant health and nutritional and sanitary qualities of grain yield : the case of soft winter wheat to illustrate the “One Health” approach&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://theses.hal.science/tel-04959160/&amp;lt;/ref&amp;gt;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Lefevre.png|vignette|573x573px]]&lt;br /&gt;
Source : Lefèvre et al., 2024&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion : ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# La baisse de concentration en minéraux dans le blé est avant tout liée à l’augmentation des rendements, par dilution, et non à un appauvrissement des sols.&lt;br /&gt;
# La fertilisation, qu’elle soit minérale ou organique, n’a pas permis d’enrayer cette tendance.&lt;br /&gt;
# Les systèmes favorisant la mycorhization (semis direct, rotations avec légumineuses) montrent un potentiel pour améliorer certains nutriments, dont l’ergothionéine.&lt;br /&gt;
# Le type de système de cultures influence davantage la qualité nutritionnelle que le mode de travail du sol à lui seul.&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
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		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Qualit%C3%A9_nutritive_des_bl%C3%A9s_et_travail_du_sol&amp;diff=174634</id>
		<title>Qualité nutritive des blés et travail du sol</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Qualit%C3%A9_nutritive_des_bl%C3%A9s_et_travail_du_sol&amp;diff=174634"/>
		<updated>2025-07-04T11:01:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : /* 1- Une baisse de la qualité nutritionnelle du blé depuis 160 ans */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Culture&lt;br /&gt;
|Nom=dezd&lt;br /&gt;
|Sous-categorie=Grandes cultures&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Qualité nutritive des blés en conservation des sols, le bilan ! =&lt;br /&gt;
Veiller à la santé des sols par la réduction du brassage de terre et les apports organiques a prouvé son intérêt agronomique, mais est-ce que cela a un impact sur la qualité nutritive des blés moissonnés ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= 1- Une baisse de la qualité nutritionnelle du blé depuis 160 ans =&lt;br /&gt;
Les essais de longue durée de Broadbalk, en Angleterre (Rothamsted, depuis 1843), ont permis d’analyser l’évolution de la concentration en minéraux du blé au fil du temps.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Blé rothamsted.png|vignette|663x663px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(photographie aérienne des essais de Rothamsted, Royaume-Uni)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur ces parcelles au sol travaillé de manière classique, les analyses montrent que les teneurs en zinc, fer, cuivre et magnésium sont restées stables jusqu’au milieu des années 1960, avant de chuter significativement. Cette baisse coïncide avec l’introduction de variétés semi-naines à haut rendement, sélectionnées pour leur faible hauteur de paille afin de limiter la verse et augmenter les rendements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Essais fan.png|vignette|479x479px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Source : Fan, 2008&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce phénomène s’explique principalement par un effet de dilution : plus le rendement est élevé, plus les minéraux sont dilués dans une masse de grain accrue, sans que la plante n’absorbe davantage de nutriments.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= 2- Une baisse sans appauvrissement du sol =&lt;br /&gt;
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la baisse de concentration minérale dans le grain ne provient pas d’un appauvrissement des sols. Les concentrations de minéraux dans les sols sont restées stables, voire en augmentation, grâce aux apports réguliers en engrais minéraux, matières organiques ou dépôts atmosphériques. Les effets observés sont similaires, quel que soit le type de fertilisation (minérale, organique ou absence de fertilisation).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’analyse statistique confirme que ce sont bien des facteurs liés à la plante – principalement l’augmentation des rendements grâce à l’innovation variétale – qui expliquent la baisse de concentration en minéraux dans les grains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Garvin.png|vignette|495x495px]]&lt;br /&gt;
Source : Garvin et al., 2006&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces résultats rejoignent ceux d’autres études, notamment américaines (Garvin et al., 2006) ou chinoises (Xia et al., 2023), montrant que les variétés les plus récentes, souvent plus productives, présentent des teneurs plus faibles en micronutriments par effet de dilution.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= 3 - Travail du sol, semis direct et qualité nutritionnelle =&lt;br /&gt;
Les pratiques culturales influencent également la qualité nutritionnelle, en particulier lorsqu’elles modifient la biologie des sols. Par exemple, la mycorhization joue un rôle essentiel dans l’absorption du zinc. Les rotations intégrant des légumineuses, en remplacement d’une jachère, améliorent globalement les teneurs en protéines et en zinc des grains. Les systèmes diversifiés et pérennes favorisent aussi une meilleure santé des sols, ce qui peut se traduire par une meilleure qualité nutritionnelle du blé (Soil Health Institute, 2020).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un point émergent est celui de l’ergothionéine (ERGO), un antioxydant produit par des champignons du sol et transmis aux plantes via les mycorhizes. Cet anti oxydant est utile an santé humaine car il réduit le risque inflammatoire, baisse le risque cardio-vasculaire, ainsi que le vieillissement cérébral. Une étude conduite sur un essai de longue durée (&amp;gt;40 ans) a montré que le labour intensif réduit de moitié la teneur en ERGO dans le grain de blé, tandis que le semis direct favorise à la fois la mycorhization et l’enrichissement du grain en ERGO, ainsi qu’en P, Mg, Cu et Zn.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, l’impact du travail réduit du sol sur la qualité nutritionnelle des cultures reste globalement limité. Une autre étude sur un essai comparatif (Pearsons et al., 2022) a montré que le type de système de cultures (conventionnel ou biologique, avec ou sans fumure) avait plus d’impact sur la qualité des grains que le type de travail du sol. Dans cette étude, le travail du sol réduit était sans effet significatif sur la teneur en protéines ou minéraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, une comparaison récente menée dans le Grand Ouest sur 20 paires de parcelles (semis direct en agriculture de conservation des sols depuis 10 ans vs conventionnel, variétés égales) a confirmé ces observations : peu de différences sur la plupart des minéraux, mais une hausse significative du phosphore, du potassium et de l’ergothionéine dans les systèmes ACS (Lefèvre et al., 2024).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Lefevre.png|vignette|573x573px]]&lt;br /&gt;
Source : Lefèvre et al., 2024&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion : ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# La baisse de concentration en minéraux dans le blé est avant tout liée à l’augmentation des rendements, par dilution, et non à un appauvrissement des sols.&lt;br /&gt;
# La fertilisation, qu’elle soit minérale ou organique, n’a pas permis d’enrayer cette tendance.&lt;br /&gt;
# Les systèmes favorisant la mycorhization (semis direct, rotations avec légumineuses) montrent un potentiel pour améliorer certains nutriments, dont l’ergothionéine.&lt;br /&gt;
# Le type de système de cultures influence davantage la qualité nutritionnelle que le mode de travail du sol à lui seul.&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
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		<title>Qualité nutritive des blés et travail du sol</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Qualit%C3%A9_nutritive_des_bl%C3%A9s_et_travail_du_sol&amp;diff=174633"/>
		<updated>2025-07-04T11:00:25Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Culture&lt;br /&gt;
|Nom=dezd&lt;br /&gt;
|Sous-categorie=Grandes cultures&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Qualité nutritive des blés en conservation des sols, le bilan ! =&lt;br /&gt;
Veiller à la santé des sols par la réduction du brassage de terre et les apports organiques a prouvé son intérêt agronomique, mais est-ce que cela a un impact sur la qualité nutritive des blés moissonnés ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= 1- Une baisse de la qualité nutritionnelle du blé depuis 160 ans =&lt;br /&gt;
Les essais de longue durée de Broadbalk, en Angleterre (Rothamsted, depuis 1843), ont permis d’analyser l’évolution de la concentration en minéraux du blé au fil du temps.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Blé rothamsted.png|vignette|463x463px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(photographie aérienne des essais de Rothamsted, Royaume-Uni)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur ces parcelles au sol travaillé de manière classique, les analyses montrent que les teneurs en zinc, fer, cuivre et magnésium sont restées stables jusqu’au milieu des années 1960, avant de chuter significativement. Cette baisse coïncide avec l’introduction de variétés semi-naines à haut rendement, sélectionnées pour leur faible hauteur de paille afin de limiter la verse et augmenter les rendements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Essais fan.png|vignette]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Source : Fan, 2008&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce phénomène s’explique principalement par un effet de dilution : plus le rendement est élevé, plus les minéraux sont dilués dans une masse de grain accrue, sans que la plante n’absorbe davantage de nutriments.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= 2- Une baisse sans appauvrissement du sol =&lt;br /&gt;
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la baisse de concentration minérale dans le grain ne provient pas d’un appauvrissement des sols. Les concentrations de minéraux dans les sols sont restées stables, voire en augmentation, grâce aux apports réguliers en engrais minéraux, matières organiques ou dépôts atmosphériques. Les effets observés sont similaires, quel que soit le type de fertilisation (minérale, organique ou absence de fertilisation).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’analyse statistique confirme que ce sont bien des facteurs liés à la plante – principalement l’augmentation des rendements grâce à l’innovation variétale – qui expliquent la baisse de concentration en minéraux dans les grains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Garvin.png|vignette]]&lt;br /&gt;
Source : Garvin et al., 2006&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces résultats rejoignent ceux d’autres études, notamment américaines (Garvin et al., 2006) ou chinoises (Xia et al., 2023), montrant que les variétés les plus récentes, souvent plus productives, présentent des teneurs plus faibles en micronutriments par effet de dilution.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= 3 - Travail du sol, semis direct et qualité nutritionnelle =&lt;br /&gt;
Les pratiques culturales influencent également la qualité nutritionnelle, en particulier lorsqu’elles modifient la biologie des sols. Par exemple, la mycorhization joue un rôle essentiel dans l’absorption du zinc. Les rotations intégrant des légumineuses, en remplacement d’une jachère, améliorent globalement les teneurs en protéines et en zinc des grains. Les systèmes diversifiés et pérennes favorisent aussi une meilleure santé des sols, ce qui peut se traduire par une meilleure qualité nutritionnelle du blé (Soil Health Institute, 2020).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un point émergent est celui de l’ergothionéine (ERGO), un antioxydant produit par des champignons du sol et transmis aux plantes via les mycorhizes. Cet anti oxydant est utile an santé humaine car il réduit le risque inflammatoire, baisse le risque cardio-vasculaire, ainsi que le vieillissement cérébral. Une étude conduite sur un essai de longue durée (&amp;gt;40 ans) a montré que le labour intensif réduit de moitié la teneur en ERGO dans le grain de blé, tandis que le semis direct favorise à la fois la mycorhization et l’enrichissement du grain en ERGO, ainsi qu’en P, Mg, Cu et Zn.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, l’impact du travail réduit du sol sur la qualité nutritionnelle des cultures reste globalement limité. Une autre étude sur un essai comparatif (Pearsons et al., 2022) a montré que le type de système de cultures (conventionnel ou biologique, avec ou sans fumure) avait plus d’impact sur la qualité des grains que le type de travail du sol. Dans cette étude, le travail du sol réduit était sans effet significatif sur la teneur en protéines ou minéraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, une comparaison récente menée dans le Grand Ouest sur 20 paires de parcelles (semis direct en agriculture de conservation des sols depuis 10 ans vs conventionnel, variétés égales) a confirmé ces observations : peu de différences sur la plupart des minéraux, mais une hausse significative du phosphore, du potassium et de l’ergothionéine dans les systèmes ACS (Lefèvre et al., 2024).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Lefevre.png|vignette]]&lt;br /&gt;
Source : Lefèvre et al., 2024&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion : ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# La baisse de concentration en minéraux dans le blé est avant tout liée à l’augmentation des rendements, par dilution, et non à un appauvrissement des sols.&lt;br /&gt;
# La fertilisation, qu’elle soit minérale ou organique, n’a pas permis d’enrayer cette tendance.&lt;br /&gt;
# Les systèmes favorisant la mycorhization (semis direct, rotations avec légumineuses) montrent un potentiel pour améliorer certains nutriments, dont l’ergothionéine.&lt;br /&gt;
# Le type de système de cultures influence davantage la qualité nutritionnelle que le mode de travail du sol à lui seul.&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
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		<title>Fichier:Lefevre.png</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
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&lt;hr /&gt;
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		<title>Qualité nutritive des blés et travail du sol</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : Page créée avec « {{Culture |Nom=dezd |Sous-categorie=Grandes cultures }} zedezd {{Pages liées}} »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Culture&lt;br /&gt;
|Nom=dezd&lt;br /&gt;
|Sous-categorie=Grandes cultures&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
zedezd&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
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		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Chaulage&amp;diff=166457</id>
		<title>Chaulage</title>
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		<updated>2025-03-14T11:06:58Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Pratique&lt;br /&gt;
| Nom = Chaulage&lt;br /&gt;
| Image = Spreading lime on a Devon field.jpg&lt;br /&gt;
| ImageCaption = Chaulage&lt;br /&gt;
| Mots-clés = Autonomie en matière organique en maraîchage&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le chaulage est une technique de traitement à la chaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Définition==&lt;br /&gt;
Le chaulage des sols est une technique agricole qui consiste à apporter des amendements calciques ou calco-magnésiens à un sol pour corriger un [[PH du sol|pH]] trop [[acide]] car la trop grande [[Sol acide|acidité d&#039;un sol]] l&#039;empêche de libérer ses nutriments pour nourrir les plantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les effets du chaulage===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Il améliore la structure du sol&#039;&#039;&#039; en limitant les risques de formation d&#039;une croûte de [[Battance des sols|battance]] par amélioration de la stabilité structurale du sol et de ses propriétés physiques, notamment son « affinité pour l&#039;eau ». Le [[Taux de calcaire|calcium]] joue ainsi un rôle essentiel en sol instable ([[Limoneux|sols limoneux]] pauvres en [[Matière organique du sol|matière organique]] et en [[Argileux|argile]]) non pas en liant la [[matière organique]] avec les argiles mais en régulant la mobilité des métaux (chéluviation) dont celle du [[fer]] impliqué dans les liaisons organo-minérales. Dans les sols ayant développé de telles liaisons, le chaulage améliore la stabilité structurale ; dans les autres, il limite la réactivité chimique de l’aluminium, du [[fer]] et du [[manganèse]] et améliore l&#039;activité microbienne du sol, qui permet une meilleure mobilisation de l&#039;[[azote]]. Il ne faut toutefois pas chauler de manière excessive car on peut aller jusqu’à bloquer les métaux cités et les autres oligo-éléments comme dans les sols calcaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Il compense l’acidification produite par l’activité biologique&#039;&#039;&#039; en augmentant un [[PH du sol|pH]] trop bas. Le fonctionnement microbien s’accompagne obligatoirement d’une production d’acides organiques qui va jusqu’à inhiber l’activité microbienne et réduire la fertilité du sol si les acides produits ne sont pas neutralisés. L’[[:Catégorie:Objectif|objectif]] du chaulage est de neutraliser ces acides pour permettre le maintien ou l’intensification de l’activité microbienne. Cette neutralisation n’est pas faite une fois pour toutes mais doit être renouvelée tous les deux à trois ans : on passe d’une logique de redressement à une logique d’entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Il favorise l&#039;assimilation des éléments nutritifs par les végétaux&#039;&#039;&#039;, particulièrement les oligo-éléments, en compensant la perte de [[calcium]] due au prélèvement par les récoltes, au lessivage par les eaux de percolation (eau de gravité) et à l&#039;effet des engrais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Il empêche la [[repousse]] d&#039;[[adventices]]&#039;&#039;&#039; ne supportant que les sols acides ([[Fougère-aigle|fougère]], ajonc, [[genêt]], bruyère).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Il existe 2 types de chaulage===&lt;br /&gt;
====Le chaulage de redressement====&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Pour corriger un sol trop acide.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On effectue un chaulage de redressement lorsque le [[[pH du sol]]|pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt;]] est inférieur à 5,5 et que le délai entre l’apport et l’implantation de la culture suivante est court, les produits à action rapide tels que les chaux et calcaires pulvérisés sont à privilégier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle que soit la culture, le pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; doit être supérieur à 5,8 (5,5 en sols [[sableux]]) pour éviter l’excès d’acidité préjudiciable à la culture. Seuls les [[luzernes]] et les légumes ont des seuils supérieurs fixés à 6 et 6,5.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Le chaulage d&#039;entretien====&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Pour compenser les sources d’acidification.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
Un chaulage d’entretien est recommandé tous les 3 à 5 ans. Dans cette optique, les amendements à action lente suffisent.&lt;br /&gt;
Pour maintenir le pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; au-dessus du seuil critique de 5,5, les apports d’amendements basiques doivent neutraliser l’acidité produite.&lt;br /&gt;
Les références conduisent à préconiser des apports moyens annuels de 200 à 300 kg CaO/ha ou Unités Valeur Neutralisante. Lorsque les parcelles reçoivent régulièrement des apports raisonnés de produits organiques, 100 à 200 kg CaO/ha/an sont a priori suffisants. Mais seul le suivi régulier du pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; permet de gérer de manière précise le chaulage d’entretien.&lt;br /&gt;
Tant que le pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; ne descend pas au-dessous de 6, l’apport d’amendement peut attendre ou pourra être réalisé à une dose plus faible que prévue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quel type de chaulage effectuer?==&lt;br /&gt;
La valeur du pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; et les les cultures en place dans la rotation vont conditionner le type d&#039;apport à fournir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Chaulage.png|vignette|809x809px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quand chauler un sol ?==&lt;br /&gt;
===Pour le chaulage de redressement===&lt;br /&gt;
Le calcul de la dose à apporter se fait en fonction du pHeau du sol, mais aussi de sa capacité tapon, la [[Capacité d&#039;échange cationique (CEC)|CEC]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Tableau des apports.png|vignette|849x849px|Tableau des apports de redressement fournie par le [[COMIFER]]]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par exemple, on a un sol à pH 5,5 que l&#039;on veut emmener à pH 6,5, et qui a une CEC de 10 pour ce faire, on va aditionner la valeur pour passer de 5,5 à 6 (1300) à celle pour passer de 6 à 6,5 (1900) donc un total de 3200 [[valeur neutralisante]] (VN)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Image | Image = PH_Sols.png | Légende = Carte des pH de sols en france }}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Pour le chaulage d&#039;entretien===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne le chaulage d&#039;entretien, la dose se calcule vis à vis du type de sol, et de sa perte annuelle théorique en valeur neutralisante, par la pluie et les exports des cultures&lt;br /&gt;
[[Fichier:Perte en valeur neutralisante par an.png|vignette|682x682px|perte en valeur neutralisante par an, Comifer]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les produits de chaulage==&lt;br /&gt;
Une large gamme d’amendements basiques est disponible sur le marché. Ils présentent une grande diversité de caractéristiques physiques (granulométrie, dureté…) et chimiques (nature de la base et des cations, solubilité…) ainsi que des prix à l&#039;unité de Valeur Neutralisante (VN) très variés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On distingue les produits cuits à base d’oxydes de calcium et d’oxydes de magnésium (chaux vives et chaux vives magnésiennes) et les produits crus à base de carbonates de calcium et de magnésium. Ces derniers peuvent être plus ou moins fins: pulvérisés, broyés ou concassés et diffèrent par leur vitesse d&#039;action qui dépend de leur finesse et de leur dureté/tendreté.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La norme distingue 6 classes d’amendements basiques:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 1&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Produits crus&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|Carbonates de calcium d’origine naturelle (CaCO&amp;lt;nowiki&amp;gt;&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;/nowiki&amp;gt; )&lt;br /&gt;
|Ex : craie, maërl, marne, amendements calcaires&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 2&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Produits crus&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|Carbonates de calcium et de magnésium &lt;br /&gt;
d’origine naturelle (CaCO&amp;lt;nowiki&amp;gt;&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;/nowiki&amp;gt;  + MgCO&amp;lt;nowiki&amp;gt;&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;/nowiki&amp;gt; )&lt;br /&gt;
|Ex : amendement calco-magnésien, dolomie, carbonate de magnésium&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 3&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Produits cuits&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|Chaux (oxyde de calcium CaO et/ou &lt;br /&gt;
oxyde de magnésium MgO&lt;br /&gt;
|Ex : chaux vives ou éteintes, calciques et ou magnésiennes, oxyde de magnésium&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 4&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Mélange crus + cuits&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|Amendements minéraux basiques mixtes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(mélange classe 3 + 1 ou 3 + 2)&lt;br /&gt;
|(15% min de produits cuits) Amendements &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
calciques ou magnésiens mixtes&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 5&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|Autres amendements basiques&lt;br /&gt;
|Écumes de sucrerie exclusivement&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 6&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; |Amendements basiques sidérurgiques&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le tableau ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;La Valeur Neutralisante (VN)&#039;&#039;&#039; exprime la capacité potentielle d&#039;un amendement [[basique]] à neutraliser l&#039;acidité du sol. Elle est fonction des teneurs en CaO et MgO. Les amendements basiques qu’ils soient cuits ou crus, fins et grossiers ont la même capacité de neutralisation de l’acidité du sol, quel que soit le pH du sol et c’est le délai de neutralisation qui varie entre produits selon leur vitesse d’action. La VN constitue la base de calcul de la dose à apporter à l&#039;hectare et de comparaison des prix des produits. Si un amendement a une valeur neutralisante de 92, on a 920 unités efficaces par tonne. Si cet amendement vaut 135 €/tonne alors le coût de l&#039;unité est de 135/920 soit 0,15 € par VN.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;La vitesse d&#039;action&#039;&#039;&#039; se réfère à la vitesse de dissolution du produit et dépend de la finesse de mouture du produit et de la tendreté/dureté du carbonate. Elle est estimée par la mesure de la solubilité carbonique. A tendreté/dureté égales, plus le produit est fin, plus il est en contact avec le sol et donc agit rapidement. Pour un carbonate pulvérisé ou broyé, la solubilité carbonique exprime la vitesse d&#039;action. Pour une roche concassée, on parle de tendreté /dureté de la roche. La roche est tendre au-delà de 25 % de solubilité carbonique. La rapidité d’action est un critère de choix des produits selon le type de chaulage envisagé (entretien ou redressement).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+&lt;br /&gt;
!Produits&lt;br /&gt;
!VN (valeur neutralisante)&lt;br /&gt;
!Vitesse d’action&lt;br /&gt;
!Prix rendu racine en € &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
par unité de &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
valeur neutralisante (VN)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Chaux vive&lt;br /&gt;
|92&lt;br /&gt;
|rapide&lt;br /&gt;
|0,17 - 0,24&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Chaux vive granulée&lt;br /&gt;
|92&lt;br /&gt;
|rapide&lt;br /&gt;
|&amp;lt;nowiki&amp;gt;+ 0,01 €&amp;lt;/nowiki&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Chaux magnésienne&lt;br /&gt;
|90&lt;br /&gt;
|rapide&lt;br /&gt;
|0,20 - 0,25&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Carbonate 54 (pulvérisé)&lt;br /&gt;
|54&lt;br /&gt;
|moyenne à rapide&lt;br /&gt;
|0,12 - 0,14&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Carbonates vrac humide (broyés)&lt;br /&gt;
|40-50&lt;br /&gt;
|moyenne&lt;br /&gt;
|0,08 - 0,1&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Sables calcaires, Trez&lt;br /&gt;
|30-40&lt;br /&gt;
|lente&lt;br /&gt;
|0,03 – 0,06&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La finesse du produit pour les produits crus===&lt;br /&gt;
A dureté égale, plus un produit est fin, plus il est rapide d’action : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Produits pulvérisés : 80 % du produit passant au tamis 315 µ&lt;br /&gt;
*Produits broyés : 80 % du produit passant au tamis de 4 mm&lt;br /&gt;
*Produits concassés ou bruts : plus de 20% &amp;gt; à 4 mm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La rapidité d’action===&lt;br /&gt;
Elle est exprimée par :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*La &#039;&#039;&#039;solubilité carbonique&#039;&#039;&#039; (SC) pour les produits fins dont plus de 80% du produit passe au tamis de 4 mm :&lt;br /&gt;
**SC &amp;gt; 50 : action rapide&lt;br /&gt;
**20 &amp;lt;SC &amp;lt; 50 : action moyennement rapide&lt;br /&gt;
**SC &amp;lt; 20 : action lente&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*La &#039;&#039;&#039;dureté de la roche&#039;&#039;&#039; pour les produits grossiers dont moins de 20% du produit passe au tamis de 4 mm :&lt;br /&gt;
**Dureté &amp;gt; 25 : roche tendre&lt;br /&gt;
**Dureté &amp;lt; 25 : roche dure&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(toujours &amp;gt; 10)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les écumes de sucreries sont souvent utilisées pour chauler les champs agricoles car elles apportent en plus du [[phosphore]], et des oligo-éléments.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À défaut de produits commerciaux, la cendre de bois peut être utilisée pour un chaulage léger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le cas particulier des produits organiques===&lt;br /&gt;
L’azote et le [[soufre]] organique qu’ils contiennent contribuent à l’acidification du sol, mais celle-ci est plus que compensée par les anions organiques dont les effets sont analogues à celui des bases (oxydes, carbonates…) contenues dans les amendements minéraux basiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le suivi régulier du pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; reste la seule méthode utilisable pour prendre en compte les effets des effluents d’élevage.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Les effluents d’élevage atténuent l’acidification==== &lt;br /&gt;
Les références expérimentales ([[:Catégorie:Arvalis|Arvalis]], IRSTEA, références étrangères…) montrent que les engrais de ferme testés contribuent presque toujours à atténuer l’acidification du sol. Ainsi, les essais conduits sur 10 ans par [[:Catégorie:Arvalis|Arvalis]] ont mis en évidence une amélioration du pH avec des apports annuels de fumiers, de lisiers ou de composts issus d’élevage, comparés à une fertilisation azotée annuelle uniquement minérale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’essai de la Jaillière (44), six types d’effluents apportés annuellement pendant 10 ans sur une [[prairie]] de [[ray-grass anglais]], sur la base de 150 kg N/ha, ont été comparés à une fertilisation minérale à base d’ammonitrate (dose moyenne annuelle de 150 kg N/ ha) en l’absence de chaulage. Au bout des 10 ans, le pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; de l’horizon 0-10 cm est significativement plus élevé avec des apports organiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Chaulage_effluents.png | Légende = Différenciation du pH en 2006, dans l’horizon 0-10 cm sous prairie de Ray grass anglais, après 10 ans d’apports annuels de fumiers ou de composts - Arvalis La Jaillière (44) }}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les apports d’effluents organiques ont contribué au maintien du pH à 6,6 alors que le sol s’est acidifié avec des apports strictement minéraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour aller plus loin==&lt;br /&gt;
*[https://www.semencesdefrance.com/dossiers-categories/conduite-culturale/chaulage/ Les dossiers sur le chaulage de Semences de France]&lt;br /&gt;
*[https://bourgognefranchecomte.chambres-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/National/FAL_commun/publications/Bourgogne-Franche-Comte/CDA71/07_2015_Chaulage.pdf Le chaulage - Chambres d&#039;Agriculture Bourgogne]&lt;br /&gt;
*[https://www.arvalis-infos.fr/oui-la-mesure-du-pheau-suffit-pour-faire-un-diagnostic-d-acidite-@/view-19761-arvarticle.html?lang=fr Vrai : le pH, un indicateur pertinent pour l’acidité du sol (Arvalis)]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Sources==&lt;br /&gt;
*[[wikipedia:fr:Chaulage | Page wikipedia sur le chaulage]]&lt;br /&gt;
*[https://www.arvalis-infos.fr/en-chaulage-d-entretien-les-produits-a-action-lente-suffisent-@/view-19995-arvarticle.html En chaulage d&#039;entretien, les produits à action lente suffisent Arvalis-infos]&lt;br /&gt;
*[https://pays-de-la-loire.chambres-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/Pays_de_la_Loire/022_Inst-Pays-de-la-loire/Listes-affichage-FE/RetD/Vegetal/Bulletins-SOLAG/Physico-chimie_du_sol/20170502_SOLAG_pratiques_chaulage.pdf Pratique de chaulage - Chambre d&#039;Agriculture Pays de la Loire]&lt;br /&gt;
*[https://ariege.chambre-agriculture.fr/productions-techniques/cultures/fertilisation/chaulage/ Chaulage - Chambre d&#039;Agriculture Ariège]&lt;br /&gt;
*[http://www.bretagne.synagri.com/ca1/PJ.nsf/TECHPJPARCLEF/22166/$File/Chaulage,%20retour%20sur%20les%20fondamentaux.pdf?OpenElement Chaulage : Retour sur les fondamentaux - Chambre d&#039;Agriculture Bretagne]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Annexes==&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Intrants]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Chaulage&amp;diff=166456</id>
		<title>Chaulage</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Chaulage&amp;diff=166456"/>
		<updated>2025-03-14T11:05:20Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Pratique&lt;br /&gt;
| Nom = Chaulage&lt;br /&gt;
| Image = Spreading lime on a Devon field.jpg&lt;br /&gt;
| ImageCaption = Chaulage&lt;br /&gt;
| Mots-clés = Autonomie en matière organique en maraîchage&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le chaulage est une technique de traitement à la chaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Définition==&lt;br /&gt;
Le chaulage des sols est une technique agricole qui consiste à apporter des amendements calciques ou calco-magnésiens à un sol pour corriger un [[PH du sol|pH]] trop [[acide]] car la trop grande [[Sol acide|acidité d&#039;un sol]] l&#039;empêche de libérer ses nutriments pour nourrir les plantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les effets du chaulage===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Il améliore la structure du sol&#039;&#039;&#039; en limitant les risques de formation d&#039;une croûte de [[Battance des sols|battance]] par amélioration de la stabilité structurale du sol et de ses propriétés physiques, notamment son « affinité pour l&#039;eau ». Le [[Taux de calcaire|calcium]] joue ainsi un rôle essentiel en sol instable ([[Limoneux|sols limoneux]] pauvres en [[Matière organique du sol|matière organique]] et en [[Argileux|argile]]) non pas en liant la [[matière organique]] avec les argiles mais en régulant la mobilité des métaux (chéluviation) dont celle du [[fer]] impliqué dans les liaisons organo-minérales. Dans les sols ayant développé de telles liaisons, le chaulage améliore la stabilité structurale ; dans les autres, il limite la réactivité chimique de l’aluminium, du [[fer]] et du [[manganèse]] et améliore l&#039;activité microbienne du sol, qui permet une meilleure mobilisation de l&#039;[[azote]]. Il ne faut toutefois pas chauler de manière excessive car on peut aller jusqu’à bloquer les métaux cités et les autres oligo-éléments comme dans les sols calcaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Il compense l’acidification produite par l’activité biologique&#039;&#039;&#039; en augmentant un [[PH du sol|pH]] trop bas. Le fonctionnement microbien s’accompagne obligatoirement d’une production d’acides organiques qui va jusqu’à inhiber l’activité microbienne et réduire la fertilité du sol si les acides produits ne sont pas neutralisés. L’[[:Catégorie:Objectif|objectif]] du chaulage est de neutraliser ces acides pour permettre le maintien ou l’intensification de l’activité microbienne. Cette neutralisation n’est pas faite une fois pour toutes mais doit être renouvelée tous les deux à trois ans : on passe d’une logique de redressement à une logique d’entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Il favorise l&#039;assimilation des éléments nutritifs par les végétaux&#039;&#039;&#039;, particulièrement les oligo-éléments, en compensant la perte de [[calcium]] due au prélèvement par les récoltes, au lessivage par les eaux de percolation (eau de gravité) et à l&#039;effet des engrais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Il empêche la [[repousse]] d&#039;[[adventices]]&#039;&#039;&#039; ne supportant que les sols acides ([[Fougère-aigle|fougère]], ajonc, [[genêt]], bruyère).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Il existe 2 types de chaulage===&lt;br /&gt;
====Le chaulage de redressement====&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Pour corriger un sol trop acide.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On effectue un chaulage de redressement lorsque le [[[pH du sol]]|pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt;]] est inférieur à 5,5 et que le délai entre l’apport et l’implantation de la culture suivante est court, les produits à action rapide tels que les chaux et calcaires pulvérisés sont à privilégier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle que soit la culture, le pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; doit être supérieur à 5,8 (5,5 en sols [[sableux]]) pour éviter l’excès d’acidité préjudiciable à la culture. Seuls les [[luzernes]] et les légumes ont des seuils supérieurs fixés à 6 et 6,5.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Le chaulage d&#039;entretien====&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Pour compenser les sources d’acidification.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
Un chaulage d’entretien est recommandé tous les 3 à 5 ans. Dans cette optique, les amendements à action lente suffisent.&lt;br /&gt;
Pour maintenir le pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; au-dessus du seuil critique de 5,5, les apports d’amendements basiques doivent neutraliser l’acidité produite.&lt;br /&gt;
Les références conduisent à préconiser des apports moyens annuels de 200 à 300 kg CaO/ha ou Unités Valeur Neutralisante. Lorsque les parcelles reçoivent régulièrement des apports raisonnés de produits organiques, 100 à 200 kg CaO/ha/an sont a priori suffisants. Mais seul le suivi régulier du pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; permet de gérer de manière précise le chaulage d’entretien.&lt;br /&gt;
Tant que le pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; ne descend pas au-dessous de 6, l’apport d’amendement peut attendre ou pourra être réalisé à une dose plus faible que prévue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quel type de chaulage effectuer?==&lt;br /&gt;
La valeur du pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; et les les cultures en place dans la rotation vont conditionner le type d&#039;apport à fournir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Chaulage.png|vignette|809x809px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quand chauler un sol ?==&lt;br /&gt;
===Pour le chaulage de redressement===&lt;br /&gt;
Le calcul de la dose à apporter se fait en fonction du pHeau du sol, mais aussi de sa capacité tapon, la [[Capacité d&#039;échange cationique (CEC)|CEC]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Tableau des apports.png|vignette|849x849px|Tableau des apports de redressement fournie par le [[COMIFER]]]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par exemple, on a un sol à pH 5,5 que l&#039;on veut emmener à pH 6,5, et qui a une CEC de 10 pour ce faire, on va aditionner la valeur pour passer de 5,5 à 6 (1300) à celle pour passer de 6 à 6,5 (1900) donc un total de 3200 [[valeur neutralisante]] (VN)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Image | Image = PH_Sols.png | Légende = Carte des pH de sols en france }}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Pour le chaulage d&#039;entretien===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne le chaulage d&#039;entretien, la dose se calcule vis à vis du type de sol, et de sa perte annuelle théorique en valeur neutralisante, par la pluie et les exports des cultures&lt;br /&gt;
[[Fichier:Perte en valeur neutralisante par an.png|vignette|682x682px|perte en valeur neutralisante par an, Comifer]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les produits de chaulage==&lt;br /&gt;
Une large gamme d’amendements basiques est disponible sur le marché. Ils présentent une grande diversité de caractéristiques physiques (granulométrie, dureté…) et chimiques (nature de la base et des cations, solubilité…) ainsi que des prix à l&#039;unité de Valeur Neutralisante (VN) très variés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On distingue les produits cuits à base d’oxydes de calcium et d’oxydes de magnésium (chaux vives et chaux vives magnésiennes) et les produits crus à base de carbonates de calcium et de magnésium. Ces derniers peuvent être plus ou moins fins: pulvérisés, broyés ou concassés et diffèrent par leur vitesse d&#039;action qui dépend de leur finesse et de leur dureté/tendreté.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La norme distingue 6 classes d’amendements basiques:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 1&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Produits crus&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|Carbonates de calcium d’origine naturelle (CaCO&amp;lt;nowiki&amp;gt;&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;/nowiki&amp;gt; )&lt;br /&gt;
|Ex : craie, maërl, marne, amendements calcaires&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 2&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Produits crus&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|Carbonates de calcium et de magnésium &lt;br /&gt;
d’origine naturelle (CaCO&amp;lt;nowiki&amp;gt;&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;/nowiki&amp;gt;  + MgCO&amp;lt;nowiki&amp;gt;&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;/nowiki&amp;gt; )&lt;br /&gt;
|Ex : amendement calco-magnésien, dolomie, carbonate de magnésium&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 3&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Produits cuits&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|Chaux (oxyde de calcium CaO et/ou &lt;br /&gt;
oxyde de magnésium MgO&lt;br /&gt;
|Ex : chaux vives ou éteintes, calciques et ou magnésiennes, oxyde de magnésium&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 4&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Mélange crus + cuits&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|Amendements minéraux basiques mixtes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(mélange classe 3 + 1 ou 3 + 2)&lt;br /&gt;
|(15% min de produits cuits) Amendements &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
calciques ou magnésiens mixtes&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 5&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|Autres amendements basiques&lt;br /&gt;
|Écumes de sucrerie exclusivement&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 6&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; |Amendements basiques sidérurgiques&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le tableau ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;La Valeur Neutralisante (VN)&#039;&#039;&#039; exprime la capacité potentielle d&#039;un amendement [[basique]] à neutraliser l&#039;acidité du sol. Elle est fonction des teneurs en CaO et MgO. Les amendements basiques qu’ils soient cuits ou crus, fins et grossiers ont la même capacité de neutralisation de l’acidité du sol, quel que soit le pH du sol et c’est le délai de neutralisation qui varie entre produits selon leur vitesse d’action. La VN constitue la base de calcul de la dose à apporter à l&#039;hectare et de comparaison des prix des produits. Si un amendement a une valeur neutralisante de 92, on a 920 unités efficaces par tonne. Si cet amendement vaut 135 €/tonne alors le coût de l&#039;unité est de 135/920 soit 0,15 € par VN.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;La vitesse d&#039;action&#039;&#039;&#039; se réfère à la vitesse de dissolution du produit et dépend de la finesse de mouture du produit et de la tendreté/dureté du carbonate. Elle est estimée par la mesure de la solubilité carbonique. A tendreté/dureté égales, plus le produit est fin, plus il est en contact avec le sol et donc agit rapidement. Pour un carbonate pulvérisé ou broyé, la solubilité carbonique exprime la vitesse d&#039;action. Pour une roche concassée, on parle de tendreté /dureté de la roche. La roche est tendre au-delà de 25 % de solubilité carbonique. La rapidité d’action est un critère de choix des produits selon le type de chaulage envisagé (entretien ou redressement).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+&lt;br /&gt;
!Produits&lt;br /&gt;
!VN (valeur neutralisante)&lt;br /&gt;
!Vitesse d’action&lt;br /&gt;
!Prix rendu racine en € &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
par unité de &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
valeur neutralisante (VN)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Chaux vive&lt;br /&gt;
|92&lt;br /&gt;
|rapide&lt;br /&gt;
|0,17 - 0,24&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Chaux vive granulée&lt;br /&gt;
|92&lt;br /&gt;
|rapide&lt;br /&gt;
|&amp;lt;nowiki&amp;gt;+ 0,01 €&amp;lt;/nowiki&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Chaux magnésienne&lt;br /&gt;
|90&lt;br /&gt;
|rapide&lt;br /&gt;
|0,20 - 0,25&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Carbonate 54 (pulvérisé)&lt;br /&gt;
|54&lt;br /&gt;
|moyenne à rapide&lt;br /&gt;
|0,12 - 0,14&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Carbonates vrac humide (broyés)&lt;br /&gt;
|40-50&lt;br /&gt;
|moyenne&lt;br /&gt;
|0,08 - 0,1&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Sables calcaires, Trez&lt;br /&gt;
|30-40&lt;br /&gt;
|lente&lt;br /&gt;
|0,03 – 0,06&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La finesse du produit pour les produits crus===&lt;br /&gt;
A dureté égale, plus un produit est fin, plus il est rapide d’action : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Produits pulvérisés : 80 % du produit passant au tamis 315 µ&lt;br /&gt;
*Produits broyés : 80 % du produit passant au tamis de 4 mm&lt;br /&gt;
*Produits concassés ou bruts : plus de 20% &amp;gt; à 4 mm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La rapidité d’action===&lt;br /&gt;
Elle est exprimée par :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*La &#039;&#039;&#039;solubilité carbonique&#039;&#039;&#039; (SC) pour les produits fins dont plus de 80% du produit passe au tamis de 4 mm :&lt;br /&gt;
**SC &amp;gt; 50 : action rapide&lt;br /&gt;
**20 &amp;lt;SC &amp;lt; 50 : action moyennement rapide&lt;br /&gt;
**SC &amp;lt; 20 : action lente&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*La &#039;&#039;&#039;dureté de la roche&#039;&#039;&#039; pour les produits grossiers dont moins de 20% du produit passe au tamis de 4 mm :&lt;br /&gt;
**Dureté &amp;gt; 25 : roche tendre&lt;br /&gt;
**Dureté &amp;lt; 25 : roche dure&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(toujours &amp;gt; 10)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les écumes de sucreries sont souvent utilisées pour chauler les champs agricoles car elles apportent en plus du [[phosphore]], et des oligo-éléments.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À défaut de produits commerciaux, la cendre de bois peut être utilisée pour un chaulage léger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le cas particulier des produits organiques===&lt;br /&gt;
L’azote et le [[soufre]] organique qu’ils contiennent contribuent à l’acidification du sol, mais celle-ci est plus que compensée par les anions organiques dont les effets sont analogues à celui des bases (oxydes, carbonates…) contenues dans les amendements minéraux basiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le suivi régulier du pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; reste la seule méthode utilisable pour prendre en compte les effets des effluents d’élevage.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Les effluents d’élevage atténuent l’acidification==== &lt;br /&gt;
Les références expérimentales ([[:Catégorie:Arvalis|Arvalis]], IRSTEA, références étrangères…) montrent que les engrais de ferme testés contribuent presque toujours à atténuer l’acidification du sol. Ainsi, les essais conduits sur 10 ans par [[:Catégorie:Arvalis|Arvalis]] ont mis en évidence une amélioration du pH avec des apports annuels de fumiers, de lisiers ou de composts issus d’élevage, comparés à une fertilisation azotée annuelle uniquement minérale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’essai de la Jaillière (44), six types d’effluents apportés annuellement pendant 10 ans sur une [[prairie]] de [[ray-grass anglais]], sur la base de 150 kg N/ha, ont été comparés à une fertilisation minérale à base d’ammonitrate (dose moyenne annuelle de 150 kg N/ ha) en l’absence de chaulage. Au bout des 10 ans, le pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; de l’horizon 0-10 cm est significativement plus élevé avec des apports organiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Chaulage_effluents.png | Légende = Différenciation du pH en 2006, dans l’horizon 0-10 cm sous prairie de Ray grass anglais, après 10 ans d’apports annuels de fumiers ou de composts - Arvalis La Jaillière (44) }}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les apports d’effluents organiques ont contribué au maintien du pH à 6,6 alors que le sol s’est acidifié avec des apports strictement minéraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour aller plus loin==&lt;br /&gt;
*[https://www.semencesdefrance.com/dossiers-categories/conduite-culturale/chaulage/ Les dossiers sur le chaulage de Semences de France]&lt;br /&gt;
*[https://bourgognefranchecomte.chambres-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/National/FAL_commun/publications/Bourgogne-Franche-Comte/CDA71/07_2015_Chaulage.pdf Le chaulage - Chambres d&#039;Agriculture Bourgogne]&lt;br /&gt;
*[https://www.arvalis-infos.fr/oui-la-mesure-du-pheau-suffit-pour-faire-un-diagnostic-d-acidite-@/view-19761-arvarticle.html?lang=fr Vrai : le pH, un indicateur pertinent pour l’acidité du sol (Arvalis)]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Sources==&lt;br /&gt;
*[[wikipedia:fr:Chaulage | Page wikipedia sur le chaulage]]&lt;br /&gt;
*[https://www.arvalis-infos.fr/en-chaulage-d-entretien-les-produits-a-action-lente-suffisent-@/view-19995-arvarticle.html En chaulage d&#039;entretien, les produits à action lente suffisent Arvalis-infos]&lt;br /&gt;
*[https://pays-de-la-loire.chambres-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/Pays_de_la_Loire/022_Inst-Pays-de-la-loire/Listes-affichage-FE/RetD/Vegetal/Bulletins-SOLAG/Physico-chimie_du_sol/20170502_SOLAG_pratiques_chaulage.pdf Pratique de chaulage - Chambre d&#039;Agriculture Pays de la Loire]&lt;br /&gt;
*[https://ariege.chambre-agriculture.fr/productions-techniques/cultures/fertilisation/chaulage/ Chaulage - Chambre d&#039;Agriculture Ariège]&lt;br /&gt;
*[http://www.bretagne.synagri.com/ca1/PJ.nsf/TECHPJPARCLEF/22166/$File/Chaulage,%20retour%20sur%20les%20fondamentaux.pdf?OpenElement Chaulage : Retour sur les fondamentaux - Chambre d&#039;Agriculture Bretagne]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Annexes==&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Intrants]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Chaulage&amp;diff=166455</id>
		<title>Chaulage</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Chaulage&amp;diff=166455"/>
		<updated>2025-03-14T11:04:43Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Pratique&lt;br /&gt;
| Nom = Chaulage&lt;br /&gt;
| Image = Spreading lime on a Devon field.jpg&lt;br /&gt;
| ImageCaption = Chaulage&lt;br /&gt;
| Mots-clés = Autonomie en matière organique en maraîchage&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le chaulage est une technique de traitement à la chaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Définition==&lt;br /&gt;
Le chaulage des sols est une technique agricole qui consiste à apporter des amendements calciques ou calco-magnésiens à un sol pour corriger un [[PH du sol|pH]] trop [[acide]] car la trop grande [[Sol acide|acidité d&#039;un sol]] l&#039;empêche de libérer ses nutriments pour nourrir les plantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les effets du chaulage===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Il améliore la structure du sol&#039;&#039;&#039; en limitant les risques de formation d&#039;une croûte de [[Battance des sols|battance]] par amélioration de la stabilité structurale du sol et de ses propriétés physiques, notamment son « affinité pour l&#039;eau ». Le [[Taux de calcaire|calcium]] joue ainsi un rôle essentiel en sol instable ([[Limoneux|sols limoneux]] pauvres en [[Matière organique du sol|matière organique]] et en [[Argileux|argile]]) non pas en liant la [[matière organique]] avec les argiles mais en régulant la mobilité des métaux (chéluviation) dont celle du [[fer]] impliqué dans les liaisons organo-minérales. Dans les sols ayant développé de telles liaisons, le chaulage améliore la stabilité structurale ; dans les autres, il limite la réactivité chimique de l’aluminium, du [[fer]] et du [[manganèse]] et améliore l&#039;activité microbienne du sol, qui permet une meilleure mobilisation de l&#039;[[azote]]. Il ne faut toutefois pas chauler de manière excessive car on peut aller jusqu’à bloquer les métaux cités et les autres oligo-éléments comme dans les sols calcaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Il compense l’acidification produite par l’activité biologique&#039;&#039;&#039; en augmentant un [[PH du sol|pH]] trop bas. Le fonctionnement microbien s’accompagne obligatoirement d’une production d’acides organiques qui va jusqu’à inhiber l’activité microbienne et réduire la fertilité du sol si les acides produits ne sont pas neutralisés. L’[[:Catégorie:Objectif|objectif]] du chaulage est de neutraliser ces acides pour permettre le maintien ou l’intensification de l’activité microbienne. Cette neutralisation n’est pas faite une fois pour toutes mais doit être renouvelée tous les deux à trois ans : on passe d’une logique de redressement à une logique d’entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Il favorise l&#039;assimilation des éléments nutritifs par les végétaux&#039;&#039;&#039;, particulièrement les oligo-éléments, en compensant la perte de [[calcium]] due au prélèvement par les récoltes, au lessivage par les eaux de percolation (eau de gravité) et à l&#039;effet des engrais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Il empêche la [[repousse]] d&#039;[[adventices]]&#039;&#039;&#039; ne supportant que les sols acides ([[Fougère-aigle|fougère]], ajonc, [[genêt]], bruyère).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Il existe 2 types de chaulage===&lt;br /&gt;
====Le chaulage de redressement====&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Pour corriger un sol trop acide.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On effectue un chaulage de redressement lorsque le [[[pH du sol]]|pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt;]] est inférieur à 5,5 et que le délai entre l’apport et l’implantation de la culture suivante est court, les produits à action rapide tels que les chaux et calcaires pulvérisés sont à privilégier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle que soit la culture, le pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; doit être supérieur à 5,8 (5,5 en sols [[sableux]]) pour éviter l’excès d’acidité préjudiciable à la culture. Seuls les [[luzernes]] et les légumes ont des seuils supérieurs fixés à 6 et 6,5.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Le chaulage d&#039;entretien====&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Pour compenser les sources d’acidification.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
Un chaulage d’entretien est recommandé tous les 3 à 5 ans. Dans cette optique, les amendements à action lente suffisent.&lt;br /&gt;
Pour maintenir le pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; au-dessus du seuil critique de 5,5, les apports d’amendements basiques doivent neutraliser l’acidité produite.&lt;br /&gt;
Les références conduisent à préconiser des apports moyens annuels de 200 à 300 kg CaO/ha ou Unités Valeur Neutralisante. Lorsque les parcelles reçoivent régulièrement des apports raisonnés de produits organiques, 100 à 200 kg CaO/ha/an sont a priori suffisants. Mais seul le suivi régulier du pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; permet de gérer de manière précise le chaulage d’entretien.&lt;br /&gt;
Tant que le pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; ne descend pas au-dessous de 6, l’apport d’amendement peut attendre ou pourra être réalisé à une dose plus faible que prévue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quel type de chaulage effectuer?==&lt;br /&gt;
La valeur du pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; et les les cultures en place dans la rotation vont conditionner le type d&#039;apport à fournir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Chaulage.png|vignette|809x809px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quand chauler un sol ?==&lt;br /&gt;
===Pour le chaulage de redressement===&lt;br /&gt;
Le calcul de la dose à apporter se fait en fonction du pHeau du sol, mais aussi de sa capacité tapon, la [[Capacité d&#039;échange cationique (CEC)|CEC]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Tableau des apports.png|vignette|849x849px|Tableau des apports de redressement fournie par le [[COMIFER]]]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par exemple, on a un sol à pH 5,5 que l&#039;on veut emmener à pH 6,5, et qui a une CEC de 10 pour ce faire, on va aditionner la valeur pour passer de 5,5 à 6 (1300) à celle pour passer de 6 à 6,5 (1900) donc un total de 3200 [[valeur neutralisante]] (VN)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Image | Image = PH_Sols.png | Légende = Carte des pH de sols en france }}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Pour le chaulage d&#039;entretien===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne le chaulage d&#039;entretien, la dose se calcule vis à vis du type de sol, et de sa perte annuelle théorique en valeur neutralisante, par la pluie et les exports des cultures&lt;br /&gt;
[[Fichier:Perte en valeur neutralisante par an.png|vignette|682x682px|perte en valeur neutralisante par an, Comifer]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les produits de chaulage==&lt;br /&gt;
Une large gamme d’amendements basiques est disponible sur le marché. Ils présentent une grande diversité de caractéristiques physiques (granulométrie, dureté…) et chimiques (nature de la base et des cations, solubilité…) ainsi que des prix à l&#039;unité de Valeur Neutralisante (VN) très variés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On distingue les produits cuits à base d’oxydes de calcium et d’oxydes de magnésium (chaux vives et chaux vives magnésiennes) et les produits crus à base de carbonates de calcium et de magnésium. Ces derniers peuvent être plus ou moins fins: pulvérisés, broyés ou concassés et diffèrent par leur vitesse d&#039;action qui dépend de leur finesse et de leur dureté/tendreté.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La norme distingue 6 classes d’amendements basiques:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 1&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Produits crus&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|Carbonates de calcium d’origine naturelle (CaCO&amp;lt;nowiki&amp;gt;&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;/nowiki&amp;gt; )&lt;br /&gt;
|Ex : craie, maërl, marne, amendements calcaires&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 2&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Produits crus&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|Carbonates de calcium et de magnésium &lt;br /&gt;
d’origine naturelle (CaCO&amp;lt;nowiki&amp;gt;&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;/nowiki&amp;gt;  + MgCO&amp;lt;nowiki&amp;gt;&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;/nowiki&amp;gt; )&lt;br /&gt;
|Ex : amendement calco-magnésien, dolomie, carbonate de magnésium&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 3&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Produits cuits&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|Chaux (oxyde de calcium CaO et/ou &lt;br /&gt;
oxyde de magnésium MgO&lt;br /&gt;
|Ex : chaux vives ou éteintes, calciques et ou magnésiennes, oxyde de magnésium&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 4&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Mélange crus + cuits&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|Amendements minéraux basiques mixtes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(mélange classe 3 + 1 ou 3 + 2)&lt;br /&gt;
|(15% min de produits cuits) Amendements &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
calciques ou magnésiens mixtes&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 5&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|Autres amendements basiques&lt;br /&gt;
|Écumes de sucrerie exclusivement&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 6&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; |Amendements basiques sidérurgiques&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le tableau ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;La Valeur Neutralisante (VN)&#039;&#039;&#039; exprime la capacité potentielle d&#039;un amendement [[basique]] à neutraliser l&#039;acidité du sol. Elle est fonction des teneurs en CaO et MgO. Les amendements basiques qu’ils soient cuits ou crus, fins et grossiers ont la même capacité de neutralisation de l’acidité du sol, quel que soit le pH du sol et c’est le délai de neutralisation qui varie entre produits selon leur vitesse d’action. La VN constitue la base de calcul de la dose à apporter à l&#039;hectare et de comparaison des prix des produits. Si un amendement a une valeur neutralisante de 92, on a 920 unités efficaces par tonne. Si cet amendement vaut 135 €/tonne alors le coût de l&#039;unité est de 135/920 soit 0,15 € par VN.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;La vitesse d&#039;action&#039;&#039;&#039; se réfère à la vitesse de dissolution du produit et dépend de la finesse de mouture du produit et de la tendreté/dureté du carbonate. Elle est estimée par la mesure de la solubilité carbonique. A tendreté/dureté égales, plus le produit est fin, plus il est en contact avec le sol et donc agit rapidement. Pour un carbonate pulvérisé ou broyé, la solubilité carbonique exprime la vitesse d&#039;action. Pour une roche concassée, on parle de tendreté /dureté de la roche. La roche est tendre au-delà de 25 % de solubilité carbonique. La rapidité d’action est un critère de choix des produits selon le type de chaulage envisagé (entretien ou redressement).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+&lt;br /&gt;
!Produits&lt;br /&gt;
!VN (valeur neutralisante)&lt;br /&gt;
!Vitesse d’action&lt;br /&gt;
!Prix rendu racine en € &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
par unité de &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
valeur neutralisante (VN)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Chaux vive&lt;br /&gt;
|92&lt;br /&gt;
|rapide&lt;br /&gt;
|0,17 - 0,24&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Chaux vive granulée&lt;br /&gt;
|92&lt;br /&gt;
|rapide&lt;br /&gt;
|&amp;lt;nowiki&amp;gt;+ 0,01 €&amp;lt;/nowiki&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Chaux magnésienne&lt;br /&gt;
|90&lt;br /&gt;
|rapide&lt;br /&gt;
|0,20 - 0,25&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Carbonate 54 (pulvérisé)&lt;br /&gt;
|54&lt;br /&gt;
|moyenne à rapide&lt;br /&gt;
|0,12 - 0,14&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Carbonates vrac humide (broyés)&lt;br /&gt;
|40-50&lt;br /&gt;
|moyenne&lt;br /&gt;
|0,08 - 0,1&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Sables calcaires, Trez&lt;br /&gt;
|30-40&lt;br /&gt;
|lente&lt;br /&gt;
|0,03 – 0,06&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La finesse du produit pour les produits crus===&lt;br /&gt;
A dureté égale, plus un produit est fin, plus il est rapide d’action : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Produits pulvérisés : 80 % du produit passant au tamis 315 µ&lt;br /&gt;
*Produits broyés : 80 % du produit passant au tamis de 4 mm&lt;br /&gt;
*Produits concassés ou bruts : plus de 20% &amp;gt; à 4 mm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La rapidité d’action===&lt;br /&gt;
Elle est exprimée par :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*La &#039;&#039;&#039;solubilité carbonique&#039;&#039;&#039; (SC) pour les produits fins dont plus de 80% du produit passe au tamis de 4 mm :&lt;br /&gt;
**SC &amp;gt; 50 : action rapide&lt;br /&gt;
**20 &amp;lt;SC &amp;lt; 50 : action moyennement rapide&lt;br /&gt;
**SC &amp;lt; 20 : action lente&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*La &#039;&#039;&#039;dureté de la roche&#039;&#039;&#039; pour les produits grossiers dont moins de 20% du produit passe au tamis de 4 mm :&lt;br /&gt;
**Dureté &amp;gt; 25 : roche tendre&lt;br /&gt;
**Dureté &amp;lt; 25 : roche dure&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(toujours &amp;gt; 10)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les écumes de sucreries sont souvent utilisées pour chauler les champs agricoles car elles apportent en plus du [[phosphore]], et des oligo-éléments.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À défaut de produits commerciaux, la cendre de bois peut être utilisée pour un chaulage léger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le cas particulier des produits organiques===&lt;br /&gt;
L’azote et le [[soufre]] organique qu’ils contiennent contribuent à l’acidification du sol, mais celle-ci est plus que compensée par les anions organiques dont les effets sont analogues à celui des bases (oxydes, carbonates…) contenues dans les amendements minéraux basiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le suivi régulier du pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; reste la seule méthode utilisable pour prendre en compte les effets des effluents d’élevage.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Les effluents d’élevage atténuent l’acidification==== &lt;br /&gt;
Les références expérimentales ([[:Catégorie:Arvalis|Arvalis]], IRSTEA, références étrangères…) montrent que les engrais de ferme testés contribuent presque toujours à atténuer l’acidification du sol. Ainsi, les essais conduits sur 10 ans par [[:Catégorie:Arvalis|Arvalis]] ont mis en évidence une amélioration du pH avec des apports annuels de fumiers, de lisiers ou de composts issus d’élevage, comparés à une fertilisation azotée annuelle uniquement minérale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’essai de la Jaillière (44), six types d’effluents apportés annuellement pendant 10 ans sur une [[prairie]] de [[ray-grass anglais]], sur la base de 150 kg N/ha, ont été comparés à une fertilisation minérale à base d’ammonitrate (dose moyenne annuelle de 150 kg N/ ha) en l’absence de chaulage. Au bout des 10 ans, le pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; de l’horizon 0-10 cm est significativement plus élevé avec des apports organiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Chaulage_effluents.png | Légende = Différenciation du pH en 2006, dans l’horizon 0-10 cm sous prairie de Ray grass anglais, après 10 ans d’apports annuels de fumiers ou de composts - Arvalis La Jaillière (44) }}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les apports d’effluents organiques ont contribué au maintien du pH à 6,6 alors que le sol s’est acidifié avec des apports strictement minéraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour aller plus loin==&lt;br /&gt;
*[https://www.semencesdefrance.com/dossiers-categories/conduite-culturale/chaulage/ Les dossiers sur le chaulage de Semences de France]&lt;br /&gt;
*[https://bourgognefranchecomte.chambres-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/National/FAL_commun/publications/Bourgogne-Franche-Comte/CDA71/07_2015_Chaulage.pdf Le chaulage - Chambres d&#039;Agriculture Bourgogne]&lt;br /&gt;
*[https://www.arvalis-infos.fr/oui-la-mesure-du-pheau-suffit-pour-faire-un-diagnostic-d-acidite-@/view-19761-arvarticle.html?lang=fr Vrai : le pH, un indicateur pertinent pour l’acidité du sol (Arvalis)]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Sources==&lt;br /&gt;
*[[wikipedia:fr:Chaulage | Page wikipedia sur le chaulage]]&lt;br /&gt;
*[https://www.arvalis-infos.fr/en-chaulage-d-entretien-les-produits-a-action-lente-suffisent-@/view-19995-arvarticle.html En chaulage d&#039;entretien, les produits à action lente suffisent Arvalis-infos]&lt;br /&gt;
*[https://pays-de-la-loire.chambres-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/Pays_de_la_Loire/022_Inst-Pays-de-la-loire/Listes-affichage-FE/RetD/Vegetal/Bulletins-SOLAG/Physico-chimie_du_sol/20170502_SOLAG_pratiques_chaulage.pdf Pratique de chaulage - Chambre d&#039;Agriculture Pays de la Loire]&lt;br /&gt;
*[https://ariege.chambre-agriculture.fr/productions-techniques/cultures/fertilisation/chaulage/ Chaulage - Chambre d&#039;Agriculture Ariège]&lt;br /&gt;
*[http://www.bretagne.synagri.com/ca1/PJ.nsf/TECHPJPARCLEF/22166/$File/Chaulage,%20retour%20sur%20les%20fondamentaux.pdf?OpenElement Chaulage : Retour sur les fondamentaux - Chambre d&#039;Agriculture Bretagne]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Annexes==&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Intrants]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Perte_en_valeur_neutralisante_par_an.png&amp;diff=166454</id>
		<title>Fichier:Perte en valeur neutralisante par an.png</title>
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		<updated>2025-03-14T11:03:56Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;perte en valeur neutralisante par an&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Tableau_des_apports.png&amp;diff=166451</id>
		<title>Fichier:Tableau des apports.png</title>
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		<updated>2025-03-14T10:46:47Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;tableau des apports&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Chaulage&amp;diff=166450</id>
		<title>Chaulage</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Chaulage&amp;diff=166450"/>
		<updated>2025-03-14T10:44:30Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Pratique&lt;br /&gt;
| Nom = Chaulage&lt;br /&gt;
| Image = Spreading lime on a Devon field.jpg&lt;br /&gt;
| ImageCaption = Chaulage&lt;br /&gt;
| Mots-clés = Autonomie en matière organique en maraîchage&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le chaulage est une technique de traitement à la chaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Définition==&lt;br /&gt;
Le chaulage des sols est une technique agricole qui consiste à apporter des amendements calciques ou calco-magnésiens à un sol pour corriger un [[PH du sol|pH]] trop [[acide]] car la trop grande [[Sol acide|acidité d&#039;un sol]] l&#039;empêche de libérer ses nutriments pour nourrir les plantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les effets du chaulage===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Il améliore la structure du sol&#039;&#039;&#039; en limitant les risques de formation d&#039;une croûte de [[Battance des sols|battance]] par amélioration de la stabilité structurale du sol et de ses propriétés physiques, notamment son « affinité pour l&#039;eau ». Le [[Taux de calcaire|calcium]] joue ainsi un rôle essentiel en sol instable ([[Limoneux|sols limoneux]] pauvres en [[Matière organique du sol|matière organique]] et en [[Argileux|argile]]) non pas en liant la [[matière organique]] avec les argiles mais en régulant la mobilité des métaux (chéluviation) dont celle du [[fer]] impliqué dans les liaisons organo-minérales. Dans les sols ayant développé de telles liaisons, le chaulage améliore la stabilité structurale ; dans les autres, il limite la réactivité chimique de l’aluminium, du [[fer]] et du [[manganèse]] et améliore l&#039;activité microbienne du sol, qui permet une meilleure mobilisation de l&#039;[[azote]]. Il ne faut toutefois pas chauler de manière excessive car on peut aller jusqu’à bloquer les métaux cités et les autres oligo-éléments comme dans les sols calcaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Il compense l’acidification produite par l’activité biologique&#039;&#039;&#039; en augmentant un [[PH du sol|pH]] trop bas. Le fonctionnement microbien s’accompagne obligatoirement d’une production d’acides organiques qui va jusqu’à inhiber l’activité microbienne et réduire la fertilité du sol si les acides produits ne sont pas neutralisés. L’[[:Catégorie:Objectif|objectif]] du chaulage est de neutraliser ces acides pour permettre le maintien ou l’intensification de l’activité microbienne. Cette neutralisation n’est pas faite une fois pour toutes mais doit être renouvelée tous les deux à trois ans : on passe d’une logique de redressement à une logique d’entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Il favorise l&#039;assimilation des éléments nutritifs par les végétaux&#039;&#039;&#039;, particulièrement les oligo-éléments, en compensant la perte de [[calcium]] due au prélèvement par les récoltes, au lessivage par les eaux de percolation (eau de gravité) et à l&#039;effet des engrais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Il empêche la [[repousse]] d&#039;[[adventices]]&#039;&#039;&#039; ne supportant que les sols acides ([[Fougère-aigle|fougère]], ajonc, [[genêt]], bruyère).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Il existe 2 types de chaulage===&lt;br /&gt;
====Le chaulage de redressement====&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Pour corriger un sol trop acide.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On effectue un chaulage de redressement lorsque le [[[pH du sol]]|pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt;]] est inférieur à 5,5 et que le délai entre l’apport et l’implantation de la culture suivante est court, les produits à action rapide tels que les chaux et calcaires pulvérisés sont à privilégier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle que soit la culture, le pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; doit être supérieur à 5,8 (5,5 en sols [[sableux]]) pour éviter l’excès d’acidité préjudiciable à la culture. Seuls les [[luzernes]] et les légumes ont des seuils supérieurs fixés à 6 et 6,5.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Le chaulage d&#039;entretien====&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Pour compenser les sources d’acidification.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
Un chaulage d’entretien est recommandé tous les 3 à 5 ans. Dans cette optique, les amendements à action lente suffisent.&lt;br /&gt;
Pour maintenir le pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; au-dessus du seuil critique de 5,5, les apports d’amendements basiques doivent neutraliser l’acidité produite.&lt;br /&gt;
Les références conduisent à préconiser des apports moyens annuels de 200 à 300 kg CaO/ha ou Unités Valeur Neutralisante. Lorsque les parcelles reçoivent régulièrement des apports raisonnés de produits organiques, 100 à 200 kg CaO/ha/an sont a priori suffisants. Mais seul le suivi régulier du pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; permet de gérer de manière précise le chaulage d’entretien.&lt;br /&gt;
Tant que le pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; ne descend pas au-dessous de 6, l’apport d’amendement peut attendre ou pourra être réalisé à une dose plus faible que prévue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quel type de chaulage effectuer?==&lt;br /&gt;
La valeur du pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; et les les cultures en place dans la rotation vont conditionner le type d&#039;apport à fournir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Chaulage.png|vignette|809x809px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quand chauler un sol ?==&lt;br /&gt;
===Pour le chaulage de redressement===&lt;br /&gt;
On effectue un chaulage de redressement lorsque le [[pH du sol|pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt;]] est inférieur à 5,5 et que le délai entre l’apport et l’implantation de la culture suivante est court.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Image | Image = PH_Sols.png | Légende = Carte des pH de sols en france }}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Pour le chaulage d&#039;entretien===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Trois indicateurs simples permettent de rendre compte du besoin de chaulage d&#039;un sol :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;le [[:Catégorie:PH du sol|pH du sol]]&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;la capacité d&#039;échange cationique&#039;&#039;&#039; ([[CEC]]) et le taux de saturation du sol (TS) par le calcium échangeable (rapport calcium échangeable / CEC) qui permettent de connaître l’état des réserves calciques du sol&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;la [[Taux de calcaire|teneur en carbonates]]&#039;&#039;&#039; (« calcaire total »). Lorsque ces carbonates se solubilisent, sous l&#039;effet des précipitations, ils libèrent des ions calcium (et [[magnésium]]) qui viennent compenser les pertes dues à la lixiviation par les pluies, et des ions carbonates, une base forte qui neutralise les ions H&amp;lt;sup&amp;gt;+&amp;lt;/sup&amp;gt;. On estime qu&#039;une teneur minimale de 3 g/kg de terre fine de carbonates est nécessaire dans ces situations à risque pour éviter une chute brutale de pH.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les produits de chaulage==&lt;br /&gt;
Une large gamme d’amendements basiques est disponible sur le marché. Ils présentent une grande diversité de caractéristiques physiques (granulométrie, dureté…) et chimiques (nature de la base et des cations, solubilité…) ainsi que des prix à l&#039;unité de Valeur Neutralisante (VN) très variés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On distingue les produits cuits à base d’oxydes de calcium et d’oxydes de magnésium (chaux vives et chaux vives magnésiennes) et les produits crus à base de carbonates de calcium et de magnésium. Ces derniers peuvent être plus ou moins fins: pulvérisés, broyés ou concassés et diffèrent par leur vitesse d&#039;action qui dépend de leur finesse et de leur dureté/tendreté.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La norme distingue 6 classes d’amendements basiques:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 1&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Produits crus&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|Carbonates de calcium d’origine naturelle (CaCO&amp;lt;nowiki&amp;gt;&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;/nowiki&amp;gt; )&lt;br /&gt;
|Ex : craie, maërl, marne, amendements calcaires&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 2&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Produits crus&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|Carbonates de calcium et de magnésium &lt;br /&gt;
d’origine naturelle (CaCO&amp;lt;nowiki&amp;gt;&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;/nowiki&amp;gt;  + MgCO&amp;lt;nowiki&amp;gt;&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;/nowiki&amp;gt; )&lt;br /&gt;
|Ex : amendement calco-magnésien, dolomie, carbonate de magnésium&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 3&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Produits cuits&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|Chaux (oxyde de calcium CaO et/ou &lt;br /&gt;
oxyde de magnésium MgO&lt;br /&gt;
|Ex : chaux vives ou éteintes, calciques et ou magnésiennes, oxyde de magnésium&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 4&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Mélange crus + cuits&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|Amendements minéraux basiques mixtes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(mélange classe 3 + 1 ou 3 + 2)&lt;br /&gt;
|(15% min de produits cuits) Amendements &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
calciques ou magnésiens mixtes&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 5&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|Autres amendements basiques&lt;br /&gt;
|Écumes de sucrerie exclusivement&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 6&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; |Amendements basiques sidérurgiques&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le tableau ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;La Valeur Neutralisante (VN)&#039;&#039;&#039; exprime la capacité potentielle d&#039;un amendement [[basique]] à neutraliser l&#039;acidité du sol. Elle est fonction des teneurs en CaO et MgO. Les amendements basiques qu’ils soient cuits ou crus, fins et grossiers ont la même capacité de neutralisation de l’acidité du sol, quel que soit le pH du sol et c’est le délai de neutralisation qui varie entre produits selon leur vitesse d’action. La VN constitue la base de calcul de la dose à apporter à l&#039;hectare et de comparaison des prix des produits. Si un amendement a une valeur neutralisante de 92, on a 920 unités efficaces par tonne. Si cet amendement vaut 135 €/tonne alors le coût de l&#039;unité est de 135/920 soit 0,15 € par VN.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;La vitesse d&#039;action&#039;&#039;&#039; se réfère à la vitesse de dissolution du produit et dépend de la finesse de mouture du produit et de la tendreté/dureté du carbonate. Elle est estimée par la mesure de la solubilité carbonique. A tendreté/dureté égales, plus le produit est fin, plus il est en contact avec le sol et donc agit rapidement. Pour un carbonate pulvérisé ou broyé, la solubilité carbonique exprime la vitesse d&#039;action. Pour une roche concassée, on parle de tendreté /dureté de la roche. La roche est tendre au-delà de 25 % de solubilité carbonique. La rapidité d’action est un critère de choix des produits selon le type de chaulage envisagé (entretien ou redressement).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+&lt;br /&gt;
!Produits&lt;br /&gt;
!VN (valeur neutralisante)&lt;br /&gt;
!Vitesse d’action&lt;br /&gt;
!Prix rendu racine en € &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
par unité de &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
valeur neutralisante (VN)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Chaux vive&lt;br /&gt;
|92&lt;br /&gt;
|rapide&lt;br /&gt;
|0,17 - 0,24&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Chaux vive granulée&lt;br /&gt;
|92&lt;br /&gt;
|rapide&lt;br /&gt;
|&amp;lt;nowiki&amp;gt;+ 0,01 €&amp;lt;/nowiki&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Chaux magnésienne&lt;br /&gt;
|90&lt;br /&gt;
|rapide&lt;br /&gt;
|0,20 - 0,25&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Carbonate 54 (pulvérisé)&lt;br /&gt;
|54&lt;br /&gt;
|moyenne à rapide&lt;br /&gt;
|0,12 - 0,14&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Carbonates vrac humide (broyés)&lt;br /&gt;
|40-50&lt;br /&gt;
|moyenne&lt;br /&gt;
|0,08 - 0,1&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Sables calcaires, Trez&lt;br /&gt;
|30-40&lt;br /&gt;
|lente&lt;br /&gt;
|0,03 – 0,06&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La finesse du produit pour les produits crus===&lt;br /&gt;
A dureté égale, plus un produit est fin, plus il est rapide d’action : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Produits pulvérisés : 80 % du produit passant au tamis 315 µ&lt;br /&gt;
*Produits broyés : 80 % du produit passant au tamis de 4 mm&lt;br /&gt;
*Produits concassés ou bruts : plus de 20% &amp;gt; à 4 mm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La rapidité d’action===&lt;br /&gt;
Elle est exprimée par :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*La &#039;&#039;&#039;solubilité carbonique&#039;&#039;&#039; (SC) pour les produits fins dont plus de 80% du produit passe au tamis de 4 mm :&lt;br /&gt;
**SC &amp;gt; 50 : action rapide&lt;br /&gt;
**20 &amp;lt;SC &amp;lt; 50 : action moyennement rapide&lt;br /&gt;
**SC &amp;lt; 20 : action lente&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*La &#039;&#039;&#039;dureté de la roche&#039;&#039;&#039; pour les produits grossiers dont moins de 20% du produit passe au tamis de 4 mm :&lt;br /&gt;
**Dureté &amp;gt; 25 : roche tendre&lt;br /&gt;
**Dureté &amp;lt; 25 : roche dure&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(toujours &amp;gt; 10)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les écumes de sucreries sont souvent utilisées pour chauler les champs agricoles car elles apportent en plus du [[phosphore]], et des oligo-éléments.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À défaut de produits commerciaux, la cendre de bois peut être utilisée pour un chaulage léger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le cas particulier des produits organiques===&lt;br /&gt;
L’azote et le [[soufre]] organique qu’ils contiennent contribuent à l’acidification du sol, mais celle-ci est plus que compensée par les anions organiques dont les effets sont analogues à celui des bases (oxydes, carbonates…) contenues dans les amendements minéraux basiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le suivi régulier du pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; reste la seule méthode utilisable pour prendre en compte les effets des effluents d’élevage.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Les effluents d’élevage atténuent l’acidification==== &lt;br /&gt;
Les références expérimentales ([[:Catégorie:Arvalis|Arvalis]], IRSTEA, références étrangères…) montrent que les engrais de ferme testés contribuent presque toujours à atténuer l’acidification du sol. Ainsi, les essais conduits sur 10 ans par [[:Catégorie:Arvalis|Arvalis]] ont mis en évidence une amélioration du pH avec des apports annuels de fumiers, de lisiers ou de composts issus d’élevage, comparés à une fertilisation azotée annuelle uniquement minérale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’essai de la Jaillière (44), six types d’effluents apportés annuellement pendant 10 ans sur une [[prairie]] de [[ray-grass anglais]], sur la base de 150 kg N/ha, ont été comparés à une fertilisation minérale à base d’ammonitrate (dose moyenne annuelle de 150 kg N/ ha) en l’absence de chaulage. Au bout des 10 ans, le pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; de l’horizon 0-10 cm est significativement plus élevé avec des apports organiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Chaulage_effluents.png | Légende = Différenciation du pH en 2006, dans l’horizon 0-10 cm sous prairie de Ray grass anglais, après 10 ans d’apports annuels de fumiers ou de composts - Arvalis La Jaillière (44) }}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les apports d’effluents organiques ont contribué au maintien du pH à 6,6 alors que le sol s’est acidifié avec des apports strictement minéraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour aller plus loin==&lt;br /&gt;
*[https://www.semencesdefrance.com/dossiers-categories/conduite-culturale/chaulage/ Les dossiers sur le chaulage de Semences de France]&lt;br /&gt;
*[https://bourgognefranchecomte.chambres-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/National/FAL_commun/publications/Bourgogne-Franche-Comte/CDA71/07_2015_Chaulage.pdf Le chaulage - Chambres d&#039;Agriculture Bourgogne]&lt;br /&gt;
*[https://www.arvalis-infos.fr/oui-la-mesure-du-pheau-suffit-pour-faire-un-diagnostic-d-acidite-@/view-19761-arvarticle.html?lang=fr Vrai : le pH, un indicateur pertinent pour l’acidité du sol (Arvalis)]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Sources==&lt;br /&gt;
*[[wikipedia:fr:Chaulage | Page wikipedia sur le chaulage]]&lt;br /&gt;
*[https://www.arvalis-infos.fr/en-chaulage-d-entretien-les-produits-a-action-lente-suffisent-@/view-19995-arvarticle.html En chaulage d&#039;entretien, les produits à action lente suffisent Arvalis-infos]&lt;br /&gt;
*[https://pays-de-la-loire.chambres-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/Pays_de_la_Loire/022_Inst-Pays-de-la-loire/Listes-affichage-FE/RetD/Vegetal/Bulletins-SOLAG/Physico-chimie_du_sol/20170502_SOLAG_pratiques_chaulage.pdf Pratique de chaulage - Chambre d&#039;Agriculture Pays de la Loire]&lt;br /&gt;
*[https://ariege.chambre-agriculture.fr/productions-techniques/cultures/fertilisation/chaulage/ Chaulage - Chambre d&#039;Agriculture Ariège]&lt;br /&gt;
*[http://www.bretagne.synagri.com/ca1/PJ.nsf/TECHPJPARCLEF/22166/$File/Chaulage,%20retour%20sur%20les%20fondamentaux.pdf?OpenElement Chaulage : Retour sur les fondamentaux - Chambre d&#039;Agriculture Bretagne]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Annexes==&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Intrants]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Chaulage&amp;diff=166449</id>
		<title>Chaulage</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Chaulage&amp;diff=166449"/>
		<updated>2025-03-14T10:44:10Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Pratique&lt;br /&gt;
| Nom = Chaulage&lt;br /&gt;
| Image = Spreading lime on a Devon field.jpg&lt;br /&gt;
| ImageCaption = Chaulage&lt;br /&gt;
| Mots-clés = Autonomie en matière organique en maraîchage&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le chaulage est une technique de traitement à la chaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Définition==&lt;br /&gt;
Le chaulage des sols est une technique agricole qui consiste à apporter des amendements calciques ou calco-magnésiens à un sol pour corriger un [[PH du sol|pH]] trop [[acide]] car la trop grande [[Sol acide|acidité d&#039;un sol]] l&#039;empêche de libérer ses nutriments pour nourrir les plantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les effets du chaulage===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Il améliore la structure du sol&#039;&#039;&#039; en limitant les risques de formation d&#039;une croûte de [[Battance des sols|battance]] par amélioration de la stabilité structurale du sol et de ses propriétés physiques, notamment son « affinité pour l&#039;eau ». Le [[Taux de calcaire|calcium]] joue ainsi un rôle essentiel en sol instable ([[Limoneux|sols limoneux]] pauvres en [[Matière organique du sol|matière organique]] et en [[Argileux|argile]]) non pas en liant la [[matière organique]] avec les argiles mais en régulant la mobilité des métaux (chéluviation) dont celle du [[fer]] impliqué dans les liaisons organo-minérales. Dans les sols ayant développé de telles liaisons, le chaulage améliore la stabilité structurale ; dans les autres, il limite la réactivité chimique de l’aluminium, du [[fer]] et du [[manganèse]] et améliore l&#039;activité microbienne du sol, qui permet une meilleure mobilisation de l&#039;[[azote]]. Il ne faut toutefois pas chauler de manière excessive car on peut aller jusqu’à bloquer les métaux cités et les autres oligo-éléments comme dans les sols calcaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Il compense l’acidification produite par l’activité biologique&#039;&#039;&#039; en augmentant un [[PH du sol|pH]] trop bas. Le fonctionnement microbien s’accompagne obligatoirement d’une production d’acides organiques qui va jusqu’à inhiber l’activité microbienne et réduire la fertilité du sol si les acides produits ne sont pas neutralisés. L’[[:Catégorie:Objectif|objectif]] du chaulage est de neutraliser ces acides pour permettre le maintien ou l’intensification de l’activité microbienne. Cette neutralisation n’est pas faite une fois pour toutes mais doit être renouvelée tous les deux à trois ans : on passe d’une logique de redressement à une logique d’entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Il favorise l&#039;assimilation des éléments nutritifs par les végétaux&#039;&#039;&#039;, particulièrement les oligo-éléments, en compensant la perte de [[calcium]] due au prélèvement par les récoltes, au lessivage par les eaux de percolation (eau de gravité) et à l&#039;effet des engrais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Il empêche la [[repousse]] d&#039;[[adventices]]&#039;&#039;&#039; ne supportant que les sols acides ([[Fougère-aigle|fougère]], ajonc, [[genêt]], bruyère).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Il existe 2 types de chaulage===&lt;br /&gt;
====Le chaulage de redressement====&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Pour corriger un sol trop acide.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On effectue un chaulage de redressement lorsque le [[[pH du sol]]|pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt;]] est inférieur à 5,5 et que le délai entre l’apport et l’implantation de la culture suivante est court, les produits à action rapide tels que les chaux et calcaires pulvérisés sont à privilégier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle que soit la culture, le pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; doit être supérieur à 5,8 (5,5 en sols [[sableux]]) pour éviter l’excès d’acidité préjudiciable à la culture. Seuls les [[luzernes]] et les légumes ont des seuils supérieurs fixés à 6 et 6,5.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Le chaulage d&#039;entretien====&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Pour compenser les sources d’acidification.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
Un chaulage d’entretien est recommandé tous les 3 à 5 ans. Dans cette optique, les amendements à action lente suffisent.&lt;br /&gt;
Pour maintenir le pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; au-dessus du seuil critique de 5,5, les apports d’amendements basiques doivent neutraliser l’acidité produite.&lt;br /&gt;
Les références conduisent à préconiser des apports moyens annuels de 200 à 300 kg CaO/ha ou Unités Valeur Neutralisante. Lorsque les parcelles reçoivent régulièrement des apports raisonnés de produits organiques, 100 à 200 kg CaO/ha/an sont a priori suffisants. Mais seul le suivi régulier du pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; permet de gérer de manière précise le chaulage d’entretien.&lt;br /&gt;
Tant que le pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; ne descend pas au-dessous de 6, l’apport d’amendement peut attendre ou pourra être réalisé à une dose plus faible que prévue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quel type de chaulage effectuer?==&lt;br /&gt;
La valeur du pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; et les les cultures en place dans la rotation vont conditionner le type d&#039;apport à fournir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Chaulage.png|vignette|809x809px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quand chauler un sol ?==&lt;br /&gt;
===Pour le chaulage de redressement===&lt;br /&gt;
On effectue un chaulage de redressement lorsque le [[pH du sol|pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt;]] est inférieur à 5,5 et que le délai entre l’apport et l’implantation de la culture suivante est court.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Image | Image = PH_Sols.png | Légende = Carte des pH de sols en france }}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Pour le chaulage d&#039;entretien===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Trois indicateurs simples permettent de rendre compte du besoin de chaulage d&#039;un sol :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;le [[:Catégorie:PH du sol|pH du sol]]&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;la capacité d&#039;échange cationique&#039;&#039;&#039; ([[CEC]]) et le taux de saturation du sol (TS) par le calcium échangeable (rapport calcium échangeable / CEC) qui permettent de connaître l’état des réserves calciques du sol&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;la [[Taux de calcaire|teneur en carbonates]]&#039;&#039;&#039; (« calcaire total »). Lorsque ces carbonates se solubilisent, sous l&#039;effet des précipitations, ils libèrent des ions calcium (et [[magnésium]]) qui viennent compenser les pertes dues à la lixiviation par les pluies, et des ions carbonates, une base forte qui neutralise les ions H&amp;lt;sup&amp;gt;+&amp;lt;/sup&amp;gt;. On estime qu&#039;une teneur minimale de 3 g/kg de terre fine de carbonates est nécessaire dans ces situations à risque pour éviter une chute brutale de pH.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les produits de chaulage==&lt;br /&gt;
Une large gamme d’amendements basiques est disponible sur le marché. Ils présentent une grande diversité de caractéristiques physiques (granulométrie, dureté…) et chimiques (nature de la base et des cations, solubilité…) ainsi que des prix à l&#039;unité de Valeur Neutralisante (VN) très variés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On distingue les produits cuits à base d’oxydes de calcium et d’oxydes de magnésium (chaux vives et chaux vives magnésiennes) et les produits crus à base de carbonates de calcium et de magnésium. Ces derniers peuvent être plus ou moins fins: pulvérisés, broyés ou concassés et diffèrent par leur vitesse d&#039;action qui dépend de leur finesse et de leur dureté/tendreté.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La norme distingue 6 classes d’amendements basiques:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 1&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Produits crus&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|Carbonates de calcium d’origine naturelle (CaCO&amp;lt;nowiki&amp;gt;&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;/nowiki&amp;gt; )&lt;br /&gt;
|Ex : craie, maërl, marne, amendements calcaires&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 2&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Produits crus&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|Carbonates de calcium et de magnésium &lt;br /&gt;
d’origine naturelle (CaCO&amp;lt;nowiki&amp;gt;&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;/nowiki&amp;gt;  + MgCO&amp;lt;nowiki&amp;gt;&amp;lt;sub&amp;gt;3&amp;lt;/sub&amp;gt;&amp;lt;/nowiki&amp;gt; )&lt;br /&gt;
|Ex : amendement calco-magnésien, dolomie, carbonate de magnésium&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 3&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Produits cuits&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|Chaux (oxyde de calcium CaO et/ou &lt;br /&gt;
oxyde de magnésium MgO&lt;br /&gt;
|Ex : chaux vives ou éteintes, calciques et ou magnésiennes, oxyde de magnésium&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 4&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Mélange crus + cuits&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|Amendements minéraux basiques mixtes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(mélange classe 3 + 1 ou 3 + 2)&lt;br /&gt;
|(15% min de produits cuits) Amendements &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
calciques ou magnésiens mixtes&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 5&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
|Autres amendements basiques&lt;br /&gt;
|Écumes de sucrerie exclusivement&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|&#039;&#039;&#039;Classe 6&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; |Amendements basiques sidérurgiques&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le tableau ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;La Valeur Neutralisante (VN)&#039;&#039;&#039; exprime la capacité potentielle d&#039;un amendement [[basique]] à neutraliser l&#039;acidité du sol. Elle est fonction des teneurs en CaO et MgO. Les amendements basiques qu’ils soient cuits ou crus, fins et grossiers ont la même capacité de neutralisation de l’acidité du sol, quel que soit le pH du sol et c’est le délai de neutralisation qui varie entre produits selon leur vitesse d’action. La VN constitue la base de calcul de la dose à apporter à l&#039;hectare et de comparaison des prix des produits. Si un amendement a une valeur neutralisante de 92, on a 920 unités efficaces par tonne. Si cet amendement vaut 135 €/tonne alors le coût de l&#039;unité est de 135/920 soit 0,15 € par VN.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;La vitesse d&#039;action&#039;&#039;&#039; se réfère à la vitesse de dissolution du produit et dépend de la finesse de mouture du produit et de la tendreté/dureté du carbonate. Elle est estimée par la mesure de la solubilité carbonique. A tendreté/dureté égales, plus le produit est fin, plus il est en contact avec le sol et donc agit rapidement. Pour un carbonate pulvérisé ou broyé, la solubilité carbonique exprime la vitesse d&#039;action. Pour une roche concassée, on parle de tendreté /dureté de la roche. La roche est tendre au-delà de 25 % de solubilité carbonique. La rapidité d’action est un critère de choix des produits selon le type de chaulage envisagé (entretien ou redressement).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+&lt;br /&gt;
!Produits&lt;br /&gt;
!VN (valeur neutralisante)&lt;br /&gt;
!Vitesse d’action&lt;br /&gt;
!Prix rendu racine en € &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
par unité de &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
valeur neutralisante (VN)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Chaux vive&lt;br /&gt;
|92&lt;br /&gt;
|rapide&lt;br /&gt;
|0,17 - 0,24&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Chaux vive granulée&lt;br /&gt;
|92&lt;br /&gt;
|rapide&lt;br /&gt;
|&amp;lt;nowiki&amp;gt;+ 0,01 €&amp;lt;/nowiki&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Chaux magnésienne&lt;br /&gt;
|90&lt;br /&gt;
|rapide&lt;br /&gt;
|0,20 - 0,25&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Carbonate 54 (pulvérisé)&lt;br /&gt;
|54&lt;br /&gt;
|moyenne à rapide&lt;br /&gt;
|0,12 - 0,14&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Carbonates vrac humide (broyés)&lt;br /&gt;
|40-50&lt;br /&gt;
|moyenne&lt;br /&gt;
|0,08 - 0,1&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Sables calcaires, Trez&lt;br /&gt;
|30-40&lt;br /&gt;
|lente&lt;br /&gt;
|0,03 – 0,06&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La finesse du produit pour les produits crus===&lt;br /&gt;
A dureté égale, plus un produit est fin, plus il est rapide d’action : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Produits pulvérisés : 80 % du produit passant au tamis 315 µ&lt;br /&gt;
*Produits broyés : 80 % du produit passant au tamis de 4 mm&lt;br /&gt;
*Produits concassés ou bruts : plus de 20% &amp;gt; à 4 mm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La rapidité d’action===&lt;br /&gt;
Elle est exprimée par :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*La &#039;&#039;&#039;solubilité carbonique&#039;&#039;&#039; (SC) pour les produits fins dont plus de 80% du produit passe au tamis de 4 mm :&lt;br /&gt;
**SC &amp;gt; 50 : action rapide&lt;br /&gt;
**20 &amp;lt;SC &amp;lt; 50 : action moyennement rapide&lt;br /&gt;
**SC &amp;lt; 20 : action lente&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*La &#039;&#039;&#039;dureté de la roche&#039;&#039;&#039; pour les produits grossiers dont moins de 20% du produit passe au tamis de 4 mm :&lt;br /&gt;
**Dureté &amp;gt; 25 : roche tendre&lt;br /&gt;
**Dureté &amp;lt; 25 : roche dure&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(toujours &amp;gt; 10)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les écumes de sucreries sont souvent utilisées pour chauler les champs agricoles car elles apportent en plus du [[phosphore]], et des oligo-éléments.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À défaut de produits commerciaux, la cendre de bois peut être utilisée pour un chaulage léger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le cas particulier des produits organiques===&lt;br /&gt;
L’azote et le [[soufre]] organique qu’ils contiennent contribuent à l’acidification du sol, mais celle-ci est plus que compensée par les anions organiques dont les effets sont analogues à celui des bases (oxydes, carbonates…) contenues dans les amendements minéraux basiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le suivi régulier du pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; reste la seule méthode utilisable pour prendre en compte les effets des effluents d’élevage.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Les effluents d’élevage atténuent l’acidification==== &lt;br /&gt;
Les références expérimentales ([[:Catégorie:Arvalis|Arvalis]], IRSTEA, références étrangères…) montrent que les engrais de ferme testés contribuent presque toujours à atténuer l’acidification du sol. Ainsi, les essais conduits sur 10 ans par [[:Catégorie:Arvalis|Arvalis]] ont mis en évidence une amélioration du pH avec des apports annuels de fumiers, de lisiers ou de composts issus d’élevage, comparés à une fertilisation azotée annuelle uniquement minérale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’essai de la Jaillière (44), six types d’effluents apportés annuellement pendant 10 ans sur une [[prairie]] de [[ray-grass anglais]], sur la base de 150 kg N/ha, ont été comparés à une fertilisation minérale à base d’ammonitrate (dose moyenne annuelle de 150 kg N/ ha) en l’absence de chaulage. Au bout des 10 ans, le pH&amp;lt;sub&amp;gt;eau&amp;lt;/sub&amp;gt; de l’horizon 0-10 cm est significativement plus élevé avec des apports organiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Chaulage_effluents.png | Légende = Différenciation du pH en 2006, dans l’horizon 0-10 cm sous prairie de Ray grass anglais, après 10 ans d’apports annuels de fumiers ou de composts - Arvalis La Jaillière (44) }}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les apports d’effluents organiques ont contribué au maintien du pH à 6,6 alors que le sol s’est acidifié avec des apports strictement minéraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour aller plus loin==&lt;br /&gt;
*[https://www.semencesdefrance.com/dossiers-categories/conduite-culturale/chaulage/ Les dossiers sur le chaulage de Semences de France]&lt;br /&gt;
*[https://bourgognefranchecomte.chambres-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/National/FAL_commun/publications/Bourgogne-Franche-Comte/CDA71/07_2015_Chaulage.pdf Le chaulage - Chambres d&#039;Agriculture Bourgogne]&lt;br /&gt;
*[https://www.arvalis-infos.fr/oui-la-mesure-du-pheau-suffit-pour-faire-un-diagnostic-d-acidite-@/view-19761-arvarticle.html?lang=fr Vrai : le pH, un indicateur pertinent pour l’acidité du sol (Arvalis)]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Sources==&lt;br /&gt;
*[[wikipedia:fr:Chaulage | Page wikipedia sur le chaulage]]&lt;br /&gt;
*[https://www.arvalis-infos.fr/en-chaulage-d-entretien-les-produits-a-action-lente-suffisent-@/view-19995-arvarticle.html En chaulage d&#039;entretien, les produits à action lente suffisent Arvalis-infos]&lt;br /&gt;
*[https://pays-de-la-loire.chambres-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/Pays_de_la_Loire/022_Inst-Pays-de-la-loire/Listes-affichage-FE/RetD/Vegetal/Bulletins-SOLAG/Physico-chimie_du_sol/20170502_SOLAG_pratiques_chaulage.pdf Pratique de chaulage - Chambre d&#039;Agriculture Pays de la Loire]&lt;br /&gt;
*[https://ariege.chambre-agriculture.fr/productions-techniques/cultures/fertilisation/chaulage/ Chaulage - Chambre d&#039;Agriculture Ariège]&lt;br /&gt;
*[http://www.bretagne.synagri.com/ca1/PJ.nsf/TECHPJPARCLEF/22166/$File/Chaulage,%20retour%20sur%20les%20fondamentaux.pdf?OpenElement Chaulage : Retour sur les fondamentaux - Chambre d&#039;Agriculture Bretagne]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Annexes==&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Intrants]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Chaulage.png&amp;diff=166448</id>
		<title>Fichier:Chaulage.png</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Chaulage.png&amp;diff=166448"/>
		<updated>2025-03-14T10:43:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Type d&#039;apport à réaliser suivant la culture et le pHeau de sol&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Semer_un_colza_associ%C3%A9&amp;diff=166446</id>
		<title>Semer un colza associé</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Semer_un_colza_associ%C3%A9&amp;diff=166446"/>
		<updated>2025-03-14T10:31:19Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Pratique&lt;br /&gt;
| Image = Colza_Associe.jpg&lt;br /&gt;
| ImageCaption = Colza associé à de la féverole. Crédit photo : CA Meuse&lt;br /&gt;
| Type de production = Grandes cultures&lt;br /&gt;
| Objectif = Adventices@ Sol et fertilisation@ Environnement &amp;amp; biodiversité@ Insectes et ravageurs&lt;br /&gt;
| Mots-clés = Association de culture en grandes cultures, Couverts permanents en grandes cultures, Résilience climatique, Couverture des sols, Colza associé&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
On parle de plus en plus de « [[colza associé]] », en particulier dans les [[pratiques]] d’[[Agriculture de conservation des sols (ACS)|agriculture de conservation]]. La technique consiste à associer un couvert au colza dès l’implantation de la culture. Ce couvert reste en place à l’automne et est détruit pendant l’hiver. La mise en place d’un couvert a plusieurs intérêts par rapport à des enjeux liés à l&#039;[[azote]], les ravageurs et les [[adventices]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Principe==&lt;br /&gt;
Associer le [[colza]] à d&#039;autres [[cultures]] permet de maintenir voire d&#039;augmenter les rendements du colza, tout en réduisant les besoins en fertilisation azotée et en [[désherbage]]. Cette association colza-légumineuse est adaptée aux situations à faible disponibilité en azote, dans l’ouest et le centre de la France en particulier. L&#039;intérêt est plus limité lorsque la disponibilité en azote au semis est forte (apports de fertilisants organiques, précédents protéagineux, reliquats post-récolte élevés,...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{youtube|id=https://www.youtube.com/watch?v=OhzBtKN7vmQ}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Objectifs==&lt;br /&gt;
===Restitution d’azote pour le colza===&lt;br /&gt;
Le couvert détruit pendant l’hiver (en particulier s’il contient des [[légumineuses]]) va restituer au sol de la [[Matière organique du sol|matière organique]] et de l’azote dont le colza pourra bénéficier au printemps. Un couvert bien implanté pourra restituer en moyenne entre 20 à 30 kg d’azote disponible pour le colza.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au printemps, le relargage de l’azote est différent selon les espèces de légumineuses en fonction de leur port et de leur rapport Carbone/Azote. La [[féverole]] avec son port dressé à moins de contact avec le sol (40% de sa biomasse sera minéralisée rapidement, les tiges restent en place) tandis qu’une [[vesce]] ou un [[fenugrec]] avec leur port étalé ont 100% de leur biomasse aérienne qui sera au contact du sol, et vont donc restituer l’azote plus rapidement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela montre l&#039;intérêt d’associer plusieurs espèces pour améliorer la temporalité de relargage de l’azote pour l’interculture et la culture suivante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Valorisation de l&#039;azote ===&lt;br /&gt;
L’association permet une valorisation de l’azote minéral de l’ordre de 10 à 20 unités lié à une meilleure porosité. La mise en place d’un [[couvert végétal|couvert associé]] au colza favorise encore plus l’absorption de l’azote à l’automne et participe à la diminution des risques de lessivage de l’azote. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Concurrence les adventices===&lt;br /&gt;
{{Image|Image=Le colza associé la diversité au service de la performance 14.jpg|Légende=Relation entre le poids frais aérien et le nombre d’adventices pour colza associé et colza seul (source : Terres Inovia, 2016)|Alignement=Right}}&lt;br /&gt;
Un colza associé bien implanté accompagné de légumineuses permet de réduire la pression des adventices ([[géranium]], [[Gaillet gratteron|gaillet]], [[matricaires]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La présence de plantes associées &#039;&#039;&#039;empêche la lumière&#039;&#039;&#039; d&#039;arriver au sol et entraîne de fait une &#039;&#039;&#039;réduction de la levée des adventices.&#039;&#039;&#039; Cet aspect est intéressant dans un objectif de réduction des herbicides.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des essais menés par [[Terres Inovia]] sur 15 exploitations sur la période 2013-2016 pour comparer le colza associé et le colza seul ont montré une corrélation entre le poids aérien du colza et la présence d’adventices sur les parcelles. On observe qu’au-delà de 1 500 g/m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;, le nombre d’adventices au m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; diminue nettement, avec les modalités du colza associé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Effet structurant===&lt;br /&gt;
Le couvert associé peut agir sur la structure du sol et l’améliorer, ce qui peut favoriser le développement racinaire du colza. 90% des racines des légumineuses se situent dans les 10 premiers centimètres, ce qui induit une &#039;&#039;&#039;amélioration de la porosité du so&#039;&#039;&#039;l et un &#039;&#039;&#039;meilleur enracinement&#039;&#039;&#039; du colza (le pivot d’un colza associé est plus profond de 3-4 cm comparé à un colza seul).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Perturbe les attaques des ravageurs d’automne===&lt;br /&gt;
Les colzas associés à des mélanges à base de [[vesce]] ou [[féverole]] semblent moins attractifs pour le [[charançon du bourgeon terminal]] et l&#039;[[altise du colza]]. La présence de plantes associées aux colzas entraîne une perturbation chez les insectes ravageurs et diminue le risque de dégâts sur la culture : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Perturbation visuelle&#039;&#039;&#039; : l’insecte reconnaît la couleur et la forme de la plante hôte. Cela est accentué par un fort contraste entre le sol nu et la plante hôte en développement. La présence d’une plante compagne &#039;&#039;&#039;réduit ce contraste&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Perturbation olfactive&#039;&#039;&#039; : les insectes sont attirés par des composés volatils (constituant l’odeur spécifique de la plante hôte). La plante compagne masque ou &#039;&#039;&#039;trouble l’odeur et gêne l’orientation des insectes&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Théorie de l’atterrissage approprié/inapproprié&#039;&#039;&#039; : l’insecte se pose sur une plante et il y reste si c’est sa plante hôte ou redécolle soit pour sortir de la parcelle soit pour trouver la bonne;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Résistance par association&#039;&#039;&#039; : plante leurre ou piège – la plante hôte bénéficie de la &#039;&#039;&#039;protection&#039;&#039;&#039; de sa plante compagne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des essais menés par [[Utilisateur:Greenotec|Greenotec]] en 2019 pour comparer les dégâts d’[[Altise du colza|altises sur colzas]] associés et colzas seuls ont montré un net avantage pour le colza associé. Sur les 4 des 5 parcelles d&#039;essais, on constate une réduction des morsures allant de -20% à -36%, pour le colza associé comparé au colza seul.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Image|Image=Le colza associé la diversité au service de la performance 15.jpg|Légende=Rendement*400€ - charges d’ITK précédentes – 300 € de charges opérationnelles identiques pour chaque ITK (source Anthony Frison, 2018)|Alignement=Right}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Augmenter la rentabilité économique ===&lt;br /&gt;
Des essais menés par [[:Catégorie:Terres Inovia|Terres Inovia]] entre 2013 et 2016 ont montré des &#039;&#039;&#039;marges brutes multipliées par 1,35 à 2&#039;&#039;&#039; comparées à des colzas seuls, &#039;&#039;&#039;13% à 18% d’azote en moins&#039;&#039;&#039;, une &#039;&#039;&#039;baisse des charges en intrants de 25 à 35%&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;charges phytosanitaires de 45 à 55%&#039;&#039;&#039; et des &#039;&#039;&#039;[[IFT]] divisé par 2&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les essais menés en 2018 par Anthony Frison ont montré des résultats intéressants au niveau de la rentabilité pour les modalités avec plantes compagnes &#039;&#039;&#039;pour tous les types de travail du sol&#039;&#039;&#039; (&#039;&#039;&#039;+5%&#039;&#039;&#039; de marge brute pour la modalité colza associé comparée à la modalité colza seul &#039;&#039;&#039;en [[TCS]]&#039;&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;+2,5% en [[strip till]]&#039;&#039;&#039; et +&#039;&#039;&#039;4% en [[semis direct]]&#039;&#039;&#039;) à l’&#039;&#039;&#039;exception du labour (-1%).&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le choix du couvert==&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_Melange.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Colza associé à un mélange de féverole, lin et lentille. Crédit photo : CA Meuse}}&lt;br /&gt;
Le [[Choisir un couvert végétal|choix du couvert associé]] doit se réfléchir selon 4 principaux critères :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Un couvert à base de légumineuses pour capter l’azote de l’air.&lt;br /&gt;
*Un couvert qui ne concurrence pas le colza.&lt;br /&gt;
*Un couvert qui résiste aux [[herbicides]] colza.&lt;br /&gt;
*[[Associer le colza à des plantes de service gélives|Un couvert gélif en hiver]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Selon le matériel===&lt;br /&gt;
{{Image|Image=Le colza associé la diversité au service de la performance 6.jpg}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Selon les relations des plantes ===&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Jouer sur la complémentarité des bénéfices des couverts&#039;&#039;&#039; : enracinement complémentaire au colza pour améliorer son exploration du sol, bonne capacité de stockage d’azote à l’automne puis de libération de celui-ci au printemps, couverture du sol pour concurrencer les mauvaises herbes et rechercher une hauteur de végétation suffisamment importante pour perturber les [[insectes]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière générale, il faut éviter les crucifères comme la [[navette]] et &#039;&#039;&#039;le couvert associé le plus facile à réussir est la [[:Catégorie:Féverole|féverole]]&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Outils d&#039;aide===&lt;br /&gt;
Pour vous aider dans votre choix, l&#039;INRAe a développé l&#039;&#039;&#039;&#039;outil d&#039;aide à la décision [[CAPS]]&#039;&#039;&#039; (Colza Associé à des Plantes de Service), vous pouvez le télécharger en suivant ce [https://www6.versailles-grignon.inrae.fr/agronomie/Questionnaires/Q-Agronomie/Formulaire-CAPS lien].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Associations avec des légumineuses==&lt;br /&gt;
Les légumineuses sont plus tardives que le colza. Elles ont besoin d’au moins 500°C jour pour démarrer leur croissance dynamique. Le colza a une levée &#039;&#039;&#039;plus précoce&#039;&#039;&#039; et une &#039;&#039;&#039;phase de croissance dynamique plus courte,&#039;&#039;&#039; ce qui lui confère systématiquement au moins &#039;&#039;&#039;une semaine d’avance sur les légumineuses&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet aspect limite les risques de concurrence sur le colza dans la première phase du cycle et rend &#039;&#039;&#039;l’association fonctionnelle&#039;&#039;&#039;. L’indice de précocité est un paramètre important à prendre en compte pour une destruction naturelle en hiver (la destruction par les basses températures n’est effective que si les légumineuses arrivent au stade bouton).&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;slideshow&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
Fichier:Le colza associé la diversité au service de la performance 7.jpg&lt;br /&gt;
Fichier:Le colza associé la diversité au service de la performance 9.jpg&lt;br /&gt;
Fichier:Le colza associé la diversité au service de la performance 8.jpg&lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;{{Image | Image = Colza_Associe_Lentille.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Lentille}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===[[Lentille]]===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Croissance rapide.&lt;br /&gt;
**Hauteur limitée.&lt;br /&gt;
**Enracinement superficiel.&lt;br /&gt;
** Bon pouvoir concurrentiel avec les adventices.&lt;br /&gt;
**Minéralisation de l&#039;azote au printemps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
**Sensibilité au [[gel]] : - 7° C.&lt;br /&gt;
**Sensible à l’[[aphanomyces]].&lt;br /&gt;
**Espèce hôte du [[sclérotinia]].&lt;br /&gt;
**Mauvaise sélectivité au [[désherbage chimique]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Dose de semis en association / [[:Catégorie:Objectif|Objectif]] nb plantes/m² :&#039;&#039;&#039; 25 à 30 kg/ha. Objectif 100 à 130 plantes/m².&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 50 à 60 €/ha.&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_Féverole.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Féverole}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===[[Féverole]] de printemps===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Rapidité de développement.&lt;br /&gt;
**Enracinement très performant, structure le sol, améliore la circulation de l&#039;eau.&lt;br /&gt;
**Production de biomasse.&lt;br /&gt;
**Restitution d’azote.&lt;br /&gt;
**Utiliser les semences de ferme.&lt;br /&gt;
**Sensibilité au [[:Catégorie:Gel|gel]].&lt;br /&gt;
**Bonne sélectivité au désherbage chimique.&lt;br /&gt;
** Perturbe les insectes à l&#039;automne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
**Sensible aux conditions sèches.&lt;br /&gt;
**Grosses graines : mélange délicat avec le colza.&lt;br /&gt;
**Coût de la semence.&lt;br /&gt;
**Espèce hôte du sclérotinia.&lt;br /&gt;
**Mauvaise couverture du sol. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Dose de semis en association / Objectif nb plantes/m² :&#039;&#039;&#039; 80 à 100 kg/ha. Objectif 10 à 15 plantes/m².&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 20 à 25 €/ha (semences autoproduites).&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_TrefleAlexandrie.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Trèfle d&#039;Alexandrie monocoupe précoce}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Trèfle d’Alexandrie===&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Plante annuelle.&lt;br /&gt;
**Facile à détruire.&lt;br /&gt;
**Concurrent vis à vis des adventices.&lt;br /&gt;
**Minéralisation de l&#039;azote au printemps.&lt;br /&gt;
**Restructuration du sol grâce à son système racinaire fasciculé pivotant.&lt;br /&gt;
**Bonne sélectivité au désherbage chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
**Pouvoir couvrant moyen&lt;br /&gt;
** Sensibilité à la [[sécheresse]]&lt;br /&gt;
**Espèce hôte du sclérotinia. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Dose de semis en association / Objectif nb plantes/m² :&#039;&#039;&#039; 6 kg/ha. Objectif 200 à 300 plantes/m².&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 15 €/ha.&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_TrefleBlancNain.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Trèfle blanc nain}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Trèfle blanc nain===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Rapidité de développement.&lt;br /&gt;
**Bonne couverture du sol.&lt;br /&gt;
**Bonne sélectivité au désherbage chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
**Peu sensible au gel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Dose de semis (kg/ha) si espèce seule :&#039;&#039;&#039; 4-5.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût €/ha :&#039;&#039;&#039; 30 €/ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[trèfle blanc]] se développe très peu à l’automne et apporte donc peu de bénéfices au colza. Peu sensible au gel, sa croissance débute au printemps. Cette spécificité fait qu’il peut être ajouté dans un mélange de légumineuses gélives dans le but de se développer rapidement pendant l’interculture suivante, voire de servir de couvert permanent qui restera en place dans les [[:Catégorie:Cultures|cultures]] suivantes. Pour limiter les risques de compétition du colza au printemps, il est impératif de choisir des variétés naines comme Aberace. Dans les systèmes avec couverture semi-permanente il est conseillé de semer le couvert en même temps que le colza plutôt que de semer un colza dans le couvert déjà en place (risque accru sur la compétition en eau). Attention tout de même à la profondeur de semis du [[trèfle]] blanc, celui-ci doit être positionné superficiellement.{{Image | Image = Colza_Associe_PoisPrintemps.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Pois fourrager de printemps}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===[[Pois de printemps]]===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
** Rapidité de développement.&lt;br /&gt;
**Bonne couverture du sol.&lt;br /&gt;
** Sensible au gel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
**Coût de la semence.&lt;br /&gt;
**Sélectivité moyenne au désherbage chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Dose de semis (kg/ha) si espèce seule :&#039;&#039;&#039; 50-80.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 15 €/ha (semences fermières).&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_LinPrintemps.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Lin de printemps}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===[[Lin]] de printemps===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Sensible au gel.&lt;br /&gt;
**Bonne sélectivité au désherbage chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Dose de semis (kg/ha) si espèce seule :&#039;&#039;&#039; 1.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 1,3 €/ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Mélanges triples ou plus===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Bonne complémentarité entre les espèces.&lt;br /&gt;
**Pour certains mélanges, graines de taille similaire mélangeables avec le colza directement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Certaines espèces peuvent prendre le dessus par rapport à d’autres&lt;br /&gt;
**Attention à la difficulté de destruction par le gel pour des espèces comme les [[vesces]] ou les [[gesses]].&lt;br /&gt;
**Coût de la semence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 40-80 €/ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’association de plusieurs légumineuses est intéressante pour multiplier les atouts et contrebalancer les défauts de l’une d’entre elles. Les plantes à port dressé plus tardive avec pivot (féverole) peuvent être associées à des plantes à port plus étalées, avec racines fasciculées et souvent plus précoces (lentille, [[:Catégorie:Trèfle|trèfle]] d’Alexandrie, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Exemple de mélanges fréquemment associés avec le colza :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Féverole + Vesce + Trèfle d’Alexandrie&lt;br /&gt;
*[[Gesse]] + Fenugrec + Lentille (mélange recommandé en secteur peu gélif)&lt;br /&gt;
*Féverole + Lentille&lt;br /&gt;
* [[:Catégorie:Gesse|Gesse]] + Lentille + Trèfle d’Alexandrie (mélange recommandé en secteur peu gélif)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&amp;lt;u&amp;gt;Attention :&amp;lt;/u&amp;gt;&#039;&#039;&#039; La vesce n&#039;est pas assez gélive, la gesse est peu couvrante et n’apporte rien de plus et le [[fenugrec]] est peu couvrant et n’apporte rien de plus si ce n’est un répulsif contre les lièvres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&amp;lt;u&amp;gt;A retenir :&amp;lt;/u&amp;gt;&#039;&#039;&#039;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Pour lutter contre les [[campagnol]]s : 2kg de [[mélilot]] en mélange avec le couvert.&lt;br /&gt;
*Répulsif contre les lièvres : 10 à 20kg de fenugrec en mélange avec le couvert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Association avec des couverts pérennes ==&lt;br /&gt;
L’intérêt pour les [[couverts permanents]] est croissant. S’il est risqué d’implanter un colza dans un couvert en place (sol asséché par le couvert), l’implantation simultanée avec le colza est pertinente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Intérêts===&lt;br /&gt;
Les légumineuses pérennes ([[lotier]], [[trèfle blanc]], [[trèfle violet]], [[luzerne]], etc.) se développent pas ou peu à l’automne. Elles ne fourniront pas de service au colza. Leur intérêt sera de couvrir le sol et de produire de la biomasse dès la récolte du colza et éventuellement d’apporter différents services à la ou les cultures suivantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points d’attention===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Choix du couvert :&#039;&#039;&#039; lotier et trèfle blanc sont les espèces qui présentent le moins de risque de concurrence du colza au printemps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Gestion délicate du désherbage :&#039;&#039;&#039; les légumineuses pérennes ne contribuent pas à étouffer les adventices alors qu’une réduction de dose d’herbicides est nécessaire et les rattrapages d’entrée hiver à proscrire pour ne pas les détruire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est donc recommandé :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*D’éviter les parcelles à forte pression en adventices dicotylédones.&lt;br /&gt;
*D’associer des légumineuses gélives ayant une bonne capacité de couverture du sol précoce : trèfle d’Alexandrie mono-coupe ou lentille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==L&#039;implantation ==&lt;br /&gt;
La différence de taille entre les graines du colza et celles du couvert implanté peut être difficile à gérer au semis. Plusieurs méthodes existent selon la nature du couvert associé et le matériel.&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+&lt;br /&gt;
!Type de semis&lt;br /&gt;
!Type de graines&lt;br /&gt;
!Espèces&lt;br /&gt;
possibles &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Semis avec le même &lt;br /&gt;
semoir avec 2 cuves&lt;br /&gt;
|Tout type &lt;br /&gt;
|Toutes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
espèces&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Semis du couvert associé &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
à la volée (puis enfouissement &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
avec semoir ou outil)&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
* Densité &amp;lt;30kg/ha au Delimbe&lt;br /&gt;
*Eviter les trop petites graines&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(largeur d’épandage trop faible)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
|Lentille, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
féverole &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Semis avec le même &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
semoir en mélange&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
avec le colza&lt;br /&gt;
|Petites graines&lt;br /&gt;
|Lentille, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
trèfle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[lin]]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Semis sur le rang &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
au microgranulateur&lt;br /&gt;
|Densité &amp;lt;30kg/ha &lt;br /&gt;
|Lentille, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
trèfle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[:Catégorie:Lin|lin]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&amp;lt;u&amp;gt;Attention :&amp;lt;/u&amp;gt;&#039;&#039;&#039; Si les cultures associées sont semées trop tôt, il y a possibilité d’avoir un développement trop important du couvert qui risque d’étouffer le colza. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Conseils d’implantation / Adaptation de la conduite===&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_DatesSemis.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Carte des semis de colza associé éditée par Terres Inovia.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Réaliser des semis précoces&#039;&#039;&#039;, entre le 15 et 20 [[août]] (5 jours avant la date de semis normale du colza seul), pour favoriser la croissance des [[plantes compagnes]] et augmenter leur sensibilité au gel lors de l’arrivée des premiers froids. A l’inverse, un semis tardif ne permettra qu’un faible développement des plantes compagnes et ne justifiera pas le coût supplémentaire des semences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Choisir une &#039;&#039;&#039;variété peu sensible à l’élongation&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Implanter en simultané et en mélange avec la semence pour les graines de même densité que le colza&#039;&#039;&#039; (ex : colza + lentille). Cela économise un passage si le matériel le permet. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Implantation en deux passages pour les graines de densité différente du colza&#039;&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;semer le couvert avant le colza&#039;&#039;&#039;. Ne pas attendre trop longtemps entre les deux semis pour ne pas détruire le couvert et éviter que l’association ne prenne le dessus sur le colza. Pour une question de temps, un semis à la volée sera le plus avantageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Choisir une &#039;&#039;&#039;parcelle propre&#039;&#039;&#039; en dicotylédones, notamment [[géranium]]. La stratégie herbicide devra être adaptée et se limitera à un passage précoce ou deux pour limiter la phytotoxicité sur les plantes compagnes (voir ci-après « Adapter le programme herbicide »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*La &#039;&#039;&#039;fertilisation azotée&#039;&#039;&#039; au printemps pourra être &#039;&#039;&#039;réduite&#039;&#039;&#039;, en général de 30 unités. L’ensemble de ces adaptations de conduite garantissent le succès de la pratique et viennent justifier le surcoût de semence des plantes compagnes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{youtube|id=https://www.youtube.com/watch?v=2VDt6sYPpk8}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Gestion des adventices==&lt;br /&gt;
La phytotoxicité des herbicides colza peut nuire assez fortement au couvert associé, voire le détruire. Il faut être vigilant sur les produits et les doses de traitement appliqués. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réduction des herbicides couplée à la présence d’un couvert associé peut permettre d’obtenir des parcelles propres avec des programmes de désherbage moins chargés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les antigraminées===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rattrapage en post-levée : même raisonnement que pour le colza seul, sur repousses de graminées avec un antigraminées foliaire.&lt;br /&gt;
*Rattrapage d’entrée ou sortie hiver : avec un produit racinaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les antidicotylédones===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Les doses et stades d’application des produits diffèrent d’un colza seul. Les applications de pré-semis sont déconseillées et celles de pré-levées sont à éviter si possible car elles sont moins sélectives que les applications de post-levée.[[Fichier:Programme herbicide colza.png|vignette|332x332px]]&lt;br /&gt;
*Privilégier des applications au stade rayonnant voire 2 à 4 feuilles du colza. Fractionnez en 2 passages si besoin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les principales causes d’échec de la technique des colzas associés sont liées au désherbage&#039;&#039;&#039; : il s’agit de situations avec historique de pression adventices élevée ou avec impasse herbicide. Les causes d’échec peuvent également venir de la concurrence produite, sur le colza, par certains couverts associés de [[:Catégorie:Vesces|vesces]] ou [[trèfles]] (violet, incarnat, d’Alexandrie) non détruits en sortie hiver.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici un tableau récapitulatif sur ce sujet, réalisé par la chambre d&#039;agriculture de Bourgogne&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Gestion des maladies==&lt;br /&gt;
Il faut être vigilant pour ne pas augmenter le potentiel infectieux du sol au niveau de la problématique fongique ([[aphanomyces]]) en présence de légumineuses dans la rotation. Certaines légumineuses augmentent ce risque ([[Lentille|lentilles]], [[gesse]], [[pois]], [[Trèfle|trèfles]], [[Vesce|vesces]]), d’autres moins ([[Féverole|féveroles]], [[fenugrec]], trèfle d’Alexandrie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Articles connexes ==&lt;br /&gt;
* [[Associations de cultures et colza en Haut de France]]&lt;br /&gt;
* [[Associer le colza à des plantes de service gélives]]&lt;br /&gt;
* [[Réussir les colzas associés en agriculture de conservation, avec Antonio Pereira]]&lt;br /&gt;
* [[COLZA ASSOCIE Avec la féverole, une organisation facile et des résultats probants @CA17TV]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour aller plus loin==&lt;br /&gt;
* [https://www.terresinovia.fr/documents/20126/156018/Synthese-CASO-2021_compressed.pdf/17dc488b-d79a-f8f5-6005-66e3855c621a?t=1616755874576 Produire du colza associé à des légumineuses - CASO (Colza Associé Sud-Ouest).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Vidéos==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Réussir les colzas associés en agriculture de conservation, avec Antonio Pereira]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Sources==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[https://meuse.chambre-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/Grand-Est/037_Inst-Meuse/SPID/Fiche_colzas_associ%C3%A9s.pdf Associer un couvert à son colza - Chambre d&#039;Agriculture de la Meuse]&lt;br /&gt;
*[http://www.ile-de-france.chambagri.fr/pro77/rep-agronomie/grande_culture/files/180723_Note_technique_colza_associe.pdf Réussir l’implantation de son colza associé - Chambre d&#039;Agriculture de la Meuse]&lt;br /&gt;
*[https://www.terresinovia.fr/-/benefices-et-conduite-du-colza-associe-a-des-legumineuses Bénéfices et conduite du colza associé à des légumineuses - Terres Inovia]&lt;br /&gt;
*[https://www.entraid.com/articles/colza-associe-outil-agroecologie-agronomie-semis-choisir-plantes-compagnes Colza associé : un outil pour choisir ses plantes compagnes - Entraid&#039;]&lt;br /&gt;
*[https://www.terre-net.fr/observatoire-technique-culturale/strategie-technique-culturale/article/colza-associe-comment-quels-avantages-217-139831.html Colza associé : Comment ? Quels avantages ? - Terre-net]&lt;br /&gt;
*[https://www.agro-league.com/blog/le-colza-associe-la-diversite-au-service-de-la-performance Le colza associé : la diversité au service de la performance], [[Structure:AgroLeague|AgroLeague]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Annexes de la pratique&lt;br /&gt;
|Cultures=Colza&lt;br /&gt;
|Défavorise=Altise du colza@Charançon du bourgeon terminal@Adventices&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Semer_un_colza_associ%C3%A9&amp;diff=166445</id>
		<title>Semer un colza associé</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Semer_un_colza_associ%C3%A9&amp;diff=166445"/>
		<updated>2025-03-14T10:29:14Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Pratique&lt;br /&gt;
| Image = Colza_Associe.jpg&lt;br /&gt;
| ImageCaption = Colza associé à de la féverole. Crédit photo : CA Meuse&lt;br /&gt;
| Type de production = Grandes cultures&lt;br /&gt;
| Objectif = Adventices@ Sol et fertilisation@ Environnement &amp;amp; biodiversité@ Insectes et ravageurs&lt;br /&gt;
| Mots-clés = Association de culture en grandes cultures, Couverts permanents en grandes cultures, Résilience climatique, Couverture des sols, Colza associé&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
On parle de plus en plus de « [[colza associé]] », en particulier dans les [[pratiques]] d’[[Agriculture de conservation des sols (ACS)|agriculture de conservation]]. La technique consiste à associer un couvert au colza dès l’implantation de la culture. Ce couvert reste en place à l’automne et est détruit pendant l’hiver. La mise en place d’un couvert a plusieurs intérêts par rapport à des enjeux liés à l&#039;[[azote]], les ravageurs et les [[adventices]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Principe==&lt;br /&gt;
Associer le [[colza]] à d&#039;autres [[cultures]] permet de maintenir voire d&#039;augmenter les rendements du colza, tout en réduisant les besoins en fertilisation azotée et en [[désherbage]]. Cette association colza-légumineuse est adaptée aux situations à faible disponibilité en azote, dans l’ouest et le centre de la France en particulier. L&#039;intérêt est plus limité lorsque la disponibilité en azote au semis est forte (apports de fertilisants organiques, précédents protéagineux, reliquats post-récolte élevés,...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{youtube|id=https://www.youtube.com/watch?v=OhzBtKN7vmQ}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Objectifs==&lt;br /&gt;
===Restitution d’azote pour le colza===&lt;br /&gt;
Le couvert détruit pendant l’hiver (en particulier s’il contient des [[légumineuses]]) va restituer au sol de la [[Matière organique du sol|matière organique]] et de l’azote dont le colza pourra bénéficier au printemps. Un couvert bien implanté pourra restituer en moyenne entre 20 à 30 kg d’azote disponible pour le colza.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au printemps, le relargage de l’azote est différent selon les espèces de légumineuses en fonction de leur port et de leur rapport Carbone/Azote. La [[féverole]] avec son port dressé à moins de contact avec le sol (40% de sa biomasse sera minéralisée rapidement, les tiges restent en place) tandis qu’une [[vesce]] ou un [[fenugrec]] avec leur port étalé ont 100% de leur biomasse aérienne qui sera au contact du sol, et vont donc restituer l’azote plus rapidement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela montre l&#039;intérêt d’associer plusieurs espèces pour améliorer la temporalité de relargage de l’azote pour l’interculture et la culture suivante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Valorisation de l&#039;azote ===&lt;br /&gt;
L’association permet une valorisation de l’azote minéral de l’ordre de 10 à 20 unités lié à une meilleure porosité. La mise en place d’un [[couvert végétal|couvert associé]] au colza favorise encore plus l’absorption de l’azote à l’automne et participe à la diminution des risques de lessivage de l’azote. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Concurrence les adventices===&lt;br /&gt;
{{Image|Image=Le colza associé la diversité au service de la performance 14.jpg|Légende=Relation entre le poids frais aérien et le nombre d’adventices pour colza associé et colza seul (source : Terres Inovia, 2016)|Alignement=Right}}&lt;br /&gt;
Un colza associé bien implanté accompagné de légumineuses permet de réduire la pression des adventices ([[géranium]], [[Gaillet gratteron|gaillet]], [[matricaires]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La présence de plantes associées &#039;&#039;&#039;empêche la lumière&#039;&#039;&#039; d&#039;arriver au sol et entraîne de fait une &#039;&#039;&#039;réduction de la levée des adventices.&#039;&#039;&#039; Cet aspect est intéressant dans un objectif de réduction des herbicides.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des essais menés par [[Terres Inovia]] sur 15 exploitations sur la période 2013-2016 pour comparer le colza associé et le colza seul ont montré une corrélation entre le poids aérien du colza et la présence d’adventices sur les parcelles. On observe qu’au-delà de 1 500 g/m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;, le nombre d’adventices au m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; diminue nettement, avec les modalités du colza associé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Effet structurant===&lt;br /&gt;
Le couvert associé peut agir sur la structure du sol et l’améliorer, ce qui peut favoriser le développement racinaire du colza. 90% des racines des légumineuses se situent dans les 10 premiers centimètres, ce qui induit une &#039;&#039;&#039;amélioration de la porosité du so&#039;&#039;&#039;l et un &#039;&#039;&#039;meilleur enracinement&#039;&#039;&#039; du colza (le pivot d’un colza associé est plus profond de 3-4 cm comparé à un colza seul).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Perturbe les attaques des ravageurs d’automne===&lt;br /&gt;
Les colzas associés à des mélanges à base de [[vesce]] ou [[féverole]] semblent moins attractifs pour le [[charançon du bourgeon terminal]] et l&#039;[[altise du colza]]. La présence de plantes associées aux colzas entraîne une perturbation chez les insectes ravageurs et diminue le risque de dégâts sur la culture : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Perturbation visuelle&#039;&#039;&#039; : l’insecte reconnaît la couleur et la forme de la plante hôte. Cela est accentué par un fort contraste entre le sol nu et la plante hôte en développement. La présence d’une plante compagne &#039;&#039;&#039;réduit ce contraste&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Perturbation olfactive&#039;&#039;&#039; : les insectes sont attirés par des composés volatils (constituant l’odeur spécifique de la plante hôte). La plante compagne masque ou &#039;&#039;&#039;trouble l’odeur et gêne l’orientation des insectes&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Théorie de l’atterrissage approprié/inapproprié&#039;&#039;&#039; : l’insecte se pose sur une plante et il y reste si c’est sa plante hôte ou redécolle soit pour sortir de la parcelle soit pour trouver la bonne;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Résistance par association&#039;&#039;&#039; : plante leurre ou piège – la plante hôte bénéficie de la &#039;&#039;&#039;protection&#039;&#039;&#039; de sa plante compagne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des essais menés par [[Utilisateur:Greenotec|Greenotec]] en 2019 pour comparer les dégâts d’[[Altise du colza|altises sur colzas]] associés et colzas seuls ont montré un net avantage pour le colza associé. Sur les 4 des 5 parcelles d&#039;essais, on constate une réduction des morsures allant de -20% à -36%, pour le colza associé comparé au colza seul.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Image|Image=Le colza associé la diversité au service de la performance 15.jpg|Légende=Rendement*400€ - charges d’ITK précédentes – 300 € de charges opérationnelles identiques pour chaque ITK (source Anthony Frison, 2018)|Alignement=Right}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Augmenter la rentabilité économique ===&lt;br /&gt;
Des essais menés par [[:Catégorie:Terres Inovia|Terres Inovia]] entre 2013 et 2016 ont montré des &#039;&#039;&#039;marges brutes multipliées par 1,35 à 2&#039;&#039;&#039; comparées à des colzas seuls, &#039;&#039;&#039;13% à 18% d’azote en moins&#039;&#039;&#039;, une &#039;&#039;&#039;baisse des charges en intrants de 25 à 35%&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;charges phytosanitaires de 45 à 55%&#039;&#039;&#039; et des &#039;&#039;&#039;[[IFT]] divisé par 2&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les essais menés en 2018 par Anthony Frison ont montré des résultats intéressants au niveau de la rentabilité pour les modalités avec plantes compagnes &#039;&#039;&#039;pour tous les types de travail du sol&#039;&#039;&#039; (&#039;&#039;&#039;+5%&#039;&#039;&#039; de marge brute pour la modalité colza associé comparée à la modalité colza seul &#039;&#039;&#039;en [[TCS]]&#039;&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;+2,5% en [[strip till]]&#039;&#039;&#039; et +&#039;&#039;&#039;4% en [[semis direct]]&#039;&#039;&#039;) à l’&#039;&#039;&#039;exception du labour (-1%).&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le choix du couvert==&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_Melange.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Colza associé à un mélange de féverole, lin et lentille. Crédit photo : CA Meuse}}&lt;br /&gt;
Le [[Choisir un couvert végétal|choix du couvert associé]] doit se réfléchir selon 4 principaux critères :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Un couvert à base de légumineuses pour capter l’azote de l’air.&lt;br /&gt;
*Un couvert qui ne concurrence pas le colza.&lt;br /&gt;
*Un couvert qui résiste aux [[herbicides]] colza.&lt;br /&gt;
*[[Associer le colza à des plantes de service gélives|Un couvert gélif en hiver]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Selon le matériel===&lt;br /&gt;
{{Image|Image=Le colza associé la diversité au service de la performance 6.jpg}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Selon les relations des plantes ===&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Jouer sur la complémentarité des bénéfices des couverts&#039;&#039;&#039; : enracinement complémentaire au colza pour améliorer son exploration du sol, bonne capacité de stockage d’azote à l’automne puis de libération de celui-ci au printemps, couverture du sol pour concurrencer les mauvaises herbes et rechercher une hauteur de végétation suffisamment importante pour perturber les [[insectes]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière générale, il faut éviter les crucifères comme la [[navette]] et &#039;&#039;&#039;le couvert associé le plus facile à réussir est la [[:Catégorie:Féverole|féverole]]&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Outils d&#039;aide===&lt;br /&gt;
Pour vous aider dans votre choix, l&#039;INRAe a développé l&#039;&#039;&#039;&#039;outil d&#039;aide à la décision [[CAPS]]&#039;&#039;&#039; (Colza Associé à des Plantes de Service), vous pouvez le télécharger en suivant ce [https://www6.versailles-grignon.inrae.fr/agronomie/Questionnaires/Q-Agronomie/Formulaire-CAPS lien].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Associations avec des légumineuses==&lt;br /&gt;
Les légumineuses sont plus tardives que le colza. Elles ont besoin d’au moins 500°C jour pour démarrer leur croissance dynamique. Le colza a une levée &#039;&#039;&#039;plus précoce&#039;&#039;&#039; et une &#039;&#039;&#039;phase de croissance dynamique plus courte,&#039;&#039;&#039; ce qui lui confère systématiquement au moins &#039;&#039;&#039;une semaine d’avance sur les légumineuses&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet aspect limite les risques de concurrence sur le colza dans la première phase du cycle et rend &#039;&#039;&#039;l’association fonctionnelle&#039;&#039;&#039;. L’indice de précocité est un paramètre important à prendre en compte pour une destruction naturelle en hiver (la destruction par les basses températures n’est effective que si les légumineuses arrivent au stade bouton).&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;slideshow&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
Fichier:Le colza associé la diversité au service de la performance 7.jpg&lt;br /&gt;
Fichier:Le colza associé la diversité au service de la performance 9.jpg&lt;br /&gt;
Fichier:Le colza associé la diversité au service de la performance 8.jpg&lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;{{Image | Image = Colza_Associe_Lentille.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Lentille}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===[[Lentille]]===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Croissance rapide.&lt;br /&gt;
**Hauteur limitée.&lt;br /&gt;
**Enracinement superficiel.&lt;br /&gt;
** Bon pouvoir concurrentiel avec les adventices.&lt;br /&gt;
**Minéralisation de l&#039;azote au printemps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
**Sensibilité au [[gel]] : - 7° C.&lt;br /&gt;
**Sensible à l’[[aphanomyces]].&lt;br /&gt;
**Espèce hôte du [[sclérotinia]].&lt;br /&gt;
**Mauvaise sélectivité au [[désherbage chimique]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Dose de semis en association / [[:Catégorie:Objectif|Objectif]] nb plantes/m² :&#039;&#039;&#039; 25 à 30 kg/ha. Objectif 100 à 130 plantes/m².&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 50 à 60 €/ha.&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_Féverole.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Féverole}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===[[Féverole]] de printemps===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Rapidité de développement.&lt;br /&gt;
**Enracinement très performant, structure le sol, améliore la circulation de l&#039;eau.&lt;br /&gt;
**Production de biomasse.&lt;br /&gt;
**Restitution d’azote.&lt;br /&gt;
**Utiliser les semences de ferme.&lt;br /&gt;
**Sensibilité au [[:Catégorie:Gel|gel]].&lt;br /&gt;
**Bonne sélectivité au désherbage chimique.&lt;br /&gt;
** Perturbe les insectes à l&#039;automne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
**Sensible aux conditions sèches.&lt;br /&gt;
**Grosses graines : mélange délicat avec le colza.&lt;br /&gt;
**Coût de la semence.&lt;br /&gt;
**Espèce hôte du sclérotinia.&lt;br /&gt;
**Mauvaise couverture du sol. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Dose de semis en association / Objectif nb plantes/m² :&#039;&#039;&#039; 80 à 100 kg/ha. Objectif 10 à 15 plantes/m².&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 20 à 25 €/ha (semences autoproduites).&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_TrefleAlexandrie.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Trèfle d&#039;Alexandrie monocoupe précoce}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Trèfle d’Alexandrie===&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Plante annuelle.&lt;br /&gt;
**Facile à détruire.&lt;br /&gt;
**Concurrent vis à vis des adventices.&lt;br /&gt;
**Minéralisation de l&#039;azote au printemps.&lt;br /&gt;
**Restructuration du sol grâce à son système racinaire fasciculé pivotant.&lt;br /&gt;
**Bonne sélectivité au désherbage chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
**Pouvoir couvrant moyen&lt;br /&gt;
** Sensibilité à la [[sécheresse]]&lt;br /&gt;
**Espèce hôte du sclérotinia. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Dose de semis en association / Objectif nb plantes/m² :&#039;&#039;&#039; 6 kg/ha. Objectif 200 à 300 plantes/m².&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 15 €/ha.&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_TrefleBlancNain.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Trèfle blanc nain}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Trèfle blanc nain===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Rapidité de développement.&lt;br /&gt;
**Bonne couverture du sol.&lt;br /&gt;
**Bonne sélectivité au désherbage chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
**Peu sensible au gel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Dose de semis (kg/ha) si espèce seule :&#039;&#039;&#039; 4-5.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût €/ha :&#039;&#039;&#039; 30 €/ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[trèfle blanc]] se développe très peu à l’automne et apporte donc peu de bénéfices au colza. Peu sensible au gel, sa croissance débute au printemps. Cette spécificité fait qu’il peut être ajouté dans un mélange de légumineuses gélives dans le but de se développer rapidement pendant l’interculture suivante, voire de servir de couvert permanent qui restera en place dans les [[:Catégorie:Cultures|cultures]] suivantes. Pour limiter les risques de compétition du colza au printemps, il est impératif de choisir des variétés naines comme Aberace. Dans les systèmes avec couverture semi-permanente il est conseillé de semer le couvert en même temps que le colza plutôt que de semer un colza dans le couvert déjà en place (risque accru sur la compétition en eau). Attention tout de même à la profondeur de semis du [[trèfle]] blanc, celui-ci doit être positionné superficiellement.{{Image | Image = Colza_Associe_PoisPrintemps.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Pois fourrager de printemps}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===[[Pois de printemps]]===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
** Rapidité de développement.&lt;br /&gt;
**Bonne couverture du sol.&lt;br /&gt;
** Sensible au gel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
**Coût de la semence.&lt;br /&gt;
**Sélectivité moyenne au désherbage chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Dose de semis (kg/ha) si espèce seule :&#039;&#039;&#039; 50-80.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 15 €/ha (semences fermières).&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_LinPrintemps.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Lin de printemps}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===[[Lin]] de printemps===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Sensible au gel.&lt;br /&gt;
**Bonne sélectivité au désherbage chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Dose de semis (kg/ha) si espèce seule :&#039;&#039;&#039; 1.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 1,3 €/ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Mélanges triples ou plus===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Bonne complémentarité entre les espèces.&lt;br /&gt;
**Pour certains mélanges, graines de taille similaire mélangeables avec le colza directement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Certaines espèces peuvent prendre le dessus par rapport à d’autres&lt;br /&gt;
**Attention à la difficulté de destruction par le gel pour des espèces comme les [[vesces]] ou les [[gesses]].&lt;br /&gt;
**Coût de la semence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 40-80 €/ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’association de plusieurs légumineuses est intéressante pour multiplier les atouts et contrebalancer les défauts de l’une d’entre elles. Les plantes à port dressé plus tardive avec pivot (féverole) peuvent être associées à des plantes à port plus étalées, avec racines fasciculées et souvent plus précoces (lentille, [[:Catégorie:Trèfle|trèfle]] d’Alexandrie, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Exemple de mélanges fréquemment associés avec le colza :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Féverole + Vesce + Trèfle d’Alexandrie&lt;br /&gt;
*[[Gesse]] + Fenugrec + Lentille (mélange recommandé en secteur peu gélif)&lt;br /&gt;
*Féverole + Lentille&lt;br /&gt;
* [[:Catégorie:Gesse|Gesse]] + Lentille + Trèfle d’Alexandrie (mélange recommandé en secteur peu gélif)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&amp;lt;u&amp;gt;Attention :&amp;lt;/u&amp;gt;&#039;&#039;&#039; La vesce n&#039;est pas assez gélive, la gesse est peu couvrante et n’apporte rien de plus et le [[fenugrec]] est peu couvrant et n’apporte rien de plus si ce n’est un répulsif contre les lièvres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&amp;lt;u&amp;gt;A retenir :&amp;lt;/u&amp;gt;&#039;&#039;&#039;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Pour lutter contre les [[campagnol]]s : 2kg de [[mélilot]] en mélange avec le couvert.&lt;br /&gt;
*Répulsif contre les lièvres : 10 à 20kg de fenugrec en mélange avec le couvert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Association avec des couverts pérennes ==&lt;br /&gt;
L’intérêt pour les [[couverts permanents]] est croissant. S’il est risqué d’implanter un colza dans un couvert en place (sol asséché par le couvert), l’implantation simultanée avec le colza est pertinente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Intérêts===&lt;br /&gt;
Les légumineuses pérennes ([[lotier]], [[trèfle blanc]], [[trèfle violet]], [[luzerne]], etc.) se développent pas ou peu à l’automne. Elles ne fourniront pas de service au colza. Leur intérêt sera de couvrir le sol et de produire de la biomasse dès la récolte du colza et éventuellement d’apporter différents services à la ou les cultures suivantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points d’attention===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Choix du couvert :&#039;&#039;&#039; lotier et trèfle blanc sont les espèces qui présentent le moins de risque de concurrence du colza au printemps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Gestion délicate du désherbage :&#039;&#039;&#039; les légumineuses pérennes ne contribuent pas à étouffer les adventices alors qu’une réduction de dose d’herbicides est nécessaire et les rattrapages d’entrée hiver à proscrire pour ne pas les détruire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est donc recommandé :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*D’éviter les parcelles à forte pression en adventices dicotylédones.&lt;br /&gt;
*D’associer des légumineuses gélives ayant une bonne capacité de couverture du sol précoce : trèfle d’Alexandrie mono-coupe ou lentille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==L&#039;implantation ==&lt;br /&gt;
La différence de taille entre les graines du colza et celles du couvert implanté peut être difficile à gérer au semis. Plusieurs méthodes existent selon la nature du couvert associé et le matériel.&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+&lt;br /&gt;
!Type de semis&lt;br /&gt;
!Type de graines&lt;br /&gt;
!Espèces&lt;br /&gt;
possibles &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Semis avec le même &lt;br /&gt;
semoir avec 2 cuves&lt;br /&gt;
|Tout type &lt;br /&gt;
|Toutes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
espèces&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Semis du couvert associé &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
à la volée (puis enfouissement &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
avec semoir ou outil)&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
* Densité &amp;lt;30kg/ha au Delimbe&lt;br /&gt;
*Eviter les trop petites graines&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(largeur d’épandage trop faible)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
|Lentille, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
féverole &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Semis avec le même &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
semoir en mélange&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
avec le colza&lt;br /&gt;
|Petites graines&lt;br /&gt;
|Lentille, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
trèfle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[lin]]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Semis sur le rang &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
au microgranulateur&lt;br /&gt;
|Densité &amp;lt;30kg/ha &lt;br /&gt;
|Lentille, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
trèfle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[:Catégorie:Lin|lin]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&amp;lt;u&amp;gt;Attention :&amp;lt;/u&amp;gt;&#039;&#039;&#039; Si les cultures associées sont semées trop tôt, il y a possibilité d’avoir un développement trop important du couvert qui risque d’étouffer le colza. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Conseils d’implantation / Adaptation de la conduite===&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_DatesSemis.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Carte des semis de colza associé éditée par Terres Inovia.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Réaliser des semis précoces&#039;&#039;&#039;, entre le 15 et 20 [[août]] (5 jours avant la date de semis normale du colza seul), pour favoriser la croissance des [[plantes compagnes]] et augmenter leur sensibilité au gel lors de l’arrivée des premiers froids. A l’inverse, un semis tardif ne permettra qu’un faible développement des plantes compagnes et ne justifiera pas le coût supplémentaire des semences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Choisir une &#039;&#039;&#039;variété peu sensible à l’élongation&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Implanter en simultané et en mélange avec la semence pour les graines de même densité que le colza&#039;&#039;&#039; (ex : colza + lentille). Cela économise un passage si le matériel le permet. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Implantation en deux passages pour les graines de densité différente du colza&#039;&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;semer le couvert avant le colza&#039;&#039;&#039;. Ne pas attendre trop longtemps entre les deux semis pour ne pas détruire le couvert et éviter que l’association ne prenne le dessus sur le colza. Pour une question de temps, un semis à la volée sera le plus avantageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Choisir une &#039;&#039;&#039;parcelle propre&#039;&#039;&#039; en dicotylédones, notamment [[géranium]]. La stratégie herbicide devra être adaptée et se limitera à un passage précoce ou deux pour limiter la phytotoxicité sur les plantes compagnes (voir ci-après « Adapter le programme herbicide »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*La &#039;&#039;&#039;fertilisation azotée&#039;&#039;&#039; au printemps pourra être &#039;&#039;&#039;réduite&#039;&#039;&#039;, en général de 30 unités. L’ensemble de ces adaptations de conduite garantissent le succès de la pratique et viennent justifier le surcoût de semence des plantes compagnes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{youtube|id=https://www.youtube.com/watch?v=2VDt6sYPpk8}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Gestion des adventices==&lt;br /&gt;
La phytotoxicité des herbicides colza peut nuire assez fortement au couvert associé, voire le détruire. Il faut être vigilant sur les produits et les doses de traitement appliqués. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réduction des herbicides couplée à la présence d’un couvert associé peut permettre d’obtenir des parcelles propres avec des programmes de désherbage moins chargés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les antigraminées===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rattrapage en post-levée : même raisonnement que pour le colza seul, sur repousses de graminées avec un antigraminées foliaire.&lt;br /&gt;
*Rattrapage d’entrée ou sortie hiver : avec un produit racinaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les antidicotylédones===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Les doses et stades d’application des produits diffèrent d’un colza seul. Les applications de pré-semis sont déconseillées et celles de pré-levées sont à éviter si possible car elles sont moins sélectives que les applications de post-levée.&lt;br /&gt;
*Privilégier des applications au stade rayonnant voire 2 à 4 feuilles du colza. Fractionnez en 2 passages si besoin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les principales causes d’échec de la technique des colzas associés sont liées au désherbage&#039;&#039;&#039; : il s’agit de situations avec historique de pression adventices élevée ou avec impasse herbicide. Les causes d’échec peuvent également venir de la concurrence produite, sur le colza, par certains couverts associés de [[:Catégorie:Vesces|vesces]] ou [[trèfles]] (violet, incarnat, d’Alexandrie) non détruits en sortie hiver.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici un tableau récapitulatif sur ce sujet, réalisé par la chambre d&#039;agriculture de Bourgogne[[Fichier:Programme herbicide colza.png|vignette|261x261px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Gestion des maladies==&lt;br /&gt;
Il faut être vigilant pour ne pas augmenter le potentiel infectieux du sol au niveau de la problématique fongique ([[aphanomyces]]) en présence de légumineuses dans la rotation. Certaines légumineuses augmentent ce risque ([[Lentille|lentilles]], [[gesse]], [[pois]], [[Trèfle|trèfles]], [[Vesce|vesces]]), d’autres moins ([[Féverole|féveroles]], [[fenugrec]], trèfle d’Alexandrie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Articles connexes ==&lt;br /&gt;
* [[Associations de cultures et colza en Haut de France]]&lt;br /&gt;
* [[Associer le colza à des plantes de service gélives]]&lt;br /&gt;
* [[Réussir les colzas associés en agriculture de conservation, avec Antonio Pereira]]&lt;br /&gt;
* [[COLZA ASSOCIE Avec la féverole, une organisation facile et des résultats probants @CA17TV]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour aller plus loin==&lt;br /&gt;
* [https://www.terresinovia.fr/documents/20126/156018/Synthese-CASO-2021_compressed.pdf/17dc488b-d79a-f8f5-6005-66e3855c621a?t=1616755874576 Produire du colza associé à des légumineuses - CASO (Colza Associé Sud-Ouest).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Vidéos==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Réussir les colzas associés en agriculture de conservation, avec Antonio Pereira]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Sources==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[https://meuse.chambre-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/Grand-Est/037_Inst-Meuse/SPID/Fiche_colzas_associ%C3%A9s.pdf Associer un couvert à son colza - Chambre d&#039;Agriculture de la Meuse]&lt;br /&gt;
*[http://www.ile-de-france.chambagri.fr/pro77/rep-agronomie/grande_culture/files/180723_Note_technique_colza_associe.pdf Réussir l’implantation de son colza associé - Chambre d&#039;Agriculture de la Meuse]&lt;br /&gt;
*[https://www.terresinovia.fr/-/benefices-et-conduite-du-colza-associe-a-des-legumineuses Bénéfices et conduite du colza associé à des légumineuses - Terres Inovia]&lt;br /&gt;
*[https://www.entraid.com/articles/colza-associe-outil-agroecologie-agronomie-semis-choisir-plantes-compagnes Colza associé : un outil pour choisir ses plantes compagnes - Entraid&#039;]&lt;br /&gt;
*[https://www.terre-net.fr/observatoire-technique-culturale/strategie-technique-culturale/article/colza-associe-comment-quels-avantages-217-139831.html Colza associé : Comment ? Quels avantages ? - Terre-net]&lt;br /&gt;
*[https://www.agro-league.com/blog/le-colza-associe-la-diversite-au-service-de-la-performance Le colza associé : la diversité au service de la performance], [[Structure:AgroLeague|AgroLeague]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Annexes de la pratique&lt;br /&gt;
|Cultures=Colza&lt;br /&gt;
|Défavorise=Altise du colza@Charançon du bourgeon terminal@Adventices&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Semer_un_colza_associ%C3%A9&amp;diff=166444</id>
		<title>Semer un colza associé</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Semer_un_colza_associ%C3%A9&amp;diff=166444"/>
		<updated>2025-03-14T10:27:05Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Pratique&lt;br /&gt;
| Image = Colza_Associe.jpg&lt;br /&gt;
| ImageCaption = Colza associé à de la féverole. Crédit photo : CA Meuse&lt;br /&gt;
| Type de production = Grandes cultures&lt;br /&gt;
| Objectif = Adventices@ Sol et fertilisation@ Environnement &amp;amp; biodiversité@ Insectes et ravageurs&lt;br /&gt;
| Mots-clés = Association de culture en grandes cultures, Couverts permanents en grandes cultures, Résilience climatique, Couverture des sols, Colza associé&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
On parle de plus en plus de « [[colza associé]] », en particulier dans les [[pratiques]] d’[[Agriculture de conservation des sols (ACS)|agriculture de conservation]]. La technique consiste à associer un couvert au colza dès l’implantation de la culture. Ce couvert reste en place à l’automne et est détruit pendant l’hiver. La mise en place d’un couvert a plusieurs intérêts par rapport à des enjeux liés à l&#039;[[azote]], les ravageurs et les [[adventices]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Principe==&lt;br /&gt;
Associer le [[colza]] à d&#039;autres [[cultures]] permet de maintenir voire d&#039;augmenter les rendements du colza, tout en réduisant les besoins en fertilisation azotée et en [[désherbage]]. Cette association colza-légumineuse est adaptée aux situations à faible disponibilité en azote, dans l’ouest et le centre de la France en particulier. L&#039;intérêt est plus limité lorsque la disponibilité en azote au semis est forte (apports de fertilisants organiques, précédents protéagineux, reliquats post-récolte élevés,...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{youtube|id=https://www.youtube.com/watch?v=OhzBtKN7vmQ}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Objectifs==&lt;br /&gt;
===Restitution d’azote pour le colza===&lt;br /&gt;
Le couvert détruit pendant l’hiver (en particulier s’il contient des [[légumineuses]]) va restituer au sol de la [[Matière organique du sol|matière organique]] et de l’azote dont le colza pourra bénéficier au printemps. Un couvert bien implanté pourra restituer en moyenne entre 20 à 30 kg d’azote disponible pour le colza.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au printemps, le relargage de l’azote est différent selon les espèces de légumineuses en fonction de leur port et de leur rapport Carbone/Azote. La [[féverole]] avec son port dressé à moins de contact avec le sol (40% de sa biomasse sera minéralisée rapidement, les tiges restent en place) tandis qu’une [[vesce]] ou un [[fenugrec]] avec leur port étalé ont 100% de leur biomasse aérienne qui sera au contact du sol, et vont donc restituer l’azote plus rapidement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela montre l&#039;intérêt d’associer plusieurs espèces pour améliorer la temporalité de relargage de l’azote pour l’interculture et la culture suivante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Valorisation de l&#039;azote ===&lt;br /&gt;
L’association permet une valorisation de l’azote minéral de l’ordre de 10 à 20 unités lié à une meilleure porosité. La mise en place d’un [[couvert végétal|couvert associé]] au colza favorise encore plus l’absorption de l’azote à l’automne et participe à la diminution des risques de lessivage de l’azote. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Concurrence les adventices===&lt;br /&gt;
{{Image|Image=Le colza associé la diversité au service de la performance 14.jpg|Légende=Relation entre le poids frais aérien et le nombre d’adventices pour colza associé et colza seul (source : Terres Inovia, 2016)|Alignement=Right}}&lt;br /&gt;
Un colza associé bien implanté accompagné de légumineuses permet de réduire la pression des adventices ([[géranium]], [[Gaillet gratteron|gaillet]], [[matricaires]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La présence de plantes associées &#039;&#039;&#039;empêche la lumière&#039;&#039;&#039; d&#039;arriver au sol et entraîne de fait une &#039;&#039;&#039;réduction de la levée des adventices.&#039;&#039;&#039; Cet aspect est intéressant dans un objectif de réduction des herbicides.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des essais menés par [[Terres Inovia]] sur 15 exploitations sur la période 2013-2016 pour comparer le colza associé et le colza seul ont montré une corrélation entre le poids aérien du colza et la présence d’adventices sur les parcelles. On observe qu’au-delà de 1 500 g/m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;, le nombre d’adventices au m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; diminue nettement, avec les modalités du colza associé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Effet structurant===&lt;br /&gt;
Le couvert associé peut agir sur la structure du sol et l’améliorer, ce qui peut favoriser le développement racinaire du colza. 90% des racines des légumineuses se situent dans les 10 premiers centimètres, ce qui induit une &#039;&#039;&#039;amélioration de la porosité du so&#039;&#039;&#039;l et un &#039;&#039;&#039;meilleur enracinement&#039;&#039;&#039; du colza (le pivot d’un colza associé est plus profond de 3-4 cm comparé à un colza seul).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Perturbe les attaques des ravageurs d’automne===&lt;br /&gt;
Les colzas associés à des mélanges à base de [[vesce]] ou [[féverole]] semblent moins attractifs pour le [[charançon du bourgeon terminal]] et l&#039;[[altise du colza]]. La présence de plantes associées aux colzas entraîne une perturbation chez les insectes ravageurs et diminue le risque de dégâts sur la culture : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Perturbation visuelle&#039;&#039;&#039; : l’insecte reconnaît la couleur et la forme de la plante hôte. Cela est accentué par un fort contraste entre le sol nu et la plante hôte en développement. La présence d’une plante compagne &#039;&#039;&#039;réduit ce contraste&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Perturbation olfactive&#039;&#039;&#039; : les insectes sont attirés par des composés volatils (constituant l’odeur spécifique de la plante hôte). La plante compagne masque ou &#039;&#039;&#039;trouble l’odeur et gêne l’orientation des insectes&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Théorie de l’atterrissage approprié/inapproprié&#039;&#039;&#039; : l’insecte se pose sur une plante et il y reste si c’est sa plante hôte ou redécolle soit pour sortir de la parcelle soit pour trouver la bonne;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Résistance par association&#039;&#039;&#039; : plante leurre ou piège – la plante hôte bénéficie de la &#039;&#039;&#039;protection&#039;&#039;&#039; de sa plante compagne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des essais menés par [[Utilisateur:Greenotec|Greenotec]] en 2019 pour comparer les dégâts d’[[Altise du colza|altises sur colzas]] associés et colzas seuls ont montré un net avantage pour le colza associé. Sur les 4 des 5 parcelles d&#039;essais, on constate une réduction des morsures allant de -20% à -36%, pour le colza associé comparé au colza seul.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Image|Image=Le colza associé la diversité au service de la performance 15.jpg|Légende=Rendement*400€ - charges d’ITK précédentes – 300 € de charges opérationnelles identiques pour chaque ITK (source Anthony Frison, 2018)|Alignement=Right}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Augmenter la rentabilité économique ===&lt;br /&gt;
Des essais menés par [[:Catégorie:Terres Inovia|Terres Inovia]] entre 2013 et 2016 ont montré des &#039;&#039;&#039;marges brutes multipliées par 1,35 à 2&#039;&#039;&#039; comparées à des colzas seuls, &#039;&#039;&#039;13% à 18% d’azote en moins&#039;&#039;&#039;, une &#039;&#039;&#039;baisse des charges en intrants de 25 à 35%&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;charges phytosanitaires de 45 à 55%&#039;&#039;&#039; et des &#039;&#039;&#039;[[IFT]] divisé par 2&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les essais menés en 2018 par Anthony Frison ont montré des résultats intéressants au niveau de la rentabilité pour les modalités avec plantes compagnes &#039;&#039;&#039;pour tous les types de travail du sol&#039;&#039;&#039; (&#039;&#039;&#039;+5%&#039;&#039;&#039; de marge brute pour la modalité colza associé comparée à la modalité colza seul &#039;&#039;&#039;en [[TCS]]&#039;&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;+2,5% en [[strip till]]&#039;&#039;&#039; et +&#039;&#039;&#039;4% en [[semis direct]]&#039;&#039;&#039;) à l’&#039;&#039;&#039;exception du labour (-1%).&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le choix du couvert==&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_Melange.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Colza associé à un mélange de féverole, lin et lentille. Crédit photo : CA Meuse}}&lt;br /&gt;
Le [[Choisir un couvert végétal|choix du couvert associé]] doit se réfléchir selon 4 principaux critères :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Un couvert à base de légumineuses pour capter l’azote de l’air.&lt;br /&gt;
*Un couvert qui ne concurrence pas le colza.&lt;br /&gt;
*Un couvert qui résiste aux [[herbicides]] colza.&lt;br /&gt;
*[[Associer le colza à des plantes de service gélives|Un couvert gélif en hiver]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Selon le matériel===&lt;br /&gt;
{{Image|Image=Le colza associé la diversité au service de la performance 6.jpg}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Selon les relations des plantes ===&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Jouer sur la complémentarité des bénéfices des couverts&#039;&#039;&#039; : enracinement complémentaire au colza pour améliorer son exploration du sol, bonne capacité de stockage d’azote à l’automne puis de libération de celui-ci au printemps, couverture du sol pour concurrencer les mauvaises herbes et rechercher une hauteur de végétation suffisamment importante pour perturber les [[insectes]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière générale, il faut éviter les crucifères comme la [[navette]] et &#039;&#039;&#039;le couvert associé le plus facile à réussir est la [[:Catégorie:Féverole|féverole]]&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Outils d&#039;aide===&lt;br /&gt;
Pour vous aider dans votre choix, l&#039;INRAe a développé l&#039;&#039;&#039;&#039;outil d&#039;aide à la décision [[CAPS]]&#039;&#039;&#039; (Colza Associé à des Plantes de Service), vous pouvez le télécharger en suivant ce [https://www6.versailles-grignon.inrae.fr/agronomie/Questionnaires/Q-Agronomie/Formulaire-CAPS lien].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Associations avec des légumineuses==&lt;br /&gt;
Les légumineuses sont plus tardives que le colza. Elles ont besoin d’au moins 500°C jour pour démarrer leur croissance dynamique. Le colza a une levée &#039;&#039;&#039;plus précoce&#039;&#039;&#039; et une &#039;&#039;&#039;phase de croissance dynamique plus courte,&#039;&#039;&#039; ce qui lui confère systématiquement au moins &#039;&#039;&#039;une semaine d’avance sur les légumineuses&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet aspect limite les risques de concurrence sur le colza dans la première phase du cycle et rend &#039;&#039;&#039;l’association fonctionnelle&#039;&#039;&#039;. L’indice de précocité est un paramètre important à prendre en compte pour une destruction naturelle en hiver (la destruction par les basses températures n’est effective que si les légumineuses arrivent au stade bouton).&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;slideshow&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
Fichier:Le colza associé la diversité au service de la performance 7.jpg&lt;br /&gt;
Fichier:Le colza associé la diversité au service de la performance 9.jpg&lt;br /&gt;
Fichier:Le colza associé la diversité au service de la performance 8.jpg&lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;{{Image | Image = Colza_Associe_Lentille.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Lentille}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===[[Lentille]]===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Croissance rapide.&lt;br /&gt;
**Hauteur limitée.&lt;br /&gt;
**Enracinement superficiel.&lt;br /&gt;
** Bon pouvoir concurrentiel avec les adventices.&lt;br /&gt;
**Minéralisation de l&#039;azote au printemps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
**Sensibilité au [[gel]] : - 7° C.&lt;br /&gt;
**Sensible à l’[[aphanomyces]].&lt;br /&gt;
**Espèce hôte du [[sclérotinia]].&lt;br /&gt;
**Mauvaise sélectivité au [[désherbage chimique]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Dose de semis en association / [[:Catégorie:Objectif|Objectif]] nb plantes/m² :&#039;&#039;&#039; 25 à 30 kg/ha. Objectif 100 à 130 plantes/m².&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 50 à 60 €/ha.&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_Féverole.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Féverole}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===[[Féverole]] de printemps===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Rapidité de développement.&lt;br /&gt;
**Enracinement très performant, structure le sol, améliore la circulation de l&#039;eau.&lt;br /&gt;
**Production de biomasse.&lt;br /&gt;
**Restitution d’azote.&lt;br /&gt;
**Utiliser les semences de ferme.&lt;br /&gt;
**Sensibilité au [[:Catégorie:Gel|gel]].&lt;br /&gt;
**Bonne sélectivité au désherbage chimique.&lt;br /&gt;
** Perturbe les insectes à l&#039;automne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
**Sensible aux conditions sèches.&lt;br /&gt;
**Grosses graines : mélange délicat avec le colza.&lt;br /&gt;
**Coût de la semence.&lt;br /&gt;
**Espèce hôte du sclérotinia.&lt;br /&gt;
**Mauvaise couverture du sol. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Dose de semis en association / Objectif nb plantes/m² :&#039;&#039;&#039; 80 à 100 kg/ha. Objectif 10 à 15 plantes/m².&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 20 à 25 €/ha (semences autoproduites).&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_TrefleAlexandrie.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Trèfle d&#039;Alexandrie monocoupe précoce}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Trèfle d’Alexandrie===&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Plante annuelle.&lt;br /&gt;
**Facile à détruire.&lt;br /&gt;
**Concurrent vis à vis des adventices.&lt;br /&gt;
**Minéralisation de l&#039;azote au printemps.&lt;br /&gt;
**Restructuration du sol grâce à son système racinaire fasciculé pivotant.&lt;br /&gt;
**Bonne sélectivité au désherbage chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
**Pouvoir couvrant moyen&lt;br /&gt;
** Sensibilité à la [[sécheresse]]&lt;br /&gt;
**Espèce hôte du sclérotinia. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Dose de semis en association / Objectif nb plantes/m² :&#039;&#039;&#039; 6 kg/ha. Objectif 200 à 300 plantes/m².&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 15 €/ha.&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_TrefleBlancNain.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Trèfle blanc nain}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Trèfle blanc nain===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Rapidité de développement.&lt;br /&gt;
**Bonne couverture du sol.&lt;br /&gt;
**Bonne sélectivité au désherbage chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
**Peu sensible au gel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Dose de semis (kg/ha) si espèce seule :&#039;&#039;&#039; 4-5.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût €/ha :&#039;&#039;&#039; 30 €/ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[trèfle blanc]] se développe très peu à l’automne et apporte donc peu de bénéfices au colza. Peu sensible au gel, sa croissance débute au printemps. Cette spécificité fait qu’il peut être ajouté dans un mélange de légumineuses gélives dans le but de se développer rapidement pendant l’interculture suivante, voire de servir de couvert permanent qui restera en place dans les [[:Catégorie:Cultures|cultures]] suivantes. Pour limiter les risques de compétition du colza au printemps, il est impératif de choisir des variétés naines comme Aberace. Dans les systèmes avec couverture semi-permanente il est conseillé de semer le couvert en même temps que le colza plutôt que de semer un colza dans le couvert déjà en place (risque accru sur la compétition en eau). Attention tout de même à la profondeur de semis du [[trèfle]] blanc, celui-ci doit être positionné superficiellement.{{Image | Image = Colza_Associe_PoisPrintemps.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Pois fourrager de printemps}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===[[Pois de printemps]]===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
** Rapidité de développement.&lt;br /&gt;
**Bonne couverture du sol.&lt;br /&gt;
** Sensible au gel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
**Coût de la semence.&lt;br /&gt;
**Sélectivité moyenne au désherbage chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Dose de semis (kg/ha) si espèce seule :&#039;&#039;&#039; 50-80.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 15 €/ha (semences fermières).&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_LinPrintemps.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Lin de printemps}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===[[Lin]] de printemps===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Sensible au gel.&lt;br /&gt;
**Bonne sélectivité au désherbage chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Dose de semis (kg/ha) si espèce seule :&#039;&#039;&#039; 1.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 1,3 €/ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Mélanges triples ou plus===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Bonne complémentarité entre les espèces.&lt;br /&gt;
**Pour certains mélanges, graines de taille similaire mélangeables avec le colza directement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Certaines espèces peuvent prendre le dessus par rapport à d’autres&lt;br /&gt;
**Attention à la difficulté de destruction par le gel pour des espèces comme les [[vesces]] ou les [[gesses]].&lt;br /&gt;
**Coût de la semence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 40-80 €/ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’association de plusieurs légumineuses est intéressante pour multiplier les atouts et contrebalancer les défauts de l’une d’entre elles. Les plantes à port dressé plus tardive avec pivot (féverole) peuvent être associées à des plantes à port plus étalées, avec racines fasciculées et souvent plus précoces (lentille, [[:Catégorie:Trèfle|trèfle]] d’Alexandrie, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Exemple de mélanges fréquemment associés avec le colza :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Féverole + Vesce + Trèfle d’Alexandrie&lt;br /&gt;
*[[Gesse]] + Fenugrec + Lentille (mélange recommandé en secteur peu gélif)&lt;br /&gt;
*Féverole + Lentille&lt;br /&gt;
* [[:Catégorie:Gesse|Gesse]] + Lentille + Trèfle d’Alexandrie (mélange recommandé en secteur peu gélif)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&amp;lt;u&amp;gt;Attention :&amp;lt;/u&amp;gt;&#039;&#039;&#039; La vesce n&#039;est pas assez gélive, la gesse est peu couvrante et n’apporte rien de plus et le [[fenugrec]] est peu couvrant et n’apporte rien de plus si ce n’est un répulsif contre les lièvres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&amp;lt;u&amp;gt;A retenir :&amp;lt;/u&amp;gt;&#039;&#039;&#039;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Pour lutter contre les [[campagnol]]s : 2kg de [[mélilot]] en mélange avec le couvert.&lt;br /&gt;
*Répulsif contre les lièvres : 10 à 20kg de fenugrec en mélange avec le couvert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Association avec des couverts pérennes ==&lt;br /&gt;
L’intérêt pour les [[couverts permanents]] est croissant. S’il est risqué d’implanter un colza dans un couvert en place (sol asséché par le couvert), l’implantation simultanée avec le colza est pertinente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Intérêts===&lt;br /&gt;
Les légumineuses pérennes ([[lotier]], [[trèfle blanc]], [[trèfle violet]], [[luzerne]], etc.) se développent pas ou peu à l’automne. Elles ne fourniront pas de service au colza. Leur intérêt sera de couvrir le sol et de produire de la biomasse dès la récolte du colza et éventuellement d’apporter différents services à la ou les cultures suivantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points d’attention===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Choix du couvert :&#039;&#039;&#039; lotier et trèfle blanc sont les espèces qui présentent le moins de risque de concurrence du colza au printemps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Gestion délicate du désherbage :&#039;&#039;&#039; les légumineuses pérennes ne contribuent pas à étouffer les adventices alors qu’une réduction de dose d’herbicides est nécessaire et les rattrapages d’entrée hiver à proscrire pour ne pas les détruire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est donc recommandé :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*D’éviter les parcelles à forte pression en adventices dicotylédones.&lt;br /&gt;
*D’associer des légumineuses gélives ayant une bonne capacité de couverture du sol précoce : trèfle d’Alexandrie mono-coupe ou lentille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==L&#039;implantation ==&lt;br /&gt;
La différence de taille entre les graines du colza et celles du couvert implanté peut être difficile à gérer au semis. Plusieurs méthodes existent selon la nature du couvert associé et le matériel.&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+&lt;br /&gt;
!Type de semis&lt;br /&gt;
!Type de graines&lt;br /&gt;
!Espèces&lt;br /&gt;
possibles &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Semis avec le même &lt;br /&gt;
semoir avec 2 cuves&lt;br /&gt;
|Tout type &lt;br /&gt;
|Toutes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
espèces&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Semis du couvert associé &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
à la volée (puis enfouissement &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
avec semoir ou outil)&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
* Densité &amp;lt;30kg/ha au Delimbe&lt;br /&gt;
*Eviter les trop petites graines&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(largeur d’épandage trop faible)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
|Lentille, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
féverole &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Semis avec le même &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
semoir en mélange&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
avec le colza&lt;br /&gt;
|Petites graines&lt;br /&gt;
|Lentille, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
trèfle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[lin]]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Semis sur le rang &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
au microgranulateur&lt;br /&gt;
|Densité &amp;lt;30kg/ha &lt;br /&gt;
|Lentille, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
trèfle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[:Catégorie:Lin|lin]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&amp;lt;u&amp;gt;Attention :&amp;lt;/u&amp;gt;&#039;&#039;&#039; Si les cultures associées sont semées trop tôt, il y a possibilité d’avoir un développement trop important du couvert qui risque d’étouffer le colza. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Conseils d’implantation / Adaptation de la conduite===&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_DatesSemis.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Carte des semis de colza associé éditée par Terres Inovia.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Réaliser des semis précoces&#039;&#039;&#039;, entre le 15 et 20 [[août]] (5 jours avant la date de semis normale du colza seul), pour favoriser la croissance des [[plantes compagnes]] et augmenter leur sensibilité au gel lors de l’arrivée des premiers froids. A l’inverse, un semis tardif ne permettra qu’un faible développement des plantes compagnes et ne justifiera pas le coût supplémentaire des semences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Choisir une &#039;&#039;&#039;variété peu sensible à l’élongation&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Implanter en simultané et en mélange avec la semence pour les graines de même densité que le colza&#039;&#039;&#039; (ex : colza + lentille). Cela économise un passage si le matériel le permet. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Implantation en deux passages pour les graines de densité différente du colza&#039;&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;semer le couvert avant le colza&#039;&#039;&#039;. Ne pas attendre trop longtemps entre les deux semis pour ne pas détruire le couvert et éviter que l’association ne prenne le dessus sur le colza. Pour une question de temps, un semis à la volée sera le plus avantageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Choisir une &#039;&#039;&#039;parcelle propre&#039;&#039;&#039; en dicotylédones, notamment [[géranium]]. La stratégie herbicide devra être adaptée et se limitera à un passage précoce ou deux pour limiter la phytotoxicité sur les plantes compagnes (voir ci-après « Adapter le programme herbicide »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*La &#039;&#039;&#039;fertilisation azotée&#039;&#039;&#039; au printemps pourra être &#039;&#039;&#039;réduite&#039;&#039;&#039;, en général de 30 unités. L’ensemble de ces adaptations de conduite garantissent le succès de la pratique et viennent justifier le surcoût de semence des plantes compagnes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{youtube|id=https://www.youtube.com/watch?v=2VDt6sYPpk8}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Gestion des adventices==&lt;br /&gt;
La phytotoxicité des herbicides colza peut nuire assez fortement au couvert associé, voire le détruire. Il faut être vigilant sur les produits et les doses de traitement appliqués. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réduction des herbicides couplée à la présence d’un couvert associé peut permettre d’obtenir des parcelles propres avec des programmes de désherbage moins chargés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les antigraminées===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rattrapage en post-levée : même raisonnement que pour le colza seul, sur repousses de graminées avec un antigraminées foliaire.&lt;br /&gt;
*Rattrapage d’entrée ou sortie hiver : avec un produit racinaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les antidicotylédones===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Les doses et stades d’application des produits diffèrent d’un colza seul. Les applications de pré-semis sont déconseillées et celles de pré-levées sont à éviter si possible car elles sont moins sélectives que les applications de post-levée.&lt;br /&gt;
*Privilégier des applications au stade rayonnant voire 2 à 4 feuilles du colza. Fractionnez en 2 passages si besoin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les principales causes d’échec de la technique des colzas associés sont liées au désherbage&#039;&#039;&#039; : il s’agit de situations avec historique de pression adventices élevée ou avec impasse herbicide. Les causes d’échec peuvent également venir de la concurrence produite, sur le colza, par certains couverts associés de [[:Catégorie:Vesces|vesces]] ou [[trèfles]] (violet, incarnat, d’Alexandrie) non détruits en sortie hiver.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici un tableau récapitulatif sur ce sujet, réalisé par la chambre d&#039;agriculture de Bourgogne[[Fichier:Programme herbicide colza.png|vignette|524x524px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Gestion des maladies==&lt;br /&gt;
Il faut être vigilant pour ne pas augmenter le potentiel infectieux du sol au niveau de la problématique fongique ([[aphanomyces]]) en présence de légumineuses dans la rotation. Certaines légumineuses augmentent ce risque ([[Lentille|lentilles]], [[gesse]], [[pois]], [[Trèfle|trèfles]], [[Vesce|vesces]]), d’autres moins ([[Féverole|féveroles]], [[fenugrec]], trèfle d’Alexandrie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Articles connexes ==&lt;br /&gt;
* [[Associations de cultures et colza en Haut de France]]&lt;br /&gt;
* [[Associer le colza à des plantes de service gélives]]&lt;br /&gt;
* [[Réussir les colzas associés en agriculture de conservation, avec Antonio Pereira]]&lt;br /&gt;
* [[COLZA ASSOCIE Avec la féverole, une organisation facile et des résultats probants @CA17TV]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour aller plus loin==&lt;br /&gt;
* [https://www.terresinovia.fr/documents/20126/156018/Synthese-CASO-2021_compressed.pdf/17dc488b-d79a-f8f5-6005-66e3855c621a?t=1616755874576 Produire du colza associé à des légumineuses - CASO (Colza Associé Sud-Ouest).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Vidéos==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Réussir les colzas associés en agriculture de conservation, avec Antonio Pereira]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Sources==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[https://meuse.chambre-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/Grand-Est/037_Inst-Meuse/SPID/Fiche_colzas_associ%C3%A9s.pdf Associer un couvert à son colza - Chambre d&#039;Agriculture de la Meuse]&lt;br /&gt;
*[http://www.ile-de-france.chambagri.fr/pro77/rep-agronomie/grande_culture/files/180723_Note_technique_colza_associe.pdf Réussir l’implantation de son colza associé - Chambre d&#039;Agriculture de la Meuse]&lt;br /&gt;
*[https://www.terresinovia.fr/-/benefices-et-conduite-du-colza-associe-a-des-legumineuses Bénéfices et conduite du colza associé à des légumineuses - Terres Inovia]&lt;br /&gt;
*[https://www.entraid.com/articles/colza-associe-outil-agroecologie-agronomie-semis-choisir-plantes-compagnes Colza associé : un outil pour choisir ses plantes compagnes - Entraid&#039;]&lt;br /&gt;
*[https://www.terre-net.fr/observatoire-technique-culturale/strategie-technique-culturale/article/colza-associe-comment-quels-avantages-217-139831.html Colza associé : Comment ? Quels avantages ? - Terre-net]&lt;br /&gt;
*[https://www.agro-league.com/blog/le-colza-associe-la-diversite-au-service-de-la-performance Le colza associé : la diversité au service de la performance], [[Structure:AgroLeague|AgroLeague]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Annexes de la pratique&lt;br /&gt;
|Cultures=Colza&lt;br /&gt;
|Défavorise=Altise du colza@Charançon du bourgeon terminal@Adventices&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Semer_un_colza_associ%C3%A9&amp;diff=166443</id>
		<title>Semer un colza associé</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Semer_un_colza_associ%C3%A9&amp;diff=166443"/>
		<updated>2025-03-14T10:26:25Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Pratique&lt;br /&gt;
| Image = Colza_Associe.jpg&lt;br /&gt;
| ImageCaption = Colza associé à de la féverole. Crédit photo : CA Meuse&lt;br /&gt;
| Type de production = Grandes cultures&lt;br /&gt;
| Objectif = Adventices@ Sol et fertilisation@ Environnement &amp;amp; biodiversité@ Insectes et ravageurs&lt;br /&gt;
| Mots-clés = Association de culture en grandes cultures, Couverts permanents en grandes cultures, Résilience climatique, Couverture des sols, Colza associé&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
On parle de plus en plus de « [[colza associé]] », en particulier dans les [[pratiques]] d’[[Agriculture de conservation des sols (ACS)|agriculture de conservation]]. La technique consiste à associer un couvert au colza dès l’implantation de la culture. Ce couvert reste en place à l’automne et est détruit pendant l’hiver. La mise en place d’un couvert a plusieurs intérêts par rapport à des enjeux liés à l&#039;[[azote]], les ravageurs et les [[adventices]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Principe==&lt;br /&gt;
Associer le [[colza]] à d&#039;autres [[cultures]] permet de maintenir voire d&#039;augmenter les rendements du colza, tout en réduisant les besoins en fertilisation azotée et en [[désherbage]]. Cette association colza-légumineuse est adaptée aux situations à faible disponibilité en azote, dans l’ouest et le centre de la France en particulier. L&#039;intérêt est plus limité lorsque la disponibilité en azote au semis est forte (apports de fertilisants organiques, précédents protéagineux, reliquats post-récolte élevés,...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{youtube|id=https://www.youtube.com/watch?v=OhzBtKN7vmQ}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Objectifs==&lt;br /&gt;
===Restitution d’azote pour le colza===&lt;br /&gt;
Le couvert détruit pendant l’hiver (en particulier s’il contient des [[légumineuses]]) va restituer au sol de la [[Matière organique du sol|matière organique]] et de l’azote dont le colza pourra bénéficier au printemps. Un couvert bien implanté pourra restituer en moyenne entre 20 à 30 kg d’azote disponible pour le colza.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au printemps, le relargage de l’azote est différent selon les espèces de légumineuses en fonction de leur port et de leur rapport Carbone/Azote. La [[féverole]] avec son port dressé à moins de contact avec le sol (40% de sa biomasse sera minéralisée rapidement, les tiges restent en place) tandis qu’une [[vesce]] ou un [[fenugrec]] avec leur port étalé ont 100% de leur biomasse aérienne qui sera au contact du sol, et vont donc restituer l’azote plus rapidement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela montre l&#039;intérêt d’associer plusieurs espèces pour améliorer la temporalité de relargage de l’azote pour l’interculture et la culture suivante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Valorisation de l&#039;azote ===&lt;br /&gt;
L’association permet une valorisation de l’azote minéral de l’ordre de 10 à 20 unités lié à une meilleure porosité. La mise en place d’un [[couvert végétal|couvert associé]] au colza favorise encore plus l’absorption de l’azote à l’automne et participe à la diminution des risques de lessivage de l’azote. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Concurrence les adventices===&lt;br /&gt;
{{Image|Image=Le colza associé la diversité au service de la performance 14.jpg|Légende=Relation entre le poids frais aérien et le nombre d’adventices pour colza associé et colza seul (source : Terres Inovia, 2016)|Alignement=Right}}&lt;br /&gt;
Un colza associé bien implanté accompagné de légumineuses permet de réduire la pression des adventices ([[géranium]], [[Gaillet gratteron|gaillet]], [[matricaires]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La présence de plantes associées &#039;&#039;&#039;empêche la lumière&#039;&#039;&#039; d&#039;arriver au sol et entraîne de fait une &#039;&#039;&#039;réduction de la levée des adventices.&#039;&#039;&#039; Cet aspect est intéressant dans un objectif de réduction des herbicides.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des essais menés par [[Terres Inovia]] sur 15 exploitations sur la période 2013-2016 pour comparer le colza associé et le colza seul ont montré une corrélation entre le poids aérien du colza et la présence d’adventices sur les parcelles. On observe qu’au-delà de 1 500 g/m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;, le nombre d’adventices au m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; diminue nettement, avec les modalités du colza associé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Effet structurant===&lt;br /&gt;
Le couvert associé peut agir sur la structure du sol et l’améliorer, ce qui peut favoriser le développement racinaire du colza. 90% des racines des légumineuses se situent dans les 10 premiers centimètres, ce qui induit une &#039;&#039;&#039;amélioration de la porosité du so&#039;&#039;&#039;l et un &#039;&#039;&#039;meilleur enracinement&#039;&#039;&#039; du colza (le pivot d’un colza associé est plus profond de 3-4 cm comparé à un colza seul).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Perturbe les attaques des ravageurs d’automne===&lt;br /&gt;
Les colzas associés à des mélanges à base de [[vesce]] ou [[féverole]] semblent moins attractifs pour le [[charançon du bourgeon terminal]] et l&#039;[[altise du colza]]. La présence de plantes associées aux colzas entraîne une perturbation chez les insectes ravageurs et diminue le risque de dégâts sur la culture : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Perturbation visuelle&#039;&#039;&#039; : l’insecte reconnaît la couleur et la forme de la plante hôte. Cela est accentué par un fort contraste entre le sol nu et la plante hôte en développement. La présence d’une plante compagne &#039;&#039;&#039;réduit ce contraste&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Perturbation olfactive&#039;&#039;&#039; : les insectes sont attirés par des composés volatils (constituant l’odeur spécifique de la plante hôte). La plante compagne masque ou &#039;&#039;&#039;trouble l’odeur et gêne l’orientation des insectes&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Théorie de l’atterrissage approprié/inapproprié&#039;&#039;&#039; : l’insecte se pose sur une plante et il y reste si c’est sa plante hôte ou redécolle soit pour sortir de la parcelle soit pour trouver la bonne;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Résistance par association&#039;&#039;&#039; : plante leurre ou piège – la plante hôte bénéficie de la &#039;&#039;&#039;protection&#039;&#039;&#039; de sa plante compagne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des essais menés par [[Utilisateur:Greenotec|Greenotec]] en 2019 pour comparer les dégâts d’[[Altise du colza|altises sur colzas]] associés et colzas seuls ont montré un net avantage pour le colza associé. Sur les 4 des 5 parcelles d&#039;essais, on constate une réduction des morsures allant de -20% à -36%, pour le colza associé comparé au colza seul.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Image|Image=Le colza associé la diversité au service de la performance 15.jpg|Légende=Rendement*400€ - charges d’ITK précédentes – 300 € de charges opérationnelles identiques pour chaque ITK (source Anthony Frison, 2018)|Alignement=Right}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Augmenter la rentabilité économique ===&lt;br /&gt;
Des essais menés par [[:Catégorie:Terres Inovia|Terres Inovia]] entre 2013 et 2016 ont montré des &#039;&#039;&#039;marges brutes multipliées par 1,35 à 2&#039;&#039;&#039; comparées à des colzas seuls, &#039;&#039;&#039;13% à 18% d’azote en moins&#039;&#039;&#039;, une &#039;&#039;&#039;baisse des charges en intrants de 25 à 35%&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;charges phytosanitaires de 45 à 55%&#039;&#039;&#039; et des &#039;&#039;&#039;[[IFT]] divisé par 2&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les essais menés en 2018 par Anthony Frison ont montré des résultats intéressants au niveau de la rentabilité pour les modalités avec plantes compagnes &#039;&#039;&#039;pour tous les types de travail du sol&#039;&#039;&#039; (&#039;&#039;&#039;+5%&#039;&#039;&#039; de marge brute pour la modalité colza associé comparée à la modalité colza seul &#039;&#039;&#039;en [[TCS]]&#039;&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;+2,5% en [[strip till]]&#039;&#039;&#039; et +&#039;&#039;&#039;4% en [[semis direct]]&#039;&#039;&#039;) à l’&#039;&#039;&#039;exception du labour (-1%).&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le choix du couvert==&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_Melange.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Colza associé à un mélange de féverole, lin et lentille. Crédit photo : CA Meuse}}&lt;br /&gt;
Le [[Choisir un couvert végétal|choix du couvert associé]] doit se réfléchir selon 4 principaux critères :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Un couvert à base de légumineuses pour capter l’azote de l’air.&lt;br /&gt;
*Un couvert qui ne concurrence pas le colza.&lt;br /&gt;
*Un couvert qui résiste aux [[herbicides]] colza.&lt;br /&gt;
*[[Associer le colza à des plantes de service gélives|Un couvert gélif en hiver]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Selon le matériel===&lt;br /&gt;
{{Image|Image=Le colza associé la diversité au service de la performance 6.jpg}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Selon les relations des plantes ===&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Jouer sur la complémentarité des bénéfices des couverts&#039;&#039;&#039; : enracinement complémentaire au colza pour améliorer son exploration du sol, bonne capacité de stockage d’azote à l’automne puis de libération de celui-ci au printemps, couverture du sol pour concurrencer les mauvaises herbes et rechercher une hauteur de végétation suffisamment importante pour perturber les [[insectes]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière générale, il faut éviter les crucifères comme la [[navette]] et &#039;&#039;&#039;le couvert associé le plus facile à réussir est la [[:Catégorie:Féverole|féverole]]&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Outils d&#039;aide===&lt;br /&gt;
Pour vous aider dans votre choix, l&#039;INRAe a développé l&#039;&#039;&#039;&#039;outil d&#039;aide à la décision [[CAPS]]&#039;&#039;&#039; (Colza Associé à des Plantes de Service), vous pouvez le télécharger en suivant ce [https://www6.versailles-grignon.inrae.fr/agronomie/Questionnaires/Q-Agronomie/Formulaire-CAPS lien].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Associations avec des légumineuses==&lt;br /&gt;
Les légumineuses sont plus tardives que le colza. Elles ont besoin d’au moins 500°C jour pour démarrer leur croissance dynamique. Le colza a une levée &#039;&#039;&#039;plus précoce&#039;&#039;&#039; et une &#039;&#039;&#039;phase de croissance dynamique plus courte,&#039;&#039;&#039; ce qui lui confère systématiquement au moins &#039;&#039;&#039;une semaine d’avance sur les légumineuses&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet aspect limite les risques de concurrence sur le colza dans la première phase du cycle et rend &#039;&#039;&#039;l’association fonctionnelle&#039;&#039;&#039;. L’indice de précocité est un paramètre important à prendre en compte pour une destruction naturelle en hiver (la destruction par les basses températures n’est effective que si les légumineuses arrivent au stade bouton).&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;slideshow&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
Fichier:Le colza associé la diversité au service de la performance 7.jpg&lt;br /&gt;
Fichier:Le colza associé la diversité au service de la performance 9.jpg&lt;br /&gt;
Fichier:Le colza associé la diversité au service de la performance 8.jpg&lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;{{Image | Image = Colza_Associe_Lentille.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Lentille}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===[[Lentille]]===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Croissance rapide.&lt;br /&gt;
**Hauteur limitée.&lt;br /&gt;
**Enracinement superficiel.&lt;br /&gt;
** Bon pouvoir concurrentiel avec les adventices.&lt;br /&gt;
**Minéralisation de l&#039;azote au printemps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
**Sensibilité au [[gel]] : - 7° C.&lt;br /&gt;
**Sensible à l’[[aphanomyces]].&lt;br /&gt;
**Espèce hôte du [[sclérotinia]].&lt;br /&gt;
**Mauvaise sélectivité au [[désherbage chimique]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Dose de semis en association / [[:Catégorie:Objectif|Objectif]] nb plantes/m² :&#039;&#039;&#039; 25 à 30 kg/ha. Objectif 100 à 130 plantes/m².&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 50 à 60 €/ha.&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_Féverole.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Féverole}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===[[Féverole]] de printemps===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Rapidité de développement.&lt;br /&gt;
**Enracinement très performant, structure le sol, améliore la circulation de l&#039;eau.&lt;br /&gt;
**Production de biomasse.&lt;br /&gt;
**Restitution d’azote.&lt;br /&gt;
**Utiliser les semences de ferme.&lt;br /&gt;
**Sensibilité au [[:Catégorie:Gel|gel]].&lt;br /&gt;
**Bonne sélectivité au désherbage chimique.&lt;br /&gt;
** Perturbe les insectes à l&#039;automne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
**Sensible aux conditions sèches.&lt;br /&gt;
**Grosses graines : mélange délicat avec le colza.&lt;br /&gt;
**Coût de la semence.&lt;br /&gt;
**Espèce hôte du sclérotinia.&lt;br /&gt;
**Mauvaise couverture du sol. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Dose de semis en association / Objectif nb plantes/m² :&#039;&#039;&#039; 80 à 100 kg/ha. Objectif 10 à 15 plantes/m².&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 20 à 25 €/ha (semences autoproduites).&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_TrefleAlexandrie.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Trèfle d&#039;Alexandrie monocoupe précoce}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Trèfle d’Alexandrie===&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Plante annuelle.&lt;br /&gt;
**Facile à détruire.&lt;br /&gt;
**Concurrent vis à vis des adventices.&lt;br /&gt;
**Minéralisation de l&#039;azote au printemps.&lt;br /&gt;
**Restructuration du sol grâce à son système racinaire fasciculé pivotant.&lt;br /&gt;
**Bonne sélectivité au désherbage chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
**Pouvoir couvrant moyen&lt;br /&gt;
** Sensibilité à la [[sécheresse]]&lt;br /&gt;
**Espèce hôte du sclérotinia. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Dose de semis en association / Objectif nb plantes/m² :&#039;&#039;&#039; 6 kg/ha. Objectif 200 à 300 plantes/m².&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 15 €/ha.&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_TrefleBlancNain.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Trèfle blanc nain}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Trèfle blanc nain===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Rapidité de développement.&lt;br /&gt;
**Bonne couverture du sol.&lt;br /&gt;
**Bonne sélectivité au désherbage chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
**Peu sensible au gel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Dose de semis (kg/ha) si espèce seule :&#039;&#039;&#039; 4-5.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût €/ha :&#039;&#039;&#039; 30 €/ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[trèfle blanc]] se développe très peu à l’automne et apporte donc peu de bénéfices au colza. Peu sensible au gel, sa croissance débute au printemps. Cette spécificité fait qu’il peut être ajouté dans un mélange de légumineuses gélives dans le but de se développer rapidement pendant l’interculture suivante, voire de servir de couvert permanent qui restera en place dans les [[:Catégorie:Cultures|cultures]] suivantes. Pour limiter les risques de compétition du colza au printemps, il est impératif de choisir des variétés naines comme Aberace. Dans les systèmes avec couverture semi-permanente il est conseillé de semer le couvert en même temps que le colza plutôt que de semer un colza dans le couvert déjà en place (risque accru sur la compétition en eau). Attention tout de même à la profondeur de semis du [[trèfle]] blanc, celui-ci doit être positionné superficiellement.{{Image | Image = Colza_Associe_PoisPrintemps.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Pois fourrager de printemps}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===[[Pois de printemps]]===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
** Rapidité de développement.&lt;br /&gt;
**Bonne couverture du sol.&lt;br /&gt;
** Sensible au gel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
**Coût de la semence.&lt;br /&gt;
**Sélectivité moyenne au désherbage chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Dose de semis (kg/ha) si espèce seule :&#039;&#039;&#039; 50-80.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 15 €/ha (semences fermières).&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_LinPrintemps.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Lin de printemps}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===[[Lin]] de printemps===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Sensible au gel.&lt;br /&gt;
**Bonne sélectivité au désherbage chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Dose de semis (kg/ha) si espèce seule :&#039;&#039;&#039; 1.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 1,3 €/ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Mélanges triples ou plus===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Bonne complémentarité entre les espèces.&lt;br /&gt;
**Pour certains mélanges, graines de taille similaire mélangeables avec le colza directement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Certaines espèces peuvent prendre le dessus par rapport à d’autres&lt;br /&gt;
**Attention à la difficulté de destruction par le gel pour des espèces comme les [[vesces]] ou les [[gesses]].&lt;br /&gt;
**Coût de la semence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 40-80 €/ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’association de plusieurs légumineuses est intéressante pour multiplier les atouts et contrebalancer les défauts de l’une d’entre elles. Les plantes à port dressé plus tardive avec pivot (féverole) peuvent être associées à des plantes à port plus étalées, avec racines fasciculées et souvent plus précoces (lentille, [[:Catégorie:Trèfle|trèfle]] d’Alexandrie, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Exemple de mélanges fréquemment associés avec le colza :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Féverole + Vesce + Trèfle d’Alexandrie&lt;br /&gt;
*[[Gesse]] + Fenugrec + Lentille (mélange recommandé en secteur peu gélif)&lt;br /&gt;
*Féverole + Lentille&lt;br /&gt;
* [[:Catégorie:Gesse|Gesse]] + Lentille + Trèfle d’Alexandrie (mélange recommandé en secteur peu gélif)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&amp;lt;u&amp;gt;Attention :&amp;lt;/u&amp;gt;&#039;&#039;&#039; La vesce n&#039;est pas assez gélive, la gesse est peu couvrante et n’apporte rien de plus et le [[fenugrec]] est peu couvrant et n’apporte rien de plus si ce n’est un répulsif contre les lièvres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&amp;lt;u&amp;gt;A retenir :&amp;lt;/u&amp;gt;&#039;&#039;&#039;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Pour lutter contre les [[campagnol]]s : 2kg de [[mélilot]] en mélange avec le couvert.&lt;br /&gt;
*Répulsif contre les lièvres : 10 à 20kg de fenugrec en mélange avec le couvert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Association avec des couverts pérennes ==&lt;br /&gt;
L’intérêt pour les [[couverts permanents]] est croissant. S’il est risqué d’implanter un colza dans un couvert en place (sol asséché par le couvert), l’implantation simultanée avec le colza est pertinente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Intérêts===&lt;br /&gt;
Les légumineuses pérennes ([[lotier]], [[trèfle blanc]], [[trèfle violet]], [[luzerne]], etc.) se développent pas ou peu à l’automne. Elles ne fourniront pas de service au colza. Leur intérêt sera de couvrir le sol et de produire de la biomasse dès la récolte du colza et éventuellement d’apporter différents services à la ou les cultures suivantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points d’attention===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Choix du couvert :&#039;&#039;&#039; lotier et trèfle blanc sont les espèces qui présentent le moins de risque de concurrence du colza au printemps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Gestion délicate du désherbage :&#039;&#039;&#039; les légumineuses pérennes ne contribuent pas à étouffer les adventices alors qu’une réduction de dose d’herbicides est nécessaire et les rattrapages d’entrée hiver à proscrire pour ne pas les détruire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est donc recommandé :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*D’éviter les parcelles à forte pression en adventices dicotylédones.&lt;br /&gt;
*D’associer des légumineuses gélives ayant une bonne capacité de couverture du sol précoce : trèfle d’Alexandrie mono-coupe ou lentille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==L&#039;implantation ==&lt;br /&gt;
La différence de taille entre les graines du colza et celles du couvert implanté peut être difficile à gérer au semis. Plusieurs méthodes existent selon la nature du couvert associé et le matériel.&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+&lt;br /&gt;
!Type de semis&lt;br /&gt;
!Type de graines&lt;br /&gt;
!Espèces&lt;br /&gt;
possibles &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Semis avec le même &lt;br /&gt;
semoir avec 2 cuves&lt;br /&gt;
|Tout type &lt;br /&gt;
|Toutes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
espèces&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Semis du couvert associé &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
à la volée (puis enfouissement &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
avec semoir ou outil)&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
* Densité &amp;lt;30kg/ha au Delimbe&lt;br /&gt;
*Eviter les trop petites graines&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(largeur d’épandage trop faible)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
|Lentille, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
féverole &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Semis avec le même &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
semoir en mélange&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
avec le colza&lt;br /&gt;
|Petites graines&lt;br /&gt;
|Lentille, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
trèfle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[lin]]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Semis sur le rang &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
au microgranulateur&lt;br /&gt;
|Densité &amp;lt;30kg/ha &lt;br /&gt;
|Lentille, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
trèfle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[:Catégorie:Lin|lin]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&amp;lt;u&amp;gt;Attention :&amp;lt;/u&amp;gt;&#039;&#039;&#039; Si les cultures associées sont semées trop tôt, il y a possibilité d’avoir un développement trop important du couvert qui risque d’étouffer le colza. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Conseils d’implantation / Adaptation de la conduite===&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_DatesSemis.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Carte des semis de colza associé éditée par Terres Inovia.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Réaliser des semis précoces&#039;&#039;&#039;, entre le 15 et 20 [[août]] (5 jours avant la date de semis normale du colza seul), pour favoriser la croissance des [[plantes compagnes]] et augmenter leur sensibilité au gel lors de l’arrivée des premiers froids. A l’inverse, un semis tardif ne permettra qu’un faible développement des plantes compagnes et ne justifiera pas le coût supplémentaire des semences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Choisir une &#039;&#039;&#039;variété peu sensible à l’élongation&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Implanter en simultané et en mélange avec la semence pour les graines de même densité que le colza&#039;&#039;&#039; (ex : colza + lentille). Cela économise un passage si le matériel le permet. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Implantation en deux passages pour les graines de densité différente du colza&#039;&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;semer le couvert avant le colza&#039;&#039;&#039;. Ne pas attendre trop longtemps entre les deux semis pour ne pas détruire le couvert et éviter que l’association ne prenne le dessus sur le colza. Pour une question de temps, un semis à la volée sera le plus avantageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Choisir une &#039;&#039;&#039;parcelle propre&#039;&#039;&#039; en dicotylédones, notamment [[géranium]]. La stratégie herbicide devra être adaptée et se limitera à un passage précoce ou deux pour limiter la phytotoxicité sur les plantes compagnes (voir ci-après « Adapter le programme herbicide »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*La &#039;&#039;&#039;fertilisation azotée&#039;&#039;&#039; au printemps pourra être &#039;&#039;&#039;réduite&#039;&#039;&#039;, en général de 30 unités. L’ensemble de ces adaptations de conduite garantissent le succès de la pratique et viennent justifier le surcoût de semence des plantes compagnes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{youtube|id=https://www.youtube.com/watch?v=2VDt6sYPpk8}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Gestion des adventices==&lt;br /&gt;
La phytotoxicité des herbicides colza peut nuire assez fortement au couvert associé, voire le détruire. Il faut être vigilant sur les produits et les doses de traitement appliqués. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réduction des herbicides couplée à la présence d’un couvert associé peut permettre d’obtenir des parcelles propres avec des programmes de désherbage moins chargés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les antigraminées===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rattrapage en post-levée : même raisonnement que pour le colza seul, sur repousses de graminées avec un antigraminées foliaire.&lt;br /&gt;
*Rattrapage d’entrée ou sortie hiver : avec un produit racinaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les antidicotylédones===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Les doses et stades d’application des produits diffèrent d’un colza seul. Les applications de pré-semis sont déconseillées et celles de pré-levées sont à éviter si possible car elles sont moins sélectives que les applications de post-levée.[[Fichier:Programme herbicide colza.png|vignette|524x524px]]&lt;br /&gt;
*Privilégier des applications au stade rayonnant voire 2 à 4 feuilles du colza. Fractionnez en 2 passages si besoin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les principales causes d’échec de la technique des colzas associés sont liées au désherbage&#039;&#039;&#039; : il s’agit de situations avec historique de pression adventices élevée ou avec impasse herbicide. Les causes d’échec peuvent également venir de la concurrence produite, sur le colza, par certains couverts associés de [[:Catégorie:Vesces|vesces]] ou [[trèfles]] (violet, incarnat, d’Alexandrie) non détruits en sortie hiver.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici un tableau récapitulatif sur ce sujet, réalisé par la chambre d&#039;agriculture de Bourgogne&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Gestion des maladies==&lt;br /&gt;
Il faut être vigilant pour ne pas augmenter le potentiel infectieux du sol au niveau de la problématique fongique ([[aphanomyces]]) en présence de légumineuses dans la rotation. Certaines légumineuses augmentent ce risque ([[Lentille|lentilles]], [[gesse]], [[pois]], [[Trèfle|trèfles]], [[Vesce|vesces]]), d’autres moins ([[Féverole|féveroles]], [[fenugrec]], trèfle d’Alexandrie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Articles connexes ==&lt;br /&gt;
* [[Associations de cultures et colza en Haut de France]]&lt;br /&gt;
* [[Associer le colza à des plantes de service gélives]]&lt;br /&gt;
* [[Réussir les colzas associés en agriculture de conservation, avec Antonio Pereira]]&lt;br /&gt;
* [[COLZA ASSOCIE Avec la féverole, une organisation facile et des résultats probants @CA17TV]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour aller plus loin==&lt;br /&gt;
* [https://www.terresinovia.fr/documents/20126/156018/Synthese-CASO-2021_compressed.pdf/17dc488b-d79a-f8f5-6005-66e3855c621a?t=1616755874576 Produire du colza associé à des légumineuses - CASO (Colza Associé Sud-Ouest).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Vidéos==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Réussir les colzas associés en agriculture de conservation, avec Antonio Pereira]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Sources==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[https://meuse.chambre-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/Grand-Est/037_Inst-Meuse/SPID/Fiche_colzas_associ%C3%A9s.pdf Associer un couvert à son colza - Chambre d&#039;Agriculture de la Meuse]&lt;br /&gt;
*[http://www.ile-de-france.chambagri.fr/pro77/rep-agronomie/grande_culture/files/180723_Note_technique_colza_associe.pdf Réussir l’implantation de son colza associé - Chambre d&#039;Agriculture de la Meuse]&lt;br /&gt;
*[https://www.terresinovia.fr/-/benefices-et-conduite-du-colza-associe-a-des-legumineuses Bénéfices et conduite du colza associé à des légumineuses - Terres Inovia]&lt;br /&gt;
*[https://www.entraid.com/articles/colza-associe-outil-agroecologie-agronomie-semis-choisir-plantes-compagnes Colza associé : un outil pour choisir ses plantes compagnes - Entraid&#039;]&lt;br /&gt;
*[https://www.terre-net.fr/observatoire-technique-culturale/strategie-technique-culturale/article/colza-associe-comment-quels-avantages-217-139831.html Colza associé : Comment ? Quels avantages ? - Terre-net]&lt;br /&gt;
*[https://www.agro-league.com/blog/le-colza-associe-la-diversite-au-service-de-la-performance Le colza associé : la diversité au service de la performance], [[Structure:AgroLeague|AgroLeague]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Annexes de la pratique&lt;br /&gt;
|Cultures=Colza&lt;br /&gt;
|Défavorise=Altise du colza@Charançon du bourgeon terminal@Adventices&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Semer_un_colza_associ%C3%A9&amp;diff=166442</id>
		<title>Semer un colza associé</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Semer_un_colza_associ%C3%A9&amp;diff=166442"/>
		<updated>2025-03-14T10:24:46Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Pratique&lt;br /&gt;
| Image = Colza_Associe.jpg&lt;br /&gt;
| ImageCaption = Colza associé à de la féverole. Crédit photo : CA Meuse&lt;br /&gt;
| Type de production = Grandes cultures&lt;br /&gt;
| Objectif = Adventices@ Sol et fertilisation@ Environnement &amp;amp; biodiversité@ Insectes et ravageurs&lt;br /&gt;
| Mots-clés = Association de culture en grandes cultures, Couverts permanents en grandes cultures, Résilience climatique, Couverture des sols, Colza associé&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
On parle de plus en plus de « [[colza associé]] », en particulier dans les [[pratiques]] d’[[Agriculture de conservation des sols (ACS)|agriculture de conservation]]. La technique consiste à associer un couvert au colza dès l’implantation de la culture. Ce couvert reste en place à l’automne et est détruit pendant l’hiver. La mise en place d’un couvert a plusieurs intérêts par rapport à des enjeux liés à l&#039;[[azote]], les ravageurs et les [[adventices]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Principe==&lt;br /&gt;
Associer le [[colza]] à d&#039;autres [[cultures]] permet de maintenir voire d&#039;augmenter les rendements du colza, tout en réduisant les besoins en fertilisation azotée et en [[désherbage]]. Cette association colza-légumineuse est adaptée aux situations à faible disponibilité en azote, dans l’ouest et le centre de la France en particulier. L&#039;intérêt est plus limité lorsque la disponibilité en azote au semis est forte (apports de fertilisants organiques, précédents protéagineux, reliquats post-récolte élevés,...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{youtube|id=https://www.youtube.com/watch?v=OhzBtKN7vmQ}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Objectifs==&lt;br /&gt;
===Restitution d’azote pour le colza===&lt;br /&gt;
Le couvert détruit pendant l’hiver (en particulier s’il contient des [[légumineuses]]) va restituer au sol de la [[Matière organique du sol|matière organique]] et de l’azote dont le colza pourra bénéficier au printemps. Un couvert bien implanté pourra restituer en moyenne entre 20 à 30 kg d’azote disponible pour le colza.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au printemps, le relargage de l’azote est différent selon les espèces de légumineuses en fonction de leur port et de leur rapport Carbone/Azote. La [[féverole]] avec son port dressé à moins de contact avec le sol (40% de sa biomasse sera minéralisée rapidement, les tiges restent en place) tandis qu’une [[vesce]] ou un [[fenugrec]] avec leur port étalé ont 100% de leur biomasse aérienne qui sera au contact du sol, et vont donc restituer l’azote plus rapidement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela montre l&#039;intérêt d’associer plusieurs espèces pour améliorer la temporalité de relargage de l’azote pour l’interculture et la culture suivante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Valorisation de l&#039;azote ===&lt;br /&gt;
L’association permet une valorisation de l’azote minéral de l’ordre de 10 à 20 unités lié à une meilleure porosité. La mise en place d’un [[couvert végétal|couvert associé]] au colza favorise encore plus l’absorption de l’azote à l’automne et participe à la diminution des risques de lessivage de l’azote. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Concurrence les adventices===&lt;br /&gt;
{{Image|Image=Le colza associé la diversité au service de la performance 14.jpg|Légende=Relation entre le poids frais aérien et le nombre d’adventices pour colza associé et colza seul (source : Terres Inovia, 2016)|Alignement=Right}}&lt;br /&gt;
Un colza associé bien implanté accompagné de légumineuses permet de réduire la pression des adventices ([[géranium]], [[Gaillet gratteron|gaillet]], [[matricaires]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La présence de plantes associées &#039;&#039;&#039;empêche la lumière&#039;&#039;&#039; d&#039;arriver au sol et entraîne de fait une &#039;&#039;&#039;réduction de la levée des adventices.&#039;&#039;&#039; Cet aspect est intéressant dans un objectif de réduction des herbicides.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des essais menés par [[Terres Inovia]] sur 15 exploitations sur la période 2013-2016 pour comparer le colza associé et le colza seul ont montré une corrélation entre le poids aérien du colza et la présence d’adventices sur les parcelles. On observe qu’au-delà de 1 500 g/m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;, le nombre d’adventices au m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; diminue nettement, avec les modalités du colza associé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Effet structurant===&lt;br /&gt;
Le couvert associé peut agir sur la structure du sol et l’améliorer, ce qui peut favoriser le développement racinaire du colza. 90% des racines des légumineuses se situent dans les 10 premiers centimètres, ce qui induit une &#039;&#039;&#039;amélioration de la porosité du so&#039;&#039;&#039;l et un &#039;&#039;&#039;meilleur enracinement&#039;&#039;&#039; du colza (le pivot d’un colza associé est plus profond de 3-4 cm comparé à un colza seul).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Perturbe les attaques des ravageurs d’automne===&lt;br /&gt;
Les colzas associés à des mélanges à base de [[vesce]] ou [[féverole]] semblent moins attractifs pour le [[charançon du bourgeon terminal]] et l&#039;[[altise du colza]]. La présence de plantes associées aux colzas entraîne une perturbation chez les insectes ravageurs et diminue le risque de dégâts sur la culture : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Perturbation visuelle&#039;&#039;&#039; : l’insecte reconnaît la couleur et la forme de la plante hôte. Cela est accentué par un fort contraste entre le sol nu et la plante hôte en développement. La présence d’une plante compagne &#039;&#039;&#039;réduit ce contraste&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Perturbation olfactive&#039;&#039;&#039; : les insectes sont attirés par des composés volatils (constituant l’odeur spécifique de la plante hôte). La plante compagne masque ou &#039;&#039;&#039;trouble l’odeur et gêne l’orientation des insectes&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Théorie de l’atterrissage approprié/inapproprié&#039;&#039;&#039; : l’insecte se pose sur une plante et il y reste si c’est sa plante hôte ou redécolle soit pour sortir de la parcelle soit pour trouver la bonne;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Résistance par association&#039;&#039;&#039; : plante leurre ou piège – la plante hôte bénéficie de la &#039;&#039;&#039;protection&#039;&#039;&#039; de sa plante compagne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des essais menés par [[Utilisateur:Greenotec|Greenotec]] en 2019 pour comparer les dégâts d’[[Altise du colza|altises sur colzas]] associés et colzas seuls ont montré un net avantage pour le colza associé. Sur les 4 des 5 parcelles d&#039;essais, on constate une réduction des morsures allant de -20% à -36%, pour le colza associé comparé au colza seul.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Image|Image=Le colza associé la diversité au service de la performance 15.jpg|Légende=Rendement*400€ - charges d’ITK précédentes – 300 € de charges opérationnelles identiques pour chaque ITK (source Anthony Frison, 2018)|Alignement=Right}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Augmenter la rentabilité économique ===&lt;br /&gt;
Des essais menés par [[:Catégorie:Terres Inovia|Terres Inovia]] entre 2013 et 2016 ont montré des &#039;&#039;&#039;marges brutes multipliées par 1,35 à 2&#039;&#039;&#039; comparées à des colzas seuls, &#039;&#039;&#039;13% à 18% d’azote en moins&#039;&#039;&#039;, une &#039;&#039;&#039;baisse des charges en intrants de 25 à 35%&#039;&#039;&#039;, des &#039;&#039;&#039;charges phytosanitaires de 45 à 55%&#039;&#039;&#039; et des &#039;&#039;&#039;[[IFT]] divisé par 2&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les essais menés en 2018 par Anthony Frison ont montré des résultats intéressants au niveau de la rentabilité pour les modalités avec plantes compagnes &#039;&#039;&#039;pour tous les types de travail du sol&#039;&#039;&#039; (&#039;&#039;&#039;+5%&#039;&#039;&#039; de marge brute pour la modalité colza associé comparée à la modalité colza seul &#039;&#039;&#039;en [[TCS]]&#039;&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;+2,5% en [[strip till]]&#039;&#039;&#039; et +&#039;&#039;&#039;4% en [[semis direct]]&#039;&#039;&#039;) à l’&#039;&#039;&#039;exception du labour (-1%).&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le choix du couvert==&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_Melange.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Colza associé à un mélange de féverole, lin et lentille. Crédit photo : CA Meuse}}&lt;br /&gt;
Le [[Choisir un couvert végétal|choix du couvert associé]] doit se réfléchir selon 4 principaux critères :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Un couvert à base de légumineuses pour capter l’azote de l’air.&lt;br /&gt;
*Un couvert qui ne concurrence pas le colza.&lt;br /&gt;
*Un couvert qui résiste aux [[herbicides]] colza.&lt;br /&gt;
*[[Associer le colza à des plantes de service gélives|Un couvert gélif en hiver]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Selon le matériel===&lt;br /&gt;
{{Image|Image=Le colza associé la diversité au service de la performance 6.jpg}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Selon les relations des plantes ===&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Jouer sur la complémentarité des bénéfices des couverts&#039;&#039;&#039; : enracinement complémentaire au colza pour améliorer son exploration du sol, bonne capacité de stockage d’azote à l’automne puis de libération de celui-ci au printemps, couverture du sol pour concurrencer les mauvaises herbes et rechercher une hauteur de végétation suffisamment importante pour perturber les [[insectes]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière générale, il faut éviter les crucifères comme la [[navette]] et &#039;&#039;&#039;le couvert associé le plus facile à réussir est la [[:Catégorie:Féverole|féverole]]&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Outils d&#039;aide===&lt;br /&gt;
Pour vous aider dans votre choix, l&#039;INRAe a développé l&#039;&#039;&#039;&#039;outil d&#039;aide à la décision [[CAPS]]&#039;&#039;&#039; (Colza Associé à des Plantes de Service), vous pouvez le télécharger en suivant ce [https://www6.versailles-grignon.inrae.fr/agronomie/Questionnaires/Q-Agronomie/Formulaire-CAPS lien].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Associations avec des légumineuses==&lt;br /&gt;
Les légumineuses sont plus tardives que le colza. Elles ont besoin d’au moins 500°C jour pour démarrer leur croissance dynamique. Le colza a une levée &#039;&#039;&#039;plus précoce&#039;&#039;&#039; et une &#039;&#039;&#039;phase de croissance dynamique plus courte,&#039;&#039;&#039; ce qui lui confère systématiquement au moins &#039;&#039;&#039;une semaine d’avance sur les légumineuses&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet aspect limite les risques de concurrence sur le colza dans la première phase du cycle et rend &#039;&#039;&#039;l’association fonctionnelle&#039;&#039;&#039;. L’indice de précocité est un paramètre important à prendre en compte pour une destruction naturelle en hiver (la destruction par les basses températures n’est effective que si les légumineuses arrivent au stade bouton).&amp;lt;gallery mode=&amp;quot;slideshow&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
Fichier:Le colza associé la diversité au service de la performance 7.jpg&lt;br /&gt;
Fichier:Le colza associé la diversité au service de la performance 9.jpg&lt;br /&gt;
Fichier:Le colza associé la diversité au service de la performance 8.jpg&lt;br /&gt;
&amp;lt;/gallery&amp;gt;{{Image | Image = Colza_Associe_Lentille.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Lentille}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===[[Lentille]]===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Croissance rapide.&lt;br /&gt;
**Hauteur limitée.&lt;br /&gt;
**Enracinement superficiel.&lt;br /&gt;
** Bon pouvoir concurrentiel avec les adventices.&lt;br /&gt;
**Minéralisation de l&#039;azote au printemps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
**Sensibilité au [[gel]] : - 7° C.&lt;br /&gt;
**Sensible à l’[[aphanomyces]].&lt;br /&gt;
**Espèce hôte du [[sclérotinia]].&lt;br /&gt;
**Mauvaise sélectivité au [[désherbage chimique]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Dose de semis en association / [[:Catégorie:Objectif|Objectif]] nb plantes/m² :&#039;&#039;&#039; 25 à 30 kg/ha. Objectif 100 à 130 plantes/m².&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 50 à 60 €/ha.&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_Féverole.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Féverole}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===[[Féverole]] de printemps===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Rapidité de développement.&lt;br /&gt;
**Enracinement très performant, structure le sol, améliore la circulation de l&#039;eau.&lt;br /&gt;
**Production de biomasse.&lt;br /&gt;
**Restitution d’azote.&lt;br /&gt;
**Utiliser les semences de ferme.&lt;br /&gt;
**Sensibilité au [[:Catégorie:Gel|gel]].&lt;br /&gt;
**Bonne sélectivité au désherbage chimique.&lt;br /&gt;
** Perturbe les insectes à l&#039;automne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
**Sensible aux conditions sèches.&lt;br /&gt;
**Grosses graines : mélange délicat avec le colza.&lt;br /&gt;
**Coût de la semence.&lt;br /&gt;
**Espèce hôte du sclérotinia.&lt;br /&gt;
**Mauvaise couverture du sol. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Dose de semis en association / Objectif nb plantes/m² :&#039;&#039;&#039; 80 à 100 kg/ha. Objectif 10 à 15 plantes/m².&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 20 à 25 €/ha (semences autoproduites).&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_TrefleAlexandrie.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Trèfle d&#039;Alexandrie monocoupe précoce}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Trèfle d’Alexandrie===&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Plante annuelle.&lt;br /&gt;
**Facile à détruire.&lt;br /&gt;
**Concurrent vis à vis des adventices.&lt;br /&gt;
**Minéralisation de l&#039;azote au printemps.&lt;br /&gt;
**Restructuration du sol grâce à son système racinaire fasciculé pivotant.&lt;br /&gt;
**Bonne sélectivité au désherbage chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
**Pouvoir couvrant moyen&lt;br /&gt;
** Sensibilité à la [[sécheresse]]&lt;br /&gt;
**Espèce hôte du sclérotinia. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Dose de semis en association / Objectif nb plantes/m² :&#039;&#039;&#039; 6 kg/ha. Objectif 200 à 300 plantes/m².&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 15 €/ha.&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_TrefleBlancNain.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Trèfle blanc nain}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Trèfle blanc nain===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Rapidité de développement.&lt;br /&gt;
**Bonne couverture du sol.&lt;br /&gt;
**Bonne sélectivité au désherbage chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
**Peu sensible au gel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Dose de semis (kg/ha) si espèce seule :&#039;&#039;&#039; 4-5.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût €/ha :&#039;&#039;&#039; 30 €/ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[trèfle blanc]] se développe très peu à l’automne et apporte donc peu de bénéfices au colza. Peu sensible au gel, sa croissance débute au printemps. Cette spécificité fait qu’il peut être ajouté dans un mélange de légumineuses gélives dans le but de se développer rapidement pendant l’interculture suivante, voire de servir de couvert permanent qui restera en place dans les [[:Catégorie:Cultures|cultures]] suivantes. Pour limiter les risques de compétition du colza au printemps, il est impératif de choisir des variétés naines comme Aberace. Dans les systèmes avec couverture semi-permanente il est conseillé de semer le couvert en même temps que le colza plutôt que de semer un colza dans le couvert déjà en place (risque accru sur la compétition en eau). Attention tout de même à la profondeur de semis du [[trèfle]] blanc, celui-ci doit être positionné superficiellement.{{Image | Image = Colza_Associe_PoisPrintemps.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Pois fourrager de printemps}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===[[Pois de printemps]]===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
** Rapidité de développement.&lt;br /&gt;
**Bonne couverture du sol.&lt;br /&gt;
** Sensible au gel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
**Coût de la semence.&lt;br /&gt;
**Sélectivité moyenne au désherbage chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Dose de semis (kg/ha) si espèce seule :&#039;&#039;&#039; 50-80.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 15 €/ha (semences fermières).&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_LinPrintemps.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Lin de printemps}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===[[Lin]] de printemps===&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Sensible au gel.&lt;br /&gt;
**Bonne sélectivité au désherbage chimique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Dose de semis (kg/ha) si espèce seule :&#039;&#039;&#039; 1.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 1,3 €/ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Mélanges triples ou plus===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Avantages :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Bonne complémentarité entre les espèces.&lt;br /&gt;
**Pour certains mélanges, graines de taille similaire mélangeables avec le colza directement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Inconvénients :&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
**Certaines espèces peuvent prendre le dessus par rapport à d’autres&lt;br /&gt;
**Attention à la difficulté de destruction par le gel pour des espèces comme les [[vesces]] ou les [[gesses]].&lt;br /&gt;
**Coût de la semence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Coût indicatif :&#039;&#039;&#039; 40-80 €/ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’association de plusieurs légumineuses est intéressante pour multiplier les atouts et contrebalancer les défauts de l’une d’entre elles. Les plantes à port dressé plus tardive avec pivot (féverole) peuvent être associées à des plantes à port plus étalées, avec racines fasciculées et souvent plus précoces (lentille, [[:Catégorie:Trèfle|trèfle]] d’Alexandrie, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Exemple de mélanges fréquemment associés avec le colza :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Féverole + Vesce + Trèfle d’Alexandrie&lt;br /&gt;
*[[Gesse]] + Fenugrec + Lentille (mélange recommandé en secteur peu gélif)&lt;br /&gt;
*Féverole + Lentille&lt;br /&gt;
* [[:Catégorie:Gesse|Gesse]] + Lentille + Trèfle d’Alexandrie (mélange recommandé en secteur peu gélif)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&amp;lt;u&amp;gt;Attention :&amp;lt;/u&amp;gt;&#039;&#039;&#039; La vesce n&#039;est pas assez gélive, la gesse est peu couvrante et n’apporte rien de plus et le [[fenugrec]] est peu couvrant et n’apporte rien de plus si ce n’est un répulsif contre les lièvres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&amp;lt;u&amp;gt;A retenir :&amp;lt;/u&amp;gt;&#039;&#039;&#039;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Pour lutter contre les [[campagnol]]s : 2kg de [[mélilot]] en mélange avec le couvert.&lt;br /&gt;
*Répulsif contre les lièvres : 10 à 20kg de fenugrec en mélange avec le couvert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Association avec des couverts pérennes ==&lt;br /&gt;
L’intérêt pour les [[couverts permanents]] est croissant. S’il est risqué d’implanter un colza dans un couvert en place (sol asséché par le couvert), l’implantation simultanée avec le colza est pertinente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Intérêts===&lt;br /&gt;
Les légumineuses pérennes ([[lotier]], [[trèfle blanc]], [[trèfle violet]], [[luzerne]], etc.) se développent pas ou peu à l’automne. Elles ne fourniront pas de service au colza. Leur intérêt sera de couvrir le sol et de produire de la biomasse dès la récolte du colza et éventuellement d’apporter différents services à la ou les cultures suivantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points d’attention===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Choix du couvert :&#039;&#039;&#039; lotier et trèfle blanc sont les espèces qui présentent le moins de risque de concurrence du colza au printemps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Gestion délicate du désherbage :&#039;&#039;&#039; les légumineuses pérennes ne contribuent pas à étouffer les adventices alors qu’une réduction de dose d’herbicides est nécessaire et les rattrapages d’entrée hiver à proscrire pour ne pas les détruire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est donc recommandé :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*D’éviter les parcelles à forte pression en adventices dicotylédones.&lt;br /&gt;
*D’associer des légumineuses gélives ayant une bonne capacité de couverture du sol précoce : trèfle d’Alexandrie mono-coupe ou lentille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==L&#039;implantation ==&lt;br /&gt;
La différence de taille entre les graines du colza et celles du couvert implanté peut être difficile à gérer au semis. Plusieurs méthodes existent selon la nature du couvert associé et le matériel.&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+&lt;br /&gt;
!Type de semis&lt;br /&gt;
!Type de graines&lt;br /&gt;
!Espèces&lt;br /&gt;
possibles &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Semis avec le même &lt;br /&gt;
semoir avec 2 cuves&lt;br /&gt;
|Tout type &lt;br /&gt;
|Toutes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
espèces&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Semis du couvert associé &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
à la volée (puis enfouissement &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
avec semoir ou outil)&lt;br /&gt;
|&lt;br /&gt;
* Densité &amp;lt;30kg/ha au Delimbe&lt;br /&gt;
*Eviter les trop petites graines&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(largeur d’épandage trop faible)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
|Lentille, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
féverole &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Semis avec le même &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
semoir en mélange&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
avec le colza&lt;br /&gt;
|Petites graines&lt;br /&gt;
|Lentille, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
trèfle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[lin]]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|Semis sur le rang &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
au microgranulateur&lt;br /&gt;
|Densité &amp;lt;30kg/ha &lt;br /&gt;
|Lentille, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
trèfle, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[:Catégorie:Lin|lin]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&amp;lt;u&amp;gt;Attention :&amp;lt;/u&amp;gt;&#039;&#039;&#039; Si les cultures associées sont semées trop tôt, il y a possibilité d’avoir un développement trop important du couvert qui risque d’étouffer le colza. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Conseils d’implantation / Adaptation de la conduite===&lt;br /&gt;
{{Image | Image = Colza_Associe_DatesSemis.jpg | Alignement = Right | Cadre = True | Légende = Carte des semis de colza associé éditée par Terres Inovia.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Réaliser des semis précoces&#039;&#039;&#039;, entre le 15 et 20 [[août]] (5 jours avant la date de semis normale du colza seul), pour favoriser la croissance des [[plantes compagnes]] et augmenter leur sensibilité au gel lors de l’arrivée des premiers froids. A l’inverse, un semis tardif ne permettra qu’un faible développement des plantes compagnes et ne justifiera pas le coût supplémentaire des semences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Choisir une &#039;&#039;&#039;variété peu sensible à l’élongation&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Implanter en simultané et en mélange avec la semence pour les graines de même densité que le colza&#039;&#039;&#039; (ex : colza + lentille). Cela économise un passage si le matériel le permet. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;Implantation en deux passages pour les graines de densité différente du colza&#039;&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;semer le couvert avant le colza&#039;&#039;&#039;. Ne pas attendre trop longtemps entre les deux semis pour ne pas détruire le couvert et éviter que l’association ne prenne le dessus sur le colza. Pour une question de temps, un semis à la volée sera le plus avantageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Choisir une &#039;&#039;&#039;parcelle propre&#039;&#039;&#039; en dicotylédones, notamment [[géranium]]. La stratégie herbicide devra être adaptée et se limitera à un passage précoce ou deux pour limiter la phytotoxicité sur les plantes compagnes (voir ci-après « Adapter le programme herbicide »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*La &#039;&#039;&#039;fertilisation azotée&#039;&#039;&#039; au printemps pourra être &#039;&#039;&#039;réduite&#039;&#039;&#039;, en général de 30 unités. L’ensemble de ces adaptations de conduite garantissent le succès de la pratique et viennent justifier le surcoût de semence des plantes compagnes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{youtube|id=https://www.youtube.com/watch?v=2VDt6sYPpk8}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Gestion des adventices==&lt;br /&gt;
La phytotoxicité des herbicides colza peut nuire assez fortement au couvert associé, voire le détruire. Il faut être vigilant sur les produits et les doses de traitement appliqués. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réduction des herbicides couplée à la présence d’un couvert associé peut permettre d’obtenir des parcelles propres avec des programmes de désherbage moins chargés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les antigraminées===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rattrapage en post-levée : même raisonnement que pour le colza seul, sur repousses de graminées avec un antigraminées foliaire.&lt;br /&gt;
*Rattrapage d’entrée ou sortie hiver : avec un produit racinaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les antidicotylédones===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Les doses et stades d’application des produits diffèrent d’un colza seul. Les applications de pré-semis sont déconseillées et celles de pré-levées sont à éviter si possible car elles sont moins sélectives que les applications de post-levée.&lt;br /&gt;
*Privilégier des applications au stade rayonnant voire 2 à 4 feuilles du colza. Fractionnez en 2 passages si besoin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les principales causes d’échec de la technique des colzas associés sont liées au désherbage&#039;&#039;&#039; : il s’agit de situations avec historique de pression adventices élevée ou avec impasse herbicide. Les causes d’échec peuvent également venir de la concurrence produite, sur le colza, par certains couverts associés de [[:Catégorie:Vesces|vesces]] ou [[trèfles]] (violet, incarnat, d’Alexandrie) non détruits en sortie hiver.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici un tableau récapitulatif sur ce sujet, réalisé par la chambre d&#039;agriculture de Bourgogne&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Programme herbicide colza.png|vignette]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Gestion des maladies==&lt;br /&gt;
Il faut être vigilant pour ne pas augmenter le potentiel infectieux du sol au niveau de la problématique fongique ([[aphanomyces]]) en présence de légumineuses dans la rotation. Certaines légumineuses augmentent ce risque ([[Lentille|lentilles]], [[gesse]], [[pois]], [[Trèfle|trèfles]], [[Vesce|vesces]]), d’autres moins ([[Féverole|féveroles]], [[fenugrec]], trèfle d’Alexandrie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Articles connexes ==&lt;br /&gt;
* [[Associations de cultures et colza en Haut de France]]&lt;br /&gt;
* [[Associer le colza à des plantes de service gélives]]&lt;br /&gt;
* [[Réussir les colzas associés en agriculture de conservation, avec Antonio Pereira]]&lt;br /&gt;
* [[COLZA ASSOCIE Avec la féverole, une organisation facile et des résultats probants @CA17TV]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Pour aller plus loin==&lt;br /&gt;
* [https://www.terresinovia.fr/documents/20126/156018/Synthese-CASO-2021_compressed.pdf/17dc488b-d79a-f8f5-6005-66e3855c621a?t=1616755874576 Produire du colza associé à des légumineuses - CASO (Colza Associé Sud-Ouest).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Vidéos==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Réussir les colzas associés en agriculture de conservation, avec Antonio Pereira]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Sources==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[https://meuse.chambre-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/Grand-Est/037_Inst-Meuse/SPID/Fiche_colzas_associ%C3%A9s.pdf Associer un couvert à son colza - Chambre d&#039;Agriculture de la Meuse]&lt;br /&gt;
*[http://www.ile-de-france.chambagri.fr/pro77/rep-agronomie/grande_culture/files/180723_Note_technique_colza_associe.pdf Réussir l’implantation de son colza associé - Chambre d&#039;Agriculture de la Meuse]&lt;br /&gt;
*[https://www.terresinovia.fr/-/benefices-et-conduite-du-colza-associe-a-des-legumineuses Bénéfices et conduite du colza associé à des légumineuses - Terres Inovia]&lt;br /&gt;
*[https://www.entraid.com/articles/colza-associe-outil-agroecologie-agronomie-semis-choisir-plantes-compagnes Colza associé : un outil pour choisir ses plantes compagnes - Entraid&#039;]&lt;br /&gt;
*[https://www.terre-net.fr/observatoire-technique-culturale/strategie-technique-culturale/article/colza-associe-comment-quels-avantages-217-139831.html Colza associé : Comment ? Quels avantages ? - Terre-net]&lt;br /&gt;
*[https://www.agro-league.com/blog/le-colza-associe-la-diversite-au-service-de-la-performance Le colza associé : la diversité au service de la performance], [[Structure:AgroLeague|AgroLeague]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Annexes de la pratique&lt;br /&gt;
|Cultures=Colza&lt;br /&gt;
|Défavorise=Altise du colza@Charançon du bourgeon terminal@Adventices&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;br /&gt;
{{Pages liées}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Programme_herbicide_colza.png&amp;diff=166441</id>
		<title>Fichier:Programme herbicide colza.png</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Fichier:Programme_herbicide_colza.png&amp;diff=166441"/>
		<updated>2025-03-14T10:23:58Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;programme herbicide colza adapté à la gestion des plantes compagnes&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Inversion_de_temp%C3%A9rature_et_d%C3%A9rive_des_pesticides&amp;diff=166440</id>
		<title>Inversion de température et dérive des pesticides</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Inversion_de_temp%C3%A9rature_et_d%C3%A9rive_des_pesticides&amp;diff=166440"/>
		<updated>2025-03-14T10:15:15Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Pratique&lt;br /&gt;
| Type de production = Grandes cultures&lt;br /&gt;
| Image = 8103_Liquid_Terragator.JPG&lt;br /&gt;
| Nom = Inversion de température et dérive des pesticides&lt;br /&gt;
| Mots-clés = Désherbage chimique&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Une dérive de pesticides peut survenir lorsqu’un traitement est effectué pendant un épisode d&#039;&#039;&#039;’[[inversion de température]]&#039;&#039;&#039; (aussi appelée inversion thermique), c’est-à-dire &#039;&#039;&#039;lorsqu’une masse d’air froid se forme à la surface du sol sous une masse d’air plus chaud&#039;&#039;&#039;. Bien que ce phénomène puisse se produire à tout moment de la journée, les inversions de température sont beaucoup plus communes en &#039;&#039;&#039;fin d’après-midi ou en début de soirée&#039;&#039;&#039; et elles persistent souvent jusqu’au lendemain matin. Une inversion de température crée un environnement propice à la dérive des petites gouttelettes de pulvérisation vers des zones non ciblées. Pour cette raison, dans certains pays, il est interdit d’appliquer certains pesticides lors d’un épisode d’inversion thermique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les effets d’une inversion sur les gouttelettes de pulvérisation ==&lt;br /&gt;
Dans un champ, l’air est normalement plus chaud à la surface du sol et se refroidit avec l’altitude. Lors d’une inversion, l’air près du sol ou de la culture est plus froid qu’il l’est au-dessus de la culture. Cela crée une &#039;&#039;&#039;couche d’air très stable qui prévient le mouvement vertical de l’air et qui fait les gouttelettes de pulvérisation très fines (≤ 200 microns) peuvent demeurer en suspension dans une couche d’inversion pendant plusieurs heures&#039;&#039;&#039;, souvent jusqu’en matinée. Elles peuvent alors être &#039;&#039;&#039;portées par des vents aussi faibles que 1,6 km/h hors de la zone ciblée où elles peuvent causer des dommages aux cultures sensibles ou à la végétation&#039;&#039;&#039;&amp;lt;ref name=&amp;quot;ndsu&amp;quot;&amp;gt;Enz, J., Hofman, V. et Thostenson, A. 2019. Air temperature inversions: causes, characteristics and potential effects on pesticide spray drift. North Dakota State University Extension publication AE1705. https://www.ndsu.edu/agriculture/sites/default/files/2024-07/ae1705.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les agriculteurs ne doivent pas confondre la dérive d’[[herbicides]] pendant une inversion avec le mouvement des herbicides dû à la volatilisation, qui est le passage de gouttelettes liquides à l’état gazeux. Les gouttelettes de la pulvérisation de n’importe quel herbicide peuvent dériver vers des zones non ciblées pendant une inversion de température.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Image|Image=Inversion de température.png|Légende=Comparaison entre des conditions normales et une inversion de température|Alignement=Center}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Choisir le bon moment pour effectuer une pulvérisation ==&lt;br /&gt;
On pourrait croire qu’il est opportun d’effectuer des traitements tôt le matin alors que le vent est faible (&amp;lt;5 km/h). Toutefois, &#039;&#039;&#039;des vents calmes et un ciel nocturne dégagé favorisent la formation d’une inversion de température&#039;&#039;&#039;, ce qui fait de ce moment la pire période de la journée pour effectuer un traitement. Par temps calme, &#039;&#039;&#039;une inversion persiste généralement plus d’une heure après le lever du soleil&#039;&#039;&#039;, selon les conditions à la surface. Un &#039;&#039;&#039;brouillard au sol et de l’eau condensée à la surface des feuilles sont de bons indicateurs de la présence d’une inversion&#039;&#039;&#039;. Les matins où le ciel est dégagé, il vaut mieux attendre que l’air en surface se réchauffe d’au moins 1,6 °C par rapport à la température minimum nocturne ou que le vent se mette à souffler un peu plus fort (&amp;gt;3 km/h) pour s’assurer que l’inversion s’est dissipée avant d’effectuer un traitement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une inversion de température peut commencer à se former en fin de journée lorsque les températures de l’air et du sol commencent à descendre. &#039;&#039;&#039;Les inversions qui se forment en soirée posent souvent un plus grand risque de dérive de pesticides que les inversions matinales&#039;&#039;&#039; puisqu’elles peuvent persister aussi longtemps que le ciel demeure dégagé. Une fois formée, une telle inversion continue de s’intensifier jusqu’après le lever du soleil. Des nuages ou le vent viendront à un moment ou un autre déstabiliser l’inversion. Les pires conditions de dérive de pesticides se produisent lorsqu’il y a à la fois une inversion et un faible vent ; dans un tel cas, les particules de pulvérisations très fines peuvent être transportées sur de longues distances&amp;lt;ref name=&amp;quot;ndsu&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En région montagneuse, le drainage de l’air froid dans les vallées protégées, les zones basses et les versants ombragés peut causer des inversions intenses&amp;lt;ref name=&amp;quot;ndsu&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Reconnaître une inversion ==&lt;br /&gt;
On peut vérifier la présence d’une inversion en &#039;&#039;&#039;mesurant la température de l’air à deux hauteurs &#039;&#039;&#039;: de &#039;&#039;&#039;15 cm à 30 cm au-dessus de la surface à traiter&#039;&#039;&#039; (qui est le [[:Catégorie:Couvert végétal|couvert végétal]] ou, si la culture n’est pas encore levée, le sol) et de &#039;&#039;&#039;2,5 m à 3 m au-dessus de la surface à traiter&#039;&#039;&#039;. Il y a inversion si la température au niveau supérieur est plus élevée que celle au niveau inférieur. Plus l’écart de température est grand, plus l’inversion est intense et plus la basse atmosphère est stable&amp;lt;ref name=&amp;quot;ndsu&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’est pas toujours pratique de mesurer précisément la température près du sol et à 3 m au-dessus du [[:Catégorie:Couvert végétal|couvert végétal]]. Les conditions suivantes indiquent qu’il est probable qu’une inversion se soit formée&amp;lt;ref name=&amp;quot;Townsend&amp;quot;&amp;gt;Townsend, L. 2017. Surface temperature inversions and spray drift. University of Kentucky Pest News. https://kentuckypestnews.wordpress.com/2017/03/28/surface-temperature-inversions-and-spray-drift/&amp;lt;/ref&amp;gt; :&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Brume, brouillard, rosée ou givre&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Poussières ou fumée en suspension dans l’air qui se déplacent latéralement au-dessus de la surface&#039;&#039;&#039;. Un opérateur antiparasitaire peut générer de la fumée pour vérifier s’il y a une inversion. De la fumée qui forme une couche se déplaçant latéralement dans un nuage (par des faibles vents) indique qu’il y a inversion alors que de la fumée qui monte et qui se dissipe rapidement indique qu’il y a un bon mélange vertical de l’air.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Dispersion des cumulus&#039;&#039;&#039; en fin de journée.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Vents constants de moins de 11 km/h&#039;&#039;&#039; en soirée et pendant la nuit.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Brise fraîche&#039;&#039;&#039; à contrepente qui se développe en soirée ou pendant la nuit.&lt;br /&gt;
* Plus grande &#039;&#039;&#039;facilité à entendre les bruits distants.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Odeurs distantes&#039;&#039;&#039; plus faciles à percevoir en soirée que pendant le jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources ==&lt;br /&gt;
* https://www.cropscience.bayer.ca/fr-ca/articles/2022/air-temperature-inversion-effects-on-pesticide-spray-drift&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Hi%C3%A9rarchiser_les_facteurs_de_production_d%E2%80%99une_plante_cultiv%C3%A9e&amp;diff=139142</id>
		<title>Hiérarchiser les facteurs de production d’une plante cultivée</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Hi%C3%A9rarchiser_les_facteurs_de_production_d%E2%80%99une_plante_cultiv%C3%A9e&amp;diff=139142"/>
		<updated>2024-05-22T07:53:17Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : Page créée avec « {{Pratique |Image=FacteursProduction.jpg |ImageCaption=Hiérarchie des facteurs de production d&amp;#039;une plante cultivée |Type de production=Grandes cultures |Objectif=Productivité }} Cet article s&amp;#039;inspire largement des recherches menées par Lionel Mesnage, enrichies par les contributions de Martin Rollet. Dans la quête de comprendre les raisons derrière les rendements décevants ou les échecs de semis, il est impératif de dresser une hiérarchie des facteurs d... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Pratique&lt;br /&gt;
|Image=FacteursProduction.jpg&lt;br /&gt;
|ImageCaption=Hiérarchie des facteurs de production d&#039;une plante cultivée&lt;br /&gt;
|Type de production=Grandes cultures&lt;br /&gt;
|Objectif=Productivité&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Cet article s&#039;inspire largement des recherches menées par Lionel Mesnage, enrichies par les contributions de Martin Rollet. Dans la quête de comprendre les raisons derrière les rendements décevants ou les échecs de semis, il est impératif de dresser une hiérarchie des facteurs de production. Par conséquent, un essai sur la nutrition oligo-élémentaire se positionnerait en septième place dans cette hiérarchie. Bien qu&#039;il puisse avoir un impact en cas de carence prononcée, il est improbable qu&#039;il permette de dépasser les plafonds de rendement, car d&#039;autres facteurs de production, au nombre de six, surpassent en importance.&lt;br /&gt;
==Description==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Annexes de la pratique}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Relations_pH_du_sol_et_solubilit%C3%A9_des_min%C3%A9raux&amp;diff=139128</id>
		<title>Relations pH du sol et solubilité des minéraux</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?title=Relations_pH_du_sol_et_solubilit%C3%A9_des_min%C3%A9raux&amp;diff=139128"/>
		<updated>2024-05-21T13:21:14Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Martin Rollet (2693936773) : Page créée avec « {{Pratique |Image=DiagrammeTruog.jpg |ImageCaption=Diagramme Truog |Type de production=Polyculture |Objectif=Productivité }} Tiré de “Alfred E. Hartemink · N. J. Barrow, 2023”    Le diagramme Truog, élaboré dans les années 1930 et 1940, est un outil conceptuel qui illustre comment le pH du sol influence la disponibilité des nutriments essentiels pour les plantes. Ce diagramme, qui inclut 11 nutriments, montre que pour la plupart des plantes, un pH d&amp;#039;en... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Pratique&lt;br /&gt;
|Image=DiagrammeTruog.jpg&lt;br /&gt;
|ImageCaption=Diagramme Truog&lt;br /&gt;
|Type de production=Polyculture&lt;br /&gt;
|Objectif=Productivité&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Tiré de “Alfred E. Hartemink · N. J. Barrow, 2023”&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le diagramme Truog, élaboré dans les années 1930 et 1940, est un outil conceptuel qui illustre comment le pH du sol influence la disponibilité des nutriments essentiels pour les plantes. Ce diagramme, qui inclut 11 nutriments, montre que pour la plupart des plantes, un pH d&#039;environ 6,5 est idéal pour l&#039;absorption des nutriments. Toutefois, ce diagramme ne doit pas être utilisé pour prédire la quantité réelle de nutriments disponibles, car celle-ci dépend également du type de culture, du sol, et de la fertilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici le diagramme originel de 1946&lt;br /&gt;
==Description==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Annexes de la pratique}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Martin Rollet (2693936773)</name></author>
	</entry>
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